Présences d’Esprits, n°54

6 05 2008

Encore une nouvelle pour les amateurs de littératures de l’imaginaire : le dernier numéro de Présences d’Esprits, la revue du Club du même nom, vient de paraître.

Illustration de Michel Koch - Couverture du numéro 54 de Présences d'Esprits - spécial Jack Williamson

(Illustration de couverture : Michel Koch)

Dans ce n°54, le plat de résistance est le dossier sur Jack Williamson, un auteur qui a accompagné toute l’histoire de la SF au long de ses 75 ans et plus de carrière.

Également au sommaire : “Luviana”, une nouvelle de Cyril de Sainte-Maréville ; des entretiens avec Manchu, Sire Cédric (Prix Merlin 2007) et Jean-Marc Ligny (auteur du très primé AquaTM) ; ainsi qu’une étude sur la figure de l’Autre dans les littératures de l’imaginaire. Et bien sûr les rubriques habituelles : l’Ansible, les Nouvelles de la Galaxie ; et des critiques de livres, bandes dessinées, cinéma, jeux…

50 pages N&B, couverture couleur, 5 Euros.

Pour se le procurer, ou pour commander les anciens numéros de la revue, tous les détails dans la boutique du Club Présences d’Esprits. (Et il reste également des exemplaires des anthologies Esprits mutants 1 et 2 : c’est l’occasion d’en profiter…)

Ah, et pour ne rien vous cacher : j’ai participé à la correction de ce numéro, comme des 3 ou 4 précédents, et je le recommande chaudement.



Les livres numériques au Salon

5 03 2008

Continuons sur le Salon du Livre de Paris 2008. Parmi les attractions phares de cette année, m’est avis qu’il faudra tout particulièrement compter avec l’espace «Lectures de dem@in».

(Hum… Ne nous effrayons pas de cette arrobe intempestive. Il s’agit apparemment de faire «geek», d’une façon évidente même pour le chaland distrait.)

Les enjeux actuels de la lecture numérique feront l’objet de débats et de rencontres avec les professionnels : la lecture en balade, les nouveaux supports de lecture à base de papier électronique, la numérisation des livres, les bibliothèques en ligne. Mais aussi les blogues, les sites de vente de livre, la fabrique de réputation sur Internet…

Je signale en particulier :

  • Samedi 15/03 à 14h30 : papier électronique, kézaco ? Une présentation pour le grand public, avec démonstration des appareils existants. (Merci à Pierre-Henri, de 4D Concept, pour cette précision !)
  • Dimanche 16/03, à 10h, le tour d’horizon de l’offre de contenu pour les lecteurs sur téléphones portables, consoles de jeu et assistants numériques.
  • Mardi 18/03, de 11h30 à 13h, présentation, pour les professionnels, de l’offre actuelle de liseuses(1) à base de papier électronique, pour ceux et celles qui sont curieux de voir et toucher pour de vrai un Cybook Gen3, un Sony PRS 505, le très bel iLiad d’iRex et bien sûr le très laid, mais très médiatique, Kindle d’Amazon…

(Nota bene : certains de ces appareils ne sont pour l’instant pas disponibles en France. Devinez lesquels.)

En ce qui concerne le papier électronique, j’ai pu constater qu’en général, l’essayer c’était l’adopter. Voilà, c’est le futur…

Vous êtes prévenus !

___________
  1. Ou lecteurs numériques, ou bouquineurs, mais surtout pas readers, bande de franglais ! []


Bientôt une surprise

1 03 2008

Hé, hé. C’est tout ce que je dirai pour le moment…

Mais suivez ce blogue de près dans les jours qui viennent. Je garantis que c’est quelque chose qui va vous plaire si vous aimez peu ou prou ce que j’écris.

Oh, et bien sûr, ce ne sera pas tout à fait une surprise pour certains, ici…

Mais j’ai enfin résolu mes problèmes de compatibilité de logiciels (un grand merci à Jean-Pierre et un très, très grand merci à Morgan !) et les choses sont maintenant en bonne voie.

