Tiens, une bourde sarkozienne sur la TVA…

30 06 2008

Et ça n’a pas raté ! Le préz’ de la Ceufran a causé dans le poste, et il a déparlé… Cueilli au vol sur France Inter aux infos de 20h, ça donne ça  :

“Je ne comprends pas pourquoi la TVA dans la restauration rapide, où il n’y a pas de service, est à 5,5%, et que dans un restaurant où on sert à table elle est à 19,6%.”

(Je cite de mémoire, mais on peut aller l’écouter en baladodiffusion ou le voir sur Rue89 si on ne me croit pas.)

Eh bien, non, m’sieur le chef du truc-machin : les enseignes de restauration rapide sont censées appliquer les deux taux de TVA, à 5,5% sur la vente à emporter, et à 19,6% sur la consommation sur place. C’est valable même dans les bars des TGV !

Sauf que, en pratique, la plupart appliquent sans se poser de question le taux à 5,5% sur toutes les commandes…

Ce qui est, bien sûr, en infraction avec la loi. Même si aucun client n’ira se plaindre, on l’imagine !

Quoi ? Vous dites ? Le méga-président, fermer les yeux sur une petite fraude ordinaire ? Nooon, ce n’est pas possible ! Allons donc. Il n’avait pas bien préparé ses petites fiches, c’est sûr !



Quoi de neuf ?

30 06 2008

Non, non, chers lecteurs impatients, je ne vous oublie pas !

Lolcat : How\'s the novel coming along ?

Histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes, voici un petit bulletin des mes travaux du week-end :

  • Rédaction : + 5206 caractères
  • Ce qui place la barre de progression à : 349 616 caractères
  • Ambiance musicale : Lucas Ruiz de Ribayaz, Luz y Norte par The Harp Consort ; Luis de Narvaez, Los Seys Libros del Delphin de Musica, avec Hopkinson Smith à la vihuela de mano ; Anathema, Restless Oblivion.
  • Aide chimique : retour à la caféine du coca light, because chaleur. (Mais ça ne vaut pas le thé.)
  • Aide féline : un peu de bolduc, récupéré lors d’une fête d’anniversaire, et ce sont des heures d’amusement garantis pour l’animal.
  • Mot qu’OOo connaissait, à ma surprise : ennuagé.
  • Gaffe évitée : la fenêtre décrite, quelques chapitres auparavant, comme donnant vue sur une cour orientée à l’ouest, peut-elle permettre aujourd’hui de voir un jardin verdoyant et le soleil du matin ? Et comment ne perdre ni l’un ni l’autre passage ? Euh… C’est qu’il y s’agit donc d’une autre fenêtre, sur le mur opposé ! (Ouf !)
  • …Et il y a plein de trucs sur Internet : Just Follow Law ! Ou la découverte de Singapour et du cinéma singapourien par le professeur Zali L. Falcam. Indispensable.

Voilà, voilà. Merci de votre attention, mesdames et messieurs – et à la semaine prochaine, si vous vous en donnez la peine ! ;)



Fantasy Pride 2008

28 06 2008

Dans l’esprit de la Gay Pride, et parce qu’on est toujours le “différent” de quelqu’un, je déclare hautement, ici même, que j’assume à fond le fait d’être une auteure(1) et une amatrice de fantasy !

Elfes, dragons, vampires, oiseau roc, mondes imaginaires et parallèles, Grands Anciens, mythes et légendes : oui, oui ! Je veux !

J’en lis, j’en écris, j’en publie et je m’en vante.

Mais je n’aurai pas besoin de sortir d’un placard. D’autant que cela fait déjà presque trois ans que je m’épanche à ce sujet sur ce blogue, quitte à critiquer les disséqueurs de Harry Potter ou les ruses cousues de fil blanc de Narnia, à contredire les gardiens du temple de la SF pure et dure ou à expliquer pourquoi la littérature d’évasion peut susciter des controverses politiques.

Il m’arrive de donner des conseils à des auteurs débutants, de m’interroger sur le pourquoi philosophique des trilogies et de pester contre la classification par genres.

