Irène Delse

"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
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Permanence du clientélisme

Irène | 29 juin 2009 | 18 h 42 min

Il est bien intéressant, l’article de Luc Rosenzweig dans Causeur du 29 juin (signalé par Marc Vasseur sur Twitter), à propos les récentes élections municipales de Perpignan et d’Hénin-Beaumont, et ce qu’elles révèlent sur certaines tendances lourdes de la vie politique française:

[L]es deux résultats peuvent aussi être mis sur le compte de la permanence du clientélisme comme élément structurant du comportement politique des électeurs de ces deux villes. À Perpignan, les malheurs de Jean-Paul Alduy, dont la presse nationale a fait ses gorges chaudes, ont eu l’effet inverse de celui escompté […]: cela a soudé les Perpignanais autour de leur maire attaqué par “ceux de Paris”.

Et l’article de détailler la «dynastie» Alduy: d’abord Paul, le père, élu SFIO passé au centrisme lorsque c’était opportun, condamné en 1997 pour avoir fait bénéficier son épouse d’un emploi fictif à la mairie; puis Jean-Paul, le fils, qui passe, lui, de l’UDF à l’UMP lorsque ce parti à le vent en poupe. Et intervient pour édulcorer le livre d’un journaliste d’investigation sur les «casseroles» d’Alduy père…

L’étiquette politique, dans ce système, compte évidemment moins que les réseaux personnels et familiaux, et la capacité des élus à jouer le rôle du notable traditionnel, le «patron» au sens romain du terme: celui qui distribue les largesses (emplois municipaux, logements sociaux, places en crèche, subventions…) et attend en retour d’être reconduit dans ses mandats. Chacun est censé bénéficier de quelque chose à son tour, et si cette année ce n’est pas vous, ce sera la prochaine. Pour en être sûr, votez pour l’édile, évidemment… Ou pour son fils, ou sa femme, si le vieux «patron» est déclaré inéligible: les traditions hérités de l’époque romaine et de la féodalité ont la vie dure. En France, le pouvoir se transmet encore souvent, le plus naturellement du monde, de façon héréditaire. Et s’il s’ébruite que les élus ne sont pas strictement honnêtes, les gens du coin serrent les rangs: après tout, eux aussi comptent bien obtenir quelques passe-droits, ne serait-ce que pour gagner des places sur les listes d’attentes de logements sociaux ou de crèche!

Cela marche d’autant mieux que ces élus ont à la fois des responsabilités locales(1) et nationales.(2)

On a beau débiner Paris, tout là-bas, en région, mais c’est à la capitale que se votent les lois sur la décentralisation (transfert de ressources aux communautés locales), sur les zones franches (de quoi se faire des amis chez les entrepreneurs locaux) et sur les dates d’ouverture de la chasse (clientèle très sérieuse, les chasseurs). C’est là que se décident les plans de relance ou de reconversion, avec à la clef des subventions à l’agriculture, à la pêche, à l’artisanat, et ainsi de suite. C’est là que l’on décide où passeront les lignes de TGV, où s’implanteront les pôles technologiques… et quelles bases militaires seront supprimées. C’est encore à Paris que les ministres qui représentent la France à Bruxelles ont leur bureau.

Et l’on retrouve les méfaits du cumul des mandats, avec son cortège de députés godillots…

On a vu ce système à l’œuvre dans la plupart des villes du Sud de la France: les Médecin à Nice, les Baudis à Toulouse, les Joissains à Aix, les Mégret à Vitrolles… Mais cela ne concerne pas que le territoire de l’ancienne Provincia romaine. On pourait évoquer le système Chirac-Tibéri à Paris, les aventures des Balkany, mari et femme, à Levallois, celles des Ceccaldi à Puteaux ou encore la transmission de père en fils du poste de chef de l’UMP à Neuilly… Les choses restent en famille.

À défaut de famille, un parti peut aussi jouer le rôle de clan, agent et bénéficiaire du système de clientèle. Citons à nouveau Luc Rosenzweig:

[Dans le Nord-Pas-de-Calais,] la domination politique de la SFIO puis du PS a transformé un système de solidarité mutuelle, mis en place au XIXe siècle pour faire face aux aléas de la vie et aux vilenies patronales, en une machine politique et électorale. […] Ce qui est arrivé à Gérard Dalongeville à Hénin-Beaumont est à mettre sur le compte de l’hubris qui s’empare de ceux qui croient qu’ils peuvent tirer infiniment sur la corde sans que la sanction judiciaire ou politique vienne les frapper. […] C’est la révolte des “clients” privés de leur dispensateur habituel d’avantages et de passe-droits qui s’est traduite, à Hénin-Beaumont, par le vote massif en faveur du Front national.

Question subsidiaire: le fait que la candidate FN soit elle-même une «héritière» politique de notable, même si la famille n’a tourné que récemment son attention vers le pays des Ch’tis, a-t-elle joué un rôle dans ce succès?

