Les Eurodéputés ne valident pas (encore) le filtrage du Net…

8 07 2008

Du moins, les amendements les plus controversés (riposte “graduée”, dont j’ai dit ici tout le mal que j’en pensais, et filtrage des contenus) au projet de directive dit “Paquet Télécom” ne sont adoptés que sous réserve de nouvelles discussions à la rentrée, en septembre. (Cf. PC INpact.)

Sans l’importante campagne en ligne menée notamment par la Quadrature du Net, on risquait de voir toute l’Europe s’aligner sur le très contestable “modèle” français.

Quoique, pour être juste, le Royaume-Uni s’est déjà engouffré sur le même chemin. Ce qui a inspiré à Cory Doctorow, qui y réside, une suggestion bien swiftienne (citée aussi par Tristan Mendes France) : et si on supprimait l’accès Internet aux majors qui accusent trois fois à tort des internautes de piratage ? On verrait alors s’ils sont toujours aussi chauds pour appliquer ce traitement aux usagers…

Bon, rendez-vous en septembre, donc. En attendant, un peu de musique fraîche – c’est le cas de le dire : Lire la suite »



Le père et le bébé vont bien

4 07 2008

Vous vous souvenez de Thomas Beatie, “l’homme enceint” ? Cet Américain de 34 ans avait défrayé la chronique ce printemps en parlant publiquement de sa grossesse.

couverture de La Main gauche de la nuit, d'Ursula Le Guin (Pocket)

En 1969, Ursula K. Le Guin avait déjà exploré la question avec son classique La Main gauche de la nuit

Eh bien non, ce n’est pas un hoax : ce transsexuel, né femme, est devenu légalement un homme après suivi un traitement hormonal et une opération de reconstruction de la poitrine. Mais il avait choisi de garder sa capacité reproductrice, c’est-à-dire son utérus et ses ovaires. Lui et son épouse Nancy avaient toujours désiré avoir un enfant, mais elle de son côté ne peut pas en avoir… C’est donc le père qui, arrêtant son traitement hormonal masculinisant, a porté le bébé (conçu par insémination artificielle avec don anonyme de sperme).

Ce n’est d’ailleurs pas une première absolue. En 1999, Matt Rice, un autre homme transsexuel qui avait conservé ses organes reproducteurs féminins a déjà porté et accouché d’un bébé. Mais Thomas Beatie est le premier cas recensé de grossesse chez un individu légalement masculin.

Une première tentative s’est mal terminée, mais la seconde fut la bonne. Hier, Thomas et sa femme ont annoncé la naissance de leur bébé, une petite fille. Le père et l’enfant se portent bien !



Quand on parle du système solaire…

2 07 2008

…Et surtout de sa forme (c’est-à-dire l’espace qu’il occupe) calculée d’après les mesures de la sonde Voyager 2, il vaut mieux éviter de parler de “métaphysique” (littéralement, ce qui est au-delà de la physique) comme l’a fait le journaliste de France Inter 19h ce soir.

schéma : une sonde spatiale quittant l'héliosphère (Wikimedia Commons)

Oui, je sais, on emploie souvent “métaphysique” pour dire en fait “au-delà des réalités quotidiennes et terre-à-terre”…

Mais on pourrait attendre d’un média de service public un minimum de non-confusion entre ce qui est matériel et mesurable (comme les particules libérées par le soleil et la zone en forme d’œuf qu’elles occupent) et ce qui est du domaine de la pure spéculation (la métaphysique).

Grrmph !

C’est pourquoi on peut être métaphysicien sans être géomètre. La métaphysique est plus amusante; c’est souvent le roman de l’esprit. En géométrie, au contraire, il faut calculer, mesurer. C’est une gêne continuelle, et plusieurs esprits ont mieux aimé rêver doucement que se fatiguer.” — Voltaire



Un anniversaire (et bientôt l’année Darwin !)