Voire, parfois, de partir un peu dans un joyeux délire une fugue sur nos amis les kobolds, gnomes et autres lutins…

Lolcat : Diz book is interestin

Quoi, je me laisse emporter ? Moi ? Euh… Parfois, oui. Par l’imagination. Ce sont les risques du métier !

Allez, pour finir, je me permettrai de paraphraser une boutade de Keith Richards (qui est réel, lui, comme quoi la réalité est plus étrange que la fiction)(2) à propos de la musique :

Il n’y a que deux genres en littérature : le bon et le mauvais.

___________
  1. Déjà, revendiquer ce e final peut être un combat. Demandez à l’Académie française, par exemple. []
  2. Parce que la réalité n’a pas à faire preuve de vraisemblance. []


Aujourd’hui, on dénonce gratis

25 06 2008

“Né quelque part”, Maxime Le Forestier

Vous connaissez peut-être déjà les articles de Maître Eolas sur le droit des étrangers et ce qu’il révèle sur la France d’aujourd’hui. Je voudrais rebondir un peu sur l’un des derniers (N.B. Ce billet est signé Anatole et n’est pas dû à Me Eolas, mais d’un de ses correspondants. Dont acte.) :

“Dénonciation”.

Il faut lire ce document, ainsi que les commentaires qu’il suscite.

De quoi s’agit-il ? D’une dame, assistante sociale, qui dénonce à la police un étranger un situation irrégulière. Ce qui, forcément, évoque des choses. (N.B. Si on a des lacunes en histoire du XXe siècle, on peut aller se rafraîchir la mémoire en consultant des documents d’époque sur le site d’Isaac Levendel, auteur d’Un Hiver un Provence, éd. de l’Aube.)

Le plus beau (ou le plus gerbant, selon le point de vue…), c’est que notre assistance sociale commet ainsi une violation du secret professionnel, puisqu’elle a eu connaissance des faits en rendant visite à une famille (une femme et ses quatre enfants) qu’elle suit dans le cadre de l’assistance éducative. Observant qu’un homme était hébergé depuis un mois chez la dame, et qu’il s’agissait d’un Sénégalais en situation irrégulière, elle a signalé son cas à la police.(1)

Comme le procès-verbal le montre, il n’y avait pas d’éléments laissant supposer que les enfants pouvaient être en danger,(2) juste de se débarrasser d’un “indésirable”.

Indésirable, au goût de la dénonciatrice, bien sûr.(3)

Je voudrais faire un petit aveu, là. Des dénonciateurs et des dénonciatrices, j’ai dû à l’occasion m’en occuper dans le cadre de mon travail. Car dans l’administration, et surtout lorsqu’on est au guichet, au contact du public, on en reçoit. Pas besoin d’être de la police.

L’administration fiscale et le Trésor public en ont leur part. Il y a toujours un époux ou une épouse aigri(e) qui est persuadé(e) que son ex dissimule ses revenus pour ne pas payer de pension alimentaire. Ou bien c’est un comptable qui a été viré ou s’est brouillé avec son employeur et vient accuser l’entreprise de fraude à la TVA. Classique.

Et puis aussi, de temps en temps, des lettres ou des appels qui semblent avoir pour seul but de montrer du doigt un ou des étrangers, de façon arbitraire. C’est généralement anonyme, mais pas toujours.

Je me souviens d’une brave dame, la soixantaine assez soignée, avec des cheveux teints en blond, mais sans avoir le genre BCBG. Une dame ordinaire, quoi, comme on en croise dix fois le jour. Elle était venue au guichet pour un renseignement très spécial : comment signaler ses voisins, qu’elle décrivait comme “arabes” et “bruyants”, de façon à ce qu’on déclenche contre eux un contrôle fiscal.

Au début, j’étais tellement ébahie que je n’ai pas trop su quoi dire. Et elle de dévider ses griefs : ses voisins font du bruit, vont et viennent à tout heure du jour et de la nuit, ils sont jeunes, ils sont insolents, ils ne sortent pas les ordures dans la rue… Et puis d’ajouter qu’il doit sûrement s’agir de “proxénètes” (sic) parce qu’elle a vu “plusieurs” jeunes femmes et jeunes hommes entrer et sortir à diverses reprises de l’appartement, parfois “très tard” !

