Transnets découvre les joies du monopole avec Amazon – et le Kindle
Irène | 27 août 2008 | 20 h 12 minC’est bien pratique d’être le premier distributeur de livres du Web, surtout quand on vend des livres électroniques dans un format propriétaire, pour lequel on est le seul à fournir la liseuse compatible. On peut alors fixer les prix qu’on veut, et même vendre la version électronique jusqu’à 20% plus cher que la version papier !
Et le blogueur Francis Pisani, qui est pourtant assez fan du Kindle, n’a pas apprécié. Mais alors, pas du tout.
Le piquant de l’affaire, c’est que ces pratiques (légales mais peu respectueuses du client) étaient prévisibles : elles suivent un modèle déjà peaufiné par Apple. Jeff Bezos ne s’était pourtant pas caché de vouloir faire un “iPod pour les livres” !
On verra dans l’avenir si le “pouvoir des foules” (de clients mécontents) sera supérieur à celui du marché (fermé)…
En attendant, je suis bien contente de mon Cybook et de son format ouvert.













il y a beaucoup de “lecteurs électroniques” ? j’ai beaucoup de mal personnellement à lire sur un écran (en-dehors des blogs…)
Lire sur un écran, c’est mieux si c’est du papier électronique (alias e-paper) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/E-paper
L’avantage, par rapport à un écran normal, c’est que le contraste est excellent, même en plein jour, puisque c’est un mode d’affichage qui ne nécessite pas de rétroéclairage. Le confort visuel est proche du vrai papier. Et les appareils à base de papier électronique ont logiquement une consommation moindre, donc ont une autonomie importante (plusieurs jours).
Il y a plusieurs plusieurs modèles de liseuses basées sur cette technique, dont bien sur le Kindle d’Amazon et le Cybook de Bookeen, mais aussi l’iLiad (commercialisé par une filiale de Philips), le Sony Portable Reader, etc. Voir le forum francophone de Mobileread, un site spécialisé dans la lecture sur supports électroniques :
http://www.mobileread.com/forums/forumdisplay.php?f=160
Ou mes articles :
http://www.irenedelse.com/category/livrels-et-liseuses/
Certains appareils ne sont pas commercialisés en Europe, ou alors à des prix prohibitifs, mais il n’est pas difficile de s’en procurer sur eBay…
Reste que pour avoir des textes à lire, ce n’est pas toujours évident, surtout en français. Mais les éditeurs anglo-saxons ont pris de l’avance : beaucoup publient simultanément la version papier et la version numérique. Pour moi qui lis pas mal en anglais, c’est intéressant : j’ai le livre immédiatement, souvent moins cher qu’avec le papier, et question encombrement, évidemment, c’est un avantage !
Bonsoir Irène,
Effectivement comme tu le précises c’était prévisible. Une chose assez similaire se passe sur Numilog qui propose des ouvrages PDF de Bragelonne a des prix bien plus élevés que ces mêmes ouvrages en format poche. Je pense notamment à la série de “La Moira”. Difficile de croire qu’une oeuvre dématérialisée puisse coutée plus cher que son pendant imprimé…
Numilog fait pareil ? Cela ne m’étonne pas, hélas. Leur politique commerciale n’est pas toujours des plus intelligentes. Après tout, les titres du domaine public qu’ils proposent en téléchargement gratuit sont en format “sécurisé”, c’est-à-dire avec DRM !
Irène, si les ebooks gratuits sont proposés avec DRM c’est pour permettre de tester le téléchargement pour les nouveaux clients: si la configuration de l’ordinateur n’est pas compatible au moins je le sais avant d’acheter !
el jc: en général le prix de l’ebook baisse quand sort la version poche, pour que les prix restent autour 20% ou 25% moins chers que la version papier (selon la politique de prix de l’éditeur). Quand l’éditeur oublie de prévenir Numilog de la sortie du livre de poche, les ebooks deviennent plus chers que la version papier, ce qui est en effet un peu absurde…
@ Guillaume : juste pour savoir, vous travaillez chez Numilog ?
oui, et j’ai transféré le post de el jc pour voir s’il est possible de résoudre ce problème de synchronisation des prix avec l’éditeur: comme vous le dites le “pouvoir des foules” (des clients mécontents) fait bien souvent avancer les choses ! Notre politique commerciale, ce n’est sûrement pas d’essayer de vendre les ebooks plus chers que les livres papier !
À propos du pouvoir des foules et des désirs des clients, Guillaume, tant qu’on y est : vos DRM chez Numilog font que je ne peux pas, même si je le voulais, acheter vos livres. Mon ordinateur est sous Linux et j’ai une liseuse numérique Cybook Gen3, ce qui fait que je n’a pas accès aux textes au format Secure PDF ni à ceux au format Microsoft Reader, c’est-à-dire une bonne partie de votre catalogue. Y compris bon nombre de livres gratuits.
Enfin, cette histoire de DRM tester la configuration… J’avoue ne pas comprendre la nécessité de lier l’un et l’autre.
J’ai vu que sur votre site, qu’il y avait une page où on pouvait tester la compatibilité avant d’acheter, ce qui est une excellente idée :
http://www.numilog.com/readerDownload/DownloadReader.aspx
Mais une fois le test effectué, pourquoi ne pas offrir la possibilité de télécharger des fichiers non verrouillés ? Qu’il s’agisse du format Mobipockt (PRC) ou Adobe PDF, il est parfaitement possible d’en vendre sans passer par le système des DRM. Ou au moins de laisser de côté la “protection” pour les textes du domaine public.
