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"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
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Bibliosurf.com ouvre une librairie numérique

Irène | 26 juin 2009 | 8 h 06 min

Je retransmets ici le message de Bernard Strainchamps aux abonnés de la liste de diffusion de la webrairie Bibliosurf:

Bonjour,

Bibliosurf.com ouvre une librairie numérique avec un fonds de 1000 titres:

http://bibliosurf.epagine.fr/

C’est une première étape avant j’espère un développement plus important. Je vais travailler au développement d’une nouvelle offre de livres numériques qui ne correspondra pas forcément avec des copies numériques de livre papier.

Bibliosurf.com est fier d’avoir signé un contrat avec Gallimard de vente de livres numériques. Vous trouverez donc 39 titres de cet éditeur au catalogue.

Vous trouverez aussi le catalogue de Tiers livre, une belle initiative de l’auteur François Bon, qui a décidé d’investir littérairement la dématérialisation et non de reproduire une copie numérique des livres papiers.

J’attire votre attention sur le fonds informatique. Il est riche de 272 titres avec trois éditeurs, dont deux traditionnels et reconnus, Eyrolles et Éditions d’Organisation, et un nouvel éditeur, Digit Books, que l’on ne trouve que sur le web.

Pour info, les comptes clients livre papier et livre numérique sont distincts. Pour commander un livre numérique, il faudra donc vous réinscrire.

Cordialement,

Bernard Strainchamps.

Bonne nouvelle pour les amateurs de lecture à l’écran ou sur des liseuses, donc!

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Le livre numérique, l’Europe et la TVA

Irène | 17 juin 2009 | 8 h 40 min

Histoire de poursuivre la réflexion sur l’économie du livre numérique (cf. les vidéos de Françoise Benhamou dans le précédant billet), j’aimerais en dire un peu plus sur la question de la TVA.

Une Europe, des Euros

L’un des avantages souvent évoqués à propos des livres numériques, donc dématérialisés, c’est que leur prix devrait logiquement être moins cher que celui des livres papiers.

Pour comprendre, examinons le cas d’un livre classique, fait avec de l’encre et du papier.

1) Il y a d’une part ce que j’appellerai le coût par titre: un investissement dans la création de chaque titre, puisque l’éditeur doit commencer par payer pour le texte (qu’il s’agisse d’un paiement de l’auteur au forfait ou d’un à-valoir sur les droits d’auteurs), plus éventuellement pour la traduction et les illustrations; mais il y a aussi des coûts de correction (pour vérifier que le texte ne comporte pas d’erreurs de français, de typographie, de cohérence interne, etc.), de mise en page et de maquette.(1)

Tous ces coûts seront à peu près similaires dans le cas de l’édition papier et de l’édition numérique.

2) D’autre part, il y a des coûts liés à la fabrication et à l’exploitation du livre: il faut payer l’imprimeur, défalquer la commission du libraire ainsi que celles du diffuseur (un intermédiaire crucial, dont les représentants font la promotion du livre auprès des libraires et grossistes) et du distributeur (le prestataire chargé de la manutention des livres, de l’entrepôt de l’imprimeur jusqu’au seuil des librairies), et enfin compter les frais de promotion (exemplaires de presse, encarts publicitaires, etc.). Je simplifie, mais en gros, c’est ainsi que fonctionne la chaîne du livre: une fois le fichier PDF créé, l’imprimeur le transforme en brique de papier imprimé, le distributeur le véhicule d’un entrepôt à l’autre, le diffuseur cajole les libraires pour qu’ils en prennent commande et le libraire, à son tour, fait l’article auprès des lecteurs potentiels.

C’est à stade que le livre numérique devrait être plus économique par rapport au livre papier, puisque les étapes de l’imprimerie, de l’entrepôt et des camions passent (logiquement) à la trappe.

Certes, il y aura toujours l’investissement de départ (texte, graphisme, correction, etc.) ainsi que des coûts liés à la promotion et à la commercialisation.(2) Mais surtout, pas besoin d’impression, de stockage ni de transport. Fini aussi la fabrication à perte de dizaines d’exemplaires destinés à la presse puisque, s’agissant de promouvoir un produit dématérialisé, c’est un fichier qu’on leur envoie!

En fait, le seul poste budgétaire qui augmente sérieusement, pour l’éditeur, lorsqu’il s’agit de produire des livres numériques, c’est la TVA.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le marché des produits culturels, je rappelle qu’il y a en France trois taux de TVA qui s’appliquent sur ce secteur:

  • le taux normal, à 19,6%, qui concerne notamment les disques et l’informatique;
  • le taux réduit à 5,5%, pour les livres;
  • et le taux super-réduit à 2,1%, pour la presse.

(Ce sont les taux en vigueur dans l’Hexagone, mais il y a des taux réduits spéciaux en Corse et dans les DOM.)