Un moment, je me suis demandé si cette dame avait toute sa tête. Elle semblait pourtant parfaitement assurée et lucide, même si bourrée de rancœurs.

Je finit par lui dire, en substance : s’il y a des gens qui commettent des nuisances de voisinage, du tapage nocturne, etc., vous pouvez porter plainte au commissariat, c’est fait pour. Mais ce que vous dites là n’a rien à voir avec nous. Donc, au revoir.

Elle sembla fort déçue, répétant plusieurs fois qu’elle était déjà allée à la police et qu’ils n’avaient “rien fait”. Sans doute avaient-ils constaté que la réalité n’avait pas grand chose à voir avec ce qu’elle avait bâti dans son imagination…

Je n’ai pas osé lui dire carrément, à cette femme : ce n’est pas parce que vos voisins sont arabes que vous pouvez les accuser de tous les maux. Ni les harceler, leur envoyer le fisc après la police, et je ne sais quoi, pour essayer de les chasser de votre quartier. Ou bien même : contrairement à ce que vous pensez, chère madame, l’administration n’est pas là pour servir d’outil de contrôle social…

C’était il y a plusieurs années, avant qu’on invente un “ministère de l’Identité nationale”. Il semblerait qu’on ait fait du chemin depuis.

J’observe qu’au moins, le P.V. dressé par le brigadier dans cette affaire a le bon goût d’appeler un chat un chat : “procès-verbal de dénonciation”. Pas “signalement”.

Bref, pas d’euphémismes, comme lorsque la presse danse autour du pot en parlant des “retenus” qui se sont enfuis du centre de Vincennes, tout en dénonçant le fait que le gouvernement ne parle pas de “détenus”. (Cf. Dominique, citant l’article de Sébastien Fontenelle dans Bakchich.)

Malaise, avez-vous dit ? Sans doute le mauvais air.

P.S. Cette affaire a fait couler beaucoup d’encre et circuler beaucoup d’électrons. Parmi les récents développements :

  • Nathalie Guibert, du Monde a repris et analysé l’info, en prenant en compte aussi les commentaires.
  • Ce qui constitue sans doute une première dans la presse française pour l’attitude vis-à-vis des blogues. (Merci à Dominique pour m’avoir signalé en commentaire les billets de Novopresse et Diner’s Room.)
  • L’ANAS (Association nationale des assistants de service social) a publié un communiqué pour condamner ce manquement aux obligations professionnelles.
  • La justice a par ailleurs remis en liberté le Sénégalais interpellé à la suite de cette délation.
  • On trouvera enfin une liste des réactions des médias sur blogue de Me Eolas, ainsi qu’une analyse de l’affaire du point de vue de l’ANAS. Il s’avère ainsi que l’assistante sociale en cause n’est pas fonctionnaire, mais employée par une association de la loi de 1901 (donc de droit privé, l’article 40 du code de la fonction publique ne s’applique pas) et exerçant sous mandat du juge des enfants. Ces personnes ont aussi l’interdiction de transmettre à des tiers les informations couvertes par le secret professionnel, hors de certains cas bien particuliers comme les mineurs en danger.

Analyse d’une affaire heureusement isolée” : tel est le titre de l’article de Laurent Puech, président de l’ANAS. Et on souhaite fortement que cela le reste, isolé !

___________
  1. Au fait, on ne sait pas si l’officier de police qui a pris sa déposition a ensuite signalé le cas de l’assistance sociale indélicate à ses collègues… À noter que la violation du secret professionnel entraîne le même genre de peines que le séjour irrégulier sur le territoire français : jusqu’à un an d’emprisonnement. []
  2. Les assistants de service social ne sont alors plus tenus au secret professionnel et ont le devoir de signaler des mauvais traitements. []
  3. L’assistante sociale semble d’ailleurs ignorer (manque de curiosité ?) que cet homme est le demi-frère de sa “cliente”, donc l’oncle des enfants. Est-il venu en France pour faire du tourisme et voir sa famille ? Pour chercher du travail ? Pour nouer des contacts d’affaires ? (Penser à toutes ces boîtes d’import-export entre la France et l’Afrique, développées par des immigrés.) Allez savoir. Cet homme est actuellement en détention en vue de son expulsion, à cause d’une bonne âme qui le considérait comme un parasite. P.S. du 27/06 : D’après le Monde, il a été depuis remis en liberté par la justice. []


Une nouvelle pour des légendes

24 06 2008

En tant qu’auteure, je pense que je suis raisonnablement immodeste. Mais les compliments des lecteurs et lectrices font toujours plaisir.

