Petit retour sur le BookCamp

17 06 2008

Je parlais, samedi soir, de l’atelier auquel j’avais participé lors du premier BookBarCamp parisien.

Logo du premier BookBarCamp à Paris

Une rencontre fort intéressante, et où trop de sujets ont été abordés pour que je puisse en faire rapidement un compte-rendu. D’autant que vu le nombre d’ateliers, une seule personne ne pouvait tout voir ni tout faire !

Mais si on est intéressé par plus de détails, voici les liens vers ce qu’en disent les autres participants :

  • Emmanuel Guillot, arrivé vers 16h, a tout de même pu participer à deux ateliers, qu’il commente sur son blogue d’auteur Lulu ;
  • sur le blogue de l’association Les Complexes, on fait le point sur les différences d’approches
  • Christian Fauré, sur le blogue Hypomnémata, s’interroge sur ce qui fera ou non le succès des liseuses ;
  • Il y a aussi le point de vue de Virginie Clayssen, de TeXtes, sur ce sujet, sur l’édition électronique et sur l’avenir de la librairie ;

À voir aussi :

Tout un programme.

Pour finir, je ne voudrais pas manquer de citer des gens que j’ai rencontré à l’occasion de ce BookCamp et avec qui j’ai pu discuter, et notamment Xavier Cazin, ex-O’Reilly France, aujourd’hui cofondateur d’Immateriel.fr, qui se propose d’accompagner les éditeurs désireux de se lancer dans l’édition et la diffusion de livres numériques.

Eh oui, la crise boursière américaine a contraint O’Reilly à fermer une filiale française encore jeune et qui n’était rentable qu’un an sur deux…(1) Mais les gens qui y travaillaient ont un savoir-faire et une expérience en matière de publication et de diffusion en ligne dont ils peuvent faire profiter les éditeurs “classiques”. Eh oui, O’Reilly France gagnait de l’argent en vendant des livres électroniques sous forme de PDF — sans verrous numériques !

Citons aussi Pierre Mounier, chercheur en sciences sociales, qui anime Homo Numericus (site de veille et réflexions sur les implications sociales des TIC) et présentait le portail Revues.org (publication en ligne de revues de sciences humaines), édité par le CLEO avec le soutien du CNL du CNRS, de l’EHESS, de l’Université de Provence, de celle d’Avignon et d’Adonis. (Merci Marin Dacos pour ces précisions !)

François Bon n’était pas là, finalement : dommage, car il aurait eu bien des choses à dire en tant qu’auteur et éditeur numérique lui-même !

À lire aussi :

Psst ! ;)

Si par hasard vous êtes en manque de BookCamp, j’espère que vous parlez italien ? Car il y en aura un à Rimini le 11 juillet, organisé par Mario Guaraldi (des éditions Guaraldi), Antonio Tombolini, de Simplissimus (“le site qui aime les livres et leur futur”) et Marco Barulli, de Clipperz (gestion en ligne des mots de passe).

logo du BookCamp de Rimini, Italie

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  1. Par comparaison, notons que Lulu n’est pas encore rentable. Et qu’Amazon avait failli décrocher en 2001 après l’éclatement de la bulle Web. []


Picorages au BookBarCamp

14 06 2008

14h et des poussières

Oh, joie, j’ai fini par trouver la Cantine ! Il ne fallait pas se fier au “12 passage des Panoramas” donné sur le site mais au 151 rue Montmartre.

On est en plein Silicon Sentier, au fait…

Bon, je tombe sur Sébastien Célimon puis Hubert Guillaud. Sébastien Dupont, de Lulu France, est là aussi. Et puis Céline, de Lulu aussi, que j’avais rencontrée au Salon du Livre et qui me taquine parce qu’elle se souvenait de moi mais pas moi d’elle !

14h15 Présentations : Hubert s’empare du micro et use de ses prérogatives d’hôte pour faire se présenter les gens.

Une centaine de gens, ce n’est pas une petite affaire. Les fumeurs rentrent pour se présenter aussi.

14h30 Oh, oh ! Les t-shirts attaquent ! Que serait une rencontre “Ouaibe 2.0” sans le t-shirt réglementaire, en effet… Les courageux le revêtent tout de suite. Moi, j’attendrai d’être en vacances. Merci.

