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Quelques autres spécificités françaises

Irène | 17 mai 2008 | 20 h 38 min

Un choix d’articles pour aider les authentiques libéraux à ne pas devenir des complices involontaires de la sarkorhétorique néo-conservatrice…

L'Hexagone

Parmi les spécificités de notre beau pays, il faut citer :

1) Les grandes surfaces. C’est en France qu’il y a le plus d’hypermarchés par habitants. Est-ce donc en les multipliant encore qu’on diminuera le prix des courses ? (Merci au Bœuf qui pleure, l’autre Champignacien du Ouaibe !)

2) La hausse, depuis 1997, de l’horaire hebdomadaire de travail effectué dans l’emploi principal. Surprise, les fainéants sont ailleurs ! Mais qui osera le dire à Christine Lagarde ? (Merci à Partageons mon avis, à Dagrouik et à Olivier Bonnet, qui n’ont pas peur des statistiques de l’OCDE.)

3) Un amour sans doute immodéré de l’autoflagellation… Avec, par exemple, une propension à considérer tout ce qui est absurde ou dysfonctionnel comme “typiquement français”. (Merci à Crise dans les médias, qui sait garder la tête sur les épaules.)

4) Plus de locuteurs de sa langue sur le territoire métropolitain que dans les anciennes colonies. C’est la seule langue européenne coloniale dans ce cas. Ce qui jette un éclairage intéressant sur les problèmes de la Francophonie officielle… (Merci au Petit Champignacien illustré, qui regarde ce qui se passe aussi dans la langue des autres.)

Voilà, quelques exemples de ce qui fait la France d’aujourd’hui. Et vous, en voyez-vous d’autres ? ;)

Tags : droite, emploi, France, libéralisme, politique

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droite, emploi, France, libéralisme, politique
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10 Responses to “Quelques autres spécificités françaises”

  1. Bob dit :
    17 mai 2008 à 21 h 12 min

    Pas du tout d’accord pour le 1). Malgré la densité des super et hypermarchés en France, les lois Raffarins et Galland des années 90’ ont empêché l’implémentation des supermarchés hard-discount étrangers, notamment allemands, privilégiant ainsi les centres commerciaux déjà implantés.

    Lire à ce sujet « Les soldes de la loi Raffarin. Le contrôle du grand commerce alimentaire » de ASKENAZY P. et WEIDENFELD K. sur le site du http://www.cepremap.ens.fr (http://www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS07.zip )

    Répondre
  2. Irène dit :
    17 mai 2008 à 21 h 32 min

    La densité des hypermarchés est pourtant bien supérieure en France à celle qui existe en Allemagne. Voir le lien que je cite.

    En fait, j’aurais pu dire que ce sont les très grandes surfaces qui sont une spécificité française : la loi Raffarin a favorisé en effet les enseignes qui étaient déjà présentes en France, jouant ainsi un rôle “protecteur” pour les groupes français, qui ont pu augmenter leurs superficie tranquillement. Quant aux supermarchés, ils ont la même densité en France qu’en Allemagne. Seule l’Italie fait mieux que nous sur ce tableau.

    À noter que Carrefour, pour ne citer que lui, est à la fois l’inventeur historique du concept d’hypermarché et le second groupe mondial de grande distribution, derrière l’américain Wal-Mart.

    Quant au “maxidiscompte” (hard discount), il faut compter avec le fait que les groupes de grande distribution “classiques” ont aussi chacun les leurs : Carrefour est derrière le fameux Ed et Casino possède Leader Price. Sans parler des gammes “premier prix” de la grande distribution classique, qui peuvent être moins chères que ce qu’on trouve chez les maxidiscompteurs !

    (J’achète moi-même de plus en plus souvent de produits premier prix dans la moyenne surface Champion près de chez moi. Certains sont tout à fait corrects, mais d’autres sont franchement de la m….)

    Alors, favoriser la concurrence entre enseignes, pourquoi pas ? Mais l’effet sur les prix ne devrait pas être si mirobolant que cela. Je me demande aussi, tant qu’à faire, si l’affirmation présidentille sur les prix de la grande distribution “plus chers” en France que dans les autres pays d’Europe est bien vraie…

    Qui pourrait le dire ?