Un chat en attaque un autre. Message : Critique constructive, on avait dit !

Qui plus est, je me rends compte que j’en suis à ce stade de ma “carrière” où ce sont des éditeurs qui viennent me réclamer des textes, et non plus moi qui doive les démarcher pour placer ce qui sort de mon clavier. Et ça, croyez-moi, c’est vraiment un gros bonus pour l’ego !

Oh, je ne me fais pas non plus des illusions mirobolantes : à part le Navire en Pleine Ville (qui tient très fort à avoir la suite de L’Héritier du Tigre…), ce sont jusqu’ici de petits éditeurs qui se sont manifestés, pour des nouvelles destinées à des anthologies thématiques tirées à quelques centaines d’exemplaires, avec une rémunération symbolique. N’empêche que c’est un bon début, d’autant qu’il s’agit d’éditeurs pro.

Priorité au Navire oblige, j’ai déjà dû décliner cette année, à regret, les avances des gens de Mille Saisons, qui me relançaient pour une antho mixant polar et fantasy.(1)

Et puis ce samedi, aux rencontres de Présences d’Esprits, c’est Jacques Fuentealba qui a insisté pour que je lui donne un texte ! Il réunit actuellement une anthologie sur le thème “Légendes !” pour le compte des éditions Kyméra, Outworld et Drakosia.

Bon, cette fois, ça tombait bien : j’avais dans mes tiroirs (au fond du disque dur) un texte inédit qui pouvait rentrer dans le thème. Il n’a pas été difficile de le retravailler un peu pour l’envoyer.

Donc je croise les doigts. Je ne sais pas si le comité de lecture sera conquis, mais sur le principe, au moins, j’étais désirée !

N.B. Au fait… Si vous êtes intéressés, amis auteurs, sachez que vous avez jusqu’au dimanche 6 juillet pour écrire ou dépoussiérer un texte et l’envoyer. Tous les détails sont sur le blogue de Jacques et celui d’Outworld.

___________
  1. Et il y a un nouvel appel à textes en cours : “Boules de feu et droits sociaux”. Date limite : 15 septembre. []


Pas de répit pour les braves

22 06 2008

C’est ce que se dit l’auteure qui bosse le dimanche sans même gagner plus. Du moins pour le moment, vu qu’il faut tout de même que la chose soit terminée pour qu’on la publie et que je touche le moindre commencement de sous.

Sur ce, rendons compte :

  • Rédaction : + 3848 caractères
  • Ce qui place la barre de progression à : 344 410 caractères
  • Ambiance musicale : Bach, L’Œuvre de luth, enregistré par Hopkinson Smith.
  • Aide chimique : en trois lettres, commençant par T.
  • Aide féline : la bestiole a de la suite dans les idées. Du genre, persister à croire qu’un menton de chat sur le clavier aide l’écrivain à taper…
  • Mots appris à OpenOffice.org : aucun. (J’ai dû bien le dresser.)
  • Chose apprise dans le Littré : la nuance entre les mots compagnon et camarade. Le premier, qui vient du vieux français compain, désigne à l’origine des gens qui prennent leurs repas (leur pain) ensemble. On peut donc être compagnons par hasard ou pour un moment sans être vraiment proches, alors que les camarades (de l’espagnol camarada, chambrée) sont des gens qui partagent le même genre de vie et les mêmes habitudes. D’où la différence, dans un parti bien connu, entre les camarades au sens plein et les compagnons de route, qui ne font pas partie des “élus”.

Image : un petit chaton - I big scary monster! Raar!

  • …Et il y a plein de trucs sur Internet : À propos de monstres, connaissez-vous The Unspeakable Vault (of Doom) ? Le webcomic lovecraftien (et génialement délirant) de François Launet. Détail amusant : le site a beau être en anglais, l’auteur est français et vit à Paris. Et voilà comment se répand la légende qu’il n’y a pas de webcomics français…(1) N.B. Pour les réfractaires à la langue de H. P. Lovecraft, il y a une traduction en français de quelques planches sur le site Cthulhu malin.

