Irène Delse

"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
  • rss
  • Accueil
  • À propos
  • Roman
  • Nouvelles
  • Liens
  • F.A.Q.
  • Mentions légales
  • Contact

Aujourd’hui : l’auteure répond à vos questions

Irène | 25 septembre 2008 | 23 h 26 min

Résumé de quelques courriels récents :

« Bonjour, chère madame l’écrivaine blogueuse, vous qui avez réussi à trouver un éditeur, pourriez-vous me dire comment faire pour en trouver un moi aussi…»

— Ah, euh, groumph ! J’ai un bouquin à écrire, moi ! Sans parler de ma vie à vivre…

* * *

Oui, il y en a souvent quelques uns comme ça. Et certaines questions reviennent souvent. Pour l’essentiel, je renvoie à mon billet : «Du manuscrit à l’éditeur, quelques pistes».

Et tant que j’y suis, j’en profite pour rappeler deux points importants :

1) Les petits éditeurs ne doivent pas être dédaignés.

Il faut le dire et le répéter : le «bon» éditeur n’est pas forcément un grand éditeur. Surtout pour un auteur débutant, qui risque d’être perdu dans la masse !

Je ne veux pas être méchante avec Gallimard, Flammarion, le Seuil, XO et autres… Mais quand un éditeur publie une vingtaine de titres en un mois au moment de la rentrée, il est impossible qu’il s’occupe vraiment de tous. La plupart de ces titres seront simplement lâchés dans la nature avec prière de se débrouiller. Chez beaucoup d’éditeurs, hélas, le travail de promotion se concentre sur quelques grands noms, des auteurs confirmés, ou sur qui l’éditeur fait un pari. Et ce cas de figure est rare.

Résultat : dans ce système, un premier roman publié chez un des éditeurs du 6e arrondissement de Paris, surtout au moment de la rentrée littéraire, a toutes les chances de ne pas dépasser les 100 ou 200 exemplaires vendus. Après, c’est le pilon, et l’oubli.

Oui, vous avez bien lu : 200 exemplaires, au mieux. Ce n’est pas une erreur de frappe.

Alors qu’il y a des petits éditeurs excellents, qui ont une vraie politique d’auteurs et font un travail de découverte indispensable. Ils publient peu, mais connaissent leur créneau, se battent pour leurs auteurs et surtout croient à ce qu’ils font.

Voyez Viviane Hamy, l’éditeur de Fred Vargas : pendant des années, c’est resté une petite maison d’édition confidentielle, qui publiait des polars décalés et quelques traductions. Mais le succès de Vargas, justement, et de quelques titres comme Ouest, de François Vallejo (prix du Livre Inter 2007), ou L’Art de la joie, de Goliarda Sapienza, lui permet aujourd’hui de commencer à jouer dans la cour des grands. Et tout cela en emmenant avec elle les auteurs.

J’ai vu le même phénomène se produire dans les années 1980 avec Actes Sud, puis avec Phébus, qui étaient petits au départ mais sont aujourd’hui des pointures du paysage éditorial français.

Vous me direz, la plupart des petits éditeurs restent «petits», que ce soit volontairement, par esprit d’indépendance, par exemple, ou parce que ce qu’ils font est vraiment très pointu… Mais au moins, ils se consacrent à chacun de leurs auteurs, même les débutants.

Où découvrir ces petits éditeurs ?

Voyez Zazieweb, Lekti-Ecriture, Sitartmag…

Et plus généralement sur la toile, bien sûr. Un espace où ils peuvent s’exposer, mettre en ligne des extraits de leurs livres, préciser leur ligne éditoriale… et la marche à suivre pour l’envoi de manuscrits, naturellement.

2) N’envoyez qu’un texte abouti.

Faut-il vraiment insister là-dessus ? Travaillez le texte autant que vous le pourrez, peaufinez l’écriture, traquez les incohérences, les erreurs d’orthographe, de ponctuation, etc., relisez-vous plusieurs fois (et faites-vous relire par un tiers, si vous le pouvez). N’envoyez le manuscrit que lorsque vous en êtes satisfait.

Pour la présentation, faites simple et clair : pages A4 recto seul, double interligne, larges marges de chaque côté, feuillets numérotés. Ne vous ruinez pas en reliure, mais n’envoyez pas non plus vos feuilles en désordre.