Dans le cas des livres numériques, jusqu’ici, c’est par défaut le taux normal qui s’applique, soit presque 4 fois plus que la TVA sur les livres papier. (Je parle bien du texte dématérialisé, du fichier qu’on télécharge, pas de l’objet tangible qu’est la liseuse électronique.)

Là où ça devient intéressant, c’est que le 10 mars dernier, à Bruxelles, le Conseil européen réuni au niveau des ministres des finances s’est mis d’accord pour ouvrir aux États membres la faculté d’abaisser unilatéralement le taux de TVA sur un ensemble de biens et services précisément identifiés. (Cf. le communiqué de presse officiel, en anglais, sur PDF.)

En France, les commentateurs se sont principalement concentrés sur la possibilité d’appliquer à la restauration un taux réduit de TVA… Mais une disposition importante des décisions du 10 mars n’a pas été relevée. Elle concerne la TVA “appliquée au livre quel qu’en soit le support”. La voie est ainsi ouverte pour une unification (qui devra être négociée entre l’État et les instances représentatives de l’édition) des régimes de la TVA sur le livre. Qu’il s’agisse de livre papier, audio ou numérique, pour l’Europe.

Ceux et celles que le livre dématérialisé intéresse prendront note

Reste maintenant à décliner au niveau national cette décision bruxelloise. Pour la restauration, les choses avaient été menée tambour battant. Et pour le livre?

Bah. Pour le moment, rien. Comme c’est bizarre…

Pour finir, une précision qui risque de faire mal, surtout si le tir n’est pas corrigé dans un proche avenir:

La décision du 10 mars concerne évidemment les ouvrages professionnels, au même titre que toute autre forme de livre, y compris livre numérique. Cependant la rédaction du compromis européen, mentionnant explicitement que ce compromis ne s’applique qu’au livre (“Books on all physical means of support”) ne permettra pas d’étendre cette nouvelle opportunité de baisse de la TVA à la presse, et en particulier à la presse professionnelle et scientifique et à ses déclinaisons électroniques.

Dommage, dommage.

Tiens, au fait, notre cher gouvernement n’était-il pas censé aider la presse?

Évidemment, on a vu comment il se comportait avec les artistes, leur proposant pour tout potage de jouer les croquemitaines anti-pirates avec la loi Hadopi – et le désopilant feuilleton qui en est résulté.

Faut-il s’étonner, ensuite, que la France, qui avait réclamé à cor et à cris cette possibilité de baisser unilatéralement la TVA, ne se précipite pas pour l’appliquer au livre, une fois obtenue? Ou que dans la discussion sur les services concernés, la presse numérique soit passée à l’as…

  • P.S. Article repris par ActuaLitté. Merci à eux!
  • Ainsi que dans la sélection de Rezo.net du dimanche 21/06.
___________
  1. On considère ici, pour simplifier, le cas d’un éditeur artisanal, qui ne peut se rémunérer qu’avec les bénéfices de la vente des livres. Mais dans une grande maison d’édition, voire un groupe médias, il faudrait rajouter à ces coûts la rémunération du dir’coll’, bref du directeur (ou directrice) de collection. [↩]
  2. Par exemple, lorsqu’un livre numérique n’est pas vendu directement chez l’éditeur, mais par l’intermédiaire d’une webrairie du genre Fnac ou Amazon, cet intermédiaire prend au passage sa commission, c’est normal. [↩]
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Édition numérique: attention, l’évolution des modèles économiques est incontournable…

Irène | 16 juin 2009 | 8 h 13 min

C’est chez Aldus que j’ai trouvé ces deux vidéos de l’intervention de Françoise Benhamou lors des dernières rencontres organisées par Cap Digital. Attention, c’est long (1h et 30 minutes), mais ça en vaut la peine…


Benhamou Partie 1
envoyé par think_digital. - Vidéos des dernières découvertes technologiques.

Suite et fin de l’intervention, plus débat avec l’assistance:


F. benhamou 2
envoyé par think_digital. - Vidéos des dernières découvertes technologiques.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Françoise Benhamou est enseignante-chercheuse en économie, spécialiste de l’économie de la culture. Elle enseigne actuellement à l’Université Paris XIII et tient des chroniques en ligne sur Livres Hebdo et Rue89.

Et l’on retrouve dans ces vidéos des questions déjà débattues à propos d’Hadopi: comment rémunérer les créateurs quand l’œuvre est dématérialisée; où placer le «guichet» pour faire payer les consommateurs: achat à l’unité ou abonnement, voire licence globale? Ou encore contribution sur le matériel ou l’abonnement, puisque les dépenses de loisirs culturels tendent à se déplacer sur ces postes?

Et la chercheuse de faire le parallèle avec l’affaire du droit de prêt (et de photocopie) sur les livres papier!

On pourra aussi faire le rapprochement avec «Média-morphose», l’article de Cory Doctorow sur le futur de médias, dont j’avais traduit la partie consacrée aux livres. Et l’on discute aussi l’effet «longue traîne» – et à qui exactement il profite.