Know your ennemies... The Unspeakable Vault (of Doom)

Hop. C’est tout pour le moment.

___________
  1. Bon, il n’y en a certes guère en français, mais on pourrait arguer que c’est historiquement un genre américain, un peu comme le rock ‘n roll… []


Les rencontres du Club Présences d’Esprits

19 06 2008

Grande annonce d’intérêt général !

(Surtout pour les mutants)

Le samedi 21 juin, ce week-end, donc, auront lieu les rencontres du Club Présences d’Esprits.

Dans le cadre de son Assemblée Générale annuelle, le Club Présences d’Esprits organise une petite rencontre de l’imaginaire ouverte à tous.

Ce qui tombe d’autant mieux que le n°55 de la revue vient de paraître, avec des articles sur Albert Robida, Kurt Vonnegut, Peter F. Hamilton… (50 p. N&B, couverture couleur avec illustrations de Frédérique Berthon et Alain Mathiot).

Présences d'Esprits 55 (illustration Frédérique Berthon)

Venez rencontrer des auteurs, des fanzines, des illustrateurs et des amateurs de SF, fantasy et fantastique autour d’un pot le samedi 21 juin, de 17h à 23h / minuit.

Lieu : l’AGECA, 177 rue de Charonne, Paris 11e, métro Alexandre Dumas (carte).

Liste des activités et invitées (sous réserve bien entendu) :

Loterie du Club : pour gagner des romans et des affiches illustrées
Vente aux enchères galactico-ludique d’objets SFFF au profit de l’association
Prix Merlin : ouverture du second tour
- concours de nouvelles Visions du Futur : annonce des lauréats 2008
Librairie du Club : ouvrages (certains épuisés ou non réédités) des éditions Nestiveqnen, Le Bélial’…
Bourse aux livres et aussi aux BD, jeux, etc. Pour vendre ou échanger.
Zines : Éclats de rêve (SFFF), Borderline (fantastique horreur), Rien A Voir (BD)
Associations : Hoshikaze (univers space opera), Catharsis (fantastique horreur)…
Editeurs : La Madolière (Routes enlacées et Métaux lourds, Mille Saisons (une partie au moins), Argemmios (avec le livre de Nathalie Dau), Glyphe (avec 3 titres dont l’antho Vampires), Malpertuis, Milady…
Auteurs : Irène Delse (L’héritier du tigre et La Faim et autres nouvelles), Gabriel Féraud (Les Perles d’Allaya) Christian Vilà (Sang Futur) et Stéphane Collignon (la BD Neurotrans), Hélène et Jean-Michel Calvez (entre 17h et 19h pour (Pro)Création et STYx), Thomas Bauduret / Patrick Eris ((Pro)Création)…
Illustrations : Colexia (artbook), Charline (confirmé !), sûrement Vieux Grigou…
Anthologie Esprits Mutants II, en présence d’auteurs et d’illustrateurs.

Les rencontres avec les auteurs et illustrateurs sont toujours un bon moment pour découvrir du neuf, et les collectionneurs et chineurs ne doivent manquer pour rien au monde la loterie du club et surtout la vente aux enchères !

J’y étais les deux années précédentes, et je confirme que ça vaut son pesant de moutarde verte fluorescente d’Aldébaran.

Même sans OGM.



Riposte graduée, industries obsolètes et régression du droit

18 06 2008

Psst… Connaissez-vous Deezer ? Musique en ligne gratuite et légale !

J’ai entendu ce soir Marc Guez, directeur de la SCPP(1) déclarer tranquillement au Téléphone Sonne que selon lui, c’était normal de couper l’abonnement Internet d’un foyer (la fameuse “riposte graduée” prévue par la loi Olivennes) après deux avertissements, même si un seul individu est responsable car le “chef de famille” (sic) est responsable de ce qui se passe chez lui.

L’ennui, comme un auditeur le lui a fait remarquer, c’est que la notion de “chef de famille” n’existe plus en droit français depuis… 38 ans !

