Une nouvelle pour des légendes

24 06 2008

En tant qu’auteure, je pense que je suis raisonnablement immodeste. Mais les compliments des lecteurs et lectrices font toujours plaisir.

Un chat en attaque un autre. Message : Critique constructive, on avait dit !

Qui plus est, je me rends compte que j’en suis à ce stade de ma “carrière” où ce sont des éditeurs qui viennent me réclamer des textes, et non plus moi qui doive les démarcher pour placer ce qui sort de mon clavier. Et ça, croyez-moi, c’est vraiment un gros bonus pour l’ego !

Oh, je ne me fais pas non plus des illusions mirobolantes : à part le Navire en Pleine Ville (qui tient très fort à avoir la suite de L’Héritier du Tigre…), ce sont jusqu’ici de petits éditeurs qui se sont manifestés, pour des nouvelles destinées à des anthologies thématiques tirées à quelques centaines d’exemplaires, avec une rémunération symbolique. N’empêche que c’est un bon début, d’autant qu’il s’agit d’éditeurs pro.

Priorité au Navire oblige, j’ai déjà dû décliner cette année, à regret, les avances des gens de Mille Saisons, qui me relançaient pour une antho mixant polar et fantasy.(1)

Et puis ce samedi, aux rencontres de Présences d’Esprits, c’est Jacques Fuentealba qui a insisté pour que je lui donne un texte ! Il réunit actuellement une anthologie sur le thème “Légendes !” pour le compte des éditions Kyméra, Outworld et Drakosia.

Bon, cette fois, ça tombait bien : j’avais dans mes tiroirs (au fond du disque dur) un texte inédit qui pouvait rentrer dans le thème. Il n’a pas été difficile de le retravailler un peu pour l’envoyer.

Donc je croise les doigts. Je ne sais pas si le comité de lecture sera conquis, mais sur le principe, au moins, j’étais désirée !

N.B. Au fait… Si vous êtes intéressés, amis auteurs, sachez que vous avez jusqu’au dimanche 6 juillet pour écrire ou dépoussiérer un texte et l’envoyer. Tous les détails sont sur le blogue de Jacques et celui d’Outworld.

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  1. Et il y a un nouvel appel à textes en cours : “Boules de feu et droits sociaux”. Date limite : 15 septembre. []


Petit retour sur le BookCamp

17 06 2008

Je parlais, samedi soir, de l’atelier auquel j’avais participé lors du premier BookBarCamp parisien.

Logo du premier BookBarCamp à Paris

Une rencontre fort intéressante, et où trop de sujets ont été abordés pour que je puisse en faire rapidement un compte-rendu. D’autant que vu le nombre d’ateliers, une seule personne ne pouvait tout voir ni tout faire !

Mais si on est intéressé par plus de détails, voici les liens vers ce qu’en disent les autres participants :

  • Emmanuel Guillot, arrivé vers 16h, a tout de même pu participer à deux ateliers, qu’il commente sur son blogue d’auteur Lulu ;
  • sur le blogue de l’association Les Complexes, on fait le point sur les différences d’approches
  • Christian Fauré, sur le blogue Hypomnémata, s’interroge sur ce qui fera ou non le succès des liseuses ;
  • Il y a aussi le point de vue de Virginie Clayssen, de TeXtes, sur ce sujet, sur l’édition électronique et sur l’avenir de la librairie ;

À voir aussi :

Tout un programme.

Pour finir, je ne voudrais pas manquer de citer des gens que j’ai rencontré à l’occasion de ce BookCamp et avec qui j’ai pu discuter, et notamment Xavier Cazin, ex-O’Reilly France, aujourd’hui cofondateur d’Immateriel.fr, qui se propose d’accompagner les éditeurs désireux de se lancer dans l’édition et la diffusion de livres numériques.

Eh oui, la crise boursière américaine a contraint O’Reilly à fermer une filiale française encore jeune et qui n’était rentable qu’un an sur deux…(1) Mais les gens qui y travaillaient ont un savoir-faire et une expérience en matière de publication et de diffusion en ligne dont ils peuvent faire profiter les éditeurs “classiques”. Eh oui, O’Reilly France gagnait de l’argent en vendant des livres électroniques sous forme de PDF — sans verrous numériques !