Je croyais que c’était une bonne chose dans le commerce que de faciliter le passage de l’argent du client au vendeur ! Or pour le client lambda, il faut déjà se familiariser avec la technologie employée, les formats, etc. Si on y rajoute un obstacle technique supplémentaire, ça découragera encore les gens.
Sans même parler des problèmes à long terme des livres avec DRM, dont j’ai parlé plus en détail dans ce billet :
http://www.irenedelse.com/2008/01/04/paperback-digital-ou-pourquoi-les-drm-dans-les-livrels-sont-une-plaie/
Enfin, je trouve dommage que les titres vendus par Numilog ne soient généralement proposés que dans un seul format à la fois. Comparons avec la pratique de Publie.net, chez nous, du site Feedbooks ou de la webrairie américaine Fictionwise.
http://www.publie.net/
http://www.feedbooks.com/
http://www.fictionwise.com/ebooks/multiformat.htm
Irène sans DRM Numilog n’aurait pas le même catalogue: aucun éditeur important n’a envie de diffuser son catalogue sans protection. C’est fâcheux pour les clients sous Linux, Adobe Digital Editions et Mobipocket Reader ne sont pas encore compatibles Linux, mais en attendant les lecteurs sous windows ou mac, les possesseurs de palms, de pocket pc, de smartphones, d’iliads, de cybooks ou autres sont quand bien contents de trouver des ebooks récents d’éditeurs en français.
Si les clients ont des problèmes de compatibilité lors du téléchargement une équipe est là pour les guider pas à pas.
Si un éditeur demande de diffuser sans DRM Numilog peut évidemment le faire, qui peut le plus peut le moins.
Numilog.com est une librairie numérique multi-formats. Le format le plus utilisé et le plus demandé aujourd’hui est le pdf, c’est la raison pour laquelle c’est le format pour lequel il y a le plus de titres. Convertir plus de 40 000 titres (à peu près le nombre de titres au catalogue aujourd’hui) en pdf, prc, epub ou autres formats ne se fait pas du jour au lendemain.
Je me permets de faire le troll un instant : dois-je déduire de cela que Numilog se positionne comme suiveur, et pas comme précurseur ?
Ce n’est pas un jugement de valeur, mais un choix de positionnement. Soit on suit les tendances, soit on essaie de les créer. C’est une prise de risque, et ça se calcule…
Fredv Numilog fait un travail de pionnier dans le secteur du livre numérique depuis 2000. Avec des tonnes de projets et d’idées dans les cartons, précurseurs, évidemment.
Excellent ! Alors en ce cas, foncez. Créez les nouvelles pratiques. Innovez.
Nous, lecteurs, nous vous attendons.
Et nous, auteurs, nous vous attendonc aussi !
Merci pour cette réponse, Guillaume. Le catalogue de Numilog est en effet impressionnant, et le travail de numérisation que vous avez réalisé doit être salué.
Cela dit, je n’ai hélas pas de réponse à deux des problèmes que j’ai soulevé :
1) Les textes du domaine public que vous offrez en téléchargement gratuit sont dans des formats protégés. Ce n’est tout de même pas la faute d’un éditeur, dans ce cas…
2) Question formats, je trouve toujours dommage que vous donniez la priorité au PDF, surtout s’il s’agit de la version “Secure PDF”. Elle n’est pas compatible avec Linux , mais pas non plus avec les liseuses électroniques comme Cybook, Sony PRS, Kindle, iLiad… Autre problème : contrairement au format Mobipocket (mais aussi epub, HTML ou RTF, des formats offerts par Baen Books et Fictionwise), le PDF ne supporte pas le “reflow”, le redimensionnement automatique de la page pour s’adapter à l’écran.
Franchement, si Numilog offrait des livres sans DRM, en français, dans un format pratique pour mon Cybook ou mon ordinateur, j’achèterais tout de suite ! En attendant, j’ai la chance de pouvoir lire facilement en anglais et de pouvoir trouver certains de mes auteurs préférés en VO chez Fictionwise…
Et bien entendu, je peux profiter des livres récents, en français, au format Mobipocket sans DRM, du collectif Babelpocket !
http://www.babelpocket.fr
Irène: pour la question 1 j’ai répondu, les livres gratuits proposés sur Numilog servent surtout à tester le téléchargement avant d’acheter des livres récents; si un lecteur cherche aujourd’hui un classique libre de droits gratuit et sans DRM il a déjà l’embarras du choix sur d’autres sites comme gallica, le projet Gutenberg, feedbooks etc.
pour la question 2, nous proposerons dans les prochains mois beaucoup plus de livres compatibles avec les liseuses. En attendant vous pouvez déjà télécharger des centaines de fichiers PRC en français compatibles avec votre cybook sur Numilog à cette adresse
Euh, je vous remercie, mais comme je le disais plus haut, ces livres au format Secure Mobipocket ne m’intéressent pas, même s’ils sont techniquement compatibles avec le Cybook. C’est une question à la fois de principe et de prévoyance : l’achat d’une œuvre sous DRM n’est pas vraiment un achat, mais le droit d’accéder au contenu tant que le vendeur peut et veut l’assurer. Je ne souhaite avoir le genre de mauvaise surprise qu’on subie les clients de Paperback Digital, par exemple…
http://www.irenedelse.com/2008/01/04/paperback-digital-ou-pourquoi-les-drm-dans-les-livrels-sont-une-plaie/
Bref, dans ces conditions-là, je préfère acheter le livre papier !
En plus, je vous signale d’autres titres qui, étant sortis en poche, se retrouvent avec plus chers en version électronique. L’Épée de Darwin, de Dan Simmons, par exemple. Ce serait une bonne idée de garder le contact avec les éditeurs…