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"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
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Le livre à la demande pour trouver un éditeur?

Irène | 7 juillet 2009 | 12 h 16 min

La publication des nouvelles d’Alan Spade chez Lokomodo, après leur première incarnation en tant que livre auto-édité, est un exemple de ce qu’on pourrait appeler la “stratégie de l’imprimuscrit” (pour reprendre le mot de Marc Autret).

Après avoir essuyé un certain nombre de refus malgré un ciblage judicieux des éditeurs, et si l’on estime que le texte est bon et qu’il a été suffisamment travaillé dans l’état actuel des choses, il peut être intéressant de se tourner vers un service d’auto-publication en ligne tel que Lulu, The Book Edition, Unibook… L’inscription est gratuite, la prise en main facile, et comme ce n’est pas un éditeur, mais un prestataire d’impression à la demande, on garde les droits sur son texte.

De candidat(e) à l’édition, on devient alors auteur auto-édité(e). C’est déjà signe d’ambition et de débrouillardise. On peut vendre directement le livre sur le site du prestataire, faire circuler le titre (et le lien vers la boutique en ligne) sur les blogues, forums et fanzines.

Mais si on a beaucoup de courage, on peut alors se lancer dans la promotion de son texte en tant que livre imprimé, en achetant quelques exemplaires à leur prix de revient pour les présenter dans les salons du livre, rencontres culturelles, etc. Cela permet de se faire connaître auprès des gens qui ont les mêmes centres d’intérêts que vous (ici, par exemple, la science-fiction), de rencontrer des lecteurs, des libraires, des éditeurs, de leur faire feuilleter le bouquin… (Évidemment, cela aide si le livre est fabriqué proprement, mais ce n’est pas très difficile avec les services du type Lulu.com, justement.)

Cela peut prendre quelques années, mais si on a écrit quelque chose qui se tient et qu’on est capable d’en parler de façon intelligible, il n’est pas impossible de finir par nouer contact avec des gens susceptibles de vous éditer à compte d’éditeur. Soit ce livre-là, soit les suivants.

Oh, ce n’est pas une garantie, certes. Mais cela peut être un moyen de se mettre le pied à l’étrier, en amenant les professionnels à vous prendre au sérieux.

De l’auto-édition comme carte de visite, en somme.

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écrivains, éditeurs, impression à la demande, imprimuscrit, salons du livre
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« Mensonges et trahisons» , le retour!

Irène | 2 juin 2009 | 18 h 45 min

Vous vous souvenez du film de Laurent Tirard, Mensonges et trahisons et plus si affinités (2004)? J’avais fait un article à ce propos il y a quatre ans, en tâchant de cerner la vérité qui se révélait dans le miroir de la fiction…

Et plus si affinités... (Affiche du film de Laurent Tirard)

“Depuis toujours”, disait Raphaël Jullian, le héros (l’anti-héros) du film, “j’ai su que pour moi, l’écriture et les femmes étaient liées”.

Je me demande ce qu’en penserait Calixte Beyala, qui (ainsi que le raconte le blogue Alert2neg,(1) attaque en justice Michel Drucker en l’accusant de ne pas lui avoir réglé la somme convenue… pour un livre qu’elle aurait écrit à sa place, au temps où “ils vivaient ensemble”! Oups. La réalité s’inspire de la fiction, qui s’inspire de la réalité..

D’autant, comme le rappelle (perfidement?) Bibliobs, que Mme Beyala avait elle-même été reconnue coupable de plagiat en 1996 pour Le Petit Prince de Belleville. Re-oups.

Au fond, qu’importe qui écrit le livre, pourvu que quelqu’un touche les droits…

Comme dirait Raphaël Jullian:

“Incroyable ? C’est pas possible !”

___________
  1. Que j’ai découvert par l’intermédiaire de Vendredi Hebdo, soit dit en passant . [↩]
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Des sites qui aiment les livres

Irène | 29 mai 2009 | 8 h 16 min

Pas trop le temps de faire un billet charpenté, ce matin, d’autant que je me tape traîne depuis deux jours une saleté de migraine ophtalmique…

Pas le moment de camper devant la source de lumière (et facteur de stress) qu’est un écran.