15h Ateliers

Et me voilà à l’œuvre. Atelier sur les comportements de “l’auteur numérique”…

Qu’est-ce qu’un auteur numérique, au fait ? Étant la seule intervenante avec deux chromosomes X, c’est forcément “honneur aux dames”, et je me lance.

Moi : Un auteur, au sens étymologique, c’est celui qui augmente ce qui est, qui ajoute quelque chose au monde. Que ce soit écrire un texte, créer une image, organiser des éléments épars pour en faire une chose nouvelle (je pense à l’œuvre multimédia, mais aussi aux collages, anthologies, etc.)

Merci Jorge Luis Borges, au fait. (Et son traducteur français. El Hacedor => L’auteur et autres contes.)

Apparaît vite un clivage entre auteurs et éditeurs autour de la table. Logique, chacun parle de son expérience…

C’est là que je découvre un site absolument fabuleux : Find Your Museum, un guide en ligne des 50 plus grands musées du monde. La créatrice, Claire Desombre, est là, et revendique de ne pas être une “créative”, mais quelqu’un qui utilise les outils en ligne pour organiser les informations sur ces musées. Adresses, plans d’accès, horaires, liste et description des œuvres majeures… Le rève du touriste moderne, mais aussi du chercheur, de l’esthète, de l’étudiant en histoire de l’art, voire du romancier à la recherche de documentation.

D’où la question : un site Web peut être une œuvre de création, mais son maître d’œuvre n’est pas forcément un auteur. Dans ce cas, c’est l’éditrice qui joue ce rôle.

On a autour de la table un éditeur de recueils et anthologies thématiques, les éditions Volets verts, qui est l’exemple d’un petit éditeur indépendant qui utilise la puissance des outils informatiques (y compris la plate-forme de blog gratuite Blogspot) pour faire marcher son activité. Lui, l’éditeur, se définit comme un passeur, celui qui accompagne les auteurs, y compris ceux qui n’ont aucun atome crochu avec l’informatique (comme Hubert Comte, philosophe et amoureux des livres), pour mettre leurs créations à la disposition du public.

Sébastien Dupont cite un autre exemple, l’éditeur Malpertuis : celui-ci va un pas plus loin, puisqu’il a “externalisé” toute la partie impression et diffusion en utilisant la plate-forme Lulu, mais qui reste un vrai éditeur, qui choisit les textes, accompagne les auteurs, se charge des corrections, de la maquette, des illustrations, voire de la traduction (comme la traduction nouvelle du Roi en jaune, un classique oublié, à l’origine publié à la fin du XIXe siècle, qui a influencé Lovecraft et d’autres auteurs de fantastique).

Ces deux exemples ont en commun l’usage du principe de la longue traîne : Internet est le lieu et le moyen de se faire connaître d’un public qui peut être petit, ou dispersé géographiquement, mais qui suffit à rendre l’entreprise viable du moment que les coûts de fabrication, de stockage, de distribution sont réduits. Ce ne serait pas possible avec l’impression offset classique, mais avec l’impression à la demande, on peut envisager de n’éditer un livre qu’à 100 ou 200 exemplaires et les vendre dans toute la France ou même dans le monde entier.

Soit mais… et les auteurs dans tout ça ?

Eh bien, ils se rendent compte avec plus ou moins d’appréhension que, logiquement, les outils qui leur permet de se faire connaître en ligne, voire de se passer d’éditeur en devenant eux-mêmes les maîtres d’œuvres de leurs créations, ces mêmes outils les obligent aussi à choisir leur stratégie : quel genre d’auteur seront-ils ?

Un auteur à l’ancienne, qui écrit dans sa tour d’ivoire et confie son manuscrit à un éditeur, à charge pour lui d’utiliser (ou non) le Web pour diffuser et faire connaître l’œuvre ?

Ou bien un auteur qui prend en main sa notoriété, qui cherche à être reconnu et identifié, bref à acquérir un statut de “marque” pour lui et pour son œuvre ?

À ce moment, les retombées économiques ne seront pas forcément les ventes du livre, mais d’autres travaux auxquels le livre (ou toute œuvre de création) aura ouvert la porte.