Citons aussi Pierre Mounier, chercheur en sciences sociales, qui anime Homo Numericus (site de veille et réflexions sur les implications sociales des TIC) et présentait le portail Revues.org (publication en ligne de revues de sciences humaines), édité par le CLEO avec le soutien du CNL du CNRS, de l’EHESS, de l’Université de Provence, de celle d’Avignon et d’Adonis. (Merci Marin Dacos pour ces précisions !)

François Bon n’était pas là, finalement : dommage, car il aurait eu bien des choses à dire en tant qu’auteur et éditeur numérique lui-même !

À lire aussi :

Psst ! ;)

Si par hasard vous êtes en manque de BookCamp, j’espère que vous parlez italien ? Car il y en aura un à Rimini le 11 juillet, organisé par Mario Guaraldi (des éditions Guaraldi), Antonio Tombolini, de Simplissimus (“le site qui aime les livres et leur futur”) et Marco Barulli, de Clipperz (gestion en ligne des mots de passe).

logo du BookCamp de Rimini, Italie

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  1. Par comparaison, notons que Lulu n’est pas encore rentable. Et qu’Amazon avait failli décrocher en 2001 après l’éclatement de la bulle Web. []


Picorages au BookBarCamp

14 06 2008

14h et des poussières

Oh, joie, j’ai fini par trouver la Cantine ! Il ne fallait pas se fier au “12 passage des Panoramas” donné sur le site mais au 151 rue Montmartre.

On est en plein Silicon Sentier, au fait…

Bon, je tombe sur Sébastien Célimon puis Hubert Guillaud. Sébastien Dupont, de Lulu France, est là aussi. Et puis Céline, de Lulu aussi, que j’avais rencontrée au Salon du Livre et qui me taquine parce qu’elle se souvenait de moi mais pas moi d’elle !

14h15 Présentations : Hubert s’empare du micro et use de ses prérogatives d’hôte pour faire se présenter les gens.

Une centaine de gens, ce n’est pas une petite affaire. Les fumeurs rentrent pour se présenter aussi.

14h30 Oh, oh ! Les t-shirts attaquent ! Que serait une rencontre “Ouaibe 2.0” sans le t-shirt réglementaire, en effet… Les courageux le revêtent tout de suite. Moi, j’attendrai d’être en vacances. Merci.

15h Ateliers

Et me voilà à l’œuvre. Atelier sur les comportements de “l’auteur numérique”…

Qu’est-ce qu’un auteur numérique, au fait ? Étant la seule intervenante avec deux chromosomes X, c’est forcément “honneur aux dames”, et je me lance.

Moi : Un auteur, au sens étymologique, c’est celui qui augmente ce qui est, qui ajoute quelque chose au monde. Que ce soit écrire un texte, créer une image, organiser des éléments épars pour en faire une chose nouvelle (je pense à l’œuvre multimédia, mais aussi aux collages, anthologies, etc.)

Merci Jorge Luis Borges, au fait. (Et son traducteur français. El Hacedor => L’auteur et autres contes.)

Apparaît vite un clivage entre auteurs et éditeurs autour de la table. Logique, chacun parle de son expérience…

C’est là que je découvre un site absolument fabuleux : Find Your Museum, un guide en ligne des 50 plus grands musées du monde. La créatrice, Claire Desombre, est là, et revendique de ne pas être une “créative”, mais quelqu’un qui utilise les outils en ligne pour organiser les informations sur ces musées. Adresses, plans d’accès, horaires, liste et description des œuvres majeures… Le rève du touriste moderne, mais aussi du chercheur, de l’esthète, de l’étudiant en histoire de l’art, voire du romancier à la recherche de documentation.

D’où la question : un site Web peut être une œuvre de création, mais son maître d’œuvre n’est pas forcément un auteur. Dans ce cas, c’est l’éditrice qui joue ce rôle.