Je sors donc mon joker: encore un mini festival de liens sur les livres, la lecture, l’écriture et la création culturelle en général… Parce que les auteur(e)s cherchent à être lu(e)s, et que les lecteurs/lectrices cherchent des livres:

  • Le webzine culturel Onirik, qui a déjà 5 ans d’existence sur la toile (pas mal);
  • Le club Livres-Cœurs, pour les amoureux fous de lecture;
  • Une revue littéraire en ligne: Écrits… Vains?;
  • Et enfin, spécial “mauvais genres”: Homéopape, un portail à la sauce Digg(1) pour la science-fiction, la fantasy et le fantastique.

Il y en a pour tous les goûts, mais si vous en avez d’autres à suggérer, allez-y, c’est fait pour!

___________
  1. Ou “digg-like”, comme on dit dans le monde geek… [↩]
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Écrire et publier sont deux choses différentes

Irène | 28 mai 2009 | 11 h 28 min

Réaction personnelle, et passablement désabusée, à certains débats récents ayant eu lieu ici même, à propos du compte d’auteur… Âmes, pardon, egos sensibles, s’abstenir.

Le nez dans les livres

On parle là de deux choses distinctes: écrire (pour son plaisir, ou parce que ça vous démange, ou toute autre raison, qu’importe) et puis être publié(e) à compte d’éditeur. C’est-à-dire par un éditeur qui vous paye pour ça, qui prend un risque économique pour mettre votre œuvre à la disposition du public, en pariant sur le fait que les lecteurs partageront son enthousiasme pour votre livre.(1)

À la différence d’un éditeur à compte d’auteur, dont les revenus proviennent des auteurs qui le payent pour faire fabriquer leurs livres.

Certes, payer pour voir son livre imprimé est toujours possible – c’est même une garantie (parmi d’autres) de la liberté d’expression. Et ce n’est pas plus bête que d’être peintre du dimanche ou de construire des modèles réduits dans des bouteilles. (Dans ce cas, vous n’exposeriez pas forcément vos œuvres dans une galerie d’art. En tout cas, la plupart des gens ne s’y attendraient pas.)

Mais voilà: quand il s’agit d’arts plastiques, tout le monde ou presque saisit la différence entre les gens qui exposent à la MJC ou lors de la foire aux croûtes du quartier, et ceux ou celles dont les œuvres s’échangent chez les marchands de tableaux.

Quand il s’agit de travail manuel, tout le monde comprend qu’il ne suffit pas de bricoler son scooter pour devenir ingénieur auto.(2)

Et quand il s’agit de sport, tout le monde comprend que de faire des randonnées à vélo le week-end n’est pas la même chose que de courir le Tour de France – ou même un critérium régional.

Mais quand il s’agit d’aligner des mots et des phrases sur du papier, ou sur un écran, alors on s’imagine que tout le monde est capable de produire un résultat publiable par un “vrai” éditeur, et surtout d’intéresser des lecteurs qui ne vous connaissent pas et n’ont aucune raison de se tourner vers votre texte, que ce soit pour se distraire ou pour s’instruire.

Étrange chose, vraiment, que l’écriture…

___________
  1. Je parle là du cas général, celui où vous n’êtes ni une célébrité ni la victime d’un fait divers et où personne n’a intérêt à payer un “nègre” pour écrire votre histoire. Non, vous êtes juste un ou une scribouillard(e) lambda qui pense avoir quelque chose à dire et rêve de le faire partager au monde. [↩]
  2. Quoique, les fans de tuning, parfois… Si vous avez le cœur bien accroché, allez donc faire un tour chez les – ahem – designers dont les exploits sont documentés chez The Jacky Touch. [↩]
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L’écrivain et le compte d’auteur, fable de la vie littéraire

Irène | 10 mai 2009 | 21 h 12 min

Par Irène Delse.

(Inspiration: La Fontaine et le fil des commentaires de ce billet.)

Le Corbeau et le Renard, illustré par Grandville

Maître Écrivain, sur un bureau penché,
Tenait en sa pogne un écrit.
Maître C/A, par l’espoir alléché,
Lui tint le discours que voici :
« Hé! bonjour, Monsieur de l’Auteur,
Que vous êtes doué! Quel esprit! Et quel cœur!
Sans mentir, si votre chéquier
Se rapporte à votre encrier,
Je vous vois, demain, phare à Saint-Germain-des-Prés!»
À ces mots, l’écrivain ne se sent pas de joie;
Et pour publier, c’est son choix,
Il ouvre son chéquier, paye pour son contrat.
Le flatteur, en encaissant, lui dit: «Mon bon Monsieur,
Apprenez qu’un compte d’auteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien neuf cents Euros, sans doute.»
L’écrivain, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(D’après Jean de La Fontaine, Fable II, Livre I: “Le Corbeau et le Renard”.)