Hmm…

P.S. Curieux: le correcteur orthographique de Firefox 3 ne semble pas avoir «clientélisme» dans son dictionnaire. C’est pourtant un terme utile, et bien au-delà des études historiques sur l’Antiquité romaine…

___________
  1. Pour Jean-Paul Alduy, maire et président de communauté d’agglomération. [↩]
  2. Ici, sénateur et vice-président de l’Association des maires de grandes villes de France. [↩]
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Congrès: alerte au hameçonnage

Irène | 22 juin 2009 | 23 h 15 min

Quand j’habitais à Aix-en-Provence, il m’est souvent arrivé de rigoler aux dépens de la municipalité qui avait fait bâtir le Palais des Congrès: le panneau apposé sur ce centre de conférences et de colloques indiquait, en grandes capitales métalliques:

PALAIS DES CONGRES

Eh oui, sans l’accent sur le È final, cela donne furieusement dans le poisson d’avril.

Congre commun pris à l'hameçon

Et comme j’ai un sacré fichu mauvais esprit,(1) c’est à ça que j’ai pensé aujourd’hui, chaque fois que je tombais sur un blougue ou autre média qui consacrait du temps et de l’espace au show du monsieur, vous savez, celui qui est tout en haut du cocotier et qui veut que ça se sache…

Parmi les brillants résultats de cette opération de hameçonnage: on a moins parlé de l’Iran, chez nous – alors que ça continue à chauffer.

Tiens, pourtant, il serait intéressant de rappeler qu’il fut un temps, pas si lointain, où le méga-président de la France était plein d’attentions à l’égard de Mahmoud Amhadinedjad, jusqu’à lui proposer une coopération en matière de nucléaire civil.

Et non, ce n’est pas une blague.

Depuis, bien sûr, il faut croire Téhéran a décliné cette alléchante proposition,(2) puisque Paris a signé (discrètement) un accord de défense avec les Émirats Arabes Unis. Des États qui ne font pas vraiment partie du club de fans de l’Iran, est-il utile de le préciser…

Bref, en cas de tension dans le Golfe Persique, devinez qui sera en première ligne, avec même une base militaire sur place?

Et autant pour les offres d’amitié franco-perse de l’an dernier, en tout cas. Le hameçonnage, c’est comme pour la politique: les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

___________
  1. Tiens, comme Monsieur Poireau, on dirait. [↩]
  2. Même si une chose me trouble: ces derniers jours, le régime de Téhéran a violemment dénoncé les «ingérences» de la Grande-Bretagne et des USA, mais pas de la France… Alors même que le locataire de l’Élysée a été lui-même très loin dans la dénonciation de la fraude électorale en Iran. À croire que les bruits qui viennent de ce côté-là sont considérés comme de peu d’importance par Amhadinedjad et le Guide suprême. Signe du peu d’influence de notre pays dans la région, ou bien…? [↩]
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Le livre numérique, l’Europe et la TVA

Irène | 17 juin 2009 | 8 h 40 min

Histoire de poursuivre la réflexion sur l’économie du livre numérique (cf. les vidéos de Françoise Benhamou dans le précédant billet), j’aimerais en dire un peu plus sur la question de la TVA.

Une Europe, des Euros

L’un des avantages souvent évoqués à propos des livres numériques, donc dématérialisés, c’est que leur prix devrait logiquement être moins cher que celui des livres papiers.

Pour comprendre, examinons le cas d’un livre classique, fait avec de l’encre et du papier.

1) Il y a d’une part ce que j’appellerai le coût par titre: un investissement dans la création de chaque titre, puisque l’éditeur doit commencer par payer pour le texte (qu’il s’agisse d’un paiement de l’auteur au forfait ou d’un à-valoir sur les droits d’auteurs), plus éventuellement pour la traduction et les illustrations; mais il y a aussi des coûts de correction (pour vérifier que le texte ne comporte pas d’erreurs de français, de typographie, de cohérence interne, etc.), de mise en page et de maquette.(1)

Tous ces coûts seront à peu près similaires dans le cas de l’édition papier et de l’édition numérique.

2) D’autre part, il y a des coûts liés à la fabrication et à l’exploitation du livre: il faut payer l’imprimeur, défalquer la commission du libraire ainsi que celles du diffuseur (un intermédiaire crucial, dont les représentants font la promotion du livre auprès des libraires et grossistes) et du distributeur (le prestataire chargé de la manutention des livres, de l’entrepôt de l’imprimeur jusqu’au seuil des librairies), et enfin compter les frais de promotion (exemplaires de presse, encarts publicitaires, etc.). Je simplifie, mais en gros, c’est ainsi que fonctionne la chaîne du livre: une fois le fichier PDF créé, l’imprimeur le transforme en brique de papier imprimé, le distributeur le véhicule d’un entrepôt à l’autre, le diffuseur cajole les libraires pour qu’ils en prennent commande et le libraire, à son tour, fait l’article auprès des lecteurs potentiels.