1 07 2008

Le 1er juillet 1858, il y a tout juste 150 ans, deux naturalistes anglais, Charles Robert Darwin (49 ans) et Alfred Russell Wallace (35 ans), présentaient pour la première fois au public le concept de sélection naturelle au cours d’une conférence commune : “De la tendance des espèces à former des variétés ; et de la perpétuation des variétés et des espèces par des moyens naturels de sélection”.

(On peut découvrir un fac-similé du texte anglais sur Darwin Online.)

Darwin et Wallace (médaille frappée pour le 50e anniversaire de la sélection naturelle par la Linnean Society)

Aucun des deux n’avait sans doute vraiment conscience d’être l’acteur d’un événement majeur de l’histoire des sciences, pas plus que les membres de la Linnean Society de Londres venus les écouter.

Darwin et Wallace étaient parvenus à des conclusions similaires par des chemins différents. Leur objectif était de proposer un mécanisme pour l’évolution des espèces animales et végétales au cours des temps géologiques (un concept que de nombreux naturalistes de l’époque acceptaient d’ailleurs déjà, notamment sous forme du transformisme lamarckien).

Ce mécanisme, ce moteur de l’évolution, c’était la sélection naturelle : parmi les variations individuelles à l’intérieur d’une population (d’une espèce), certaines survivent et donc se reproduisent mieux en fonction de leur adaptation au milieu. À la génération suivante, ces formes individuelles se retrouvent donc proportionnellement plus nombreuses dans la population, alors que les individus les moins adaptés deviennent plus rares, et ainsi de suite. C’est ainsi qu’une espèce se transforme, et même qu’apparaissent de nouvelles espèces.

L’année suivante, en 1859, Darwin publiait le résultat de ses recherches personnelles dans un livre qui fut très vite un best-seller mondial : L’Origine des espèces

Wallace lui-même loua l’ampleur et la minutie des travaux de Darwin. Le livre donna lieu à des débats enflammés, et même à un scandale dépassant largement les cercles scientifiques.

Il faut dire que c’était un véritable changement de paradigme : un peu comme Newton pour la physique, avec sa théorie de la gravitation, Darwin (en même temps que Wallace) venait de doter la biologie d’outils intellectuels permettant d’expliquer les phénomènes observés sans faire intervenir d’entité ou de force surnaturelle. L’évolution des espèces, y compris l’espèce humaine, n’avait pas de direction préétablie (que ce soit vers “plus de perfection” ou “plus de complexité”, ou pour tendre vers l’apparition de l’intelligence). Elle pouvait être décrite simplement comme le résultat d’une suite d’accidents et de mécanismes biologiques : concurrence pour les ressources, efficacité reproductive, etc. Bref, la fameuse union du hasard et de la nécessité.

Une idée que les contemporains de Darwin eurent du mal à accepter, c’est le moins qu’on puisse dire. Et qui ne passe toujours pas chez certains réfractaires qui voudraient remplacer la démarche scientifique par des préceptes religieux. (En appauvrissant d’ailleurs du même coup leurs conceptions religieuses, puisqu’ils en restent à une interprétation littérale des textes sacrés. Mais c’est un autre débat.)

Et pourtant, les idées de Darwin (et Wallace) sont toujours au cœur des sciences biologiques actuelles ! La sélection naturelle, après des années de confrontation à l’expérience, reste un modèle utile et fécond.

L’an 2009, 150e anniversaire de L’Origine des espèces, sera d’ailleurs “l’année Darwin”.

Le biologiste et blogueur P. Z. Myers compare la conférence Darwin-Wallace de 1858 au 4th of July, jour anniversaire de la déclaration d’indépendance américaine, qui a précédé la guerre d’indépendance mais qui la rendait possible.

Dans le cadre français, on pourrait par exemple faire le parallèle avec le Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789…



Richard Stallman parle très bien français

1 07 2008

Et on peut l’écouter ce soir au Téléphone sonne (par téléphone, justement).

Nice. ;)

Juste un charmant accent outre-atlanticain.