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Une fête et du travail

Irène | 1 mai 2009 | 11 h 59 min

Écrivain, c’est un métier formidable. On peut travailler chez soi en pyjama le dimanche ou un jour férié, avec de la musique pour l’ambiance et une théière pleine de liquide stimulant.

Image : DETERMINATION - There’s a word for someone who never gives up writing. And a special room.

D’un autre côté, faut avouer, comme l’écriture ne rapporte guère, même une auteure publiée peut n’avoir de choix que de travailler le dimanche et les jours fériés à son deuxième roman. Soyons clairs: ce que l’on appelle “avoir un deuxième métier”, chez les zôteurs de mon genre, est en fait avoir un gagne-pain. Pas d’autre mot.

Et quand ledit gagne-pain est du genre classique, du lundi au vendredi, horaires de bureau, ma foi… Le dimanche et les jours fériés sont des jours de travail!

De travail d’écriture, évidemment. Nuance.

Au cas particulier, maintenant que j’ai bouclé le fameux “chapitre zéro”, l’étape suivante consistera en une nouvelle opération délicate:  rendre une certaine transition, vers le milieu du récit, plus crédible, plus cohérente, plus en accord avec le caractère des personnages impliqués…

Délicat, oui, mais pas impossible. À suivre très bientôt, ici même, pour de nouveaux développements.

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écriture, écrivains, romans, Shalinka, Tome 2, travail
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La SF contre Hadopi: pétition « Qui contrôlera le futur?» 

Irène | 25 avril 2009 | 20 h 33 min

Ci-dessous, le texte complet de l’appel des auteurs, éditeurs, illustrateurs et autres acteurs du monde de la SF et de la fantasy contre le projet de loi dit Création et Internet ou Hadopi, publié sur le blogue Génération Science-Fiction. Notez quelques grands noms dans la liste des signataires, ainsi qu’une certaine… Irène Delse.

“Qui contrôlera le futur?

Nous, le peuple de la science-fiction, auteurs, traducteurs, illustrateurs, critiques et chroniqueurs, essayistes, libraires, blogueurs, éditeurs et directeurs de collection, tenons à exprimer par ce texte notre opposition à la loi Création et Internet.

C’est un truisme de dire que la science-fiction se préoccupe de l’avenir et que nombre de ses acteurs ont dénoncé les dérives possibles, voire probables, des sociétés industrielles et technologiques; le nom de George Orwell vient spontanément aux lèvres, mais aussi ceux de John Brunner, Norman Spinrad, Michel Jeury, J.-G. Ballard, Frederik Pohl & Cyril M. Kornbluth, et bien d’autres encore.

La science-fiction sait déceler les germes de ces dérives dans le présent, car c’est bien du présent que rayonnent les avenirs possibles, et c’est au présent que se décide chaque jour le monde de demain.

La méfiance face aux nouveaux développements technologiques et aux changements sociaux qui en résultent, la peur de l’avenir et le désir de contrôle d’une société obnubilée par un discours sécuritaire… tout cela a déjà été abordé par la science-fiction, et s’il est une chose dont elle a permis de prendre conscience, c’est que les technosciences et leurs développements sont la principale cause de changement dans nos sociétés modernes. De ces changements en cours ou en germe, nul ne peut prévoir les retombées mais on sait aussi qu’élever des barrières ou des murs n’amène qu’à les voir tomber un jour, de manière plus ou moins brutale. Aussi, plutôt qu’interdire, la sagesse, mais aussi le réalisme, devrait inciter à laisser libre cours à la liberté d’innover et de créer. Le futur qu’il nous faut inventer chaque jour ne doit pas être basé sur la peur, mais sur le partage et le respect.

La loi Création et Internet, rejetée le 9 avril dernier à l’Assemblée nationale, doit être de nouveau soumise à la fin du mois à la représentation nationale.