La perspective ici porte notamment sur le cas des livres universitaires (marché en grand rétrécissement, pour des raisons que Benhamou explique, et qui est de toute façon bien particulier, puisque les auteurs, par ailleurs salariés, publient souvent pour des rémunérations symboliques, voire sans être rémunérés ou même en fournissant eux-mêmes la maquette du livre, comme chez L’Harmattan) mais aussi sur la littérature.

Et je suis contente de voir abordée la question de l’inflation de titres publiés ou celle des gains de productivité (pour les éditeurs) dus à l’adoption de l’informatique… par les auteurs!

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Écrire et publier sont deux choses différentes

Irène | 28 mai 2009 | 11 h 28 min

Réaction personnelle, et passablement désabusée, à certains débats récents ayant eu lieu ici même, à propos du compte d’auteur… Âmes, pardon, egos sensibles, s’abstenir.

Le nez dans les livres

On parle là de deux choses distinctes: écrire (pour son plaisir, ou parce que ça vous démange, ou toute autre raison, qu’importe) et puis être publié(e) à compte d’éditeur. C’est-à-dire par un éditeur qui vous paye pour ça, qui prend un risque économique pour mettre votre œuvre à la disposition du public, en pariant sur le fait que les lecteurs partageront son enthousiasme pour votre livre.(1)

À la différence d’un éditeur à compte d’auteur, dont les revenus proviennent des auteurs qui le payent pour faire fabriquer leurs livres.

Certes, payer pour voir son livre imprimé est toujours possible – c’est même une garantie (parmi d’autres) de la liberté d’expression. Et ce n’est pas plus bête que d’être peintre du dimanche ou de construire des modèles réduits dans des bouteilles. (Dans ce cas, vous n’exposeriez pas forcément vos œuvres dans une galerie d’art. En tout cas, la plupart des gens ne s’y attendraient pas.)

Mais voilà: quand il s’agit d’arts plastiques, tout le monde ou presque saisit la différence entre les gens qui exposent à la MJC ou lors de la foire aux croûtes du quartier, et ceux ou celles dont les œuvres s’échangent chez les marchands de tableaux.

Quand il s’agit de travail manuel, tout le monde comprend qu’il ne suffit pas de bricoler son scooter pour devenir ingénieur auto.(2)

Et quand il s’agit de sport, tout le monde comprend que de faire des randonnées à vélo le week-end n’est pas la même chose que de courir le Tour de France – ou même un critérium régional.

Mais quand il s’agit d’aligner des mots et des phrases sur du papier, ou sur un écran, alors on s’imagine que tout le monde est capable de produire un résultat publiable par un “vrai” éditeur, et surtout d’intéresser des lecteurs qui ne vous connaissent pas et n’ont aucune raison de se tourner vers votre texte, que ce soit pour se distraire ou pour s’instruire.

Étrange chose, vraiment, que l’écriture…

___________
  1. Je parle là du cas général, celui où vous n’êtes ni une célébrité ni la victime d’un fait divers et où personne n’a intérêt à payer un “nègre” pour écrire votre histoire. Non, vous êtes juste un ou une scribouillard(e) lambda qui pense avoir quelque chose à dire et rêve de le faire partager au monde. [↩]
  2. Quoique, les fans de tuning, parfois… Si vous avez le cœur bien accroché, allez donc faire un tour chez les – ahem – designers dont les exploits sont documentés chez The Jacky Touch. [↩]
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Où TdB met la pression…

Irène | 12 mai 2009 | 21 h 09 min

Le mythe de la Tour de Babel, par Lodewyk Toeput

Je m’en excuse d’avance auprès des habitué(e)s de ce blogue, mais à la suite des interventions répétées d’un certain groupe de personnes – et des intérêts qu’ils défendent – dans des fils de commentaires, interventions qui tentent de détourner la discussion des problèmes de départ en la faisant dériver vers des attaques personnelles et des tentatives de pression à mon encontre, je me vois obligée temporairement de placer ce blogue en mode Prudence,  Niveau 2: bref, de modérer a priori les commentaires.

Les thèses que je maintiens dans ces billets, ne devraient pourtant rien avoir de si choquant, à ce que j’aurais pu croire:

  • respect de la vie privée en ligne,
  • liberté d’opinion,
  • transparence dans l’information du consommateur…

Serait-ce une suite à l’affaire de l’Hadopi et de mon précédent billet (utilement mis en Pearltree, je le signale, par Nicolas Jegoun Barberousse, allez hop, c’est dit)?

Si seulement! Aurais-je en face de moi un pénible étatique, je saurais au moins à quoi m’en tenir, même si cela devait tourner aussi mal que pour Jérôme Bourreau-Guggenheim. Mais non: le problème, je le crains, est que j’ai dû marcher sur les orteils (chatouilleux) d’un bon vieil intérêt privé.

Plus précisément, je me retrouve depuis quelques semaines la destinataire de messages répétés des clients et/ou amis de M. Emmanuel Aved de Magnac, dirigeant de TdB éditions.