    Répondre
  3. Dominique dit :
    17 mai 2008 à 21 h 38 min

    Au sujet de la concurrence des grandes surfaces, j’ai déjà parlé de ce sujet chez Marie-Dominique Arrighi dans son Consottisier. Je vis dans une des communes les moins chères de France selon l’enquête. C’est sans doute vrai, car les trois hypermarchés n’ont pas de vraie succursale (sauf un Ed, un 8 à 8 et un Shopi pour une chaîne). Il y a une vraie situation de concurrence entre cinq grands distributeurs et il y a un tiers de hard-discount parmi les commerces alimentaires (car ce qui est comparé dans l’enquête LSA est d’abord l’alimentaire et non par exemple le vestimentaire où la concentration est moins visible).

    Mais si on s’éloigne de cette ville centre, on s’aperçoit très vite que les prix augmentent au fur et à mesure que l’on rentre dans le désert rural français. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a là pratiquement plus qu’un seul prestataire dans un bourg de 3 000 habitants, parfois un deuxième de la même chaîne ou en collusion, pour un canton de 10 000, alors que le plus proche concurrent se trouve à trente kilomètres et souvent appartient à la même chaîne. Ce qui régule encore la hausse des prix dans ce cas, ce sont les marchands forains, mais ils ne vendent pas de couches, d’aliments pour bébés ou pour animaux, de lait ou de yaourts. Dans ces zones rurales, les hausses sont perçues différemment : on n’a pas affaire à une concurrence, mais à une autre économie qui emprunte un peu à l’ancienne (achat direct, achat sur le marché, autosubsistance ou troc) sans avoir affaire vraiment au hard-discount comme dans les agglomérations plus urbaines. La concurrence, cela ne fonctionne que dans une aire urbaine un peu étendue, où on sait que le pouvoir d’achat est limité, et où il y a un peu plus de trois partenaires. Mais ce n’est pas un modèle qui peut s’appliquer dans toutes les zones rurales. Ni non plus dans toutes les zones urbaines, parce que les acheteurs sont aussi captifs de leurs trajets. Deux enseignes différentes peuvent exister à cinq kilomètres de distance, elles ne seront pas en concurrence si les itinéraires ne permettent pas de passer rapidement de l’une à l’autre. C’est ce que l’on nomme le marché captif (prisonnier des rocades, des distances, de son accès à la ville ou à sa périphérie). Il faudrait voir les plans de circulation et les flux, parce que même en cas de concurrence apparente il y a en fait un phénomène de rente en zone urbaine. L’analyse devrait être plus confiée à des géographes qu’à des économistes ou des statisticiens. Si on implantait plus de grandes ou moyennes surfaces, cela ne changerait rien au fond dans la mesure où les trajets ne feraient que capter une clientèle passive et proche.

    La concurrence n’est pas la solution, elle n’existe d’ailleurs que si les conditions d’une vraie concurrence (locale) sont réunies, et on peut avoir des situations sans concurrence avec en parallèle des mécanismes de compensation. Ouvrir plus de grandes et moyennes surfaces, et surtout de hard-discounter, est une mesure superficielle qui prend tous les bassins de population comme s’ils étaient égaux (ce n’est quand même pas par hasard qu’Ajaccio ou Versailles sont considérées comme les villes les plus chères de France, il y a des raisons géographiques et sociologiques derrière).

    Répondre
  4. Irène dit :
    17 mai 2008 à 21 h 59 min

    Les marchands forains jouent aussi un rôle important en ville, et c’est aussi bien chez moi à Paris que dans une ville comme Aix-en-Provence où je vivais il y a une vingtaine d’années.

    Dans cette économie qui emprunte à l’ancienne, il faudrait citer aussi le marché de l’occasion et de la brocante, dans le commerce non-alimentaire. Il y a à Paris des magasins de vêtements très bon marché qui écoulent le même genre de choses qu’en Afrique, et à des prix similaires. (Le marché de la confection en Afrique noire a été laminé par l’exportation de vêtements soldés à très bas prix, en provenance d’Europe.) J’ai lu il y a quelques temps sur le blogue de Bruce Sterling, un écrivain américain vivant à Turin, qu’il en est de même dans cette grande ville du nord de l’Italie.