Cette loi, dont on nous affirme qu’elle défendra les droits des artistes et le droit d’auteur en général, nous apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d’établir un contrôle d’Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d’expression dans notre pays.

Les artistes, les créateurs, tous ces acteurs de la culture sans qui ce mot serait vide de sens, se retrouvent instrumentalisés au profit d’une loi qui, rappelons-le, contient des mesures telles que le filtrage du Net, l’installation de mouchards sur les ordinateurs des particuliers, la suspension de l’abonnement à Internet sans intervention d’un juge et sur la base de relevés d’IP (dont le manque de fiabilité a depuis longtemps été démontré) effectués par des sociétés privées et l’extension de mesures prévues à l’origine pour les services de police luttant contre le terrorisme à l’échange non autorisé de fichiers entre particuliers.

Profondément attachés au droit d’auteur, qui représente l’unique ou la principale source de revenus pour nombre des travailleurs intellectuels précaires que nous comptons dans nos rangs, nous nous élevons contre ceux qui le brandissent à tout bout de champ pour justifier des mesures de toute façon techniquement inapplicables, certainement dangereuses, dont le potentiel d’atteinte aux libertés n’est que trop évident aux yeux de ceux qui, comme nous, pratiquent quotidiennement dans le cadre de leur travail l’expérience de pensée scientifique, politique et sociale qui est au cœur de la science-fiction.

Également conscients de l’intérêt et de la valeur des communautés créatives, nous nous élevons aussi contre les dangers que cette loi fait peser sur le monde de la culture diffusée et partagée sous licence libre, qui constitue une richesse accessible à tous.

Internet n’est pas le chaos, mais une œuvre collective, où aucun acteur ne peut exiger une position privilégiée, et c’est une aberration de légiférer sur des pratiques nées de la technologie du XXIe siècle en se basant sur des schémas issus du XIXe siècle, songez-y.

Car l’avenir est notre métier.

Joseph Altairac, essayiste
Jean-Pierre Andrevon, auteur, critique, essayiste
Ayerdhal, auteur
Stéphane Beauverger, auteur
Ugo Bellagamba, auteur, essayiste
Jean-Luc Blary, éditeur
Pierre Bordage, auteur, scénariste
Georges Bormand, auteur, critique
David Calvo, auteur
Philippe Caza, illustrateur, scénariste
Hélène Collon, traductrice
Thomas Day, auteur, directeur de collection
Jeanne A. Debats, auteur
Irène Delse, auteur
Sylvie Denis, auteur, traductrice, anthologiste, essayiste, critique
Sara Doke, auteur, traductrice, essayiste
René-Marc Dolhen, critique
Jean-Claude Dunyach, auteur, anthologiste
Claude Ecken, auteur, critique, essayiste, scénariste (BD)
Jean-Pierre Fontana, auteur
Gilles Francescano, illustrateur
Thomas Geha, auteur, libraire
Laurent Genefort, auteur, essayiste, directeur de collection
Laurent Gidon, auteur
Olivier Girard, éditeur, rédacteur en chef
Karine Gobled, blogueuse
Julien Guerry, libraire
Vladimir Harkonnen, baron
Jean-Christophe Hoël, illustrateur
Aurélien Knockaert, webmestre
Sylvie Lainé, auteur
Patrice Lajoye, anthologiste
Nathalie Legendre, auteur
Roland Lehoucq, essayiste
Jonas Lenn, auteur
Jean-Marc Ligny, auteur
Laurent Million, auteur
Yann Minh, illustrateur, créateur de liens
Michel Pagel, auteur, traducteur
Olivier Paquet, auteur
Audrey Petit, directrice de collection
Jean-Pierre Planque, auteur
Laurent Queyssi, auteur
Simon Sanahujas, auteur, essayiste
Nicolas Soffray, auteur, critique
Hervé Thiellement, auteur, critique
Christian Vilà, auteur, essayiste
Jérôme Vincent, éditeur, webmestre
Roland C. Wagner, auteur, traducteur, essayiste, critique
Philippe Ward, auteur, directeur de collection”

Pour commenter, discuter, soutenir ou s’opposer, c’est par ici, sur Génération Science-Fiction!

P.S. du 27/04: La liste a reçu le soutien de nouveaux auteurs, éditeurs, etc. On trouvera la liste mise à jour sur PC INpact.

