Un éditeur avoue : la préparation des manuscrits disparaît
Irène | 3 octobre 2008 | 8 h 44 minPar les temps qui courent, la franchise de M. Jean-Marie Laclavetine est rafraîchissante. Il faut l’en remercier. Je dis ça sincèrement.
L’auteur, également éditeur à succès chez Gallimard, vend la mèche auprès de Bibliobs : de nos jours, les éditeurs français de littérature (dont Gallimard) travaillent de moins en moins sur les manuscrits de leurs auteurs avant des les publier.
Après, advienne que pourra.
N. O. - Voilà dix-sept ans que vous occupez chez Gallimard une cellule de moine. Quels changements observez- vous?
J.-M. Laclavetine. - Ce qui évolue le plus, ce sont les manuscrits. Les auteurs qui s’adressent à Gallimard sont traditionnellement marqués par l’histoire de la NRF Il y a un «style NRF»: ultra-littéraire, sophistiqué, ténébreux. Aujourd’hui, les jeunes écrivains s’en affranchissent. […] L’autre changement notoire, c’est la disparition progressive de la préparation des manuscrits. Il y a quelques années encore, le travail de correction était très minutieux, avec des services dévolus à cette tâche. Les stades de fabrication sont de plus en plus court-circuités et on passe plus vite du manuscrit informatique remis par l’auteur à l’impression. Certains continuent de travailler méticuleusement, comme Minuit ou POL.N. O. - Y compris chez des auteurs confirmés, il arrive d’être frappé par des longueurs, une rupture de ton, des maladresses de style. A se demander si les éditeurs font leur travail.
J.-M. Laclavetine. - Les auteurs ont parfois des susceptibilités. Il arrive qu’un manuscrit soit en réalité un brouillon de roman. Si l’auteur est connu et bénéficie d’une bonne surface médiatique, on le publiera même s’il refuse nos observations. Ca peut être à ses dépens, effectivement. Lire la suite »












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