Enfin, inutile à ce stade de penser à l’illustration de couverture. Celle-là, un éditeur expérimenté, qui connaît les tendances de ce qui marche en librairie, et qui fait appel à un cabinet de graphistes, est mieux à même de la choisir. Pour l’instant, rappelez-vous, vous cherchez un éditeur, pas à vous auto-éditer.

Un choix qui vous reste ouvert, d’ailleurs, si vous avez vraiment (mais alors vraiment) l’esprit d’entreprise et le désir de jongler avec toutes les casquettes.

Tags : écriture, écrivains, édition, manuscrits

Articles relatifs

  • Le livre à la demande pour trouver un éditeur? (3)
  • Bibliosurf.com ouvre une librairie numérique (3)
  • Bilan d’écriture (provisoire) (2)
  • Le livre numérique, l’Europe et la TVA (4)
  • Édition numérique: attention, l’évolution des modèles économiques est incontournable… (3)
Catégories
Ecrire, éditer, Un peu de ma vie
Tags
écriture, écrivains, édition, manuscrits
Flux rss des commentaires
Flux rss des commentaires
Trackback
Trackback

« L’Agence Littéraire de Versailles: essai de bilan Pour nous distraire de la crise financière… »

11 Responses to “Aujourd’hui : l’auteure répond à vos questions”

  1. Jérôme dit :
    26 septembre 2008 à 8 h 51 min

    Bravo pour ce post ! C’est ce que je me tue à dire à ceux qui m’écrivent pour “un coup de main”. En règle générale, ils n’ont que des ouvrages inaboutis, et truffés de fautes à présenter. Encore heureux si l’histoire dure plus de 10 pages. Beaucoup de refus de la part des éditeurs, mais beaucoup de nombrilisme leur arrive, trop d’ailleurs. D’autre part, il est vrai qu’il faut considérer les petites maisons comme de bons partenaires, elles permettent aux nouveaux auteurs d’émerger, de se faire des références qui seront peut-être utiles pour un autre ouvrage.
    Un roman de moins de cent-cinquante pages a très peu de chance de réussir, c’est tout au plus une nouvelle. Trop de personne confondent ces deux genres. Tenir une histoire sur plus d’une centaine de pages, à fortiori près de trois cent (moyenne des romans) reste difficile et un réel travail. L’inconnu qui commence doit savoir rester modeste et faire ses classes ; s’il est vraiment bon, il sortira un jour.

    Répondre
  2. Filaplomb (éditeur de nouvelles !) dit :
    26 septembre 2008 à 10 h 18 min

    Ah oui, conseils nécessaires !
    Même sur les nouvelles, je reçois beaucoup de textes “en travail” ou en tout pas encore aboutis !
    :-) )

    Répondre
  3. Don Lo dit :
    26 septembre 2008 à 10 h 28 min

    Bien dit l’Irène ! C’est qu’est-ce que je disais dans un billet d’avant : un bon petit éditeur, c’est mieux qu’un agent. Il vous découvre, vous fait bosser votre texte… et le publie s’il est bon.
    Vivent les petits qui font mieux que les grands !

    Répondre
  4. Dominique dit :
    26 septembre 2008 à 10 h 59 min

    Mmmh… Je serais fort circonspect à propos de Phébus et d’Actes-Sud présentés comme des petites maisons ayant réussi en publiant peu de livres. En premier lieu, Phébus était en faillite il y a quelques années. Son directeur et fondateur n’a pu empêcher son licenciement par une généreuse mécène qui était venue renflouer l’entreprise. Phébus a énormément publié et a submergé les librairies de romans d’aventures maritimes ou fantastiques, cela participait d’une passion pour certains genres bien précis, mais d’une part la quasi totalité de cette production industrielle consistait en des rééditions d’auteurs oubliés et surtout dans des traductions d’auteurs bien réputés à l’étranger, d’autre part cette pratique porte un nom : la cavalerie. Au bout de quelques années, Phébus n’avait pas plus de trésorerie, puisqu’il s’était constitué son financement sur le dos des libraires, et qu’il avait fallu recapitaliser. Phébus a fait les joies des soldeurs en son temps. Il y a sans doute eu d’autres erreurs de gestion, mais quand on voit le gros catalogue de Phébus, la part des jeunes auteurs francophones y est plus minime.

