L’écrivain et le compte d’auteur, fable de la vie littéraire
Irène | 10 mai 2009 | 21 h 12 minPar Irène Delse.
(Inspiration: La Fontaine et le fil des commentaires de ce billet.)
Maître Écrivain, sur un bureau penché,
Tenait en sa pogne un écrit.
Maître C/A, par l’espoir alléché,
Lui tint le discours que voici :
« Hé! bonjour, Monsieur de l’Auteur,
Que vous êtes doué! Quel esprit! Et quel cœur!
Sans mentir, si votre chéquier
Se rapporte à votre encrier,
Je vous vois, demain, phare à Saint-Germain-des-Prés!»
À ces mots, l’écrivain ne se sent pas de joie;
Et pour publier, c’est son choix,
Il ouvre son chéquier, paye pour son contrat.
Le flatteur, en encaissant, lui dit: «Mon bon Monsieur,
Apprenez qu’un compte d’auteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute:
Cette leçon vaut bien neuf cents Euros, sans doute.»
L’écrivain, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
(D’après Jean de La Fontaine, Fable II, Livre I: “Le Corbeau et le Renard”.)















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