(Par parenthèses: “TdB” est ici l’acronyme de Tour de Babel éditions.)

Messages pour certains fort naïfs, pour d’autres fort bien pesés dans tous leurs termes; pour certains fort courtois, pour d’autres nettement agressifs. Et quand on les met bout à bout, cela fait furieusement penser à une campagne de harcèlement.

Je rappellerai donc simplement quelques points, qui n’ont rien de négligeable:

  • Au départ, je n’ai pas cherché la “polémique”. Voir ce billet pour un rappel des événements: tout est parti d’une tentative d’une certaine Agence Littéraire (AL), sise à Versailles, pour faire cesser les critiques contre elle sur un blogue littéraire – ce qui lui a forcément causé beaucoup de publicité négative… Je n’ai fait au départ que rendre compte de cette polémique.
  • Puis ce sont des gens comme Maskass, Sullivan, Rambla, Katia Rogala et d’autres qui sont venus témoigner spontanément de leurs déboires (et parfois aussi de leur confiance à l’AL), et ont profité de la tribune ouverte sur ce blogue. Pourquoi moi? Peut-être parce que j’ai bien voulu les écouter, tout simplement, et que je me trouvais connaître assez bien le monde de l’édition pour débrouiller les tenants et les aboutissants de l’affaire. En particulier les liens entre l’AL et la nouvelle structure, TdB édition.
  • Je n’ai aucun grief personnel (du moins je n’en avais aucun au départ…) contre l’AL, TdB, leurs dirigeants et leurs auteurs. Je ne fais pas partie des anciens clients mécontents, et comme je ne suis pas éditrice ni agent littéraire, on pourrait difficilement m’accuser de conflit d’intérêt!
  • Ce qui me motive? Outre le goût pour la vérité, pour la justice, en général, il se trouve que je déplore de voir des auteurs – des collègues – se lancer à l’aveuglette dans des entreprises d’édition ou de para-édition à la limite du douteux (pour rester dans un registre modéré).
  • Enfin, aujourd’hui, ce sont les fans de TdB eux-mêmes qui alimentent le processus en venant poster de façon répétée sur mon blogue! Personne ne les y oblige.

Aussi, voici ce que j’ai à dire à MM. de Magnac, Drabowicz et les autres:

1) Si vous désirez que l’on prenne au sérieux vos plaintes concernant cette “polémique”, la réputation de TdB, de ses auteurs, etc., vous feriez bien de commencer par éviter de vous lancer vous-même dans des attaques personnelles à mon égard.
C’est pourtant le b, a ba.

2) Sur mon nom de plume: j’ai déjà répondu le mois dernier, lisez donc, mon cher! (Ou, si c’est un problème de mémoire, il y a un remède simple et efficace: le pense-bête.)
3) Sur le ou les procès de L’Agence Littéraire de Versailles: j’avais parlé d’un procès perdu. Et d’auteurs qui n’ont jamais récupéré leur argent. Voir le commentaire de Jacob Benetti en date du 20 janvier, qui apporte des précisions aux informations fournies par Yves Lefort citées dans le corps du billet. Et on en trouve confirmation avec le témoignage de Jean-Paul Foucard sur le blogue d’Élisabeth Robert.

Si monsieur de Magnac estime que ces affirmations sont erronées, qu’il ne s’en prenne pas à moi mais cherche plutôt à accorder ses violons avec MM. Lefort, Benesti, Benetti, Foucard et leurs avocats.

Mais par ailleurs comme il admet lui-même, dans son commentaire du 12/05/2009, que ce n’est pas un mais deux procès que l’AL a perdus face à d’anciens clients, ma foi…

L’Agence Littéraire n’a eu que trois procès, devant des instances civiles et qui concernent exclusivement l’année 2006: dans deux premiers cas (chronologiquement) l’auteur a eu gain de cause, dans le dernier il a été débouté de ses demandes.

4) Enfin, je signale que je trouve particulièrement amusant la position de ces gentils auteurs TdB qui viennent en chœur faire la promo de leurs bouquins sur mon blogue, tout en protestant que non, ce n’est pas de la pub, c’est juste pour jouer la transparence et donner des informations…

Mais j’approuve. La partie transparence, du moins. Et je soutiens la démarche de ces auteurs qui, pour une fois, n’ont pas (trop) honte de dire clairement qu’ils ont eu recours à une forme ou une autre de compte d’auteur!

Continuez, allez-y.

Mais faites-moi plaisir: tâchez de rester polis. Au moins un minimum.

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L’écrivain et le compte d’auteur, fable de la vie littéraire

Irène | 10 mai 2009 | 21 h 12 min

Par Irène Delse.

(Inspiration: La Fontaine et le fil des commentaires de ce billet.)

