Fantasy Pride 2008

28 06 2008

Dans l’esprit de la Gay Pride, et parce qu’on est toujours le “différent” de quelqu’un, je déclare hautement, ici même, que j’assume à fond le fait d’être une auteure(1) et une amatrice de fantasy !

Elfes, dragons, vampires, oiseau roc, mondes imaginaires et parallèles, Grands Anciens, mythes et légendes : oui, oui ! Je veux !

J’en lis, j’en écris, j’en publie et je m’en vante.

Mais je n’aurai pas besoin de sortir d’un placard. D’autant que cela fait déjà presque trois ans que je m’épanche à ce sujet sur ce blogue, quitte à critiquer les disséqueurs de Harry Potter ou les ruses cousues de fil blanc de Narnia, à contredire les gardiens du temple de la SF pure et dure ou à expliquer pourquoi la littérature d’évasion peut susciter des controverses politiques.

Il m’arrive de donner des conseils à des auteurs débutants, de m’interroger sur le pourquoi philosophique des trilogies et de pester contre la classification par genres.

Voire, parfois, de partir un peu dans un joyeux délire une fugue sur nos amis les kobolds, gnomes et autres lutins…

Lolcat : Diz book is interestin

Quoi, je me laisse emporter ? Moi ? Euh… Parfois, oui. Par l’imagination. Ce sont les risques du métier !

Allez, pour finir, je me permettrai de paraphraser une boutade de Keith Richards (qui est réel, lui, comme quoi la réalité est plus étrange que la fiction)(2) à propos de la musique :

Il n’y a que deux genres en littérature : le bon et le mauvais.

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  1. Déjà, revendiquer ce e final peut être un combat. Demandez à l’Académie française, par exemple. []
  2. Parce que la réalité n’a pas à faire preuve de vraisemblance. []


Petit retour sur le BookCamp

17 06 2008

Je parlais, samedi soir, de l’atelier auquel j’avais participé lors du premier BookBarCamp parisien.

Logo du premier BookBarCamp à Paris

Une rencontre fort intéressante, et où trop de sujets ont été abordés pour que je puisse en faire rapidement un compte-rendu. D’autant que vu le nombre d’ateliers, une seule personne ne pouvait tout voir ni tout faire !

Mais si on est intéressé par plus de détails, voici les liens vers ce qu’en disent les autres participants :

  • Emmanuel Guillot, arrivé vers 16h, a tout de même pu participer à deux ateliers, qu’il commente sur son blogue d’auteur Lulu ;
  • sur le blogue de l’association Les Complexes, on fait le point sur les différences d’approches
  • Christian Fauré, sur le blogue Hypomnémata, s’interroge sur ce qui fera ou non le succès des liseuses ;
  • Il y a aussi le point de vue de Virginie Clayssen, de TeXtes, sur ce sujet, sur l’édition électronique et sur l’avenir de la librairie ;

À voir aussi :

Tout un programme.

Pour finir, je ne voudrais pas manquer de citer des gens que j’ai rencontré à l’occasion de ce BookCamp et avec qui j’ai pu discuter, et notamment Xavier Cazin, ex-O’Reilly France, aujourd’hui cofondateur d’Immateriel.fr, qui se propose d’accompagner les éditeurs désireux de se lancer dans l’édition et la diffusion de livres numériques.

Eh oui, la crise boursière américaine a contraint O’Reilly à fermer une filiale française encore jeune et qui n’était rentable qu’un an sur deux…(1) Mais les gens qui y travaillaient ont un savoir-faire et une expérience en matière de publication et de diffusion en ligne dont ils peuvent faire profiter les éditeurs “classiques”. Eh oui, O’Reilly France gagnait de l’argent en vendant des livres électroniques sous forme de PDF — sans verrous numériques !

Citons aussi Pierre Mounier, chercheur en sciences sociales, qui anime Homo Numericus (site de veille et réflexions sur les implications sociales des TIC) et présentait le portail Revues.org (publication en ligne de revues de sciences humaines), édité par le CLEO avec le soutien du CNL du CNRS, de l’EHESS, de l’Université de Provence, de celle d’Avignon et d’Adonis. (Merci Marin Dacos pour ces précisions !)

François Bon n’était pas là, finalement : dommage, car il aurait eu bien des choses à dire en tant qu’auteur et éditeur numérique lui-même !

