Mai 68 ne m’intéresse pas particulièrement. En fait, je n’étais même pas née.

La presse française, elle, est montée dans la machine à remonter le temps. “Mai”, comme si vous y étiez, en fac simile, entrelardé de dissections savantes, qui a fait quoi, qui hérite de qui, et ainsi de suite. Polémiques en prime.
Certes, en revisitant certains slogans, on ne peut pas ne pas faire le rapprochement avec une certaine brûlante actualité…
Pendant ce temps, les enfants de “gauchistes” jouent les rebelz de droite, forcément, dans la plus pure tradition du fossé des générations. Dany le Rouge n’est plus interdit de séjour, il est député européen. Les lycéens manifestent, non plus pour la mixité, mais pour avoir des profs et des salles de classe. Le ministre, dans la plus pure tradition des ministres, déclare bien haut que ces jeunes ne sauraient prendre des initiatives, non : leurs slogans leurs sont forcément dictés par “des syndicats”.
Bon. Au moins, il y a un progrès : le gouvernement ne dit plus que les meneurs de la jeunesse sont des “Juifs allemands”.
Mais à Paris, à Neuilly et ailleurs, des travailleurs étrangers sont en grève pour obtenir leur régularisation. Il paraîtrait qu’ils ne rentrent pas dans les quotas de M. Hortefeux, mais que dans sa grande humanité, celui-ci a donné aux préfets l’instruction d’examiner leurs dossiers au cas par cas.
Oui, vous avez : des entreprises françaises en tout genre ne fonctionnent que grâce aux immigrés. Ceux-ci vivent paisiblement, payent leurs impôts, etc. Mais bizarrement, il leur est toujours aussi difficile d’obtenir un titre de séjour.
Cherchez l’erreur.
* * *
Tiens, en parlant d’erreurs… Ce vieux réac de Marcel Jouhandeau, lui, en mai 68, hurlait aux étudiants qui manifestaient sous ses fenêtres : “Rentrez chez vous ! Dans vingt ans, vous serez tous notaires !”
Oh, pas tous, certes. Après tout, certains sont bien devenus ministres alibis dans le gouvernement Fillon.
* * *
P.S. Une nouvelle intéressante à propos de la grève des sans-papiers : ils sont notamment soutenus par des associations, des syndicats de salariés, mais aussi par le GERS, le Groupement des entreprises pour la régularisation de leurs salariés, qui veut rencontrer le ministre de l’Immigration.
Cours, camarade Hortefeux, les patrons sont après toi…
Commentaires récents