Riposte graduée, industries obsolètes et régression du droit

18 06 2008

Psst… Connaissez-vous Deezer ? Musique en ligne gratuite et légale !

J’ai entendu ce soir Marc Guez, directeur de la SCPP(1) déclarer tranquillement au Téléphone Sonne que selon lui, c’était normal de couper l’abonnement Internet d’un foyer (la fameuse “riposte graduée” prévue par la loi Olivennes) après deux avertissements, même si un seul individu est responsable car le “chef de famille” (sic) est responsable de ce qui se passe chez lui.

L’ennui, comme un auditeur le lui a fait remarquer, c’est que la notion de “chef de famille” n’existe plus en droit français depuis… 38 ans !

Si un mineur commet un délit, ses parents sont responsables conjointement. Si moi, adulte, je commets un délit, je suis responsable individuellement. Là, on aboutit à une situation originale : le titulaire d’un abonnement Internet sera considéré comme responsable de ce que font avec cet accès Internet les gens qui vivent sous le même toit, même s’il s’agit d’adultes.

J’imagine la joie dans les ménages à cette occasion.

Petites scènes possibles de l’ère numérique dans la France de demain :

1) M. D…, divorcé, se met en ménage avec sa nouvelle compagne, Mme A… et le jeune M…, fils de celle-ci. La titulaire de l’abonnement Internet, c’est Mme A… Voilà-t-il pas que M…, 19 ans aux prunes, télécharge un jeu vidéo dans l’intention de le tester et se fait repérer : premier avertissement par courriel. Voilà aussi que M. D…, qui est quelque peu mélomane, télécharge un enregistrement classique qu’il croyait être dans le domaine public. À tort : deuxième avertissement, par lettre recommandée.

Cette fois, Mme A… râle un bon coup et les hommes du foyer se font prudents. Mais pendant les vacances, arrive L…, 22 ans, fille de M. D… et de son ex-épouse, pour passer deux semaines avec son père. Mais L… est une geekette amatrice d’anime. Elle fait généralement attention à ne pas télécharger une série qui est distribuée en France, mais là, elle se trompe. Elle est repérée par la “haute autorité”.

Et la sanction tombe : Mme A…, qui n’a jamais rien téléchargé d’illégal de sa vie et ne sait même pas se servir d’un réseau P2P, voit son accès Internet coupé ! Elle va certes contester la décision devant la fameuse “autorité” chargée de faire la police de l’Internet, mais bon courage. Et pendant ce temps, elle n’a pas accès au courriel et aux forums dont elle se sert fréquemment pour son travail et pour une association dont elle est dirigeante. En plus, elle continue de payer l’abonnement.

Mais le comble, c’est que comme elle est fonctionnaire, elle risque en plus de tout ça une sanction disciplinaire !

Merci qui ? Merci Sarko, MAM, Olivennes et la SCPP.

Je précise que c’est une situation familiale que je n’ai pas inventée, basée sur ma propre famille, et qui n’a rien d’extraordinaire aujourd’hui.

2) Je songe aussi à X. et Y., nouvellement pacsés, qui vivent ensemble et partagent l’abonnement Internet de X., qui est fonctionnaire et a l’appartement à son nom (même si les deux partagent les frais). X. n’est pas téléchargeuse pour un sou, même pour des achats légaux, mais elle utilise beaucoup Internet pour son travail et pour garder le contact avec des amis vivant à l’étranger. Tandis que Y., lui, bidouille pas mal, télécharge de la musique et des vidéos, installe des jeux, etc.

X. et Y. s’aiment beaucoup, mais X., prudente, a donné un ultimatum à Y. : Internet, tu ne l’utilise pour le courriel et pour travailler. Si tu veux jouer, bidouiller et télécharger des trucs, tu vas chez un copain ou dans un cyber-café.

3) Autre chose. Vous avez remarqué que cette loi crée un nouveau délit : le “défaut de sécurisation de la ligne” (cf. l’article de PC INpact).