C’est à stade que le livre numérique devrait être plus économique par rapport au livre papier, puisque les étapes de l’imprimerie, de l’entrepôt et des camions passent (logiquement) à la trappe.

Certes, il y aura toujours l’investissement de départ (texte, graphisme, correction, etc.) ainsi que des coûts liés à la promotion et à la commercialisation.(2) Mais surtout, pas besoin d’impression, de stockage ni de transport. Fini aussi la fabrication à perte de dizaines d’exemplaires destinés à la presse puisque, s’agissant de promouvoir un produit dématérialisé, c’est un fichier qu’on leur envoie!

En fait, le seul poste budgétaire qui augmente sérieusement, pour l’éditeur, lorsqu’il s’agit de produire des livres numériques, c’est la TVA.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le marché des produits culturels, je rappelle qu’il y a en France trois taux de TVA qui s’appliquent sur ce secteur:

  • le taux normal, à 19,6%, qui concerne notamment les disques et l’informatique;
  • le taux réduit à 5,5%, pour les livres;
  • et le taux super-réduit à 2,1%, pour la presse.

(Ce sont les taux en vigueur dans l’Hexagone, mais il y a des taux réduits spéciaux en Corse et dans les DOM.)

Dans le cas des livres numériques, jusqu’ici, c’est par défaut le taux normal qui s’applique, soit presque 4 fois plus que la TVA sur les livres papier. (Je parle bien du texte dématérialisé, du fichier qu’on télécharge, pas de l’objet tangible qu’est la liseuse électronique.)

Là où ça devient intéressant, c’est que le 10 mars dernier, à Bruxelles, le Conseil européen réuni au niveau des ministres des finances s’est mis d’accord pour ouvrir aux États membres la faculté d’abaisser unilatéralement le taux de TVA sur un ensemble de biens et services précisément identifiés. (Cf. le communiqué de presse officiel, en anglais, sur PDF.)

En France, les commentateurs se sont principalement concentrés sur la possibilité d’appliquer à la restauration un taux réduit de TVA… Mais une disposition importante des décisions du 10 mars n’a pas été relevée. Elle concerne la TVA “appliquée au livre quel qu’en soit le support”. La voie est ainsi ouverte pour une unification (qui devra être négociée entre l’État et les instances représentatives de l’édition) des régimes de la TVA sur le livre. Qu’il s’agisse de livre papier, audio ou numérique, pour l’Europe.

Ceux et celles que le livre dématérialisé intéresse prendront note

Reste maintenant à décliner au niveau national cette décision bruxelloise. Pour la restauration, les choses avaient été menée tambour battant. Et pour le livre?

Bah. Pour le moment, rien. Comme c’est bizarre…

Pour finir, une précision qui risque de faire mal, surtout si le tir n’est pas corrigé dans un proche avenir:

La décision du 10 mars concerne évidemment les ouvrages professionnels, au même titre que toute autre forme de livre, y compris livre numérique. Cependant la rédaction du compromis européen, mentionnant explicitement que ce compromis ne s’applique qu’au livre (“Books on all physical means of support”) ne permettra pas d’étendre cette nouvelle opportunité de baisse de la TVA à la presse, et en particulier à la presse professionnelle et scientifique et à ses déclinaisons électroniques.

Dommage, dommage.

Tiens, au fait, notre cher gouvernement n’était-il pas censé aider la presse?

Évidemment, on a vu comment il se comportait avec les artistes, leur proposant pour tout potage de jouer les croquemitaines anti-pirates avec la loi Hadopi – et le désopilant feuilleton qui en est résulté.

Faut-il s’étonner, ensuite, que la France, qui avait réclamé à cor et à cris cette possibilité de baisser unilatéralement la TVA, ne se précipite pas pour l’appliquer au livre, une fois obtenue? Ou que dans la discussion sur les services concernés, la presse numérique soit passée à l’as…

  • P.S. Article repris par ActuaLitté. Merci à eux!
  • Ainsi que dans la sélection de Rezo.net du dimanche 21/06.
___________
  1. On considère ici, pour simplifier, le cas d’un éditeur artisanal, qui ne peut se rémunérer qu’avec les bénéfices de la vente des livres. Mais dans une grande maison d’édition, voire un groupe médias, il faudrait rajouter à ces coûts la rémunération du dir’coll’, bref du directeur (ou directrice) de collection. [↩]
  2. Par exemple, lorsqu’un livre numérique n’est pas vendu directement chez l’éditeur, mais par l’intermédiaire d’une webrairie du genre Fnac ou Amazon, cet intermédiaire prend au passage sa commission, c’est normal. [↩]
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Chouchou, rend sa devise à Marianne!

Irène | 30 mai 2009 | 22 h 32 min

Le super-méga-omni-président a encore frappé. Vous avez vu cette capture d’écran, là-dessous? Mais oui, c’est la page Facebook de Nicolas Sarkozy, alias Chouchou…(1) Regardez bien. Vous n’avez rien remarqué?