    Le cas d’Actes-Sud est un peu similaire, quoique différent. On y trouve la même inflation de titres, surtout étrangers au début. Mais la pratique des Nyssen a été plus subtile : les traductions, les rééditions de classiques oubliés, et surtout les éditions théâtrales, ont largement bénéficié d’aides culturelles. Je ne peux dire la part des livres subventionnés, mais elle est énorme dans ce cas par rapport à d’autres maisons. Hubert avait ses entrées rue de Valois ou rue de Varennes. Il a exploré certes des domaines où les traductions d’auteurs contemporains étaient presque inexistantes - notamment les langues du nord -, mais on ne sait combien de livres ont bu le bouillon faute d’avoir été défendus. Parce que pour une Berberova (au talent douteux à mon avis), une Zoé Valdès, un Paul Auster qui ont bénéficié d’effets de mode, combien d’autres auteurs ont disparu avant même d’apparaître en rayons de librairie ? Certes, il a pu obtenir en fin de compte un Goncourt après s’être lancé dans la course à la reconnaissance comme un Grasset ou un Juillard ou un Albin-Michel, mais le livre de Gaudé est tout simplement fastidieux, écrit de manière poussive, bourré de clichés, et digne de ce prix. Je ne suis pas sûr qu’il y ait eu un travail éditorial à la base. Quand on lit en revanche Claude Pujade-Renaud (Goncourt des lycéens), on peut se rendre compte que la part de son éditeur est minime : sa qualité ne faiblit pas selon les lieux. Le prestige attaché à Actes-Sud me paraît légèrement exagéré, le rythme des publications n’a rien à envier à celui des éditeurs plus anciens, même s’il y a moins de romans français contemporains pour la rentrée des prix.

    Ce n’est pas ce que je nommerais de petits éditeurs (pour le volume de livres) et je ne les donnerais pas en exemple des éditeurs qui suivent vraiment leurs auteurs.

    Répondre
  5. Irène dit :
    26 septembre 2008 à 13 h 32 min

    @ Dominique : Ce que vous dites sur Phébus et Actes Sud est vrai. Mais je parlais des tout débuts de ces maisons, comme exemple d’éditeurs qui ont été petits, ambitieux, exigeants, pour montrer que ces éditeurs peuvent aussi grossir. Ce qui les amène souvent à se transformer, à être rachetés, à passer du défrichage de talents à l’exploitation de fond patrimonial (auteurs reconnus)…

    Le cas d’Actes Sud est intéressant. Je le connais bien, vu c’est un peu pour moi une histoire de famille. À ses tout débuts, vers la fin des années 1970, le nom de cette maison d’édition s’écrivait A.C.T.E.S. Sud (pour Atelier de cartographie thématique et statistique) et, comme son nom l’indique, ils publiaient des cartes. L’un de leurs premiers “produits” phares était un poster : une carte illustrée de la Camargue. Puis ils ont commencé à publier quelques livres sur la sociologie et la géographie provençale. (Avec des aides des collectivités locales, naturellement.) Leur premier auteur était Jean Viard, du CNRS, qui a aussi ses entrées un peu partout. Le siège de la l’éditeur était alors chez Nyssen, au Paradou, et pas encore en Arles même.

    Il se trouve que mon père, qui est statisticien, travaillait à l’observatoire Insee à Marseille à cette époque. Il est ainsi entré en contact avec Viard, puis avec Nyssen et Bertand Py, qui formaient l’équipe éditoriale. En plus de les aider pour la documentation statistique, mon père a aussi fait partie pendant quelques du comité de lecture élargi qui faisait le tri sur les manuscrits. Il lui est même arrivé de me demander mon avis (j’avais 14 ans) pour un ouvrage destiné à la jeunesse.

    Pendant quelques années, c’est resté une maison d’édition très modeste, qui publiait quelques titres par an et fonctionnait largement en famille. Christine Le Bœuf, l’épouse de Nyssen, faisait les illustrations de couverture et traduisait de l’anglais. Il y avait aussi des rééditions (les écrits de Victor Hugo sur la peine de mort, par exemple). En fait, l’un de leurs premiers livres “rentables” a été Senso de Camillo Boito, traduit de l’italien, un texte du domaine public, mais inconnu en France. Puis il y a eu les livres traduit du suédois et d’autres langues du nord : Stig Dagerman, Torgny Lindgren… Souvent des titres datant de plusieurs décennies, mais jamais publiés en français (ou complètement oubliés).