Le Corbeau et le Renard, illustré par Grandville

Maître Écrivain, sur un bureau penché,
Tenait en sa pogne un écrit.
Maître C/A, par l’espoir alléché,
Lui tint le discours que voici :
« Hé! bonjour, Monsieur de l’Auteur,
Que vous êtes doué! Quel esprit! Et quel cœur!
Sans mentir, si votre chéquier
Se rapporte à votre encrier,
Je vous vois, demain, phare à Saint-Germain-des-Prés!»
À ces mots, l’écrivain ne se sent pas de joie;
Et pour publier, c’est son choix,
Il ouvre son chéquier, paye pour son contrat.
Le flatteur, en encaissant, lui dit: «Mon bon Monsieur,
Apprenez qu’un compte d’auteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien neuf cents Euros, sans doute.»
L’écrivain, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(D’après Jean de La Fontaine, Fable II, Livre I: “Le Corbeau et le Renard”.)

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Sarkozy ou la Pensée Universelle

Irène | 6 mai 2009 | 17 h 18 min

Dans un discours bien flagorneur sur le deuxième anniversaire (1) de l’élection du méga-hyper-président, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a eu cet étrange mot pour qualifier ces premières années du règne de l’agitation permanente:

“c’est l’histoire de la pensée universelle française qui redémarre, qui continue”

(Cf. le site du Nouvel Obs.)

Publicité parodique pour la Pensée Universelle

Oups! On dirait que M. Chatel ne connaît pas La Pensée Universelle, la tristement fameuse usine d’édition à compte d’auteur d’Alain Moreau?

Ah, la France, ce pays multi-culturel qui s’ignore…

Mais Sarkozy en continuateur d’Alain Moreau? Hum. Oui, en fait: tout s’explique!

La Pensée Universelle de la grande époque, cette machine à rêves pour naïfs bientôts dépouillés de leur fric et de leurs illusions: ça colle comme un gant à celui qui s’est fait élire par une utilisation décomplexée  du storytelling à l’américaine, c’est-à-dire en racontant de belles histoires pour habiller la réalité aux couleurs de son idéologie, pour endormir l’esprit critique d’un auditoire qui aurait pu tiquer devant de banales promesses.

Eh oui. Tout comme les clients de la PU ont cru un moment qu’ils deviendraient des auteurs célèbres en payant se pour faire éditer, les électeurs français révèlent qu’ils sont, eux aussi, vulnérables aux marchands de rêves…

Désolée. Ça va être dur pour l’égo, tout ça.

___________
  1. Et on entend déjà: “Putain, seulement deux ans?” [↩]
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Presque célèbre, bientôt riche (ça ne saurait tarder)

Irène | 14 avril 2009 | 23 h 44 min

Le magazine 20 Ans vu par la RTBF

Journée modérément dingue ce 14 avril après mon billet sur l’affaire 20 Ans.

Par la grâce de Twitter, Rezo.net et Vendredi.info, on devrait friser les 1000 visiteurs uniques, ce qui n’est pas mal pour un blougue qui plafonne en général dans la fourchette 250/300. Je ne suis pas encore riche, mais un peu plus, et me voilà quasi célèbre!

La menace de procès, en revanche, ne s’est pas manifestée. L’effet Streisand (ou Martinez… Vous vous souvenez?) a joué à plein.

L’affaire a dépassé le cercle des blogueuses, ou même des blogues en général. Il y a eu l’article de 20 Minutes, puis L’Express, le Post, Arrêt sur images, Canal+ et d’autres s’en sont emparés. Y compris hors des frontières de la France, puisqu’en Belgique la RTBF est venue à son tour se pencher sur les étranges mœurs de la presse féminine hexagonale.

Quelques conclusions a en tirer:

1) Plus votre cible est connectée, plus il est difficile d’avoir prise dessus, voire de l’intimider. Simple corollaire du principe directeur qui a inspiré la construction du prédécesseur d’Internet, d’ailleurs.

2) Un média hors ligne qui veut faire de l’argent grâce aux blogueurs a intérêt à travailler avec eux, et non contre. Plus précisément, si on veut tout obtenir des blogueurs — des textes et visuels pour remplir le magazine, plus de la pub virale (le trop fameux “buzz”) – et ne rien donner de substantiel en échange, on peut prophétiser sans crainte que le montage se cassera tôt ou tard la figure dans un grand fracas de pixels malmenés. Mais s’il s’agit d’un échange de bons procédés, et si l’échange est raisonnablement équilibré aux yeux du peuple bloguant et twittant, on a alors joué(1) gagnant-gagnant. Sur le long terme, c’est même la seule façon de procéder.

Image de tigres qui se baignent - message : Dis iz intarnets, welkom in!
moar funny pictures

Jusqu’ici, les médias tels que journaux, magazines, télés, radios qui cherchaient à profiter du phénomène bloguesque avaient deux façons de procéder, grosso modo: soit fournir aux blogueurs une plate-forme où héberger leur média personnel (des Skyblogs aux blogs du monde, c’est une formule déjà ancienne, et qui a fait florès) en échange d’un abonnement et/ou d’encarts publicitaires; soit publier une rubrique blogs/Internet, qui donne la parole aux publinautes,(2) leur faisant ainsi de la publicité, tout agrémentant d’une touche actuelle le fond classique du média.