Profil Facebook de Nicolas Sarkozy

Non, vous ne rêvez pas! La devise de la République française, “Liberté, égalité, fraternité”, a été taxée par les petits artistes en comm’ qui tentent de redorer l’image du préz’, un peu comme le nom de la saga romanesque de Zola, que Chouchou a paraît-il lue mais qu’il a oublié comment prononcer.

Sauf que se draper dans un plumage littéraire flatteur, c’est une chose. Mais utiliser pour sa sa pub politique personnelle (quoi, des élections? Dans une semaine? Noooon…) la devise de la République, que le président est censé servir…

C’est soit de l’inconscience, soit un culot monstre, en acier inoxydable à haute teneur en carbone!

La France de demain, pardon, d’aujourd’hui? Liberté (de moins en moins, merci Hadopi, Loppsi, le Ceseda…), égalité (pas devant le bouclier fiscal) – égo démesuré.

P.S. du 31/05: Si vous n’aimez pas ce monsieur ou sa politique et pensez vous mettre “supporter” rien que pour mettre des messages critiques sur son mur, renoncez! Le blogueur gauchedecombat, alias Robert Dupont, a vu son compte supprimé pour avoir tenté, précisément, de porter le dialogue sur cette page… Sur Facebook comme dans la presse, apparemment, seuls les courtisans ont droit de cité chez l’hôte de l’Élysée.

___________
  1. Où on ne peut être que “supporter”, pas “ami” du grand chef… Passons. [↩]
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Le dernier arrivé ferme la porte

Irène | 26 mai 2009 | 8 h 49 min

"Le parole sono importante", comme disait Nanni Moretti

Troublant, cet article de Faysal Riad,(1) sur le site du collectif Les mots sont importants (lmsi.net), à propos des valeurs véhiculées par certaines chansons du rappeur-slammeur Abd al Malik:

  • “Un truc de malade, Abd al Malik ou la pétainisation du slam”;
  • Et, sur un registre proche, “Pierre écoute un disque de slam… et vomit”, par Pierre Tévanian.

Troublant, car cela éclaire sous un autre jour cet artiste, noir, musulman et bel et bien français, né dans le 14e arrondissement de Paris: d’une lumière, au fond, très Sarko-compatible.

Troublant aussi par ce que suggère la quasi-unanimité médiatique avec laquelle il est accueilli.(2) Même Éric Zemmour approuve le “fond” de ses chansons…

Il est vrai que, style musical et poétique mis à part, voilà une œuvre bien rassurante pour les “bons Français”, d’origine gauloise ou non, pères ou mères de famille, amis de l’ordre et des choses qui restent bien à leur place, les vaches en seront mieux gardées!

Voilà un artiste “issu de l’immigration”(3) qui n’est pas là pour revendiquer je ne sais quels droits ou dignités pour les “indigènes de la République”, mais vient au contraire faire la leçon aux “immigrés”: travaillez dur, faites-vous modestes, ne cherchez pas trop la justice même si vous êtes pauvres et en butte à la discrimination et au racisme, non, laissez passez le temps, rentrez dans le moule,(4) c’est la seule façon d’être accepté – voilà le vrai Graal – comme “de chez nous”.

Bref, il y a les bons immigrés, comme il y a les bons pauvres (ceux qui “ne se plaignent jamais”), et les autres.

Question valeurs, non-dits patriotiques et franco-centrés, le texte de la chanson “C’est du lourd” aurait aussi bien pu être écrit par Henri Guaino… (Le style, en revanche, est bien meilleur que celui du conseiller de l’Élysée, certes.)

Je ne suivrai pas complètement les analyses de Faysal Riad et Pierre Tévanian, surtout dans la dureté du jugement porté sur Abd al Malik. Il n’y a aucune loi de l’univers qui oblige les enfants d’immigrés ou d’indigènes (cela dépend des générations, connaissons notre histoire!) à être plus lucides au sujet de leur pays que les Français dont l’origine autochtone se perd dans la nuit des temps… Parfois, “aimer son pays”, c’est sans doute un peu comme avec un être humain: il est bien difficile de savoir si on l’aime, ou si on l’a dans la peau.

Quitte à inventer, consciemment ou non, de belles histoires pour justifier à ses propres yeux cette adhésion inexplicable, dont on ne peut se déprendre, pour un ou une partenaire parfois très, très difficile…

Cela doit faire bizarre de vivre dans la tête d’une personne qui aurait intégré la méfiance au sujet de ses origines comme pièce constituante de son identité.

Je me trouve être dans une position un peu spéciale, avec dans ma famille un mélange de Français “souchiens”, bien enracinés, mais aussi d’immigrés de différentes générations et différents continents. Un peu d’Italie, un peu d’Asie, un peu d’Afrique… Et en prime, toute une branche de ma famille qui a vécu l’aventure coloniale, puis celles de la décolonisation et de la “coopération”, du côté des blancs – mais avec un œil ouvert sur la réalité de l’autre.