    Mais parallèlement, ils ont dès le début cherché des auteurs français contemporains. Anne-Marie Roy, Baptiste-Marrey (dont ils ont publié un roman en vers, quelque chose de totalement fou) et quelques autres.

    L’arrivée de Nina Berberova au catalogue a été un tournant, parce que Nyssen a pu obtenir les droits de traduction et d’adaptation. Étonnamment, Berberova, qui vivait aux États-Unis et y enseignait, n’y avait publié ses textes autobiographiques et de fiction qu’en russe, dans des revues d’émigrés. Le pari d’Actes Sud a été payant.

    Après, les choses se sont un peu emballées, la maison est passé en quelques années à une dizaine de salariés, puis à vingt, etc. Le nombre de titres a augmenté en conséquence, bien sûr. Aujourd’hui, c’est une grosse maison d’édition, qui a d’ailleurs racheté plusieurs petites (Sindbad…) et qui fonctionne comme n’importe quelle entreprise de même taille, avec des actionnaires (dont Flammarion et son actionnaire italien Rizzoli). Le prix Goncourt de Laurent Gaudé est venu couronner leur stratégie, mais ils avaient déjà obtenu plusieurs prix Goncourt des lycéens, Fémina, etc. Sans compter le prix Nobel d’Imre Kertesz, en 2002, qui leur permet de conforter l’image d’un éditeur de qualité.

    Malheureusement, ce fonctionnement comprend aussi l’attitude “marche ou crève” dont je parlais dans ce billet vis-à-vis de la plupart des titres : Actes Sud ne soutient chaque mois qu’un ou deux titres parmi tous ceux qu’ils publient.

    Pas l’idéal pour les jeunes auteurs…

    Répondre
  6. Didier Goux dit :
    26 septembre 2008 à 16 h 37 min

    J’en profite également pour rappeler un point CAPITALISSIME : il est vital de NE PAS publier la plupart des gens qui se croient écrivains (et non “auteurs” (et encore moins “auteures”…)).

    Répondre
  7. Dominique dit :
    26 septembre 2008 à 17 h 06 min

    Irène, je connaissais certains (donc pas tous) de ces détails d’origine, vous vous en doutez et je peux même préciser que Nyssen a repris à son arrivée dans le Midi une sorte de coopérative déjà existante avant lui (on est dans les années septante et encore un peu dans l’utopie).

    Le premier succès avec Senso est exact, mais il est surtout dû au fait que personne n’avait songé à faire publier le texte dont est tiré l’opéra de Verdi et surtout le film de Visconti. En outre, le texte est court, très court. A peine une nouvelle. Le format original, le grammage du papier, la maquette de couverture, le bas prix très relatif (vu le faible nombre de pages) en ont fait un livre objet qu’il était aisé d’acheter, d’autant qu’il avait des références culturelles à la fois sérieuses et décalées. Ce fut un succès commercial qui assura l’image d’Actes-Sud comme achat-plaisir, bien avant les autres livres objets sur présentoirs à la caisse ou dans des colonnes conçues pour eux. Il voguait en outre en pleine nostalgie viscontienne, fort propice à cette époque où l’on aimait parler de décadence et de fin de siècle. C’était dans l’air du temps, comme beaucoup de titres d’Actes-Sud lorsqu’il est devenu grand public.

    Pour Berberova, Actes-Sud n’a pu bénéficier des retombées des droits indirects que bien des années plus tard, mais les ventes en France ont été considérable du simple fait d’un passage télévisé à Apostrophe et d’une promotion dans Lire. Cela a conforté aussi en France la marque Actes-Sud comme découvreur d’auteurs étrangers inconnus et chics, mais surtout cela a permis d’être plus à l’aise avec les banquiers, donc de publier plus de livres et ensuite de multiplier les collections.

    Cependant, je m’étonne. Un Actes-Sud Jeunesse informel aurait existé alors que la maison commençait seulement à s’étendre au début des années octante ? Pourtant, la filiale Junior ne date que de l’an passé et la collection Jeunesse n’a pas dix ans. C’était donc un titre hors collection pour voir ?