Ce que cela veut dire, c’est que si, comme moi, vous avez chez vous une “Box”, un modem-routeur Wifi à vous confiée par votre fournisseur d’accès Internet, eh bien, cette loi Hadopi, si elle était appliquée, vous mettrait dans l’obligation de “sécuriser” votre réseau Wifi, sauf à être responsable (et donc vous exposer à une coupure de l’abonnement et à des poursuites) si un de vos voisins, ou un ami en visite chez vous, utilise cet accès pour télécharger le dernier tube de Carla Bruni.(2)

Et alors ? Si je désire, moi, laisser mon accès ouvert pour permettre à mes voisins de se dépanner si leur connexion tombe en rade ?

Et si je crois aux vertus du partage ? De l’entraide ? Ma Neuf Box est allumée 24h sur 24, puisque je suis en dégroupage total. Mais la bande passante que je n’utilise pas n’est pas forcément perdue pour tout le monde. Après tout, il peut m’arriver moi aussi d’être en “manque” d’Internet quand je ne suis pas chez moi !

Mais pour la loi Hadopi, ce n’est pas “sécurisé”, quelle horreur ! Verrouillez-moi tout ça !

Au fait, je rappelle que l’autre différence que cette loi introduit avec la situation actuelle, c’est qu’aujourd’hui il faut saisir la justice pour faire suspendre l’abonnement Internet d’un “pirate”, et donc prouver que c’est bien M. ou Mme X qui a téléchargé illégalement des fichiers. Mais avec cette loi HADOPI, il est prévu une “autorité de régulation” administrative, censée être indépendante, qui décidera de la punition.

Bref, cette loi renverse la charge de la preuve. Actuellement, c’est aux ayant-droits de prouver que vous les avez piratés ; demain, ce sera à vous de prouver, si l’autorité de régulation vous épingle, que vous n’êtes pas un pirate.

D’autre part, la loi telle qu’elle a été rédigée et votée ne prévoit rien pour éviter la double peine (suspension par voie administrative de l’abonnement Internet, plus poursuites pour contrefaçons qui peuvent aboutir à des amendes ou de la prison), il faudra attendre les décrets d’application. On sait que la loi a été rédigée sous l’influence d’industries culturelles attachées à un modèle économique en voie d’obsolescence. Et ce sont les représentants ces mêmes industries qui seraient chargés d’organiser la “riposte”. Ils ont promis, dans leur grande bonté, de s’abstenir de pratiquer la double peine. Promis, juré.

Bon, j’espère que vous avez pleine confiance en cette future autorité, vous. En son impartialité et surtout en ses pouvoirs de discernement…

Parce que si c’est comme aux États-Unis, où la MPAA s’est récemment illustrée en envoyant une mise en demeure pour téléchargement illégal de films à des… imprimantes en réseau (identifiées, comme de juste, par leur adresse IP, cf. Boing Boing et Ecrans.fr), on est parti pour quelques années de pure et franche rigolade.

Ou bien on peut signer la pétition lancée par le magazine SVM contre la loi Hadopi et sa “riposte graduée”.

Déjà près de 25 000. Pas mal.

P.S. Je viens de réaliser aussi que cette loi ouvre aussi discrètement la possibilité du filtrage des contenus (cf. PC INpact), c’est-à-dire un “flicage” encore plus envahissant que le fameux filtrage d’URM défendu récemment par la ministre de l’Intérieur, et qui avait déjà pas mal fait crié.

Le tableau est complet : Internet semble tellement faire peur au gouvernement qu’ils sont prêts à le brider tous azimuths. Pour le développement de l’économie numérique, on repassera.

La France de demain ? Ha, ha ! La bonne blague !

___________
  1. (La Société civile des producteurs phonographiques, équivalent français de la RIAA américaine de triste réputation. []
  2. Eh oui, on peut avoir mauvais goût et l’esprit courtisan, en plus de ne pas respecter la loi. []


Petit retour sur le BookCamp

17 06 2008

Je parlais, samedi soir, de l’atelier auquel j’avais participé lors du premier BookBarCamp parisien.