J’ai eu beau naître à Paris, je me dis parfois que mon identité, c’est la langue française et non la terre de France.

Et il y a une phrase que j’ai entendu dire, avec une ironie amère, à propos d’immigrés ou de nouveaux Français qui se faisaient plus gaulois que les Gaulois:(5)

“Le dernier arrivé ferme la porte”.

Limpide, non…

C’est aussi ce qui m’est venu à l’esprit en lisant cet article de Céleste, implacable, à propos de la façon dont les nationalistes italiens, aujourd’hui, considèrent les immigrés dans leur pays: on jurerait une reprise de la prose raciste qui se déversait, aux États-Unis et dans l’Europe du Nord, au début du XXe siècle, à propos des “hordes” d’Italiens “basanés” qui “nous envahissent comme des sauterelles”…

Quelles mémoires courtes, des deux côtés des Alpes.

Je me dis parfois que j’ai eu de la chance de grandir entre deux, dans un milieu ni entièrement “Gaulois”, ni entièrement d’ailleurs. Au moins, la vue n’y a-t-elle jamais eu de quoi lasser.

  • P.S. Billet repris sur Betapolitique.
___________
  1. Paru le 22 janvier, mais que j’ai découvert seulement récemment, par hasard. [↩]
  2. Il faut dire qu’Abd al Malik, entre autres talents, a celui de se mettre en valeur, quitte à utiliser pour cela le nom d’un philosophe qui n’avait rien demandé. Et que dans le showbiz comme en politique, le culot, ça paye. [↩]
  3. Français, pourtant, vous avez remarqué? Mais on ne cesse de renvoyer à leurs origines extra-hexagonales ceux qui ont une autre couleur de peau. [↩]
  4. Du moins, conformez-vous au modèle idéal du “bon Français”, supposé modeste, sagace et travailleur, qui n’a pas forcément grand chose à voir avec la réalité… [↩]
  5. À la façon par exemple d’un Patrick Devedjian, fils d’immigré arménien, qui n’a rien trouvé de mieux dans sa jeunesse que de rejoindre le groupe ultra-nationaliste et raciste Occident… [↩]
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Pourquoi le vote UMP: spin doctors et effet caïd…

Irène | 25 mai 2009 | 17 h 35 min

Je reproduis ici mon commentaire de l’autre jour sur Plume de Presse, où Olivier Bonnet s’interrogeait sur “l’incompréhensible vote UMP”.

Une partie de la réponse me semble résider dans la division et les querelles internes des gauches (d’ailleurs activement cultivées par Sarkozy, qui distribue à tous ceux qui veulent aller à la soupe médailles, strapontins, subventions)… Le chiffre de 28% pour l’UMP n’aurait rien de glorieux s’il y avait en face un parti (ou groupe de partis clairement alliés) à plus de 30%…

Une autre partie de la réponse: nos chers médias français, déjà particulièrement courtisans, mais en plus liés à des groupes industriels qui n’ont pas intérêt à l’affaiblissement de l’UMP. Tous les sondages sur “qui va l’emporter” sont biaisés: le principe même de la couverture d’une campagne électorales sous l’angle de la course sportive est contraire à l’esprit de la démocratie et favorise les querelles de personnes, la perte de vue des enjeux de fond au profit de questions de forme…

Tiens, au fait, sur ce thème, lire aussi: “Européennes: les médias complices du désintérêt qu’ils déplorent”… (Le Vrai Débat).

Il faut y ajouter la roublardise de l’équipe Sarko, qui a tiré avant ses adversaires les leçons des spin doctors anglo-saxons, en particulier sur la façon de cadrer à l’avance un débat (framing) pour amener l’adversaire à se battre sur votre terrain; et aussi sur le fameux storytelling, ou comment ne même plus faire référence au réel dans un discours… Marteler des évidences, faire de constants rappels à la réalité: voilà, je crois, ce que doit faire la gauche pendant encore 3 ans!

Enfin, je crois qu’il y a l’effet caïd.(1) On est en crise, il y a plein d’incertitudes pour l’avenir, et même si ce que dit Sarkozy est extrême et a de quoi choquer, le simple fait qu’il n’ait jamais l’air de douter de lui-même doit jouer un rôle pour attirer à lui des gens qui eux, hésitent, et ont besoin d’être rassurés. Dans le trouble, beaucoup de gens deviennent insensibles à la nuance, aux arguments complexes, ils veulent juste un chef à suivre. D’où la réélection de Bush en 2004, celle de Berlusconi l’an dernier, la popularité de Poutine ou encore les sondages sur le vote UMP…

Retour (un peu déprimant, on m’excusera) vers un passé récent: les débats politiques vu par le caricaturiste de I Drew This:

  • 2004, Bush contre Kerry: qui est un “leader résolu”?
  • Baby Eating: “Au moins, avec lui, on sait où on va”…
  • Le patriotisme comme programme.
  • Comment la droite décomplexée respecte ses électeurs…

Déprimant, mais pas une raison pour désespérer, non plus. Après tout, on peut penser qu’à la 3e, 4e, 5e fois, les électeurs en question finiront par remarquer ce qui se passe… Tiens, on me dit qu’il y aurait un parti relativement respectable, à droite (ou au centre droit, si on veut chipoter): il s’appelle le Modem.