    Répondre
  8. Emmanuel Guillot dit :
    26 septembre 2008 à 18 h 42 min

    Très intéressants, l’article et ses commentaires. J’avoue que j’ai un peu honte : pour mon dernier roman, Le Navire en Pleine Ville est le seul petit éditeur auquel j’ai envoyé mon manuscrit. Les quatre autres sont des gros. En fait ma stratégie actuelle consiste à attendre les refus des gros pour solliciter dans un deuxième temps les plus petits.

    Répondre
  9. Don Lo dit :
    27 septembre 2008 à 9 h 39 min

    Pas de honte à avoir, Emmanuel : Le Navire est LE petit éditeur sur lequel compter. Attendre son refus (si refus) est donc la bonne stratégie à suivre, avant d’attaquer d’autres petits éditeurs.

    Répondre
  10. Irène dit :
    27 septembre 2008 à 18 h 23 min

    @ Didier Goux : Bien entendu, qu’il faudrait moins publier. Et surtout pour ME faire de la place ! Ah, mais… ^^°

    @ Emmanuel : C’est une excellente stratégie. D’autant que de nombreux éditeurs refusent encore de travailler sur les tapuscrits envoyés par courriel. Attendre les retours des grands éditeurs pour démarcher les petits permet de réutiliser les manuscrits.

    @ Don Lo : C’est vrai, mais attention à l’emballement. Si vous n’écrivez pas de romans d’aventures pouvant être lu par des adolescents, et dont l’écriture est d’une certaine tenue, cela sort des routes maritimes fréquentées par notre cher bateau… Avis aux auteurs : lisez attentivement les informations données sur le site (encadrés “Contact” et “Pourquoi / pour qui le Navire”) :
    http://www.lenavireenpleineville.fr/index.php

    Dominique : “Cependant, je m’étonne. Un Actes-Sud Jeunesse informel aurait existé alors que la maison commençait seulement à s’étendre au début des années octante ?”

    Oui et non. Il n’y avait pas de collection jeunesse à l’époque, mais cela n’empêchait pas des gens pleins d’espoir d’envoyer divers “contes” et textes pouvant (selon eux…) intéresser les jeunes. Quand le manuscrit présentait une certaine qualité, et qu’il s’agissait d’un texte pouvant potentiellement intéresser aussi les plus grands, il n’était pas éliminé dès le premier tri mais passait entre les mains d’un ou plusieurs lecteurs. Celui que j’ai lu était assez banal et n’a finalement pas été publié, mais Actes Sud a publié à cette époque Loin, très loin de tout, un court roman d’Ursula Le Guin pour adolescents, qui a assez bien marché :
    http://www.actes-sud.fr/ficheisbn.php?isbn=9782868693280
    Actes Sud avait donc dès cette époque un intérêt marginal, mais non nul, pour les textes destinés à la jeunesse. Des ballons d’essai, je pense, jusqu’au lancement de la collection Actes Sud Jeunesse.

    Le format original, le grammage du papier, la maquette de couverture, le bas prix très relatif (vu le faible nombre de pages) en ont fait un livre objet qu’il était aisé d’acheter, d’autant qu’il avait des références culturelles à la fois sérieuses et décalées. Ce fut un succès commercial qui assura l’image d’Actes-Sud comme achat-plaisir, bien avant les autres livres objets sur présentoirs à la caisse ou dans des colonnes conçues pour eux.

    Bien vu. Dans ces premières années, Actes Sud a publié beaucoup de petits livres à prix très abordable, mais à la fabrication soignée. Les couvertures monochromes, beige ou brun clair, sans illustration ou avec juste un dessin au trait, était économique mais aussi facile à identifier en librairie, et d’une sobriété de bon aloi qui pouvait attirer les intellectuels.

    Actes Sud est un exemple fascinant, si on s’intéresse à la vie des maisons d’édition, parce qu’ils ont utilisé à peu près toutes cartes possibles pour se lancer, se faire connaître, croître, s’imposer…

    Répondre
  11. Daniel Fattore dit :
    30 septembre 2008 à 11 h 24 min

    On pourrait ajouter que pour certains auteurs débutants, la carte de la proximité peut être un bon atout: aller frapper chez l’éditeur local, facile à joindre, physiquement proche, qui a ses entrées dans un canard local qui relaiera l’information de l’existence de votre livre auprès de vos proches - au sens le plus large du terme. Et puis, il y a pas mal de lecteurs qui aiment “soutenir les p’tits gars de chez eux”.