Logo du premier BookBarCamp à Paris

Une rencontre fort intéressante, et où trop de sujets ont été abordés pour que je puisse en faire rapidement un compte-rendu. D’autant que vu le nombre d’ateliers, une seule personne ne pouvait tout voir ni tout faire !

Mais si on est intéressé par plus de détails, voici les liens vers ce qu’en disent les autres participants :

  • Emmanuel Guillot, arrivé vers 16h, a tout de même pu participer à deux ateliers, qu’il commente sur son blogue d’auteur Lulu ;
  • sur le blogue de l’association Les Complexes, on fait le point sur les différences d’approches
  • Christian Fauré, sur le blogue Hypomnémata, s’interroge sur ce qui fera ou non le succès des liseuses ;
  • Il y a aussi le point de vue de Virginie Clayssen, de TeXtes, sur ce sujet, sur l’édition électronique et sur l’avenir de la librairie ;

À voir aussi :

Tout un programme.

Pour finir, je ne voudrais pas manquer de citer des gens que j’ai rencontré à l’occasion de ce BookCamp et avec qui j’ai pu discuter, et notamment Xavier Cazin, ex-O’Reilly France, aujourd’hui cofondateur d’Immateriel.fr, qui se propose d’accompagner les éditeurs désireux de se lancer dans l’édition et la diffusion de livres numériques.

Eh oui, la crise boursière américaine a contraint O’Reilly à fermer une filiale française encore jeune et qui n’était rentable qu’un an sur deux…(1) Mais les gens qui y travaillaient ont un savoir-faire et une expérience en matière de publication et de diffusion en ligne dont ils peuvent faire profiter les éditeurs “classiques”. Eh oui, O’Reilly France gagnait de l’argent en vendant des livres électroniques sous forme de PDF — sans verrous numériques !

Citons aussi Pierre Mounier, chercheur en sciences sociales, qui anime Homo Numericus (site de veille et réflexions sur les implications sociales des TIC) et présentait le portail Revues.org (publication en ligne de revues de sciences humaines), édité par le CLEO avec le soutien du CNL du CNRS, de l’EHESS, de l’Université de Provence, de celle d’Avignon et d’Adonis. (Merci Marin Dacos pour ces précisions !)

François Bon n’était pas là, finalement : dommage, car il aurait eu bien des choses à dire en tant qu’auteur et éditeur numérique lui-même !

À lire aussi :

Psst ! ;)

Si par hasard vous êtes en manque de BookCamp, j’espère que vous parlez italien ? Car il y en aura un à Rimini le 11 juillet, organisé par Mario Guaraldi (des éditions Guaraldi), Antonio Tombolini, de Simplissimus (“le site qui aime les livres et leur futur”) et Marco Barulli, de Clipperz (gestion en ligne des mots de passe).

logo du BookCamp de Rimini, Italie

___________
  1. Par comparaison, notons que Lulu n’est pas encore rentable. Et qu’Amazon avait failli décrocher en 2001 après l’éclatement de la bulle Web. []


Sortie de Firefox 3.0

16 06 2008

Un petit rappel en vitesse : la version 3 du navigateur internet Mozilla Firefox, dite “Gran Paradiso”,(1) sort officiellement le mardi 17 juin.

(P.S. Très précisément, c’est à 19h, heure de Paris, cf. Standblog. Soit 10h du matin à Moutain View, Californie, QG de la Fondation Mozilla.)

Allez, pensez mettre à jour votre système !

Un Panda rouge (mascotte de Firefox) : Mozilla m\'a tout piqué !

Et c’est l’occasion pour ce concurrent direct d’Internet Explorer (enfin, Windows Explorer, aujourd’hui…) de tenter de battre le record du plus grand nombre de téléchargements en 24h. Déjà plus d’un million de personnes dans le monde, dont 75 000 en France, se sont inscrites sur le site du Download Day pour participer.