À toutes fins utiles…

___________
  1. Je ne sais pas si l’expression existe, mais au cas où, je la lance, reprenne qui voudra. [↩]
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Du cynisme au silence, la police de la pensée, à petits pas

Irène | 18 mai 2009 | 8 h 59 min

“Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie” (Jacques Prévert, Spectacle, 1951).

Il y a une tendance très déplaisante en France, ces temps-ci. Du moins, cela ne date pas d’hier,(1) mais ces derniers mois donnent une impression d’accélération…

Je renvoie au billet d’André Gunthert sur son blog Recherche en histoire visuelle:

  • “Comment marche la police de la pensée”.

Quand des voix s’élèvent qui ne vont pas dans le sens des “réformes” et de la “modernisation” (bref, de tout ce que désire le gouvernement), cela donne parfois lieu à des scènes cocasses, du type Jean-Luc Hees, nouveau patron de Radio France, déboulant dans le studio pour gronder le journaliste Edwy Plenel, qui a eu le tort d’évoquer les conditions de sa nomination à lui, Hees…

Moins drôle: l’affaire du blogue Sécurité d’Orange, ou quand le principal FAI et opérateur de télécoms en France tente d’édulcorer les critiques (pourtant fort étayées et circonstanciées) portées par ses employés contre le dispositif Hadopi.

Pas drôle du tout: Jérôme Bourreau-Guggenheim, limogé de TF1 suite à l’intervention du ministère de la Culture, pour avoir envoyé une lettre d’opposition à Hadopi à sa députée. Julien Coupat, toujours en prison sous des prétextes de plus en plus minces, en application d’un arsenal de lois et décrets anti-terroristes qui donnent aux pouvoirs publics la possibilité d’arrêter à peu près n’importe qui sur de simples soupçons. Guillaume Cingal, enseignant chercheur frappé par la police lors d’une manifestation… puis mis en examen. Ou encore Philippe Leclercq, conseiller régional de Lorraine (gauche alternative), gazé par les CRS avec d’autres manifestants, à Nancy, pour avoir accueilli le président Sarkozy avec de pacifiques banderoles contestant le plan “Hôpital, patients santé, territoires” (HPPS)…

Dans ce dernier cas, on assiste en prime à un épisode de censure chez Facebook France, qui a déactivé  le compte d’utilisateur d’un blogueur, Humeur de gauche, pour avoir posté sur son profil un lien vers un billet reproduisant la lettre de Philippe Leclercq au président de la République.

Panique sur des mots-clefs, peut-être? “Gauche de combat” (dans l’adresse du blogue), cela sonne donc furieusement comme “couteau entre les dents”…

Un grand classique de la propagande anti-communiste

On pourrait citer aussi, à la rubrique “ça fait froid dans le dos”, l’arrestation et le déferrement au tribunal de l’homme qui avait crié “Sarkozy je te vois” pour montrer son désaccord avec la politique sécuritaire voulue par le président. Ou le cas du professeur Bernard Granger, qui a vu sa messagerie électronique suspendue par son employeur, l’AP-HP, parce qu’il était trop actif à leur goût dans le Mouvement de défense de l’hôpital public. Même pas besoin du “signalement” d’un ministre au patron, cette fois.

Enfin, on pourrait faire le compte des manifestants, certains mineurs, littéralement éborgnés par des tirs de flashball. Arme à “léthalité modifiée”? Oui, mais si on vise la tête…

Faut-il que ceux qui soutiennent le gouvernements soient sûrs, certains, blindés à mort de certitudes pour en venir là:

La certitude du “TINA” (There Is No Alternative), que les ouvriers du néolibéralisme ont distillé avec le lait des réformes, est la raison qui explique ces dérapages étranges, aussi confondants de naïveté que dédaigneux des règles démocratiques. Tous ceux qu’ils n’ont pas réussi à convaincre, en revanche, ont le sentiment que c’est cette certitude qui conduit de l’intimidation à la censure, de la censure au délit d’opinion.

(Billet d’André Gunthert cité plus haut.)

Tout cela m’évoque irrésistiblement une phrase Lu Xun, écrivain chinois du début du XXe siècle, traduite et citée voici bien des années par Simon Leys (dans Ombres chinoises, je crois). Je cite à mon tour, de mémoire:

“John Stuart Mill disait que le despotisme rendait les hommes cyniques. Il ne se doutait pas qu’il y aurait des républiques pour les rendre muets.”