La première formule est robuste, mais peu interactive. La seconde l’est nettement plus, mais ne peut servir que de complément, voire d’entremet, au menu ordinaire d’une chaîne ou d’un journal.

Il faut citer aussi, bien sûr, la formule choisie par Vendredi Hebdo, dont le contenu est entièrement tiré des blogues, mais qui prend soin de les rémunérer. Au tarif de 50 € le feuillet, environ, ça devient intéressant. Résultat: les blogueurs publiés, et leurs amis, font de la pub à Vendredi. Et ainsi se constitue un petit écosystème.

Mais vouloir aspirer la moelle (substantifique ou non, peu importe) des blogues sans rien donner en retour qu’un peu d’argent de poche…

C’est voué à l’échec.

Et là, mes agneaux, le blogohèdre(3) se referme sur vous, chacun de ses sommets aussi pointu qu’une canine, aussi dur que l’acier au carbure de tungstène, et prêt à vous broyer en toute allégresse et férocité.

Une image bien plus parlante que la doucereuse “blogosphère”, vous ne trouvez pas?

___________
  1. Pour reprendre un terme cher à Ségolène Royal, ce qui ne manquera pas d’agacer mes trolls. [↩]
  2. Il faut bien un mot pour désigner les gens qui publient/se publient sur le Ouaibe. Non de simples internautes, mais des acteurs, à leur échelle, de la Toile… [↩]
  3. Encore un néologisme, mais pas de mon cru. Saluez Tom Foss (Fortress of Soliloquy) pour cette création. [↩]
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Message pour Free et Google: oui, Thélès fait du compte d’auteur

Irène | 10 février 2009 | 18 h 03 min

Critiquer une entreprise sur la Toile, est-ce plus dangereux que de le faire dans un livre ou dans la presse “classique”? On dirait bien, hélas.

J’avais parlé l’an dernier des éditions Thélès et des embêtements que subissait le journaliste Marc Autret à cause d’un papier qu’il leur avait consacré, où il expliquait qu’il s’agissait d’un éditeur à compte d’auteur pratiquant une forme assez classique de compte d’auteur “panaché” (c’est-à-dire qu’ils ne font pas payer à l’auteur la totalité du prix de fabrication du livre, mais demandent tout de même une contribution financière).

Faut-il rappeler que ce n’était pas précisément un scoop?

L’annuaire AUDACE, dans son édition de 2005, et avant cela le numéro 36 de la revue Ecrire & Editer, avaient signalé que, depuis 2002, les éditions Thélès avaient ajouté à leur répertoire certaines formes de compte d’auteur. Sans annoncer la couleur, cependant, puisque Thélès se présente encore aujourd’hui comme un “éditeur généraliste”. Ce qui pourrait être considéré comme de la publicité mensongère envers leurs clients, les auteurs!

L’éditeur n’avait sans doute pas apprécié d’être classé parmi les prestataires de compte d’auteur abusif, mais à l’époque, ces informations se trouvaient dans un livre et une revue papier, qui circulaient dans la population (finalement assez restreinte…) des auteurs qui s’informent en détail avant d’essayer de se faire publier.

Et puis en juin 2007,  Marc Autret publie en ligne son article sur Thélès, à la suite d’une question de lecteur sur son guide 150 Questions sur l’édition. Bien rédigé, riche en informations et correctement étiqueté à l’aise de la méta-balise “Thélès”, pour aiguiller les moteurs de recherche, le papier arrive assez vite en troisième place lors d’une recherche Google sur ce mot.

C’est là que tout se déclenche.

Au printemps 2008, Thélès, qui n’apprécie apparemment pas cette franche mise en lumière, envoie à Marc une lettre d’avocat pour le menacer d’un procès en contrefaçon de marque. Marc lui répond publiquement, sur son site personnel, ainsi que par l’entremise d’un avocat. Gilles Klein rend compte de l’affaire sur Le Monde du blog, je fais de même chez moi, ainsi que de nombreux blogueurs et blogueuses, des sites d’information en ligne, etc.

Thélès a beau recevoir les louanges, sur la Toile, de divers blogues qui se lient mutuellement (dont certains appartiennent à des auteurs maison, d’autres ne semblant être là que pour faire nombre, en alimentant le buzz et le Pagerank de l’entreprise), l’article de Marc reste encore un long moment dans le “triangle d’or” des résultats Google.

Que fait Thélès, entre temps? Il tente d’obtenir la suppression des pages litigieuses du site de Marc en passant par son hébergeur, Free.

Je l’apprends aujourd’hui, par un courriel de Marc. Il a reçu au début du mois une LRAR de Free lui enjoignant de modifier ou supprimer ces pages. Motif invoqué: “dénigrement” et “diffamation” envers Thélès, en sus du “parasitisme commercial” (puisque que lorsqu’on tape “Thélès” sur Google on tombe sur le fameux article…) déjà utilisé dans la première tentative.