P.S. Oui, c’est du teasing. Ou, si vous préférez, de la mise en appétit. ;)

LOLcats : point d’interrogation



Dans Le Monde 2

14 02 2008

Si on s’intéresse aux livres électroniques et à ceux qui les lisent, on peut faire pire que d’acheter Le Monde 2 cette semaine…

logo du journal Le Monde

Eh oui, le supplément magazine au journal Le Monde du 16 février (daté du 15) présente une enquête de Frédéric Potet sur les gens qui lisent des ebooks (ou livrels, ou livres électroniques, ou comme vous voudrez les appeler) et les différences avec la lecture de livres ou journaux classiques.

Et parmi les “sources” contactées pour cet article il y a une certaine… Irène Delse !

Mais si, mais si ! J’ai été interviouvée à ce sujet (mais pas de photo, désolée pour les fans) en tant qu’acquéreuse de la première heure du Cybook Gen3, la liseuse électronique de Bookeen. Et nous avons aussi parlé du fait que je mettais mes nouvelles en ligne, en libre téléchargement.

Bref, de ce qu’Internet, les livrels et les liseuses pouvaient apporter aux lecteurs — ainsi qu’aux auteurs !

Voilà, voilà. Un seul mot : bonne lecture… ;)



Non, je ne peux pas lire vos textes (désolée)

16 01 2008

Chers lecteurs, chères lectrices,

Vous savez que je suis écrivaine. Cela signifie que j’écris, que je rédige, que je gribouille, que je noircis du papier (sans parler de l’écran). Outre ce blogue, j’écris de la fiction : des nouvelles, un roman publié, un deuxième en cours… Il m’arrive aussi de rédiger des articles (quoique moins souvent depuis quelques années). Et bien sûr, je participe à diverses discussions sur des blogues et forums Internet.

Démotivateur : “Slushpile” (Sean Lindsay, 101 Reasons to stop writing)

J’écris, mais, grosse précision, je n’édite pas.

Je ne fais pas non plus dans l’agence ou le conseil littéraire. (Si c’était le cas, je le signalerais dans la page où je me présente — et j’indiquerais par la même occasion les tarifs.)

Bref, en un mot comme en mille : non, désolée, ce n’est pas la peine de m’envoyer vos textes.

Ceci pour mettre les points sur les i à l’usage de ceux d’entre vous qui écrivez aussi et désirez, bien entendu, un avis sur vos textes. Je sais bien que vous êtes plein(e)s d’espoir et de doutes, que trouver des lecteurs tests (aussi appelés “bêta-lecteurs”, en cet âge informatique…) n’est pas facile, et qu’il est naturel de penser qu’un auteur déjà publié doit bien avoir quelques tuyaux en matière d’écriture.

Mais vous êtes plus de deux cents par jour (en moyenne) à fréquenter ce blogue. Si je devais dispenser des conseils d’écriture à ne serait-ce qu’un pour cent d’entre vous, je n’aurais plus de temps pour écrire moi-même !

Sans compter que si vous pensez normal d’envoyer un texte sans prévenir à un écrivain que vous ne connaissez pas, comme ça, sans explication, juste “pour savoir”, et pensez sincèrement pouvoir obtenir une réponse positive, eh bien… Le mieux que vous puissiez espérer est que l’écrivain en question refuse poliment. Il ou elle pourrait très bien vous envoyer vertement sur les roses.

Mais disons que c’est mon jour de bonté.

Disons que je sympathise avec les débutants pleins d’espoirs qui ne savent pas trop par quel bout prendre le mystérieux monde des lettres, et se raccrochent à la première planche (ou blog) qui passe…

Le plus simple (puisque êtes déjà connecté à Internet si vous lisez ceci) est tout simplement de chercher un forum de discussion sur les auteurs et l’écriture.

Tenez, fr.lettres.ecriture, par exemple. Ou bien Rue des Auteurs et PlumeWeb, dont les activités vont du simple club de discussion entre auteurs à des prestations de conseil littéraire. Ou encore Nouvelle Poésie, pour ceux que la muse taquine.

