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"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
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L’écrivain et le compte d’auteur, fable de la vie littéraire

Irène | 10 mai 2009 | 21 h 12 min

Par Irène Delse.

(Inspiration: La Fontaine et le fil des commentaires de ce billet.)

Le Corbeau et le Renard, illustré par Grandville

Maître Écrivain, sur un bureau penché,
Tenait en sa pogne un écrit.
Maître C/A, par l’espoir alléché,
Lui tint le discours que voici :
« Hé! bonjour, Monsieur de l’Auteur,
Que vous êtes doué! Quel esprit! Et quel cœur!
Sans mentir, si votre chéquier
Se rapporte à votre encrier,
Je vous vois, demain, phare à Saint-Germain-des-Prés!»
À ces mots, l’écrivain ne se sent pas de joie;
Et pour publier, c’est son choix,
Il ouvre son chéquier, paye pour son contrat.
Le flatteur, en encaissant, lui dit: «Mon bon Monsieur,
Apprenez qu’un compte d’auteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien neuf cents Euros, sans doute.»
L’écrivain, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

(D’après Jean de La Fontaine, Fable II, Livre I: “Le Corbeau et le Renard”.)

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Ecrire, éditer, Mauvais esprit TM, Poésie
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écrivains, édition, compte d'auteur, fables
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Un point, c’est tout

Irène | 1 novembre 2008 | 19 h 01 min

Vous savez quoi ? L’écriture, ça fait aussi du bien quand ça s’arrête…

Petit haïku :

Sa main tremble

quand elle place le point final,

l’auteure.

Ou bien :

Yeux rougis,

cœur battant —

le roman est terminé !

Démotivateur : NaNoWriMo (photo d'un livre aux pages blanches, par Michael Connors)

Démotivateur par Sean Lindsay. (Photo : Michael Connors, Morguefile.)

Oui. C’est fait. Fini, n-i.

Et c’est le premier novembre ? Ha ! Pas de NaNoWriMo pour moi, cette année ! Enfin… Sauf pour la relecture et les éventuelles futures modifications demandées par l’éditeur.

Euh… Une chose à la fois, hein… Pour le moment : ouf !

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Carnets d'écriture, Poésie
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écriture, haïkus, romans, Tome 2
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La chanson du buzz

Irène | 24 mars 2008 | 14 h 02 min

Circule, circule, petite info, dans les méandres de la Toile ;

Ne rend pas fous les plaideurs.

Indexez bien, petits robots

Googleurs et renifleurs !

Petit billet, petite info, crois et multiplie,

Suscite des appétits,

Et que la rumeur qui bourdonne gonfle tes voiles !

Mais surtout

Ne rend pas fous les plaideurs.

(Oui, je me sens d’humeur folâtre à la suite du billet de tout à l’heure. Que voulez-vous, ce doit être mon mauvais esprit…)

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Mauvais esprit TM, Poésie
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humour, Internet, Poésie
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Haïku du dimanche

Irène | 9 mars 2008 | 11 h 39 min

Main qui serre l’enveloppe,

cœur qui bat

— sortie d’isoloir.

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Citoyenne Delse, Poésie, Un peu de ma vie
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élections, haïkus, Poésie
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Haïkus

Irène | 6 mars 2008 | 21 h 30 min

Cela me prend de temps en temps : une petite attaque de haïkus. Non, non, rien de grave, rassurez-vous ! J’espère juste qu’ici l’on appréciera…

Ciel gris,
vent aigre,
curieux printemps.

Courbé par le vent,
le jeune érable
balaie la terre.

Petit rossignol,
qui donc t’a appris
à chanter ?

La nuit nous donne les songes
puis les remporte,
et c’est l’oubli.

J’avoue même, toute honte bue, avoir commis… ceci :

Vice et Vertu trinquaient ensemble.
«Verse-moi à boire,» demanda Vertu;
et Vice versa.

(Oui, oui, je sais. Et vous savez le pire ? J’en ai d’autres du même tonneau !)

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haïkus, Poésie
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Tigre (poème)

Irène | 7 décembre 2007 | 14 h 12 min

Par Irène Delse

Ah ! fraîcheur du torrent qui coule entre les arbres !

Ah ! l’eau fraîche versée sur mon crâne brûlant,

Sur mon échine d’or,

Sur mon poil noir et jaune —

Toison dure à porter sous le soleil de plomb,

Sous le soleil de lave,

Sous le soleil de feu qui arde par ici.

La chaleur des Tropiques, entre toutes cruelle,

Afait bouillir mon âme :

Le souvenir me fuit de la neige ancestrale,

De la terre glacée

Qui dans une autre vie avait porté mes pas.

Le souvenir me fuit du vent dans les mélèzes,

Et de la Sibérie,

Et de la taïga.

Là étaient ma patrie et la joie de mon cœur,

Dans la forêt sans fin sous le ciel gris et bas.

Là revient mon esprit dans les jours de chaleur,

Quand les rais de midi tombent à pic sur la terre

Et que, demandant grâce,

Je m’en vais m’immerger dans la fraîcheur de l’eau.