On a autour de la table un éditeur de recueils et anthologies thématiques, les éditions Volets verts, qui est l’exemple d’un petit éditeur indépendant qui utilise la puissance des outils informatiques (y compris la plate-forme de blog gratuite Blogspot) pour faire marcher son activité. Lui, l’éditeur, se définit comme un passeur, celui qui accompagne les auteurs, y compris ceux qui n’ont aucun atome crochu avec l’informatique (comme Hubert Comte, philosophe et amoureux des livres), pour mettre leurs créations à la disposition du public.

Sébastien Dupont cite un autre exemple, l’éditeur Malpertuis : celui-ci va un pas plus loin, puisqu’il a “externalisé” toute la partie impression et diffusion en utilisant la plate-forme Lulu, mais qui reste un vrai éditeur, qui choisit les textes, accompagne les auteurs, se charge des corrections, de la maquette, des illustrations, voire de la traduction (comme la traduction nouvelle du Roi en jaune, un classique oublié, à l’origine publié à la fin du XIXe siècle, qui a influencé Lovecraft et d’autres auteurs de fantastique).

Ces deux exemples ont en commun l’usage du principe de la longue traîne : Internet est le lieu et le moyen de se faire connaître d’un public qui peut être petit, ou dispersé géographiquement, mais qui suffit à rendre l’entreprise viable du moment que les coûts de fabrication, de stockage, de distribution sont réduits. Ce ne serait pas possible avec l’impression offset classique, mais avec l’impression à la demande, on peut envisager de n’éditer un livre qu’à 100 ou 200 exemplaires et les vendre dans toute la France ou même dans le monde entier.

Soit mais… et les auteurs dans tout ça ?

Eh bien, ils se rendent compte avec plus ou moins d’appréhension que, logiquement, les outils qui leur permet de se faire connaître en ligne, voire de se passer d’éditeur en devenant eux-mêmes les maîtres d’œuvres de leurs créations, ces mêmes outils les obligent aussi à choisir leur stratégie : quel genre d’auteur seront-ils ?

Un auteur à l’ancienne, qui écrit dans sa tour d’ivoire et confie son manuscrit à un éditeur, à charge pour lui d’utiliser (ou non) le Web pour diffuser et faire connaître l’œuvre ?

Ou bien un auteur qui prend en main sa notoriété, qui cherche à être reconnu et identifié, bref à acquérir un statut de “marque” pour lui et pour son œuvre ?

À ce moment, les retombées économiques ne seront pas forcément les ventes du livre, mais d’autres travaux auxquels le livre (ou toute œuvre de création) aura ouvert la porte.

Exemples cité par Sébastien Célimon : un sociologue français qui avait fait un mémoire de mastère sur l’usage du vélo à Amsterdam, qui en tire un livre imprimé et diffusé sur Lulu.com, qui l’envoie à des journaux et obtient ainsi quelques articles. Ce livre arrive entre autres dans les mains d’un membre d’un comité intergouvernemental qui réfléchit aux usages du vélo, aux politiques d’urbanisme, etc. Résultat : le groupe en question embauche le sociologue comme consultant.

Un exemple auquel on pourrait en ajouter d’autres, notamment celui de Cory Doctorow, à qui une double casquette d’auteur et de blogueur a ouvert la porte à d’autres activités : conférences, journalisme, enseignement… Mais cela nous entraînerait peut-être un peu loin.

Et puis il est 22h, je suis de retour chez moi, le BookBarCamp est fini depuis deux heures et on me permettra de tirer le rideau pour le moment.

Pour la suite, rendez-vous lundi ! (P.S. Bon, mardi, en fait. La Vie Réelle (TM) est tyrannique.)



Prix du Cafard cosmique 2008

13 06 2008

Il a été décerné cette année à Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski, publié chez Les Moutons électriques éditeur.

couverture de Janua Vera, éditions Les Moutons électriques

C’est donc un premier livre, publié chez un petit éditeur indépendant, qui reçoit ce prix décerné par une communauté en ligne de professionnels de l’édition SF et de fans engagés (et parfois “enragés”…) qui se décrit elle-même, non sans humour, comme “élitiste”.

Voire même “une bande de connards élitistes”.