P.S. du 30/04: Le texte est désormais traduit en anglais sur kNOw Future, et cité par Boing Boing!

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Petits conseils pour écrivains débutants

Irène | 16 mars 2009 | 19 h 54 min

Quelques liens utiles, à lire et à méditer:

  • La page “Conseils” sur le site de l’association Catharsis (qui édite la revue Borderline);
  • Les “Secrets de fabrication” de Christophe Lambert (l’auteur de Zoulou Kingdom et Le Commando des Immortels, évidemment!);
  • L’article “Comment ne pas écrire des histoires”, sur le site de la revue Solaris;

Et n’oubliez pas:

“Tout le monde fait des erreurs, mais c’est l’humilité et le travail qui font la différence.”

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L’auteure répond à vos questions (bis)

Irène | 24 octobre 2008 | 9 h 30 min

Courriel récent :

« Chère madame, je voudrais publier mon autobiographie sous pseudo et sans montrer mon visage. Mais comment faire pour les dédicaces et les interviews ? J’ai peur que les éditeurs ne soient pas d’accord. Vous qui écrivez, pouvez-vous, etc. »

Ah là là ! N’est pas Romain Gary qui veut.

Voici, en substance, ce que j’ai répondu à l’internaute qui m’envoyait cette requête :

Bonjour xxxxxx,

Oui, en général, un auteur est appelé à participer à la promotion du livre, ne serait-ce qu’en faisant des séances de signatures, lors de salons du livre ou dans les librairies. Sa présence physique est alors requise. Pour les entretiens avec les journalistes (ce qui est tout le mal que je vous souhaite, car cela suppose que des médias se seront intéressés au livre), c’est bien entendu la même chose. Et sans signatures, entretiens, présences à des salons du livre, etc., l’écho du livre sera forcément réduit. Certains éditeurs risquent même de ne pas vouloir s’engager avec un auteur qui les préviendrait d’avance qu’il ne se déplacera pas.

Cela dit, rien ne vous empêche de démarcher des éditeurs en spécifiant que vous désirez publiez sous pseudonyme et protéger votre anonymat. Publier sous un nom de plume ne pose pas de problème. Pour le reste, à vous d’en discuter avec l’éditeur lors de la signature du contrat, si vous parvenez à ce stade.

Je vous préviens toutefois que très peu d’éditeurs sérieux publient des autobiographies, à moins qu’ils s’agisse de celles de personnalités. Ou alors, si c’est un témoignage exceptionnel (sujet de société, événement historique, etc.).

Bien cordialement à vous,

Irène Delse,

Écrivaine quand elle peut ; et observatrice quelque peu médusée, sinon, de la nature humaine.

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Les auteurs et l’argent

Irène | 4 octobre 2008 | 11 h 22 min

Don Lorenjy (l’auteur d’Aria des brumes, vous savez ?) a fait un très bon article sur la possibilité de vivre de sa plume, voire de s’y enrichir (un indice : c’est pas gagné) :

“Suis-je fait pour devenir riche ?” – en étant écrivain, s’entend.

(Et hop, au moins un billet que je n’aurai pas à faire !)

Il y traduit et commente un autre billet d’utilité publique : les conseils de John Scalzi sur les finances des écrivains. Il a laissé de côté certains points plus techniques (ou spécifiques au marché américain), mais l’essentiel est là.

Inutile de dire que j’approuve des deux mains. J’avais déjà eu l’occasion de parler ici même de la précarité économique du métier d’écrivain.

J’insisterai, personnellement, sur la nécessité pour un auteur d’avoir autre chose dans sa vie sociale et économique que l’écriture. C’est encore plus vrai chez nous qu’aux États-Unis. Ne serait-ce que pour des raisons de taille du marché : il y a environ 320 millions d’anglophones en Amérique du Nord, contre 70 millions de francophones en Europe à peu près.

Résultat : même les auteurs qui vivent “de leur plume” vivent rarement de leurs droits d’auteur. Ils ont un autre métier à côté, journaliste, éditeur, traducteur… Ou sont mariés à quelqu’un dans ce cas.

Bref, pour citer Degas, “il faut décourager les arts…”(1)

À méditer.

___________
  1. Du moins si l’on suit Henri Perruchot. La phrase est aussi attribuée parfois à Monet ou Cézanne. Allez savoir. [↩]
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