Exemples cité par Sébastien Célimon : un sociologue français qui avait fait un mémoire de mastère sur l’usage du vélo à Amsterdam, qui en tire un livre imprimé et diffusé sur Lulu.com, qui l’envoie à des journaux et obtient ainsi quelques articles. Ce livre arrive entre autres dans les mains d’un membre d’un comité intergouvernemental qui réfléchit aux usages du vélo, aux politiques d’urbanisme, etc. Résultat : le groupe en question embauche le sociologue comme consultant.

Un exemple auquel on pourrait en ajouter d’autres, notamment celui de Cory Doctorow, à qui une double casquette d’auteur et de blogueur a ouvert la porte à d’autres activités : conférences, journalisme, enseignement… Mais cela nous entraînerait peut-être un peu loin.

Et puis il est 22h, je suis de retour chez moi, le BookBarCamp est fini depuis deux heures et on me permettra de tirer le rideau pour le moment.

Pour la suite, rendez-vous lundi ! (P.S. Bon, mardi, en fait. La Vie Réelle (TM) est tyrannique.)



En partance pour le BookCamp

14 06 2008

Après la Bouquinosphère, voici le BookBarCamp !

Logo du premier BookBarCamp à Paris

C’est cet après-midi, 14 juin, à la Cantine, dans le 2e arrondissement de Paris,(1) et je retrouverai parmi les participants quelques connaissances : Hubert Guillaud, de La Feuille, Sébastien Célimon, attaché de presse de Lulu France, Emmanuel Guillot bien sûr, et puis Virginie Clayssen, Hadrien Gardeur, de Feedbooks, et bien d’autres.

Mélange de séminaire, d’atelier, de groupe de discussion, c’est l’occasion de faire le point et d’échanger entre gens intéressés par les livres et l’écrit, et leur devenir à l’heure d’Internet.

On y parlera d’édition électronique avec François Bon ou Patricia Gallot-Lavallée, de livre numérique, de chaîne du livre, des nouveaux circuits de distribution avec Bernard Strainchamps (Bibliosurf) et Pierre Coutelle de Place des Libraires… Sans oublier les médiathèques, l’impression à la demande, les encyclopédies en ligne, etc. Seront présents des représentants de Zazieweb, du Syndicat de la librairie et du Centre national du livre, aussi bien que des chercheurs, des éditeurs, et le collectif Babelpocket.

Quant à moi, je participerai à l’atelier sur les “comportements et usages des auteurs numériques” : et j’aurai l’occasion de comparer la situation d’un auteur “classique”, avec éditeur (pour le roman L’Héritier du tigre, bien sûr), et de l’auteur qui s’autoédite en ligne (avec un recueil de nouvelles disponible chez Lulu et Babelpocket).

Avec un peu de chance, je ferai un billet en direct cet après-midi. Sinon, à ce soir pour plus de détails !

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  1. Mais c’est aussi complet. Si vous êtes intéressés, ne manquez pas de suivre les comptes-rendus en ligne ! []


Éditions des Mille Saisons

18 04 2008

À noter dans vos carnets et vos marque-pages : les ci-devant éditions 5e Saison changent de nom pour devenir désormais les Éditions des Mille Saisons.

Image : Logo des éditions Mille Saisons

Et bien sûr, le site change d’adresse en ligne, ainsi que le forum.

Je rappelle que Mille Saisons est une jeune maison d’édition de fantasy et fantastique. Ma nouvelle “Cause perdue” est parue dans leur première anthologie, Solstice, Anthologie 1 : Facettes d’imaginaire, dont il devrait rester quelques exemplaires disponibles.

Par ailleurs, Mille Saisons annonce que la date limite de leur appel à textes en cours (thème : “Boules de feu et droits sociaux”) est repoussée au 15 septembre.

Qu’on se le dise.



Pourquoi Le Navire a eu raison de refuser “Chercher au Cœur” d’Amazon

11 04 2008

Parce qu’il a su lire les petits caractères dans le contrat que propose Amazon aux éditeurs !

logo du Navire en Pleine Ville éditeur

Vous connaissez peut-être Chercher au Cœur (ou en V.O., “Search Inside”), le service qu’Amazon propose aux éditeurs et aux auteurs : permettre aux internautes de regarder à l’intérieur des livres, de lire un extrait, voire de faire une recherche dans le texte complet.

Et tout cela, gratuitement… Ou presque.