La concurrence était rude, vu qu’étaient en lice des pointures comme Spin (prix Hugo 2006), ou Ombres sur le Nil, le troisième opus du très hype Edgard Whitemore. Sans parler d’autres auteurs reconnus, aussi bien anglo-saxons comme Greg Egan que français comme Jérôme Noirez.

Le jury a paraît-il particulièrement apprécié la maîtrise de l’écriture de ce Janua Vera, d’ailleurs déjà salué par la critique du Cafard cosmique.



Comment faire mourir quelqu’un sur Wikipédia

11 06 2008

En tout bien, tout honneur, naturellement. Et sans attenter le moins du monde à la vérité.

Pourquoi ce billet, au fait ?

Image : Im in ur Wikipedia, editing ur articles (Lolcat)

(I can has definishun pleaz ?)

Quelques affaires de morts annoncées à tort, ou de façon prématurée, ayant récemment(1) défrayé la chronique et fait porter la suspicion sur la validité des informations publiées en ligne,(2) il n’est peut-être pas superflu de donner un petit contre-exemple. Oui, messieurs-dames du gouvernement, les bonnes pratiques aussi ont leur place en ligne.

Donc, voici un exemple de l’usage d’Internet et de Wikipédia pour faire circuler une information exacte, promptement et publiquement.

1) Le 10 juin, à 8h37, heure de Paris, Georges Bormand envoyait un courriel sur les listes de diffusion Présences d’Esprit et SF-Franco pour annoncer que l’écrivain américain d’origine lithuanienne Algis Budrys venait de décéder. Il citait à l’appui la fiche Wikipedia de cet auteur.

2) Le même jour, vers 18h, j’ouvre Thunderbird et je découvre ce message. Je clique sur le lien contenu dans le courriel : c’est la fiche en anglais d’Algis Budrys, qui signale sa mort le 9 juin 2008 à Evanston, Illinois, mais ne donne pas de source. (Il y a d’ailleurs un bandeau, en tête de l’article, invitant les internautes à améliorer la fiche en ajoutant des précisions sur les circonstances de ce décès.)

3) Par curiosité, je clique sur le lien en marge vers le pendant en français de cet article et constate que l’information du décès n’y a pas encore été insérée. Qu’à cela ne tienne : je peux le faire moi-même ! Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que je contribue à Wikipédia.

4) Reste toutefois un doute : l’info est-elle authentique ? Prudence, prudence. Première étape : une recherche sur la Toile avec Google,(3) avec les mots “mort d’Algis Budrys”. Résultat : néant. Je passe en mode Google Actualités et tape : “Algis Budrys”. Toujours rien. D’accord, passons à la recherche en anglais (sur Google.com et non plus Google.fr) : il semble logique de voir d’abord la nouvelle apparaître sur des sites étatsuniens, après tout.

5) Tiens, tiens ! Dès la première page des résultats, je tombe sur une discussion, dans un forum de SF, ayant pour sujet “Death of Algis Budrys”. La personne qui avait posté l’information commente : “It must be legit because SFF.net put up a rose in memoriam”. (C’est sûrement vrai parce que SFF.net a mis une rose en hommage sur sa page d’accueil.)

6) De là, bien sûr, je me rend sur SFF.net (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est la plus grande communauté en ligne d’auteurs, d’éditeurs et de fans de SF et de fantasy) et clique sur le petit “In memoriam” qui a bel et bien apparu sur la page d’accueil. Pas de doute : l’info est exacte. La page de discussion consacrée à la mort d’Algis Budrys contient de nombreux messages de sympathie, de regrets, des témoignages de gens qui l’ont connu ou qui savaient qu’il était malade depuis quelques temps.

7) J’ai un petit moment d’émotion, là. Je devais avoir 14 ans quand je découvrais la SF américaine “classique” dans la Grande Anthologie de la Science-Fiction éditée au livre de poche par Gérard Klein, Jacques Goimard et Démètre Ioakimidis, anthologie dans laquelle les nouvelles de Budrys figuraient en bonne place…

7bis) Mais raison de plus pour améliorer la circulation de l’info ! Je retourne sur la fiche Wikipédia en français et ajoute la date de la mort de ce grand monsieur de la SF, en donnant en référence le lien vers l’annonce sur SFF.net.