    Pour ce qui est des produits alimentaires, en ville comme à la campagne, on pourrait parler des glaneurs ou “déchétariens” (freegans) que ce soit par choix ou le plus souvent, hélas, par nécessité…
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Freegan

    Répondre
  5. Eric dit :
    17 mai 2008 à 22 h 15 min

    Etre Français, ça ne doit pas être très différents d’être Allemand ou Belge, ou même Tunisien. Finalement, on exagère toujours la “spécificité française”. Et quand on rencontre les autres, on est surpris à quel point ils nous ressemblent (c’est con ce que je dis). Par exemple, pour reprendre l’exemple de la Tunisie. Chez un ami, il y a quelques années, vers 13 h, tout le monde se regroupait autour de l’émission “C’est mon choix”, qui était aussi populaire là bas qu’en France. Mon exemple n’est peut-être pas bien choisi, mais il veut illustrer que les ressemblances sont plus importantes que les différences, et la mondialisation n’a rien à voir là dedans.

    Répondre
  6. Bob dit :
    18 mai 2008 à 1 h 04 min

    Finalement le point 2) je suis pas d’accord non plus. J’ai été consulter les données de l’OCDE et comme toute moyenne, elle ne représente pas la réalité. Plus de détails chez notre ami Dagrouik : http://www.intox2007.info/index.php?post/2008/05/17/lOCDE-corrige-elle-aussi-un-mythe-Sarkozyste&pub=1#c8105

    Répondre
  7. FredV dit :
    18 mai 2008 à 9 h 28 min

    Concernant le point 2, je vais me référer à ma propre expérience professionnelle.

    Il est grand temps, au risque de choquer, de parler qualité de travail et pas temps de présence, du moins pour certaines catégories de population. Doit-on dire qu’un cadre moyen présent au bureau de 9h à 20h travaille beaucoup ? On ne peut se prononcer que quand on voit l’organisation de son travail, et là souvent c’est la très grande surprise (et déception).

    Dans le “cas d’école” de l’ouvrier à la chaîne, le temps de présence est un facteur important, et la pénibilité du travail est assez évidente. Pour ce qui est de mon cadre moyen cité plus haut, une journée de 10 heures correspond souvent à environ 6-7 heures de vrai boulot effectif. Donc pour cette catégorie, je préférerais que l’on parle de “travailler mieux”, et pas de “travailler plus”.

    Et surtout, que l’on arrête en France (pas uniquement, mais surtout) ce snobisme des horaires. Dans plusieurs pays (Allemagne, Canada, Etats-Unis) il est parfaitement normal d’être un cadre responsable et de faire des journées de travail de 8 heures…

    Répondre
  8. Nicolas J dit :
    19 mai 2008 à 10 h 14 min

    Il ne faut jamais avoir peur des statistiques de l’OCDE !

    Répondre
  9. Olivier dit :
    22 mai 2008 à 13 h 56 min

    Au sujet de la durée hebdomadaire du temps de travail, on a tendance, dans les différentes statistiques, à mélanger carottes, petits pois et ronds de serviettes, pour convertir le tout en moyenne de grossesses nerveuse, et même quelquefois très nerveuses…
    Il convient donc raisonnablement de comparer les données suivantes :
    · la durée légale
    · la durée affichée par les entreprise
    · la durée effective (réelle) de travail
    Ce qui est très bien rendu à l’adresse suivante :
    http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm
    Sur la durée effective du temps de travail, c’est évidemment en France qu’on bosse le plus. (les chiffres datent de 2005, mais l’évolution ne doit pas être énorme).
    En revanche, le taux d’emploi est ridiculement faible. il ne faut pas compter sur les chiffres officiels du chômedu, qui n’indique que ne nombre d’individus à qui on veut bien accorder le titre de chômeur.
    C’est bien dans le taux d’activité qu’il convient de produire un effort, c’est à dire de créer suffisamment d’emploi, et d’arrêter de virer les gens de leur boulot dès 57 ans…
    Mais Super-Couillu, s’il a promis qu’il serait le «président du plein emploi», n’a pas précisé ce qu’il entendait par «plein emploi»…

    Répondre
  10. Olivier dit :
    22 mai 2008 à 14 h 06 min

    Au sujet du point n°3, je ne résiste pas à l’envie de vous communiquer cette bonne adresse du présent :
    http://www.leplanb.org/videotheque/christine-ockrent-le-retard-francais.html
    caricature vivante de cette propension à considérer tout ce qui est absurde ou dysfonctionnel comme “typiquement français” .

    Répondre

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