À ce point, on peut noter deux choses:

1) Vu que le premier article incriminé date de juin 2007 et le second de mars 2008, on a déjà dépassé les délais légaux de prescription pour attaquer en diffamation ou contrefaçon un article en ligne.

2) Thélès n’a toujours pas à ce jour déposé de plainte en justice, donc pas de possibilité pour l’accusé de prétendre au remboursement des frais d’avocat. Cela finit par peser…

Conclusion?

Cela ressemble fort à du bluff, une pression (financière et psychologique) exercée sur un journaliste par une entreprise qui n’apprécie pas de perdre le contrôle de la communication sur ses produits. Un peu comme si, mettons, un fabricant de voitures attaquait en justice Auto-Plus pour avoir publié des photos de sa petite dernière… Ahem.

Sauf qu’ici, il s’agit d’un journaliste indépendant et non d’une entreprise de presse; et d’informations qui sont exactes sans être inédites. Le fait qu’elles soient passé de l’univers papier à celui de la Toile ne devrait rien changer au fond de l’affaire, non?

Il faudrait peut-être demander à Google…

Theles vu par Google, capture du 10-02-09

J’ai refait le test aujourd’hui, en début d’après-midi: j’ai tapé “thélès” dans la barre du moteur de recherche. Le lien vers l’article de Marc n’apparaît plus en première page, ni même en seconde. Par contre, on voit apparaître en bas de liste le message suivant:

En réponse à une demande légale adressée à Google, nous avons retiré 1 résultat(s) de cette page. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette demande,(1) vous pouvez consulter le site ChillingEffects.org

Quelle coïncidence!

Mais au fait, chers amis de Google et de Free, quelle que soit la raison invoquée par Thélès pour réclamer la mise sous le boisseau de la fiche que lui consacre Marc Autret, vous devriez savoir que le fait de mettre en lumière leur activité d’éditeur à compte d’auteur, et de la considérer comme de type abusif, ne peut pas être recevable.

D’abord, parce que ce n’est pas neuf. Voir plus haut sur la parution de l’info sur médias classiques.

Ensuite, parce que l’affaire n’est pas encore jugée – et pour cause! (Ce qui nous montre au passage que Google est susceptible d’expurger ses bases de donnée sans prévenir, sur simple demande d’une firme ou d’un ayant-droit mécontent… Une critique trop incisive? Trop pertinente? Cherchez ailleurs! Mais il est intéressant de noter que le lien est toujours visible sur Scroogle, pour l’instant.)

Theles sur Scroogle, capture du 10-02-09

Enfin, ce n’est pas de la diffamation: c’est le rappel de faits.

Il y a suffisamment de témoignages à ce sujet. J’ai moi-même eu récemment un échange de courriels avec un monsieur qui avait publié un roman en 2002 chez Thélès et qui s’étonnait de ce que j’aie signalé sur sa fiche Wikipédia qu’il s’agissait d’un éditeur à compte d’auteur et que la fiche ne rentrait donc pas dans les critères de Wikipédia. Il m’écrivait en toutes lettres:

en 2002, effectivement on m’a demandé une participation qui n’avait rien à voir cependant avec certains renégats et requins de l’édition (où les sommes frisent le scandale : jusqu’à 5.000 euros). Mais quand bien même, je ne vois pas où est le problème ?

Je lui ai répondu simplement en rappelant les critères d’admissibilité de Wikipédia: pour faire une fiche sur un écrivain, il faut normalement au moins deux livres publiés à compte d’éditeur. Et que même si la “participation” lui semblait raisonnable à côté de ce que demandent les pires requins, il s’agit de compte d’auteur. Ce monsieur n’avait publié qu’à compte d’auteur ou en auto-édition, et la discussion s’est arrêtée là.

Ne pas informer à l’avance un auteur qu’on lui demandera de financer, en tout ou partie, l’édition de son livre; se présenter (par exemple sur leur site Internet) comme un éditeur “généraliste” classique, puis présenter la note une fois que l’auteur est alléché; surévaluer les frais demandé à l’auteur pour la réalisation de la maquette; et plus généralement, faire signer à l’auteur un contrat dit “participatif” mais rédigé pour ressembler à un contrat d’édition classique: tout cela, c’est abusif. C’est contraire non seulement aux pratiques normales de la profession d’éditeur, mais encore au Code de la propriété intellectuelle (CPI) qui encadre l’activité d’édition et stipule notamment, à propos du compte d’auteur:

Art. L. 132-2.
Ne constitue pas un contrat d’édition, au sens de l’article L. 132-1, le contrat dit à compte d’auteur.

Par un tel contrat, l’auteur ou ses ayants droit versent à l’éditeur une rémunération convenue, à charge par ce dernier de fabriquer en nombre, dans la forme et suivant les modes d’expression déterminés au contrat, des exemplaires de l’œuvre et d’en assurer la publication et la diffusion.