Voilà. Mission accomplie. Vérification des faits (fact checking, pour parler comme les journalistes), citation des sources, transparence.

En tout, même pas dix minutes.

À vrai dire, cela m’a pris plus de temps de raconter ce processus que de le suivre…

  • «Dans le doute, dites la vérité» (toujours Mark Twain !)
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  1. Mais la chose n’est pas neuve. Cf. Mark Twain : «La nouvelle de ma mort est très exagérée.»

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  2. Alors même que des médias on ne peut plus classiques se livrent aussi joyeusement à ce sport, n’est-ce pas, MM. Elkabbach et Morandini…

    []

  3. J’avoue, c’est généralement par là que je commence, quitte à passer ensuite à Yahoo! si je ne trouve pas ce que je cherche.

    []



Présences d’Esprits veut de vos nouvelles – et BD

6 06 2008

Auteurs de SF et de fantasy, à vos plumes… euh, claviers !

(Valable aussi pour les crayons, pinceaux et tablettes graphiques, d’ailleurs.)

L’imagination vous démange ? Il y a un appel à textes (AT) permanent du Club Présences d’Esprits concernant les différents genres de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique.

(Source : Georges Bormand.)

couverture de Présences d'Esprits n°53

Mais les illustrateurs et auteurs de BD aussi sont bienvenus, ainsi que ceux qui veulent soumettre des critiques et articles.

En effet, le club est toujours demandeur de nouvelles, et ce pour ses deux publications, Présences d’Esprits et Aventures oniriques et Compagnie (AOC).

Ceci n’est pas réservé aux membres, toute personne passionnée peut envoyer sa prose !

Soumettre une nouvelle

Les nouvelles ne devront pas dépasser 50 000 signes et devront être envoyées, sous format électronique (de préférence format .rtf), par courriel.

Il n’y a pas de taille minimale. Une nouvelle relativement courte (15 000 signes) pourra éventuellement être publiée dans le fanzine Présences d’esprits plutôt que dans AOC.
Pour toutes précisions, voir la page de soumission de textes :

http://www.presences-d-esprits.com/envoiTextes.php

Soumettre une BD

Envoyez d’abord courriel, auquel vous pouvez joindre 1 ou 2 planches (format jpg, résolution 72 dpi max) représentatives de votre soumission. On vous indiquera alors la marche à suivre.

Les BD seront soumises à un comité de lecture pour sélection.

Contraintes :

  • science-fiction, fantastique ou fantasy (réaliste ou humoristique)
  • format A4 (21x29,7) à la française (publication finale en format A5)
  • 6 planches max
  • La BD peut être en couleur ou en N&B, mais sera publiée en N&B

Pour les articles, critiques et illustrations, le mieux est de lire les indications sur la page de soumission et de contacter le club si vous avez des questions.

Sans oublier bien sûr les forums de Présences d’Esprits, pour en savoir plus sur le club et ses activités, sur les ateliers d’écriture et d’illustration, et pour les courageux qui veulent poster leurs œuvres en ligne et les soumettre aux critiques bénévoles.

Ou, tout simplement, discuter de SF et de mauvais genres avec d’autres mutants !



La vierge et le DRM

2 06 2008

Oui, je parle bien de cette lamentable affaire de mariage annulé et de tout le brouhaha qui se fait autour.

Image : video surveillance fail - up here, silly!

Vu sur Failblog, of course.

Personnellement, je serais en gros sur la même longueur d’onde que Patrick Lozès (le président du CRAN) lorsqu’il estime que : “l’époux a utilisé des moyens légaux pour parvenir à une fin moralement choquante”.

Oui, moralement choquante. Parce que d’une part, il y a asymétrie manifeste en la matière entre hommes et femmes… Et les traditions qui prévoient de montrer le drap taché de sang lors de la cérémonie de noces, pour “prouver” que l’époux a bien défloré sa promise, ne s’y trompent pas. (Même si cette attente peut parfois, et c’est bien embarrassant, mettre tellement la pression sur le marié qu’il se retrouve tout noué, comme à la fin du film Noces en Galilée, du Palestinien Michel Khleifi, et que sa femme doit trouver un subterfuge pour éviter le qu’en dira-t-on.)

