Une librairie d’écrivains

30 06 2006

Je publie ci-dessous in extenso le texte du «Projet pour une libre librairie” de l’association loi de 1901 « La Lucarne des Ecrivains », que m’a envoyé Paul Desalmand (auteur, entre autres, du Guide pratique de l’écrivain , chez Leduc.S, et du roman Le Pilon, à paraître en septembre aux éditions Quidam). C’est un projet qui en vaut la peine, et qui devrait intéresser les éditeurs comme les auteurs ou les illustrateurs, bref, tous ceux qui vivent par et pour les livres.

Ci-dessous également le bulletin de souscription

à télécharger et imprimer (format RTF), pour y participer.

*****

PROJET POUR UNE LIBRE LIBRAIRIE

Face à la multiplication des livres jetables et des commerces-clones, quelques écrivains (dont Claude Duneton) ont décidé de s’allier afin de créer une librairie libre dans un quartier de Paris, par et pour les gens de lettres, chansonniers, illustrateurs, calligraphes, mais aussi par et pour les éditeurs indépendants, par et pour les lecteurs désireux de découvrir des ouvrages de qualité composés de la main de leurs signataires (Label main) ou curieux de rencontrer les artistes des mots et des images.

Notre libre librairie, où se côtoieront bouquins modernes et neufs comme livres obsolètes ou de contrebande, sera dirigée par un libraire professionnel depuis des lustres (Armel Louis) qui assurera la gestion, la pérennité et l’éthique du projet ainsi que l’animation, le ménage et les paquets-cadeaux.

Pour y parvenir, une association, La Lucarne des Écrivains, a été formée afin de recueillir les souscriptions qui, additionnées au stock personnel qu’apportera le libraire, permettront de libérer emprunts bancaires et interprofessionnels. L’association passera ensuite à sa vocation culturelle tout en restant actionnaire de cette librairie dans la structure juridique choisie.

Les membres se composent des écrivains associés et membres fondateurs (1000 euros et plus), des membres souscripteurs (de 100 à 999 euros), des membres adhérents (moins de 100 euros).

Compte tenu de l’enjeu que représente cette libre librairie montée collectivement et des possibilités d’expression que peut offrir à tout un chacun ce type de structure, nous vous encourageons à en être partie prenante.

Le Président : Claude Duneton

Le Trésorier : Jacques Cassabois

Le Secrétaire : Marc Albert

* * * * *

Comment ,encore une librairie ? Non, pas une librairie comme les autres. Une
librairie qui accueillera les livres écrits par leur auteur (par
opposition aux non-livres signés par des vedettes ou des hommes
politiques et rédigés par des « nègres »…) et qu’un libraire digne de
ce nom ne rougira pas de recommander à des lecteurs curieux, de vrais lecteurs, pas des acheteurs de livres qu’il faut acheter parce qu’on en parle à la télé. Des livres qui sont faits pour être lus, pour être aimés, pour durer, pas de simples « produits culturels ».

Selon les mots du président de l’association, Claude Duneton, historien de la langue et de la chanson mais aussi romancier (Le Monument en Points Seuil et Loin des forêts rouges
chez Denoël) : l’association veut défendre les livres « écrits par
l’auteur » (labellisés comme tels) ; pour cela, il faut créer une librairie
libérée des contraintes qui actuellement ligotent la profession, à
savoir le va et vient des « offices » qui transforment les ouvrages en
parutions éphémères comparables aux périodiques, ou aux produits
alimentaires distribués en grande surface.

La Lucarne des écrivains, ce sera donc aussi le nom de la
librairie gérée par l’association, qui devrait ouvrir à Paris, dans le
19ème, dans un local de la rue de l’Ourcq. Objectif : ouvrir le 21 août !

Sera-ce téméraire ? Ma foi… On a trouvé un libraire, Armel Louis, un local
(la municipalité, propriétaire, a donné la priorité au projet), les
bailleurs de fonds sont contactés… Plus l’association recueillera de
fonds donnés par les membres et sympathisants, mieux elle pourra monter
son dossier, et plus solide sera le projet !

Pour soutenir la Lucarne des Ecrivains, on peut télécharger et imprimer le bulletin de souscription, à renvoyer avec le chèque du montant choisi à Jacques Cassabois, trésorier.

Mes phynances ne sont pas mirobolantes, mais j’ai quand même réussi à mettre au pot
quelques picaillons, de quoi pouvoir m’en dire désormais membre adhérente.
(Curieux comme on emploie le même mot pour les poêles et les
associations…)

Eh oui, L’Héritier du Tigre, c’est un roman écrit par son auteur. Quoi, vous en doutiez ?