À lire aussi :

Psst ! ;)

Si par hasard vous êtes en manque de BookCamp, j’espère que vous parlez italien ? Car il y en aura un à Rimini le 11 juillet, organisé par Mario Guaraldi (des éditions Guaraldi), Antonio Tombolini, de Simplissimus (“le site qui aime les livres et leur futur”) et Marco Barulli, de Clipperz (gestion en ligne des mots de passe).

logo du BookCamp de Rimini, Italie

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  1. Par comparaison, notons que Lulu n’est pas encore rentable. Et qu’Amazon avait failli décrocher en 2001 après l’éclatement de la bulle Web. []


Qu’ai-je donc écrit ce dimanche ?

15 06 2008

Se promener sur les sites d’info, au sortir d’une journée d’écriture, c’est s’exposer à lire des bêtises de gros calibre (Franck Ribéry : “On doit mourir sur le terrain” – si seulement c’était vrai !) ainsi que quelques féroces ironies involontaires (Condoleeza Rice découvrant l’eau tiède : “la colonisation [dans les territoires palestiniens] m’inquiète beaucoup”).

Heureusement qu’il y a aussi Maëster pour nous faire rire – jaune, mais c’est toujours ça de pris.

Sur ce, rendons compte :

  • Rédaction : + 3398 caractères
  • Ce qui place la barre de progression à : 340 562 caractères
  • Ambiance musicale : Gambomania, par Ralph Rousseau Meulenbroeks (merci Magnatunes) ; Anathema, Restless Oblivion ; J.-S. Bach, Suites BWV 1010 à 1012, avec Pascal Montheilhet au théorbe.
  • Aide féline : une fenêtre donnant sur le jardin, c’est la télévision du chat. Pas besoin de réveiller la bestiole quand passe Canal Oiseaux…
  • Mots appris à OpenOffice.org : “s’étrécir” (mais il connaissait déjà la forme non pronominale “étrécir”).
  • Chose apprise dans le Littré : le mot “route” signifie au sens propre, et à l’origine, une voie percée dans une forêt.
  • …Et il y a plein de trucs sur Internet : avez-vous jamais vu naître un bébé bélouga ? (Source : Pharyngula, le blogue de P.Z. Myers, biologiste évolutionniste et grand pourfendeur de bigots.) N.B. Vidéo après la coupure pour ne pas alourdir ma page d’accueil :

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En partance pour le BookCamp

14 06 2008

Après la Bouquinosphère, voici le BookBarCamp !

Logo du premier BookBarCamp à Paris

C’est cet après-midi, 14 juin, à la Cantine, dans le 2e arrondissement de Paris,(1) et je retrouverai parmi les participants quelques connaissances : Hubert Guillaud, de La Feuille, Sébastien Célimon, attaché de presse de Lulu France, Emmanuel Guillot bien sûr, et puis Virginie Clayssen, Hadrien Gardeur, de Feedbooks, et bien d’autres.

Mélange de séminaire, d’atelier, de groupe de discussion, c’est l’occasion de faire le point et d’échanger entre gens intéressés par les livres et l’écrit, et leur devenir à l’heure d’Internet.

On y parlera d’édition électronique avec François Bon ou Patricia Gallot-Lavallée, de livre numérique, de chaîne du livre, des nouveaux circuits de distribution avec Bernard Strainchamps (Bibliosurf) et Pierre Coutelle de Place des Libraires… Sans oublier les médiathèques, l’impression à la demande, les encyclopédies en ligne, etc. Seront présents des représentants de Zazieweb, du Syndicat de la librairie et du Centre national du livre, aussi bien que des chercheurs, des éditeurs, et le collectif Babelpocket.

Quant à moi, je participerai à l’atelier sur les “comportements et usages des auteurs numériques” : et j’aurai l’occasion de comparer la situation d’un auteur “classique”, avec éditeur (pour le roman L’Héritier du tigre, bien sûr), et de l’auteur qui s’autoédite en ligne (avec un recueil de nouvelles disponible chez Lulu et Babelpocket).

Avec un peu de chance, je ferai un billet en direct cet après-midi. Sinon, à ce soir pour plus de détails !