________

Spécial “Vingt ans”, suite. Ce poème est paru pour la première fois en 1989, dans un numéro hors-série de la revue Poivre Noir.

Et oui, on poursuit les republications “historiques”… ;)

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Poésie, Tigres
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Poésie, Poivre Noir, Tigres
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Le Nouveau Monde

Irène | 4 décembre 2007 | 12 h 12 min

par Irène Delse

Je grimperai sur la montagne

Et je voguerai vers les îles,

Et j’explorerai les cavernes,

Les chemins, les villes et les mers.

Je traverserai la forêt,

Profonde, secrète et très verte.

Je marcherai au grand soleil

Et m’envolerai sur le vent.

Je trouverai des cités d’or,

Des poissons verts, des oiseaux bleus.

J’entendrai des chansons nouvelles,

Verrai des étoiles inconnues.

Et quand je parviendrai Là-Bas,

Par-delà les brumes marines,

Malgré les monstres sous-marins,

Quand je serai au Nouveau Monde,

Aux mystérieux chemins sans fin,

Les gens de Là-Bas me diront :

Vous venez donc du Nouveau Monde

Où nous n’étions jamais allés ?

————————

Spécial “20 ans”. Ce poème est paru pour la première fois en 1988 dans la revue Poivre Noir n°19. Thème : les éléments alchimiques.

Logo de la revue Poivre Noir

Et cela devrait aussi dire quelque chose à ceux qui ont lu L’Héritier du tigre… ;)

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Poésie, Poivre Noir, Shalinka, voyages
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De miel et d’ombre

Irène | 8 novembre 2006 | 20 h 59 min

.

Après l’aube d’or,

L’aube d’azur,

Comme un voile léger

Sur la face du ciel.

.

Les doigts gourds

Sur le flanc nu de la jarre,

Elle puise

Comme chaque jour

La vie,

Fraîche dans la première ombre,

À la fontaine du matin.

.

Le retour sera dur

Sur le chemin brûlant.

Lourde, la jarre

Qui se balance,

Mais si fraîche,

Sueur humide sur sa joue.

.

Son visage de miel

Rayonne,

Comme un défi au soleil.

Nulle sêcheresse

Ne tarira

Le puits de ses yeux sombres.

Dans l’éclat vif du jour,

Une fraîcheur la suit,

Et son parfum

Rôde toujours

À la fontaine d’ombre.

.

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Les chevaux du feu

Irène | 1 juillet 2006 | 17 h 59 min

*

Poème, par Irène Delse

*

Comme elle poudroie, l’herbe-étincelle !

Comme ils trépignent, les chevaux du feu !

*

Ils ont nourri leur soif à la fontaine ardente,

Agitant leur crinière aux mille gouttes d’or.

La plaine altérée frémit sous leur haleine,

*

La terre rouge crépite,

L’horizon vacille, étouffé de noirceur,

Frémissant jusqu’au ciel en ses colonnes sombres.

*

La soif dans leur gorge rugit,

Dans leurs yeux la terreur palpite ;

Ils ont couru dans la nuit sans repos,

Dévorant la chair du monde,

*

Insatiables, enivrés,

Dansant sur les collines à la flute du vent.

*

Sur l’os dur des montagnes ils se sont arrêtés,

Rongeant leur frein, leur mors de glace.

*

Ils se sont cabrés sous la bride,

Tapant du pied, hurlant de rage.

Ils ont roulé des yeux blancs,

Henni, gémi encore,

Puis dans un grand soupir ils se sont consummés.

*


« What the book says, the book says best in its own words. »

  — Ursula K. Le Guin

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Pas d’Oie Plate au Marché de la Poésie

Irène | 9 juin 2006 | 21 h 18 min

C’est par le BlogNot de Marc Autret que j’ai appris cette nouvelle : l’Oie Plate sera exclue, cette année, du Marché de la Poésie !

Animation_oie

Ce "Marché"-là, qui se tient tous les ans place St-Sulpice, le 3ème dimanche de juin, c’est une manifestation unique en son genre, où les éditeurs et revues de poésies dressent leurs trétaux sous les auvents de toile et exposent leurs productions à tout venant  au soleil printannier (si celui-ci veut bien se montrer) et tenter d’intéresser le chaland à cette marchandise peu banale, à la fois superflue et indispensable, invendable et sans prix : les mots.

Là, sous les platanes, dans cet espace ouvert à tout public sans droit d’entrée, des poètes cherchent un éditeurs, des éditeurs cherchent des acheteurs, des lecteurs cherchent de beaux textes et les curieux cherchent à se repérer dans la foule. Des vendeurs de poèmes-affiches cotoient ceux de poèmes sur carte postale. Une vieille dame offre des cartes postales peinte à la main. Quelques VIP relatifs (journalistes, délégué du ministre de la culture ou de la mairie d’arrondissement) font leur apparition au micro, pour l’ouverture et la clôture ; des poètes chargés d’ans et de lauriers viennent participer aux débats et lire leurs oeuvres sur scène, avant de retourner dans leur thébaïde après quelques cocktails.