Et je n’oublie pas Cocyclics, pour les auteurs de science-fiction, fantastique et fantasy.

Enfin, de nombreux éditeurs ont maintenant des forums où les lecteurs viennent discuter de leurs auteurs favoris… et où des auteurs débutants osent timidement présenter à leurs pairs leurs expériences littéraires.

Si vous avez beaucoup de chance, il y a même peut-être un éditeur qui vous lira, et qui sera impressionné…



Papier électronique, papier écologique

28 11 2007

Pour la lecture de journaux, le bilan écologique du papier électronique serait supérieur à la fois au papier traditionnel et à la lecture en ligne sur écran d’ordinateur.

L’iLiad d’iRex

Je viens de trouver l’info chez Aldus, qui renvoie lui-même vers un billet de Frédéric Lohier sur GinjFo : oui, le papier électronique (ou “e-paper”) est bon pour la planète ! Meilleur que la lecture de journaux sur papier ou même sur écran d’ordinateur. C’est le résultat d’une étude réalisé par l’Institut royal suédois de technologie, et dont on trouvera le rapport complet ici en anglais au format PDF. Résultat :

Les données chiffrées ici sont sans appel, le papier électronique est devant haut la main. (Aldus)

Précisions :

Pour la version papier, la majeure partie de l’impact sur l’environnement intervient en amont de la lecture (production du papier, impression, distribution). Pour la version en ligne, l’impact environnemental se résume à la consommation d’énergie de l’ordinateur nécessaire pour lire cette version. Enfin pour la version sur papier électronique, l’impact environnemental correspond à l’énergie consommée pour la production de l’appareil en lui-même. En effet, dans son usage, le papier électronique ne consomme que très peu d’énergie. Il ne nécessite pas de rétro éclairage comme pour les écrans LCD et seuls les changements de pages consomment une quantité très limitée d’énergie.

Fait surprenant : l’étude indique que la lecture d’un document électronique sur un ordinateur, s’il est consulté pendant plus de 30 minutes, aurait un impact sur l’environnement supérieur à la version papier ! (GinjFo)

Conclusion : si on parvient à organiser la production des liseuses de façon écologique (y compris bien entendu le recyclage), l’environnement bénéficierait bel et bien d’une réduction des autres modes de lecture au profit du papier électronique.



Lecteur dans une maison d’édition ?

15 03 2006

Voilà encore une question qui revient souvent dans les courriels que je reçois (peut-être à la suite de ce billet) : comment faire pour devenir lecteur dans une maison d’édition ? Et à chaque fois, je suis bien embarrassée pour répondre.

Je préfère donc re-poster ici ce que j’ai écrit récemment à un internaute qui m’interrogeait sur l’activité de lecteur professionnel.

La marée grise des manuscrits

Je n’ai pas beaucoup d’expérience du travail de lecteur dans une maison d’édition. Je suis auteur avant tout ! J’ai seulement été stagiaire pendant quelques semaines chez un éditeur, il y a quelques années, où j’ai entre autres participé à la lecture des manuscrits reçus.

Je peux en tout cas témoigner d’une chose : ce n’est pas une activité très passionnante. Parmi ce qui arrive par la poste, 9 textes sur dix sont totalement impubliables (et la majorité de ce qui reste est mal orienté). La très large majorité des manuscrits sont mal rédigés, mal conçus et ne peuvent intéresser que leur auteur ou au mieux certains amis ou son cercle de famille.

Mieux vaut entrer dans une librairie ou une bibliothèque et prendre n’importe quel livre au hasard que de piocher dans une pile de manuscrits arrivés par la poste !

Qui sont les lecteurs professionnels ?

Parmi ce qui arrive, le tri est fait par le service des manuscrits chez les grands éditeurs (chez les petits, qui n’ont pas de salariés, c’est l’éditeur lui-même qui s’y colle), puis la petite proportion de textes intéressants est confiée à des “grands lecteurs” qui sont souvent les directeurs de collection ou directeurs éditoriaux eux-mêmes. C’est lorsque le texte est très prometteur qu’il passe entre les mains de plusieurs lecteurs, parfois des auteurs maisons dont on apprécie le jugement.