Si un mineur commet un délit, ses parents sont responsables conjointement. Si moi, adulte, je commets un délit, je suis responsable individuellement. Là, on aboutit à une situation originale : le titulaire d’un abonnement Internet sera considéré comme responsable de ce que font avec cet accès Internet les gens qui vivent sous le même toit, même s’il s’agit d’adultes.

J’imagine la joie dans les ménages à cette occasion.

Petites scènes possibles de l’ère numérique dans la France de demain :

1) M. D…, divorcé, se met en ménage avec sa nouvelle compagne, Mme A… et le jeune M…, fils de celle-ci. La titulaire de l’abonnement Internet, c’est Mme A… Voilà-t-il pas que M…, 19 ans aux prunes, télécharge un jeu vidéo dans l’intention de le tester et se fait repérer : premier avertissement par courriel. Voilà aussi que M. D…, qui est quelque peu mélomane, télécharge un enregistrement classique qu’il croyait être dans le domaine public. À tort : deuxième avertissement, par lettre recommandée.

Cette fois, Mme A… râle un bon coup et les hommes du foyer se font prudents. Mais pendant les vacances, arrive L…, 22 ans, fille de M. D… et de son ex-épouse, pour passer deux semaines avec son père. Mais L… est une geekette amatrice d’anime. Elle fait généralement attention à ne pas télécharger une série qui est distribuée en France, mais là, elle se trompe. Elle est repérée par la “haute autorité”.

Et la sanction tombe : Mme A…, qui n’a jamais rien téléchargé d’illégal de sa vie et ne sait même pas se servir d’un réseau P2P, voit son accès Internet coupé ! Elle va certes contester la décision devant la fameuse “autorité” chargée de faire la police de l’Internet, mais bon courage. Et pendant ce temps, elle n’a pas accès au courriel et aux forums dont elle se sert fréquemment pour son travail et pour une association dont elle est dirigeante. En plus, elle continue de payer l’abonnement.

Mais le comble, c’est que comme elle est fonctionnaire, elle risque en plus de tout ça une sanction disciplinaire !

Merci qui ? Merci Sarko, MAM, Olivennes et la SCPP.

Je précise que c’est une situation familiale que je n’ai pas inventée, basée sur ma propre famille, et qui n’a rien d’extraordinaire aujourd’hui.

2) Je songe aussi à X. et Y., nouvellement pacsés, qui vivent ensemble et partagent l’abonnement Internet de X., qui est fonctionnaire et a l’appartement à son nom (même si les deux partagent les frais). X. n’est pas téléchargeuse pour un sou, même pour des achats légaux, mais elle utilise beaucoup Internet pour son travail et pour garder le contact avec des amis vivant à l’étranger. Tandis que Y., lui, bidouille pas mal, télécharge de la musique et des vidéos, installe des jeux, etc.

X. et Y. s’aiment beaucoup, mais X., prudente, a donné un ultimatum à Y. : Internet, tu ne l’utilise pour le courriel et pour travailler. Si tu veux jouer, bidouiller et télécharger des trucs, tu vas chez un copain ou dans un cyber-café.

3) Autre chose. Vous avez remarqué que cette loi crée un nouveau délit : le “défaut de sécurisation de la ligne” (cf. l’article de PC INpact).

Ce que cela veut dire, c’est que si, comme moi, vous avez chez vous une “Box”, un modem-routeur Wifi à vous confiée par votre fournisseur d’accès Internet, eh bien, cette loi Hadopi, si elle était appliquée, vous mettrait dans l’obligation de “sécuriser” votre réseau Wifi, sauf à être responsable (et donc vous exposer à une coupure de l’abonnement et à des poursuites) si un de vos voisins, ou un ami en visite chez vous, utilise cet accès pour télécharger le dernier tube de Carla Bruni.(2)

Et alors ? Si je désire, moi, laisser mon accès ouvert pour permettre à mes voisins de se dépanner si leur connexion tombe en rade ?

Et si je crois aux vertus du partage ? De l’entraide ? Ma Neuf Box est allumée 24h sur 24, puisque je suis en dégroupage total. Mais la bande passante que je n’utilise pas n’est pas forcément perdue pour tout le monde. Après tout, il peut m’arriver moi aussi d’être en “manque” d’Internet quand je ne suis pas chez moi !