Et au milieu de tout cela vont et viennent touristes, familles, chiens, libraires-éditeurs en quête de publicité, imprimeurs à l’ancienne minutieux comme Gutenberg, poètes jamais publiés, jamais découragés, qui vous demandent une feuille de papier et un stylo pour, à l’instant, écrire un poème qu’ils vous offrent après l’avoir dédicacé.

L’appellation de "Marché" faisait bien sûr figure de pied-de-nez au système marchand. Ou plutôt, faisait…

Car depuis quelques années, avec la baisse des subventions, le vieillissement des organisateurs "historique" et leur clientèle de soixante-huitards, de nouveaux acteurs de poids sont entrés dans la danse, et ils semblent résolus à faire de cette foire déjantée et bon enfant un "événement" culturel de prestige, capable de rapporter de substantiels picaillons !

Sur un siège éjectable

Or l’Oie Plate (ou Observatoire
Indépendant de l’Edition Pour Les Auteurs Très Exigeants), cette
jeune maison d’édition lancée par Roger Gaillard en 2005, après le
naufrage pavillon haut du Calcre, pour publier les fameux annuaires Audace (éditeurs), Arlit & Co (revues) et Safêlivre (salons et fêtes du livre), qui faisaient de l’association une référence pour les auteurs, les éditeurs et les attaché(e)s de presse, cette Oie Plate au cacardage impertinent, c’est un peu l’empêcheurs de plumer en rond, le "poil à gratter anti-capitaliste" qui ne fait pas bon ménage avec le marché tout court.

Et chez Circé, l’association qui organise ce Marché de la Poésie nouveau genre, on n’a pas aimé les commentaires publiés en juillet 2005 sur le site de l’Oie Plate, où Roger Gaillard épingle la désaffection du public, qui vient moins et forcément achète moins, le blues de professionnels, petits éditeurs et revuistes forcés de s’entasser sur des stands minuscules et hors de prix, ou carrément déclarant forfait devant la hausse de 25% des tarifs… Sans compter l’ambiance morose, lorque  on voit des requins du compte d’auteur installés à de meilleures places, car pouvant payer plus cher, que des prestataires à l’honnêteté impeccable, ou des éditeurs-découvreurs de talents !

Non, Circé et ses nouveaux partenaires poids lourd (Télérama, France Info) n’ont pas aimé que cette Oie mal embouchée dise tout haut ce que beaucoup grommelaient tout bas dans les allées du Marché.

La défense des poètes, se demandait alors Roger, est-elle "sur un siège éjectable" ? Il ne croyait pas si bien dire !

Et c’est ainsi que l’éditeur d’Audace, le seul guide indépendant, objectif et détaillé des éditeurs francophones, qui permet faire le tri entre le bon grain et l’ivraie dans le compte d’auteur, sera absent de ce marché, qui ne s’intéresse apparemment pas à la défense des poètes pourvu que quelqu’un passe à la caisse dans l’opération.

Après des années à ferrailler avec les éditeurs malhonnêtes (la Pensée Universelle, Bénévent, Osmondes..), après le coup de grâce porté au Calcre en 2004 par la Cour d’Appel de Paris, après le difficile démarrage de l’association Cose-Calcre, après la scission de l’équipe en deux, le trio "historique" lançant l’Oie Plate en 2005, c’est au tour ce volatile (éditeur garanti sans grippe aviaire !) de s’attirer des croche-pattes.

Selon les mots de Marc Autret :

Le Calcre et Cose-Calcre ont régné dans un recoin du Marché de la poésie pendant une quinzaine d’années ou quelque chose comme ça. L’association y avait ses habitudes et ses habitués : les poètes malheureux, les entubés du compte d’auteur, les soiffards éloquents, les amis revuistes, les jeunes éditeurs en quête d’infos et toute cette population de paumés lumineux qui faisaient qu’on se sentait là comme des poissons dans l’eau.

C’est un peu une époque qui prend fin. Mais provisoirement, on l’espère ! Fin juin 2007, qui sait où en sera le droit d’auteur, la poésie, l’édition… et la France en général.

Souhaitons tout de même qu’il y ait un contre-ordre d’ici le 15/06/2006.

Ne restera plus sinon à l’oiseau qu’à traîner en marge du Marché, tracts sous l’aile, en continuant à cacarder.

Màj du 12/06 :

Magali Turquin m’apprend que plusieurs petits éditeurs de poésie, parfois de grande qualité comme la Barbacane, se retrouvent eux aussi exclus du Marché de la Poésie, (apparemment) pour des raisons de rentabilité économique… Ce qui confirme encore, hélas, la validité des critiques formulées par Roger Gaillard !

"Les poètes sont suffisamment stupéfiants pour s’éclater. Ils se dopent au vers libre et à l’ivresse livresque."

  — Roger Gaillard

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