Car l’ennui, c’est que pour bénéficier de cette mise en valeur de leurs livres, les détenteurs de droits doivent céder à Amazon les droits numériques sur les titres en question.

Résultat ? Comme on le voit dans ce billet de l’auteur de SF américain John Scalzi (lire aussi les commentaires), même si l’auteur et l’éditeur, Tor Books, seraient partants pour publier leurs livres électroniques sans DRM, et dans d’autres formats que ceux offerts par Amazon… ils ne peuvent pas !

Et tant pis pour les lecteurs qui ne sont pas équipés de liseuses compatibles, bien sûr.

Il faut dire que jusqu’à ces derniers mois, peu d’éditeurs (surtout en France) s’intéressaient à l’édition électronique, dont l’intérêt économique ne semblait pas vraiment évident…

Depuis, Amazon a abattu ses cartes avec le lancement du Kindle, qui a fort bien marché aux States, merci.

Et on se rend compte que la donne à bien changé : Amazon possède à la fois la boutique pour vendre les livres électroniques, le format dans lequel ces livres sont codés (Mobipocket, propriété d’Amazon, dont une variante équipe le Kindle) et le terminal physique sur lequel les lire… À quoi s’est ajouté le rachat d’Audible, l’un des principaux vendeurs en ligne de livres audio numériques.

Pendant ce temps, et en profitant de l’ignorance et du manque d’intérêt de nombreux éditeurs pour l’édition numérique, Amazon a tranquillement acquis les droits sur les livres participant au programme Chercher au Cœur ou “Search Inside”.

Ce que faisaient les services juridiques de ces éditeurs, pendant ce temps-là, on se le demande.

Comme par hasard, là aussi, on constate que sur le marché américain (le seul où le Kindle soit en vente, pour l’instant), les livrels vendus sur Amazon au format AZW (une variante de Mobipocket, mais lisible uniquement sur le Kindle) sont nettement moins chers que ceux vendus dans d’autres boutiques en ligne, y compris sa filiale Mobipocket (du genre 9,99 $ sur Amazon et 14 $ sur Mobipocket).

Bref, je ne suis pas mécontente que le Navire en Pleine Ville ait préféré passer au large plutôt que d’écouter les sirènes d’Amazon !



Si l’éditeur vous fait réécrire votre manuscrit

29 03 2008

Suite d’une discussion avec Fred, Jean-Pierre, Emmanuel et quelques autres sur le forum Babel - La Ghilde des Mondes (oui, celui des créateurs de Babelpocket), à propos d’une déprimante anecdote recueillie au Salon du Livre :

Merveilleux, ouille ouille ouille. Pourquoi est-ce que je ressort déprimé de chaque Salon du Livre ? Parce qu’une éditrice me dit qu’un auteur a réécrit entièrement 5 fois son roman pour Gallimard pour se le voir refusé la 5e fois ? (Emmanuel)

Oui, mais ce qu’elle a omis (volontairement ?) de dire, c’est qu’il y a eu six relecteurs différents sur ce même titre, et quand on sait comment ils se mettent si rapidement d’accord entre eux sur un seul et même texte, on peut se poser la question. (JPJ)

Là c’est une question de choix. A quel point l’auteur veut-il être édité ? Accepte-t-il de changer fondamentalement son roman, rien que pour le voir accepté ? Mais est-ce toujours vraiment son roman ? (FredV)

J’y vois un manque de maturité des deux parties. D’une part, Gallimard n’a sans doute préféré pas perdre une bonne plume : même si on n’a pas le budget pour un auteur, mieux vaut le faire patienter quelques mois ou années plutôt que de le voir partir vers la concurrence. […]

De la part de l’auteur, il y a sans nul doute le désir ardent de se faire publier chez Gallimard et nulle part ailleurs. En faisant ce choix, il se fragilise grandement, il fragilise également ses collègues auteurs en faisant monter la surenchère de la c… et il prête le flanc à ce type de demande à répétitions. (Emmanuel)

Et quel est l’avis d’une auteure qui a connu de nombreux refus avant d’être éditée ? Car en plus de vingt ans d’écriture et d’édition, j’ai bien entendu commencé par essuyer des refus pour mes nouvelles, puis pour mon premier roman…

Ce que j’en pense, c’est que si l’éditeur demande des changements fondamentaux, c’est qu’au fond le texte ne lui plaît pas, que cela ne rentre pas dans sa politique éditoriale, ou les deux. Mieux vaudrait le dire clairement à l’auteur, en expliquant pourquoi, et lui recommander de potasser l’annuaire Audace (Annuaire à l’Usage Des Auteurs Cherchant un Editeur) et le Guide de la petite édition de Zazieweb pour en trouver un plus adapté au genre de textes qu’il ou elle écrit. Quitte à revenir par la suite, si au bout d’un an ou deux l’auteur a autre chose à proposer.