P.S. en cours de journée : Oui, cette Lucarne des écrivains, c’est bien le même projet de librairie indépendante et de label « écrit par l’auteur » que mentionnait le blog de Pierre Assouline en décembre dernier. Les utopies, c’est possible à condition d’y aller méthodiquement, un pas après l’autre.

« On lit ce qu’on aime, on écrit ce qu’on peut. »

— Jorge Luis Borges

« Yes, it’s slow. But I’ll go around the world, one foot at a time. Watch me. »

— Aral Vorkosigan dans Barrayar, par Lois McMaster Bujold

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11 réponses à “Une librairie d’écrivains”

30 06 2006
Zoub (18:03:30) :

Vous nous la jouer “terroir” en somme.

loin de l’industrioe, etc, nous, nous faison sde svrais livres avec amour, a l’ancienne, etc…

C’est un positionnement marketing comme un autre.

1 07 2006
IreneDelse (00:32:51) :

Franchement, monsieur l’anonyme, je ne vois pas l’intérêt de laisser un commentaire pareil. Pas de nom, pas d’orthographe, niveau zéro de réflexion… La prochaine fois, ne vous donnez pas cette peine. Laissez un espace vide.

11 07 2006
Rosa et Hakim Aoudia (17:26:29) :

Mesdames, Messieurs,
Je vous souhaite bonne aventure pour votre entreprise.

Avec nos meilleures sentiments

Rosa & Hakim Aoudia
Librairie des Orgues
87 Avenue de Flandre
75019

10 09 2006
sylvie dumard (10:29:10) :

bonjour

C’est bien comme démarche, ça me plait
Est ce que la lucarne va avoir un site web: je les soutiendrais bien en achetant mes livres chez eux mais j’habite un peu loin pour y faire mes courses.
Bonne chance et à bientôt dés que je passe par Paris
Sylvie

11 09 2006
Madeleine BOSTSARRON (16:48:43) :

Merci à Télérama (30 août 2006) qui m’a permis de retrouver Armel Louis dont la disparition de PAGE 1 à Sceaux m’avait surprise et déçue : j’avais tellement apprécié les qualités professionnelles de ce LIBRAIRE - et non pas marchand de livres !
Bon, maintenant, j’irai faire une visite au 115, rue de l’Ourcq à l’occasion (peu fréquente, malheureusement) d’un petit voyage à Paris (j’habite à Fontainebleau).
En tous cas je souhaite de tout coeur que La LUCARNE soit pour longtemps une grande FENËTRE sur le monde des livres !

12 09 2006
Irène Delse (16:29:53) :

@ Sylvie : je ne sais pas s’ils auront un site, pour l’instant il n’y en a pas. Mais c’est sans doute à venir…

29 09 2006
Foucriat Françoise (16:44:13) :

bravo pour l’initiative…. et bonne chance
heureusement qu’il y a des gens comme vous…
merci d’exister….
j’habite Charenton, il n’y a pas de librairies, seulement des marchands de livres et de journaux…c’est désolant!

14 10 2006
nefertari (19:01:20) :

j’y suis allée aujourd’hui 14 octobre, très bon accueil
un grand choix dans les ouvrages,
des livres pour enfants et adolescents,et en plus on vous fait des cadeaux….
ils font aussi des animations
longue vie à la Lucarne des écrivains

13 12 2006
Tinhman (22:25:33) :

Bonsoir à tous
Cette librairie est la plus proche de chez moi et cela fait plaisir à voir plutôt que de voir fleurir les boites à telephone international (il doit exister un terme qui les désigne mais je sèche !) dans le quartier.

Aussi, je salue le courage de Mr Armel Louis.
Personnellement, j’envisage de créer une librairie pour les malvoyants et personnes agée : spécialisée dans le livre en grands (ou gros) caractères.
Pour ces lecteurs qui ont le plus de difficultés à lire leur journal, leur courrier, les magazines… Les livres ont effectivement la chance d’être écrits par des écrivains alors pourquoi ne pas en faire profiter nos aieux plus prochent des générations à venir que celles passées.Et ainsi se rapprocheraient ils de la notre !
Merci de vos tuyaux.
Tihnman

14 12 2006
Irène Delse (10:17:57) :

Boîtes à téléphone international => on dit souvent taxiphones

Bravo et bon courage sinon pour votre projet. C’est une chose qui manque, en effet. Envisagez-vous d’y ajouter des livres audio ?

14 12 2006
Tinhman (12:28:09) :

Bonjour
C’est effectivement un manque. Et donc difficilement quantifiable sur tous les plans.
Le risque est grand lorsqu’on a pas de budget et que toute la partie comptable vous échappe. Les aides ne pourront venir une foi le proget “budgetisé”. Logique étrange de notre socièté.
Merci

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