Les jeunes femmes qui, pour dissimuler à leur famille et à leur mari qu’elles ne sont pas restées “pures”, se font refaire l’hymen par un chirurgien complaisant, non plus. Il paraît que les Iraniennes appellent ça une “broderie complète”

Dans un chat organisé par le site Oumma.com (cité par Le Monde) les internautes, hommes et femmes, ne se privent d’ailleurs pas de parler du poids des tabous dans leur culture et de la “culpabilité” qui conduit à “ne penser qu’à ça”, ni d’ironiser sur “l’hypocrisie” des hommes qui prennent du bon temps “avec des Françaises” puis retournent se marier au bled avec une pure et chaste jeune fille…

Pour compléter le tableau, il faut préciser que l’hymen peut être rompu hors de tout cadre sexuel par la pratique de sports intenses (comme le rappelle Dominique en commentaire chez Le Bœuf qui pleure) ou par l’utilisation de tampons hygiéniques ; et que certaines femmes ont un hymen naturellement très souple, voire presque inexistant, et qui ne présente donc pas de frein à la pénétration.

Bref, l’hymen comme “preuve” de virginité est à peu près aussi efficace que les DRM pour empêcher le piratage de la musique… Lire la suite »



Je liveblogue Cannes : Palme d’Or alleluiah !

25 05 2008

Bon, une fois n’est pas coutume, un brin de blogage en direct en l’honneur de Cannes

Oui, je suis devant la radio (merci le Masque et la Plume), ou plutôt à côté, avec France Inter dans mon oreille droite.

(Non, ce n’est pas une allusion politique.)

Alors, premier alleluiah : joli doublé pour les films italiens avec Il Divo et Gomorra.

Les mafias sont infiniment chairs à cinéma.

Et d’un pour Andreotti, et un autre pour la Camorra…

Bon, ce n’est pas ça qui va changer les clichés, évidemment. Rien de nouveau sous le soleil.

N’empêche. Grazie, carissimi !

Tiens, en parlant de mafia : jolie intervention de Robert de Niro en français, évoquant le “petit film de Martin Scorsese” sur “un chauffeur de taxi”… ;)

Et avant de passer au plat de résistance : joli aussi, le prix d’interprétation à Benicio del Toro en “Che”.

Bon, et bien entendu, je ne vais pas bouder mon plaisir…

Voui. Palme d’Or pour un film français, un documentaire (docu-fiction ?), sur une classe de français dans un lycée collège de ZEP, d’après le livre de François Bégaudeau.

Entre les murs, de Laurent Cantet, déjà auteur du fort remarqué Ressources humaines.

Un livre, et maintenant un film, social, humaniste, filmé à ras de terre. Avec dans les rôles principaux le prof et ses élèves eux-mêmes.

Les jeunes ont monté les marches du palais des festivals (ils n’ont pas dû être déçus du voyage).

J’entends les discussions du Masque : on parle de Ken Loach, d’Abdellatif Kechiche (bien vu). Ça devrait marcher, en plus !

Du moins ce sont les pronostics des critiques.

Réalisme, humour, “photographie sensible de la France d’aujourd’hui”…

Bon, en tout cas, les cinéphiles et sociologues étrangers savent désormais ce qu’ils ont intérêt à voir (et à lire !) pour en savoir plus sur notre pays. ;) :)

Merci à Laurent Cantet, merci François Bégaudeau…

Merci au jury de Cannes…

Et merci bien sûr à ces jeunes gens et jeunes filles de ce lycée collège “sensible” du XIXe 20e arrondissement, pour avoir joué le jeu !

«Ne rien dire, ne pas s’envoler dans le commentaire, rester à la confluence du savoir et de l’ignorance, au pied du mur. Montrer comment c’est, comment ça se passe, comment ça marche, comment ça ne marche pas. Diviser les discours par des faits, les idées par des gestes. Juste documenter la quotidienneté laborieuse.»