Lu Xun pensait à la peu démocratique République de Chine de son temps; mais bien sûr cela s’appliquerait encore mieux  au régime totalitaire qui allait lui succéder.

Bref, tant qu’il y a du cynisme, il y a de l’espoir.

Et tant que les tentatives pour dissuader, discréditer ou criminaliser l’expression d’opinions différentes rencontrent la colère et un surcroît de protestation, c’est bon signe, cela veut dire que la résignation ne s’est pas installée.

Une bonne raison pour ne pas cesser de s’indigner…

Little Brother, roman de Cory Doctorow, 2008

“But I’m a novelist and I know that if there is a gun on the mantle in Act 1,  it’s destined to go off by Act 3…” (Cory Doctorow, discours à la conférence Modern Liberty)

___________
  1. Vous avez dit “6 mai 2007”? [↩]
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Fernand Raynaud contre Sarko!

Irène | 17 mai 2009 | 18 h 49 min

À certains, ceci rappellera des souvenirs, mais moi, en septante-deux, j’étais bien jeune… Et n’avais encore jamais vu ce sketch en entier:


Le Douanier Sarkozy - Raynaud-Excellent!
envoyé par paleopale. - Regardez les dernières vidéos d’actu.

Signalé par Dominique (Champignac) sur Twitter.

Un texte qui reste d’une puissance redoutable. Il faudrait peut-être juste signaler à M. le président de la République, à MM. Hortefeux et Besson, à Mme Marine Le Pen, et à leurs sbires, que c’était, bien sûr, une parodie… Vous savez, pas un truc à prendre au premier degré et à utiliser comme modèle? Bien au contraire.

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Liste des mots à ne pas employer en France

Irène | 16 mai 2009 | 8 h 05 min

"Je te vois"...

1) Sur la voie publique: “Sarkozy, je te vois”, surtout à la vue de policiers en plein travail. Et alors, “circulez, y’a rien à voir”, ça ne se dit plus, de nos jours? Faut-il vraiment faire intervenir la justice?

(Au fond, le Sarko, on le voit même trop, voilà le hic. Et ce nom qui rend tout le monde nerveux, c’est du pur Harry Potter: “Celui-dont-il-faut-taire-le-nom”… Cela dit, je préfère penser qu’il y a progrès: brailler en pleine rue le nom du chef du troupeau de l’État est un trouble à l’ordre public? Du “tapage injurieux”? Allons, encore un effort, on finira par trouver une majorité pour décider que l’origine du trouble se situe à l’Élysée…)

La sécurité chez Orange: un peu acide...

2) Quand on travaille pour Orange, opérateur de téléphonie et d’Internet, ci-devant service public mais pas encore tout à fait privé, manifestement: “gouvernement” et “du vent” (en parlant de la sécurité du dispositif). De quoi la trouver amère…

(Apparemment, le fait d’impliquer, dans un billet sur les effets pervers de la loi Hadopi, que les promoteurs de cette loi étaient soit incompétents, soit cyniques, pour ne pas avoir vu, ou voulu voir, passer ce problème du chiffrement généralisé, ça ne passait pas. La nouvelle version du billet parle de danger pour la “société”, ce qui est juste mais aussi plus vague. Enfin, c’est intéressant, tout ça. Après Harry Potter, c’est au tour de Little Brother, le roman pour ados et jeunes adultes de Cory Doctorow qui inspire notre actualité… L’internaute français moyen va bientôt devenir très fort en matière de contournement des mesures techniques du gouvernement!)

  • P.S. (17/05) Belle initiative du Blog de l’Inkorrect(e): un concours de billets et illustrations “Sarkozy je te vois”…
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Le mouchard d’Hadopi, non merci!

Irène | 11 mai 2009 | 12 h 20 min

Je tiens à informer les député(e)s qui se prononceront mardi 12 mai en vote solennel sur le projet de loi dit “Création et Internet”, plus connu par l’acronyme Hadopi (Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres(1) et la Protection des droits sur Internet), que quelle que soit l’issue du vote, je n’ai aucunement l’intention d’installer chez moi le prétendu “dispositif de sécurisation”, en clair: le mouchard électronique.

Même chose pour les sénateurs et sénatrices à qui l’on refilera ensuite le bébé.

Cette mesure est tellement disproportionnée par rapport à l’objectif visé, tellement porteuse de dérives liberticides, tellement contraire à l’esprit de notre constitution (qui reprend en préambule, ne l’oublions pas, la Déclaration universelle des droits de l’homme), que je m’étonne qu’il se soit trouvé une majorité de députés pour préférer suivre les mots d’ordre du parti sur ce sujet.

Ce qui prouve, encore une fois, que l’on n’a jamais tout vu. Merci à M. Sarkozy, dernier défenseur d’Hadopi – si l’on excepte quelques lobbyistes largués, accrochés au statu quo – pour en avoir fait la démonstration par l’absurde.