Mais pour la loi Hadopi, ce n’est pas “sécurisé”, quelle horreur ! Verrouillez-moi tout ça !

Au fait, je rappelle que l’autre différence que cette loi introduit avec la situation actuelle, c’est qu’aujourd’hui il faut saisir la justice pour faire suspendre l’abonnement Internet d’un “pirate”, et donc prouver que c’est bien M. ou Mme X qui a téléchargé illégalement des fichiers. Mais avec cette loi HADOPI, il est prévu une “autorité de régulation” administrative, censée être indépendante, qui décidera de la punition.

Bref, cette loi renverse la charge de la preuve. Actuellement, c’est aux ayant-droits de prouver que vous les avez piratés ; demain, ce sera à vous de prouver, si l’autorité de régulation vous épingle, que vous n’êtes pas un pirate.

D’autre part, la loi telle qu’elle a été rédigée et votée ne prévoit rien pour éviter la double peine (suspension par voie administrative de l’abonnement Internet, plus poursuites pour contrefaçons qui peuvent aboutir à des amendes ou de la prison), il faudra attendre les décrets d’application. On sait que la loi a été rédigée sous l’influence d’industries culturelles attachées à un modèle économique en voie d’obsolescence. Et ce sont les représentants ces mêmes industries qui seraient chargés d’organiser la “riposte”. Ils ont promis, dans leur grande bonté, de s’abstenir de pratiquer la double peine. Promis, juré.

Bon, j’espère que vous avez pleine confiance en cette future autorité, vous. En son impartialité et surtout en ses pouvoirs de discernement…

Parce que si c’est comme aux États-Unis, où la MPAA s’est récemment illustrée en envoyant une mise en demeure pour téléchargement illégal de films à des… imprimantes en réseau (identifiées, comme de juste, par leur adresse IP, cf. Boing Boing et Ecrans.fr), on est parti pour quelques années de pure et franche rigolade.

Ou bien on peut signer la pétition lancée par le magazine SVM contre la loi Hadopi et sa “riposte graduée”.

Déjà près de 25 000. Pas mal.

P.S. Je viens de réaliser aussi que cette loi ouvre aussi discrètement la possibilité du filtrage des contenus (cf. PC INpact), c’est-à-dire un “flicage” encore plus envahissant que le fameux filtrage d’URM défendu récemment par la ministre de l’Intérieur, et qui avait déjà pas mal fait crié.

Le tableau est complet : Internet semble tellement faire peur au gouvernement qu’ils sont prêts à le brider tous azimuths. Pour le développement de l’économie numérique, on repassera.

La France de demain ? Ha, ha ! La bonne blague !

___________
  1. (La Société civile des producteurs phonographiques, équivalent français de la RIAA américaine de triste réputation. []
  2. Eh oui, on peut avoir mauvais goût et l’esprit courtisan, en plus de ne pas respecter la loi. []


Petit retour sur le BookCamp

17 06 2008

Je parlais, samedi soir, de l’atelier auquel j’avais participé lors du premier BookBarCamp parisien.

Logo du premier BookBarCamp à Paris

Une rencontre fort intéressante, et où trop de sujets ont été abordés pour que je puisse en faire rapidement un compte-rendu. D’autant que vu le nombre d’ateliers, une seule personne ne pouvait tout voir ni tout faire !

Mais si on est intéressé par plus de détails, voici les liens vers ce qu’en disent les autres participants :

  • Emmanuel Guillot, arrivé vers 16h, a tout de même pu participer à deux ateliers, qu’il commente sur son blogue d’auteur Lulu ;
  • sur le blogue de l’association Les Complexes, on fait le point sur les différences d’approches
  • Christian Fauré, sur le blogue Hypomnémata, s’interroge sur ce qui fera ou non le succès des liseuses ;
  • Il y a aussi le point de vue de Virginie Clayssen, de TeXtes, sur ce sujet, sur l’édition électronique et sur l’avenir de la librairie ;

À voir aussi :

Tout un programme.