Beaucoup d’auteurs (surtout débutants) ne voient que quelques grands noms dans le paysage de l’édition, et s’imaginent qu’il faut absolument en passer par là… Mais c’est totalement irréaliste.

Et malheureusement, certains directeurs éditoriaux (le cas de celui cité par Emmanuel, chez Gallimard, est flagrant) en profitent, ou ne sont pas si pros qu’ils s’imaginent l’être. J’ai l’impression que le gars (ou la nana) en question avait pensé trouver dans le jeune auteur une plume prometteuse, à développer… Et s’est retrouvé à jouer les Pygmalion.

Problème n°1 : un éditeur n’est pas un atelier d’écriture ! Il aurait mieux valu donner une fiche de lecture détaillée et laisser l’auteur digérer les conseils. S’il revient quelques mois plus tard avec un texte amélioré, c’est qu’il sera possible de travailler avec lui. Sinon, c’est qu’il n’était pas encore au point de toutes façons. J’ai vécu le processus moi-même, en tant qu’auteure, et certains refus motivés m’ont beaucoup aidé à progresser. Quand j’ai proposé mon roman au Navire en Pleine Ville, l’éditrice m’a dit d’un même mouvement : “Oui, je le prends”, et “J’aimerais que tu le retravailles sur tel et tel point, mais on peut en discuter”. Et cela s’est très bien passé. Cela m’a même sérieusement aidé à améliorer le texte : supprimer quelques maladresses, expliciter des passages qui pouvaient être obscurs pour le lecteur, développer la fin qui était trop abrupte… Et comme je savais avoir affaire à un éditeur indépendant, je pouvais y aller sans crainte de voir ensuite le bouquin bloqué par le service commercial.

Car c’est le problème n°2 dans l’histoire du manuscrit chez Gallimard : le directeur éditorial a laissé espérer à l’auteur quelque chose qu’il n’était pas en son pouvoir de décider. Dans une grosse maison comme Gallimard, d’une part il faut l’avis du comité de lecture, et non pas d’une seule personne, mais de plus en plus, ce sont les commerciaux et les gestionnaires qui ont le dernier mot. Donc, même si un responsable de collection adore le manuscrit, même si la majorité du comité de lecture est d’accord pour donner le feu vert, il n’est pas raisonnable de s’emballer… Il faut encore que la personne qui signe les contrats (et qui tient les cordons de la bourse) accepte de signer.

Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, mieux vaut franchement aller chercher ailleurs.



De la pub (bien méritée !) pour Marc Autret

21 03 2008

Il se trouve que Marc Autret (l’auteur de 150 Questions sur l’édition, éditions L’Oie Plate) est un copain. Et qu’en plus, je lui dois une fière chandelle pour m’avoir aidé dans mon projet de Lulu-édition ! Bref, cela me fait d’autant plus plaisir de lui faire de la pub que c’est amplement mérité.

150 Question sur l’édition, par Marc Autret (éditions L’Oie plate)

D’auant que je suis avec intérêt l’actu de son site sur l’édition, le web, le journalisme… et les liaisons plus ou moins dangereuses entre ces différents domaines d’activité.

Il faut dire que tout cela s’interpénètre de façon subtile, aujourd’hui, à tel point que souvent, ce sont les gens qui ont plusieurs cordes à leur arc sont qui ont le point de vue le plus pertinent en la matière. Et de ce côté-là, l’ancien rédac’ chef, webmestre et maquettiste d’Ecrire & Editer (la revue du très regretté Calcre) est plutôt bien loti !

En prime, on trouvera sur son Blog-Not! de nombreuses astuces de typographie, d’infographie, de mise en page, des questions-réponses sur l’édition et même de la bonne zik.