Hadopi: celui qui légifère ne devrait pas se mettre minable...

Touche pas à mon Net!

En attendant, un bouquet de liens,(2) pour ne pas se faire surveiller idiot:

1) Dossiers, décryptage:

  • Piqûre de rappel sur PC INpact: tous les points noirs d’Hadopi;
  • Les grandes lignes du projet de loi, par l’association “Tous contre Hadopi”;
  • Le bon gros dossier d’Infos du Net;
  • La neutralité du réseau en péril: Internet For Everyone (en français);
  • La loi LOPPSI, ou le filtrage et la surveillance à tous les étages;
  • La Quadrature du Net, pour suivre ces dossiers au niveau français et européen;
  • Et l’UFC Que choisir rappelle que dans les faits, l’industrie musicale va bien, merci…

2) Appels et pétitions:

  • Pour le cinéma, lettre ouverte aux spectateurs citoyens;
  • Le Pacte pour les libertés numériques;
  • L’appel de SVM contre Hadopi (plus de 50 000 signataires);
  • Qui contrôlera le futur? (La science-fiction contre Hadopi);
  • Ils ont promis de ne pas installer le mouchard;
  • Dernière minute: le Hadopithon de la Quadrature, pour alerter vos députés;

3) Audio et vidéo:

  • Où je cause dans le poste: l’émission d’Aligre FM, à télécharger;
  • Sur France 3, émission Ce soir ou jamais du 5 mai avec Francis Lalanne:  grand débat genre “les  anciens contre les modernes”;
  • Pascal Nègre et Frédéric Lefevre dans un remake de… La Chèvre?
  • Une vidéo d’animation: Hadopi en pâte à modeler;
  • Et le montage Hadopi Wars!

4) Ce qu’en dit mon blogohèdre:

  • En une image, Champignac montre comment l’internaute devient “pirate” avec cette loi créative dans la répression;
  • En deux comparaisons, PMA règle leur compte aux défenseurs d’Hadopi;
  • Intox2007 s’amuse du temps où Carla aimait se faire “téléporter”;
  • Lait d’beu s’attend à des jours cruels pour les parlementaires godillots de l’UMP;
  • Marc Vasseur, à la suite de Jocelyne, rappelle les positions lucides de Ségolène Royal sur le téléchargement, dès 2004;
  • And Cory Doctorow at Boing Boing helps the English speaking Internet follow the whole soap opera!

5) Des alternatives pour la rémunération des artistes? Chiche!

  • Mon billet “De la licence globale à la contribution créative”;
  • En savoir plus sur la contribution créative imaginée par Philippe Aigrain;
  • Et sur le mécénat global, qui peut être complémentaire;
  • Un exemple de ce qui marche:  Stardock, éditeur de jeux vidéos, se concentre sur les clients et non sur les pirates;
  • Et un site d’échange de fichiers, Mininova, aide les artistes à gagner de l’argent;
  • Tandis que les majors d’Hollywood penchent de plus en plus vers la licence globale;
  • Plus, if you read English, here’s an exemple of how it works already with Netflix, Rhapsody & other legal online services.

6) Ils veulent résister:

  • Avec IPODAH et Ipredator, les “pirates” sérieux s’organisent…
  • Ils ont leurs partis, en lice pour les Européennes;
  • Ils ont leur ambassade sur la Toile;
  • Et veulent être présents, sous le Pavillon d’Internet, à la Biennale de Venise.
  • Mais chut, chez nous, Linux Manua connaît déjà 10 antidotes à l’Hadopi!

7) Un peu d’humour dans ce monde de brutes:

  • Détournements: la galerie Touche pas à mon Net…
  • Un site parodique: Aimer, c’est partager;
  • Humour musical – grinçant – “Ô Hadopiste”;
  • Et la ballade de Jérôme Bourreau-Guggenheim, “premier martyr” d’Hadopi.

Tiens, si un internaute averti en vaut deux, cela veut dire que les coupeurs de connexion auront deux fois plus de pain sur la planche…

P.S. Rajoutons, en liens bonus:

  • Les députés godillots ne sont pas anonymes. Il n’est pas interdit d’en tenir compte lors des élections (Merci Dominique).
  • La liste des charmant(e)s député(e)s pour qui les libertés publiques sont secondaires par rapports à la volonté du méga-président. (Ajout du 12/05.)
  • Hadopi en Pearltree: visualisez tous les liens de ce billet! (Merci à Barberousse et Nicolas J.)

P.P.S. Billet repris par Europeus; et par Marc Vasseur sur Le Post. Merci à eux.

___________
  1. Et oui, le sigle est bancal: “œuvre” ne s’écrit pas “oeuvre” en bon français, et le sigle aurait dû être “Hadœpi”…. [↩]
  2. J’aime la polysémie du français: des liens, sur Internet, c’est pour rapprocher; mais le même mot dans un autre contexte signifie entrave. Ce qui va bien avec cette scélérate de loi. [↩]
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