    Cela, sans parler de l’aspect littéraire, que vous avez évoqué (travail éditeur/auteur, etc.)

    Répondre

Leave a Reply

Cliquer ici pour annuler la réponse.

Attention, chat littéraire ! Blog personnel d'Irène Delse

 Fil d'info de ce blog

Suivez-moi sur:

Twitter / Facebook / Netvibes / Google / Friendfeed / NetworkedBlogs

Hadopi, non merci!

Pas de mouchard chez moi - Non à Hadopi

Image: Ruminances

Articles récents

  • Le livre à la demande pour trouver un éditeur?
  • Des nouvelles des Explorateurs
  • Ce que les E.T. voient à la TV
  • Quand le chat n’est pas là, les trolls dansent
  • Permanence du clientélisme
  • Petite leçon de polémique pratique
  • Buffy contre Edward! (VOSTF)
  • Bibliosurf.com ouvre une librairie numérique
  • Snif, snif…
  • Des papas dans la nature

S’abonner

Entrer ici votre adresse de courrier électronique :

Fourni par FeedBurner

Mon roman

L’héritier  du  tigre

L’héritier du tigre / Delse, Irène
Le Navire en pleine ville, 2006 ; 1 vol. (442 p.) ; couv. ill. en coul., 20 cm. (Shalinka ; tome 1) (Collection Sous le vent). ISBN : 9782916517025.

Achat sur Bibliosurf.com

Et pour en savoir plus...

Le Navire en Pleine Ville éditeur

E la nave va (forum)

Recueil de nouvelles

La Faim et autres nouvelles, par Irène Delse Acheter chez Lulu : Soutenez l'édition indépendante : achetez ce livre chez Lulu. Acheter chez Babelpocket : Soutenez l'édition indépendante : achetez ce livre électronique (sans DRM !) chez Babelpocket

Édition électronique incluse dans la version française du Cybook Gen3 de Bookeen.

Commentaires récents

  • FredV dans Le livre à la demande pour trouver un éditeur?
  • Irène dans Le livre à la demande pour trouver un éditeur?
  • Irène dans F.A.Q.
  • Yann-Pier dans F.A.Q.
  • FredV dans Le livre à la demande pour trouver un éditeur?
  • Irène dans Ce que les E.T. voient à la TV
  • Irène dans Où TdB éditions m’envoie un avocat
  • André Gunthert dans Ce que les E.T. voient à la TV
  • Josette TOURNERIE dans Où TdB éditions m’envoie un avocat
  • Irène dans Où TdB éditions m’envoie un avocat

Catégories

Bonnes feuilles

Pour les possesseurs du Cybook Gen3

Du manuscrit à l'éditeur : quelques pistes

Pourquoi je n'aime pas les DRM sur les livres numériques

Les écrivains et la précarité

Un peu de politique dans votre littérature d'évasion ?

Imaginaire et ambition

Au pays de la discrimination ordinaire

Le vieux fascisme est toujours là

L'art de gérer son troll (et de le dévoyelliser)...

La Tapisserie de Bayeux en version animée sur YouTube

Jour par jour

septembre 2008
L Ma Me J V S D
« août   oct »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Archives

Sur mon nuage

jeux journalisme demandeurs d'asile mondialisation New York Times Média-Participations Moyen-Âge commerce édition électronique tourisme adaptation webrairie Désirs d'avenir Tiffany Tiger zen Ranshar Hanlayi Fansolo Benoît XVI fascisme Cybook Gen3 Pavillon Baltard pédagogie Moïse gratuit créationnisme Scott Westerfeld sécurité industrie Wifi Savoie slogans intelligence artificielle livres électroniques Bondy Blog rôles sociaux Glucsmann

Spam piégés

18 379 commentaires indésirables
bloqués par
Akismet

Mentions légales

Contrat Creative Commons 2.0 - Certains droits réservés

Plus de précisions

Référencement

referencement

LexisArte

Statistiques

rss Flux rss des commentaires valid xhtml 1.1 design by jide powered by Wordpress get firefox