Ce contrat constitue un louage d’ouvrage régi par la convention, les usages et les dispositions des articles 1787 et suivants du code civil.

Bref, l’éditeur à compte d’auteur est un prestataire de service, par un “vrai” éditeur; il a envers son client (l’auteur) un devoir de conseil et d’informations sur le projet d’édition; l’auteur dans ce cas est le maître d’œuvre pour la réalisation de l’ouvrage; et il ne cède pas à son prestataire les droits patrimoniaux (droit de reproduction, de diffusion…) sur l’ouvrage.

Or:

  • Thélès, d’après divers témoignages, pratique et a pratiqué le compte d’auteur, mais sans présenter les choses clairement, ce qui est contraire aux bonnes pratiques de la profession.
  • Thélès fait signer un contrat assez flou, qui panache des dispositions de contrat à compte d’éditeur (la “concession” de droits, proche du mot “cession” employé dans ce type contrat) et à compte d’auteur (le financement de la maquette par l’auteur), ce qui s’éloigne du cadre légal défini par le CPI. Cet “éditeur” facture à l’auteur une “commission” de 80% pour couvrir les frais de diffusion (ce qui est déraisonnable, d’autant que le service de diffusion reste minimal) plus des frais de maquette et des “options” comme, entre autres, la correction orthographique du texte. Le tout fort cher par rapport aux tarifs normaux des prestataires.
  • Donc Thélès est un éditeur 1) à compte d’auteur; 2) dont les services laissent beaucoup à désirer. CQFD.

Oh, et un dernier mot…

Pour l’instant, Free, plus prudent que Google,(2) n’a pas encore bloqué l’accès aux pages où Marc Autret parle de Thélès.

Profitons-en.

  • P.S. du 11/02: Texte légèrement modifié sur les conseils de Marc pour corriger une coquille et éviter de prêter le flanc à une attaque en contre-vérité. Les contrats de Thélès auxquels je fais référence ne stipulent pas expressément que l’auteur “cède” ses droits sur l’œuvre, mais ils sont rédigés de telle sorte qu’un auteur inattentif puisse avoir l’impression de signer un contrat classique, en parlant de “concéder” le droit de diffusion à l’éditeur. Il s’agit de contrats assez récents, dont un de 2007.
  • P.S. du 27/04: Lire aussi l’analyse technique de Marc Autret: “Pour contourner la censure de Google France”.
___________
  1. En fait, la fiche en question n’est pas encore renseignée à l’heure où je publie ces lignes. [↩]
  2. En l’absence de jugement, le “dénigrement” n’a pas été prouvé. Forcément. Et il ne s’agit pas non plus de pages au contenu “manifestement illicite”, comme stipulé par la LCEN pour permettre le retrait d’article par les hébergeurs. [↩]
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Attachées de presse, deux mots, SVP

Irène | 6 février 2009 | 11 h 48 min

C’est gentil de penser aux blogueurs quand vous préparez la campagne de lancement d’un livre. Mais comme toujours, dans les contacts avec de nouveaux interlocuteurs, ce sont les petits détails qui font toute la différence.

Enfin, quand je dis “petits”… façon de parler.

L’envoi d’un dossier de presse en pièce jointe à votre courriel, très bien. Mais s’il s’agit d’un fichier en .docx, le format XML utilisé par Word 2007, aïe, aïe! Vous allez agacer ipso facto les gens qui n’ont pas la dernière version de MS Office ou d’OpenOffice.org. C’est bien ce qui m’est arrivé l’autre jour quand j’ai reçu le courriel d’une attachée de presse d’un éditeur que je ne citerai pas. (Chez moi, OOo est à jour.  Mais j’étais en vacances dans ma famille, à Bordeaux, et j’avais seulement l’usage d’un ordi avec MS Office 2000. Après ça, évidemment, je leur ai installé OOo. Ah, mais.)

Et tiens, tant qu’on y est… Envoyer des extraits de critiques littéraires qui ont a-do-ré le bouquin dans son pays d’origine, c’est bien. Ça donne une petite idée de ce que fait l’auteur et de comment il est perçu chez lui. Mais ça ne remplacera jamais un extrait, même court, du texte.

Ou même, si vous tenez à garder les choses confidentielles tant que la blogueuse n’a pas donné son accord pour faire une critique, une liste des œuvres déjà publiées par l’auteur en question avec un petit résumé.

Du moins, si vous désirez un papier sur un bouquin, hein.

Car pour le service “fabrique de célébrités”, désolée: il faudra chercher ailleurs. La maison ne stocke pas ce produit-là.

  • P.S. Pour être honnête, j’avoue que je ne suis pas totalement irréprochable. En relisant l’échange de courriels en question, je me suis rendue compte que j’avais distraitement donné du “Monsieur” à cette attachée de presse. Oups! Mea culpa.
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