Donc dans la grande majorité des cas, les lecteurs professionnels de manuscrits sont déjà des gens qui travaillent dans le monde du livre : éditeurs, directeurs de collections, employés du service des manuscrits… Certains sont par ailleurs auteurs ou critiques littéraires. Ce n’est pas un hasard : pour bien juger d’un manuscrit, mieux vaut avoir à la fois une vaste culture littéraire et une bonne expérience du marché du livre. Non seulement ils peuvent juger de la qualité d’un texte (ce qui est toujours subjectif), mais aussi de ce que la maison peut publier ou pas. Ce qui est déjà plus complexe que de savoir si un texte est “bon” ou pas…

Enfin, quand un lecteur extérieur à la maison d’édition (donc ni un employé ni un stagiaire) fait des lectures de manuscrits, la rémunération qu’il ou elle touche est quasiment symbolique. C’est à considérer comme une activité d’appoint plutôt que comme un métier à part entière !

Que faire alors ?

Pour résumer, l’activité de lecteur dans une maison d’édition n’offre que très peu de plaisirs de lecture. Mieux vaut essayer de participer au Prix du Livre Inter ou quelque autre manifestation organisée autour de livres, non de manuscrits.

Si on est intéressé par les métiers du livre, c’est une autre affaire, mais dans ce cas on ne fera pas seulement de la lecture de manuscrits. Édition, traduction, correction et maquette, diffusion, relations avec la presse et les libraires, graphisme et illustration, édition électronique : les activités autour du marché du livre sont diverses et demandent de plus en plus de professionnalisation.

Quelques sites intéressants pour les passionnés du livre, de la lecture et de l’édition :

La République Internationale des Lettres (annuaire des maisons d’édition, actualité du livre, etc.)

L’actualité des prix littéraires (comme son nom l’indique !)

Un blog sur le monde de l’édition (infos en tout genre pour auteurs, lecteurs et éditeurs)

L’Oie Plate (éditeur de guides pratiques pour les auteurs, dont l’annuaire AUDACE des éditeurs)

Le BlogNot de Marc Autret (auteur de 150 Questions sur l’édition)

Ricochet (portail européen des littératures pour la jeunesse)

Le Flash Infini (actualité de la science-fiction et des littératures de l’imaginaire)

Asfored (Centre de formation aux métiers du livre et de l’édition)

Le site du Ministère de la culture et de la communication (en particulier la Direction du livre et de la lecture) fournit aussi de nombreuses informations utiles.

Et pour ne pas être tenté de voir le monde de l’édition avec des lunettes trop roses, je conseille l’article d’Emmanuel Guillot, “Ecrire et se faire publier”… Un bon panorama de certaines dures réalités du marché du livre. Je ne sais plus qui a dit qu’un bon éditeur devait être un rêveur réaliste : assez passionné pour se consacrer à la promotion des livres et des auteurs qu’il aime, et suffisamment les pieds sur terre pour réussir dans son entreprise. Mais trop souvent, l’édition devient une simple machine à fabriquer et vendre du livre, vendre des pavés de papier sans intérêt à condition qu’il y ait un nom célèbre dessus. Au point qu’on se demande si certains “éditeurs” ne feraient pas mieux de vendre des yaourts ou de la lessive…

Merci de votre patience et… bonne lecture quand même !

“One of the things good editors do is protect writers from themselves.”

— Ursula K. Le Guin

“Pour un conteur, un voyage est un procédé merveilleux. Il fournit un fil solide sur lequel une multitude de choses qu’il a en tête peuvent être attachées pour produire une chose nouvelle, variée, imprévisible, et pourtant cohérente”.

— J.R.R. Tolkien, Lettres (trad. Delphine Marin et Vincent Ferré, éd. Christian Bourgois)

P.S. Billet repris par Jérôme Cayla.