François Bégaudeau, Entre les murs, éd. Verticales

(N.B. Le film sortira le 15 octobre.)

P.S. Et pour ceux qui veulent tout savoir, il s’agit du collège Françoise-Dolto, à Paris, 20e.



Stanislas Lem avait raison

23 05 2008

Vous avez lu Le Congrès de Futurologie ? C’est fou, mais on y va tout droit.


couverture du Congrès Futurologie chez J'ai lu

Stanislas, ou Stanisław Lem, un auteur à ne pas oublier

Ou les merveilles de la biochimie appliquées à la manipulation sociale : on a découvert que vaporiser un peu d’ocytocine humaine (dite aussi “hormone de l’amour”) sous les narines d’un individu le rend plus réceptif à la persuasion. En gros, il croit ce qu’on lui raconte…

Source : Boing Boing et BBC News.

Les applications possibles ne manquent pas ; et nous pouvons compter sur les as du neuromarketing pour ajouter les brumisateurs d’ocytocine à leur palette ! Ils avaient déjà bien compris l’utilité des odeurs corporelles(1) pour stimuler l’envie d’acheter (cf. Alain Thys, en anglais, sur FutureLab).

Alors, en plus des odeurs qui stimulent la libido (et le désir de posséder, donc d’acheter), qu’est-ce qu’un déclencheur chimique de bienveillance, tant qu’à faire ?

L’argent, lui, n’a toujours pas d’odeur. Ni même de phéromones.

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  1. Souvent appelées, à tort, “phéromones”, alors qu’il s’agit de signaux sexuels sans activité hormonale directe. Référence : le Journal du CNRS. []


Malgré la grève, le festival continue

22 05 2008

Jeudi 22 mai 2008 : c’est parti pour la 7e édition des Imaginales d’Épinal, le festival international d’arts et littératures de l’imaginaire. Mais c’est aussi le jour où les syndicats de salariés appellent à une grève nationale pour faire entendre leur voix dans l’affaire de la réforme des retraites

Résultat, moult TGV annulés, et gros problèmes pour les auteurs et éditeurs qui se rendaient en train dans la capitale des Vosges.

(Quoi, vous me direz, les grévistes auraient pu choisir un autre moment ? Ha, ha. Comme s’il était possible, en France, de choisir une semaine où il n’y a pas de festival de quelque chose quelque part, avec intérêts économiques, culturels et de politique locale à la clef !)

À l’heure où j’écris ce billet, voici l’état des lieux pour le Navire en Pleine Ville :

  • un autre auteur phare, Pierre Pelot (dont le Navire réédite la série Dylan Stark) sera bien sûr là en voisin ;
  • mais l’éditrice elle-même, hélas, a dû déclarer forfait. Ce que c’est que de venir de tout en bas, de Saint-Hippolyte-du-Fort, dans le Gard, au pied des Cévennes !

Bon, il y a encore une mince possibilité pour qu’elle puisse en fin de compte venir demain ou samedi, mais ce n’est pas gagné. Tout réorganiser, compter avec les prix prohibitifs des billets TGV pris à la dernière minute, etc. Pas évident.

Mine de rien, voilà qui montre à quel point nous sommes dépendants des services publics (que ceux-ci soient gérés sur fonds publics ou privés). TGV, TER, transports urbains : on n’y fait même pas attention quand ça fonctionne, mais c’est lorsqu’ils font défaut qu’on se rend soudain compte de leur importance…

En revanche, cela devrait laisser aux festivaliers ainsi coincés en rade l’occasion de méditer sur l’appel à textes lancé par les éditions Mille Saisons pour leur prochaine anthologie.

Le thème : “Boules de feu et droits sociaux”. Ou comment parler de ce qui coince dans notre monde réel et quotidien, mais avec un traitement propre à la fantasy. On apprendra peut-être que c’est parce que Merlin refusait de prendre sa retraite que la fée Viviane l’a endormi et scellé dans sa grotte !

Date limite d’envoi des textes : 15 septembre 2008.

N.B. Pour ma part, je n’avais pas prévu cette année de me rendre aux Imaginales, donc inutile de s’inquiéter pour moi.