Bon, l’important, c’est tout de même que ce Firefox 3 est un très bon navigateur, sûr, rapide, efficace, facile à personnaliser, qu’il est disponible dans de nombreuses langues et qu’on peut l’installer aussi bien sur Windows ou Mac OS que GNU/Linux.

Vous dites ? Mais oui, j’en parle à mon aise, et pour cause : j’ai commencé à utiliser Firefox 3 RC 1 fin avril, en même temps que la dernière version d’Ubuntu, et que tout marche très bien.

Un vrai “paradiso”, quoi…

P.S. du 18/06, à 14h (heure de Paris) :

Bon, les objectifs les plus fous de Mozilla semblent déjà atteints, et au-delà. Dans une FAQ, le site Spread Firefox évoquait le chiffre 5 millions de téléchargements (source : un blog de ZDNet et le forum de PC INpact). Or le compteur en temps réel affiche plus de 6 millions de téléchargements sur les propres serveurs de Mozilla. Et il faut y ajouter près de 14 millions sur le site Download.com – pour la seule version Windows ! (Source : encore un INpacticien.)

___________
  1. Du nom d’un sommet des Alpes italiennes, connu en France sous le nom de Grand Paradis et réputé le plus facile à gravir parmi les 4000 mètres des Alpes. []


En partance pour le BookCamp

14 06 2008

Après la Bouquinosphère, voici le BookBarCamp !

Logo du premier BookBarCamp à Paris

C’est cet après-midi, 14 juin, à la Cantine, dans le 2e arrondissement de Paris,(1) et je retrouverai parmi les participants quelques connaissances : Hubert Guillaud, de La Feuille, Sébastien Célimon, attaché de presse de Lulu France, Emmanuel Guillot bien sûr, et puis Virginie Clayssen, Hadrien Gardeur, de Feedbooks, et bien d’autres.

Mélange de séminaire, d’atelier, de groupe de discussion, c’est l’occasion de faire le point et d’échanger entre gens intéressés par les livres et l’écrit, et leur devenir à l’heure d’Internet.

On y parlera d’édition électronique avec François Bon ou Patricia Gallot-Lavallée, de livre numérique, de chaîne du livre, des nouveaux circuits de distribution avec Bernard Strainchamps (Bibliosurf) et Pierre Coutelle de Place des Libraires… Sans oublier les médiathèques, l’impression à la demande, les encyclopédies en ligne, etc. Seront présents des représentants de Zazieweb, du Syndicat de la librairie et du Centre national du livre, aussi bien que des chercheurs, des éditeurs, et le collectif Babelpocket.

Quant à moi, je participerai à l’atelier sur les “comportements et usages des auteurs numériques” : et j’aurai l’occasion de comparer la situation d’un auteur “classique”, avec éditeur (pour le roman L’Héritier du tigre, bien sûr), et de l’auteur qui s’autoédite en ligne (avec un recueil de nouvelles disponible chez Lulu et Babelpocket).

Avec un peu de chance, je ferai un billet en direct cet après-midi. Sinon, à ce soir pour plus de détails !

___________
  1. Mais c’est aussi complet. Si vous êtes intéressés, ne manquez pas de suivre les comptes-rendus en ligne ! []


Comment faire mourir quelqu’un sur Wikipédia

11 06 2008

En tout bien, tout honneur, naturellement. Et sans attenter le moins du monde à la vérité.

Pourquoi ce billet, au fait ?

Image : Im in ur Wikipedia, editing ur articles (Lolcat)

(I can has definishun pleaz ?)

Quelques affaires de morts annoncées à tort, ou de façon prématurée, ayant récemment(1) défrayé la chronique et fait porter la suspicion sur la validité des informations publiées en ligne,(2) il n’est peut-être pas superflu de donner un petit contre-exemple. Oui, messieurs-dames du gouvernement, les bonnes pratiques aussi ont leur place en ligne.