Pour finir, je ne voudrais pas manquer de citer des gens que j’ai rencontré à l’occasion de ce BookCamp et avec qui j’ai pu discuter, et notamment Xavier Cazin, ex-O’Reilly France, aujourd’hui cofondateur d’Immateriel.fr, qui se propose d’accompagner les éditeurs désireux de se lancer dans l’édition et la diffusion de livres numériques.

Eh oui, la crise boursière américaine a contraint O’Reilly à fermer une filiale française encore jeune et qui n’était rentable qu’un an sur deux…(1) Mais les gens qui y travaillaient ont un savoir-faire et une expérience en matière de publication et de diffusion en ligne dont ils peuvent faire profiter les éditeurs “classiques”. Eh oui, O’Reilly France gagnait de l’argent en vendant des livres électroniques sous forme de PDF — sans verrous numériques !

Citons aussi Pierre Mounier, chercheur en sciences sociales, qui anime Homo Numericus (site de veille et réflexions sur les implications sociales des TIC) et présentait le portail Revues.org (publication en ligne de revues de sciences humaines), édité par le CLEO avec le soutien du CNL du CNRS, de l’EHESS, de l’Université de Provence, de celle d’Avignon et d’Adonis. (Merci Marin Dacos pour ces précisions !)

François Bon n’était pas là, finalement : dommage, car il aurait eu bien des choses à dire en tant qu’auteur et éditeur numérique lui-même !

À lire aussi :

Psst ! ;)

Si par hasard vous êtes en manque de BookCamp, j’espère que vous parlez italien ? Car il y en aura un à Rimini le 11 juillet, organisé par Mario Guaraldi (des éditions Guaraldi), Antonio Tombolini, de Simplissimus (“le site qui aime les livres et leur futur”) et Marco Barulli, de Clipperz (gestion en ligne des mots de passe).

logo du BookCamp de Rimini, Italie

___________
  1. Par comparaison, notons que Lulu n’est pas encore rentable. Et qu’Amazon avait failli décrocher en 2001 après l’éclatement de la bulle Web. []


Sortie de Firefox 3.0

16 06 2008

Un petit rappel en vitesse : la version 3 du navigateur internet Mozilla Firefox, dite “Gran Paradiso”,(1) sort officiellement le mardi 17 juin.

(P.S. Très précisément, c’est à 19h, heure de Paris, cf. Standblog. Soit 10h du matin à Moutain View, Californie, QG de la Fondation Mozilla.)

Allez, pensez mettre à jour votre système !

Un Panda rouge (mascotte de Firefox) : Mozilla m\'a tout piqué !

Et c’est l’occasion pour ce concurrent direct d’Internet Explorer (enfin, Windows Explorer, aujourd’hui…) de tenter de battre le record du plus grand nombre de téléchargements en 24h. Déjà plus d’un million de personnes dans le monde, dont 75 000 en France, se sont inscrites sur le site du Download Day pour participer.

Bon, l’important, c’est tout de même que ce Firefox 3 est un très bon navigateur, sûr, rapide, efficace, facile à personnaliser, qu’il est disponible dans de nombreuses langues et qu’on peut l’installer aussi bien sur Windows ou Mac OS que GNU/Linux.

Vous dites ? Mais oui, j’en parle à mon aise, et pour cause : j’ai commencé à utiliser Firefox 3 RC 1 fin avril, en même temps que la dernière version d’Ubuntu, et que tout marche très bien.

Un vrai “paradiso”, quoi…

P.S. du 18/06, à 14h (heure de Paris) :

Bon, les objectifs les plus fous de Mozilla semblent déjà atteints, et au-delà. Dans une FAQ, le site Spread Firefox évoquait le chiffre 5 millions de téléchargements (source : un blog de ZDNet et le forum de PC INpact). Or le compteur en temps réel affiche plus de 6 millions de téléchargements sur les propres serveurs de Mozilla. Et il faut y ajouter près de 14 millions sur le site Download.com – pour la seule version Windows ! (Source : encore un INpacticien.)

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  1. Du nom d’un sommet des Alpes italiennes, connu en France sous le nom de Grand Paradis et réputé le plus facile à gravir parmi les 4000 mètres des Alpes. []