Qu’on se le dise… ;)



F.A.Q.

17 03 2008

La Foire Aux Questions(1) du blogue

Les questions qui me sont le plus fréquemment posées portent, c’est inévitable, sur l’écriture et l’édition. Essayons de nous résumer.

Euh, qui êtes-vous, au fait ?

Réponse : C’est facile. Il y a une page “À propos”, où je me présente, il suffit de cliquer dessus.

Ah, vous écrivez, alors. Vous êtes sûre que vous n’êtes pas éditrice ?

Réponse : Tout à fait sûre. La seule chose pour laquelle on peut me considérer comme de responsable de publication : ce blogue. Vis-à-vis de la loi, en effet, je suis considérée à l’égal de l’éditeur ou du directeur de publication d’un journal, c’est-à-dire comme la personne qui décide ce qui sera publié ou non. À cet égard, je peux être condamnée si l’un ou l’une d’entre vous, dans les commentaires, s’amuse à insulter

Ce n’est pas une question théorique. C’est arrivé à des blogueurs, par exemple Christophe Grébert, de Monputeaux, d’avoir des ennuis pour un commentaire insultant à l’égard du maire de Puteaux, qu’il avait omis de modérer.

Un blogue ? Comment ça marche ?

Blog ou blogue, pour la touche francophone. Bienvenue à vous ! N’hésitez pas à poster votre commentaire, mais sans oublier de respecter les autres visiteurs, ainsi que la taulière. (La règle d’or : ne postez rien que vous ne pourriez dire à la personne en face.) Merci d’avance.

J’écris, moi aussi ; accepteriez-vous de lire mes textes ?

Réponse : En règle générale, non. Il m’arrive de faire une exception pour les amis ; sinon, désolée : je ne suis ni éditeur ni agent littéraire, et je n’aurais de toutes façons pas le temps pour cela.

Pouvez-vous m’aider à trouver un éditeur ?

Non plus. Tous les conseils que je peux fournir proviennent de mon expérience, et elle est concentrée dans le billet “Du manuscrit à l’éditeur : quelques pistes”.

Heu, moi, je voudrais devenir écrivain. Vous avez des conseils ?

Ah, c’est délicat. Il n’y a que deux conditions indispensables pour “devenir écrivain” : d’abord, avoir des dispositions pour cela (ou du “talent”, si vous préférez) ; ensuite, travailler l’écriture. Et même, comme le rappelle utilement Jérôme Cayla, beaucoup travailler.

J’ai consacré quelques billets à la question, auxquels je renvoie les visiteurs intéressés : “Je veux écrire”, “Je suis un jeune auteur et je veux écrire de la fantasy” et “Les recettes faciles du fabricant de best-sellers”.

Cela devrait déjà bien nourrir la réflexion.

Et vous, qu’avez-vous écrit, au juste ?

Eh bien, un roman, L’Héritier du tigre, des nouvelles, quelques poèmes et des articles. J’écris aussi, bien sûr, ce blogue !

Hmm… Et si je veux acheter vos livres ?

Mais bien sûr ! Ce n’est pas très compliqué. Ceux qui ont un ISBN, comme mon roman ou l’anthologie Solstice, peuvent être commandés à la Fnac, chez Amazon ou chez votre libraire préféré. Si vous voulez commander en ligne, je recommande tout spécialement la webrairie interactive Bibliosurf.

Enfin, vous pouvez vous procurer mon recueil de nouvelles, chez Lulu.com (j’ai d’ailleurs rajouté le bouton sur la colonne de droite).

Est-ce que ces livres existent en édition électronique ?

Le recueil de nouvelles, oui : vous pouvez l’acheter chez Babelpocket, au format PRC (c’est-à-dire Mobipocket) sans DRM. On peut les lire avec tous les périphériques de lecture et logiciels qui acceptent ce format. (Pour une liste plus précise, voir ce billet-ci.)

D’autre part, l’éditeur de mon roman, Le Navire en Pleine Ville, a prévu de lancer d’ici fin avril ses titres en édition électronique. Affaire à suivre…

J’aimerais bien vous soutenir, mais je ne suis pauvre, snif…

Hé, c’est surtout dommage pour vous ! Si vous voulez m’aider, vous pouvez recommander à la bibliothèque près de chez vous d’acheter le roman, ou au CDI de votre collège ou lycée (c’est un roman qui peut être lu par des adolescents, donc n’hésitez pas).