Donc, voici un exemple de l’usage d’Internet et de Wikipédia pour faire circuler une information exacte, promptement et publiquement.

1) Le 10 juin, à 8h37, heure de Paris, Georges Bormand envoyait un courriel sur les listes de diffusion Présences d’Esprit et SF-Franco pour annoncer que l’écrivain américain d’origine lithuanienne Algis Budrys venait de décéder. Il citait à l’appui la fiche Wikipedia de cet auteur.

2) Le même jour, vers 18h, j’ouvre Thunderbird et je découvre ce message. Je clique sur le lien contenu dans le courriel : c’est la fiche en anglais d’Algis Budrys, qui signale sa mort le 9 juin 2008 à Evanston, Illinois, mais ne donne pas de source. (Il y a d’ailleurs un bandeau, en tête de l’article, invitant les internautes à améliorer la fiche en ajoutant des précisions sur les circonstances de ce décès.)

3) Par curiosité, je clique sur le lien en marge vers le pendant en français de cet article et constate que l’information du décès n’y a pas encore été insérée. Qu’à cela ne tienne : je peux le faire moi-même ! Ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que je contribue à Wikipédia.

4) Reste toutefois un doute : l’info est-elle authentique ? Prudence, prudence. Première étape : une recherche sur la Toile avec Google,(3) avec les mots “mort d’Algis Budrys”. Résultat : néant. Je passe en mode Google Actualités et tape : “Algis Budrys”. Toujours rien. D’accord, passons à la recherche en anglais (sur Google.com et non plus Google.fr) : il semble logique de voir d’abord la nouvelle apparaître sur des sites étatsuniens, après tout.

5) Tiens, tiens ! Dès la première page des résultats, je tombe sur une discussion, dans un forum de SF, ayant pour sujet “Death of Algis Budrys”. La personne qui avait posté l’information commente : “It must be legit because SFF.net put up a rose in memoriam”. (C’est sûrement vrai parce que SFF.net a mis une rose en hommage sur sa page d’accueil.)

6) De là, bien sûr, je me rend sur SFF.net (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est la plus grande communauté en ligne d’auteurs, d’éditeurs et de fans de SF et de fantasy) et clique sur le petit “In memoriam” qui a bel et bien apparu sur la page d’accueil. Pas de doute : l’info est exacte. La page de discussion consacrée à la mort d’Algis Budrys contient de nombreux messages de sympathie, de regrets, des témoignages de gens qui l’ont connu ou qui savaient qu’il était malade depuis quelques temps.

7) J’ai un petit moment d’émotion, là. Je devais avoir 14 ans quand je découvrais la SF américaine “classique” dans la Grande Anthologie de la Science-Fiction éditée au livre de poche par Gérard Klein, Jacques Goimard et Démètre Ioakimidis, anthologie dans laquelle les nouvelles de Budrys figuraient en bonne place…

7bis) Mais raison de plus pour améliorer la circulation de l’info ! Je retourne sur la fiche Wikipédia en français et ajoute la date de la mort de ce grand monsieur de la SF, en donnant en référence le lien vers l’annonce sur SFF.net.

Voilà. Mission accomplie. Vérification des faits (fact checking, pour parler comme les journalistes), citation des sources, transparence.

En tout, même pas dix minutes.

À vrai dire, cela m’a pris plus de temps de raconter ce processus que de le suivre…

  • «Dans le doute, dites la vérité» (toujours Mark Twain !)
___________
  1. Mais la chose n’est pas neuve. Cf. Mark Twain : «La nouvelle de ma mort est très exagérée.»

    []

  2. Alors même que des médias on ne peut plus classiques se livrent aussi joyeusement à ce sport, n’est-ce pas, MM. Elkabbach et Morandini…

    []

  3. J’avoue, c’est généralement par là que je commence, quitte à passer ensuite à Yahoo! si je ne trouve pas ce que je cherche.

    []