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  1. Mais c’est aussi complet. Si vous êtes intéressés, ne manquez pas de suivre les comptes-rendus en ligne ! []


Prix du Cafard cosmique 2008

13 06 2008

Il a été décerné cette année à Janua Vera, de Jean-Philippe Jaworski, publié chez Les Moutons électriques éditeur.

couverture de Janua Vera, éditions Les Moutons électriques

C’est donc un premier livre, publié chez un petit éditeur indépendant, qui reçoit ce prix décerné par une communauté en ligne de professionnels de l’édition SF et de fans engagés (et parfois “enragés”…) qui se décrit elle-même, non sans humour, comme “élitiste”.

Voire même “une bande de connards élitistes”.

La concurrence était rude, vu qu’étaient en lice des pointures comme Spin (prix Hugo 2006), ou Ombres sur le Nil, le troisième opus du très hype Edgard Whitemore. Sans parler d’autres auteurs reconnus, aussi bien anglo-saxons comme Greg Egan que français comme Jérôme Noirez.

Le jury a paraît-il particulièrement apprécié la maîtrise de l’écriture de ce Janua Vera, d’ailleurs déjà salué par la critique du Cafard cosmique.



Présences d’Esprits veut de vos nouvelles – et BD

6 06 2008

Auteurs de SF et de fantasy, à vos plumes… euh, claviers !

(Valable aussi pour les crayons, pinceaux et tablettes graphiques, d’ailleurs.)

L’imagination vous démange ? Il y a un appel à textes (AT) permanent du Club Présences d’Esprits concernant les différents genres de l’imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique.

(Source : Georges Bormand.)

couverture de Présences d'Esprits n°53

Mais les illustrateurs et auteurs de BD aussi sont bienvenus, ainsi que ceux qui veulent soumettre des critiques et articles.

En effet, le club est toujours demandeur de nouvelles, et ce pour ses deux publications, Présences d’Esprits et Aventures oniriques et Compagnie (AOC).

Ceci n’est pas réservé aux membres, toute personne passionnée peut envoyer sa prose !

Soumettre une nouvelle

Les nouvelles ne devront pas dépasser 50 000 signes et devront être envoyées, sous format électronique (de préférence format .rtf), par courriel.

Il n’y a pas de taille minimale. Une nouvelle relativement courte (15 000 signes) pourra éventuellement être publiée dans le fanzine Présences d’esprits plutôt que dans AOC.
Pour toutes précisions, voir la page de soumission de textes :

http://www.presences-d-esprits.com/envoiTextes.php

Soumettre une BD

Envoyez d’abord courriel, auquel vous pouvez joindre 1 ou 2 planches (format jpg, résolution 72 dpi max) représentatives de votre soumission. On vous indiquera alors la marche à suivre.

Les BD seront soumises à un comité de lecture pour sélection.

Contraintes :

  • science-fiction, fantastique ou fantasy (réaliste ou humoristique)
  • format A4 (21x29,7) à la française (publication finale en format A5)
  • 6 planches max
  • La BD peut être en couleur ou en N&B, mais sera publiée en N&B

Pour les articles, critiques et illustrations, le mieux est de lire les indications sur la page de soumission et de contacter le club si vous avez des questions.

Sans oublier bien sûr les forums de Présences d’Esprits, pour en savoir plus sur le club et ses activités, sur les ateliers d’écriture et d’illustration, et pour les courageux qui veulent poster leurs œuvres en ligne et les soumettre aux critiques bénévoles.

Ou, tout simplement, discuter de SF et de mauvais genres avec d’autres mutants !



Harry Potter et le prix unique du livre

17 05 2008

(Ou pourquoi la loi Lang n’est pas l’ennemie de la qualité de fabrication des livres.)

Vous connaissez Maître Eolas, l’avocat blogueur, qui cache sous son épitoge l’âme d’un fan de J. K. Rowling. Il a publié jeudi un billet commentant l’arrêt de la Cour de cassation dans l’affaire opposant le site de commerce en ligne Alapage au Syndicat de la librairie française (SLF) sur la gratuité des frais de port.

On se souvient que la Cour en question avait cassé la condamnation en appel d’Alapage, considérant que la gratuité des frais de port ne violait pas les dispositions de la loi Lang sur le prix unique du livre. Le texte de l’arrêt est disponible en ligne, signalé ici par J-M en commentaire.