Pourquoi ne mettez-vous pas tout simplement de la pub AdSense sur votre blogue ?

C’est de l’humour, j’espère ?

J’ai vu qu’il y avait marqué “Tome 1” sur la couverture de L’Héritier du tigre. Est-ce que ce sera une trilogie ?

Ahem. Non. J’ai prévu que le cycle de Shalinka devrait compter au minimum quatre romans. Et il comprend aussi plusieurs nouvelles (“Cause perdue”, “L’horizon incertain”, etc.).

Moi, je n’aime pas commencer un livre qui se termine par “à suivre”. Dois-je attendre jusqu’à la parution du tome 4 ?

Pas de problème : L’Héritier du tigre ne se termine pas sur un suspense insoutenable ! C’est un roman qui peut se suffire à lui-même. Mais si on veut aller plus loin, explorer plus avant cet univers, on pourra retrouver le personnage de Yenshaya dans les romans suivants pour de nouvelles aventures. (Et jusqu’ici, ceux qui ont lu le bouquin ont très envie de continuer… C’est bon pour l’ego de l’auteure, ça !)

Ah ! Et cette suite, ce sera pour quand ?

Aïe. Question difficile. Mais comme je l’explique dans ce billet, je suis en train d’écrire le deuxième roman. Et je promets de vous tenir au courant de la progression de cette entreprise.

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  1. Pour l’origine de cette expression, voir Wikipédia. []


Dimanche, votez pour moi !

14 03 2008

L’Héritier du Tigre, par Irène Delse (roman)Enfin, disons : venez me voir au Salon du Livre, dimanche 16 mars, à partir de 14h30.

On me trouvera sur le stand du Navire en Pleine Ville (B56, espace du Conseil régional Languedoc-Roussillon) pour des signatures de mon roman L’Héritier du tigre.

Et j’y serai déjà le samedi 15 matin, de 10h à 11h, pour les lève-tôt.

Je m’attends à voir un certain nombre de lycéens, collégiens… Vu que le bouquin a quand même été finaliste du Prix Merlin, et sélectionné par le comité Ado Polymômes. (Voui, je suis une lecture recommandée, maintenant…)

La Faim et autres nouvelles, par Irène Delse (Lulu.com)

Il y a également la rencontre prévue le mardi 18, de 17h à 18h, où je présente mon recueil de nouvelles sur le stand de Lulu.com (A14).

Le Salon du Livre, je le rappelle, se tient dans la Halle 1 de Paris-Expo, à la porte de Versailles. Voir les infos pratiques sur le site officiel.

Ah, et s’il y a encore un scrutin dans votre circonscription le 16 mars, n’oubliez pas de faire un détour par l’isoloir… (C’est mon cas : Daniel Vaillant est passé dimanche dernier à quelques cheveux d’une élection au premier tour, et sa liste a fusionné avec celle des Verts.)

Sans oublier les élections cantonales : elles servent, en plus des conseillers généraux, à désigner des sénateurs. Et là, c’est bien d’un enjeu national qu’il s’agit… D’autant que le président du Sénat est le deuxième personnage de la République.

Ce n’est pas parce que les télés s’en désintéressent que les électeurs doivent en faire autant, non ?



Régime fiscal de l’auteur autoédité : la TVA

14 03 2008

La question me trottait dans la tête depuis un petit moment : faut-il ou non appliquer la TVA aux livres autoédités ?

Eh oui, les auteurs qui optent pour l’autoédition doivent se préoccuper de questions qui sont normalement du ressort d’un éditeur, et notamment de tout ce qui touche au commerce du livre.

J’ai donc été consulter le Guide pratique de l’écrivain (Paul Desalmand, éditions Leduc.S, 2004), qui nous apprend que les auteurs autoédités n’ont pas besoin de s’embarrasser de déclarations de TVA, du moins jusqu’à un certain chiffre d’affaire. Citons le passage pertinent (page 245) :

Tu as autoédité [ton livre] à quelques centaines d’exemplaires […]. C’est très simple. Tu ne déclares rien du tout et tu factures [tes livres] avec la mention “Ouvrage autoédité dispensé de TVA” ou mieux : “TVA non applicable, article 293.B du C.G.I.”

L’article 293 B du Code général des impôts précise en effet (paragraphes I et III) que les auteurs, artistes et interprêtes qui exploitent eux-mêmes les droits patrimoniaux sur leurs œuvres bénéficient d’une franchise en base qui les dispense de payer la TVA du moment que les sommes récoltées sont inférieures à 37 400 Euros sur une année civile.

I. - 1. Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France […] bénéficient d’une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée lorsqu’ils n’ont pas réalisé au cours de l’année civile précédente un chiffre d’affaires supérieur à :
a. 76 300 euros s’ils réalisent des livraisons de biens, des ventes à consommer sur place ou des prestations d’hébergement ;
b. 27 000 euros s’ils réalisent d’autres prestations de services.
[…]

III. - Le chiffre d’affaires limite de la franchise prévue au I est fixé à 37 400 euros :
[…]
2. Pour la livraison de leurs œuvres désignées aux 1º à 12º de l’article L. 112-2 du code de la propriété intellectuelle
(1) et la cession des droits patrimoniaux qui leur sont reconnus par la loi par les auteurs d’œuvres de l’esprit, à l’exception des architectes ;
3. Pour l’exploitation des droits patrimoniaux qui sont reconnus par la loi aux artistes-interprètes visés à l’article L. 212-1 du code de la propriété intellectuelle.
(2)

(Art. 293 B du CGI, sur Lexinter.net)

Donc, en pratique, un auteur qui vend lui-même les livres qu’il a écrits et/ou illustrés n’a pas besoin de déclarer(3) ni de payer la TVA tant que ses ventes sont en-dessous de 37 000 Euros par an. C’est valable aussi pour un musicien qui vend ses propres enregistrements.

Je suis moi-même, pour l’instant, en-dessous de ce seuil… Une question de moins dont j’aurai à me préoccuper !

P.S. Pour les auteurs qui passent par un prestataire d’impression à la demande tel que Lulu.com (avec lequel vous n’avancez pas les frais), il y a deux cas possibles :

  • 1) Soit vous utilisez Lulu à la fois comme imprimeur et comme plate-forme de vente. Dans ce cas, les clients payent directement à Lulu, qui vous reverse votre bénéfice. Dans ce cas, Lulu collecte la TVA (5,5% sur les livres, 19,6% sur les fichiers téléchargés) et vous n’êtes pas concerné par la question. (Attention, cependant : les sommes que Lulu vous reverse constituent un revenu, que vous devrez faire figurer sur votre déclaration de revenus. Dans la rubrique des BNC ou bénéfices non commerciaux, si vous voulez tout savoir. Mais j’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain billet.)
  • 2) Soit vous utilisez Lulu uniquement comme imprimeur et vous vendez vous-mêmes vos livres, par exemple sur des salons et foires du livre, ou en dépôt chez un libraire. Dans ce cas, on revient à la situation prévue par l’article 293 B du CGI : franchise jusqu’à 37 400 Euros de chiffre de vente.

P.P.S. C’est le même principe pour les auteurs qui vendent des livres électroniques. Si vous utilisez un prestataire de vente en ligne comme Mobipocket, c’est ce dernier qui collecte la TVA et la reverse à l’État, et qui vous verse votre revenu d’auteur. Tandis que si vous vendez vous-même vos livrels (par exemple avec Babelpocket…), vous vous retrouvez dans le cas de l’auteur autoédité : franchise de TVA, etc.

Après, tout le mal que je vous souhaite, c’est d’avoir un jour à payer des impôts sur vos ventes de livres… ;)

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  1. C’est-à-dire les œuvres protégées sous le régime du droit d’auteur : livres, œuvres graphiques mais aussi œuvres musicales, chorégraphiques, etc. []
  2. En gros, les musiciens, chanteurs et autres artistes du spectacle interprêtant des œuvres qu’ils ont eux-mêmes créées. []
  3. Théoriquement, la déclaration est possible, même s’il n’y a rien à régler… Mais dans la pratique, le fisc ne commencera à s’intéresser à votre activité que si le chiffre de vente approche le seuil en question. Si vous vendez une centaine d’exemplaires d’un recueil de nouvelles, ce n’est pas la peine de les déranger. []