Les explications d’Eolas sur le fondement juridique de cette décision sont fort intéressantes. (Et suggèrent, sur le plan tactique, que le SLF aurait peut-être mieux fait d’attaquer par une autre face que celle de la loi Lang. L’absence de tout montant d’achat minimum pour l’expédition gratuite des livres, par exemple, pourrait probablement prêter le flanc à l’accusation de pratiquer la vente à perte.)(1)

Les discussions en commentaires sous le billet d’Eolas ne manquent pas non plus d’intérêt.

N.B. Je coupe ici, car le billet est fort long. On verra que, si je m’y gausse un petit peu du dit avocat blogueur, ce n’est pas méchamment… Et puis c’est mieux ainsi pour mes lecteurs. L’économie serait bien aride sans un peu d’humour. Lire la suite »

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  1. Exemple : prenons un livre de poche neuf, prix éditeur 4 Euros, vendu sur Alapage à 3,80 € (application de la réduction légale de 5%). Le prix hors taxe du livre : 3,78 €. Alapage, qui touche probablement 50% de remise de l’éditeur, doit reverser à celui-ci 1,89 €. Il doit également verser à l’État les 0,22 € de TVA. Reste à Alapage : 1,69 €. Le livre, nous informe Alapage, est livré gratuitement en mode standard, c’est-à-dire en Colissimo suivi. Je serais curieuse de savoir combien la Poste fait payer à Alapage pour cet envoi. Et combien elle ferait payer à un libraire indépendant qui vend occasionnellement en ligne… []


Éditions des Mille Saisons

18 04 2008

À noter dans vos carnets et vos marque-pages : les ci-devant éditions 5e Saison changent de nom pour devenir désormais les Éditions des Mille Saisons.

Image : Logo des éditions Mille Saisons

Et bien sûr, le site change d’adresse en ligne, ainsi que le forum.

Je rappelle que Mille Saisons est une jeune maison d’édition de fantasy et fantastique. Ma nouvelle “Cause perdue” est parue dans leur première anthologie, Solstice, Anthologie 1 : Facettes d’imaginaire, dont il devrait rester quelques exemplaires disponibles.

Par ailleurs, Mille Saisons annonce que la date limite de leur appel à textes en cours (thème : “Boules de feu et droits sociaux”) est repoussée au 15 septembre.

Qu’on se le dise.



Rappel : l’appel à textes du Navire

16 04 2008

Nous rappelons à nos chers lecteurs, et lectrices itou, qu’il ne reste plus que deux semaines pour participer à l’appel à textes lancé il y a quelques mois par mon cher éditeur, Le Navire en Pleine Ville :

Appel à textes pour une anthologie destinée aux adolescents

Le Navire en Pleine Ville, éditeur de littérature jeunesse - ados – lance un appel à textes pour une anthologie qui devrait mêler auteurs maisons et jeunes auteurs tentés par l’aventure et la littérature de genre, de tous les mauvais genres.

Thème : “le navire”.

Le délai est fixé au 30 avril 2008.

Il n’y a pas de limite de signes, mais il s’agit bien de nouvelles, et à qualité égale, le Navire sélectionnera la nouvelle la plus courte.

La sélection sera extrêmement rigoureuse sur la qualité littéraire et l’originalité des textes, qui devront convenir aux jeunes lecteurs tout en respectant l’esprit du Navire en Pleine Ville.

Pour plus d’infos, vous pouvez visiter le site des éditions du Navire ou la section de son forum dévolue à cette anthologie : E la Nave va

À bon entendeur… ;)



Les auteurs et leurs droits numériques

13 04 2008

Tiens, un billet spécial dédicace à Don Lorenjy ! Puisque l’auteur d’Aria des Brumes me fait confiance (mais est-ce bien raisonnable ?) pour jouer les guides dans le taillis broussailleux de l’édition numérique…

Je parlais l’autre jour de l’appétit d’Amazon pour les droits numériques et de la déconvenue des éditeurs qui lui avaient fait confiance un peu vite. Mais il arrive aussi à certains éditeurs de placer leurs auteurs “maison” à la même enseigne !

Je republie ici ce que j’avais posté à ce sujet sur le forum du Navire en Pleine Ville (l’heure étant au sauvetage de la planète, on me pardonnera d’économiser les pixels).

* * *

Décidément, l’édition numérique rend les éditeurs français fous, fous, fous…

Pour l’instant, le modèle économique n’est pas clair, on le sait, on est encore dans l’expérimentation, mais les appétits commencent à s’aiguiser en matière de droits d’auteurs et droits dérivés. Lire la suite »