Un pas en avant, deux pas en arrière
Irène | 13 mai 2008 | 15 h 47 minBon, autant l’avouer tout de suite : je n’ai pas pulvérisé de records d’écriture durant ce week-end à rallonge. En fait, la barre de progression a même reculé de plus de 50 000 signes.
(Photo : Nevall Jacobs. Démotivateur par Sean Lindsay.)
Pourquoi ? Eh bien, en gros, c’est à cause de l’un des principes clefs de la fiction narrative :
“Il y a dix-neuf lois gouvernant l’art littéraire dans le domaine de la fiction romanesque – certains disent vingt-deux. […] Elles requièrent que tous les épisodes d’un récit soient des parties nécessaires de ce récit et contribuent à son développement.”(1)
Ainsi l’a énoncé Mark Twain il y a plus de cent ans, en des termes lapidaires que bien des auteurs modernes feraient bien de méditer.
C’est pourquoi j’ai coupé sans remords (quoique avec un léger pincement au cœur) trois chapitres et demi qui n’avaient rien à faire dans le récit en cours. Et puis retour au clavier pour avancer dans l’histoire ainsi débarrassée de ses à-côtés inutiles. Bien entendu, j’ai sauvegardé à part les chapitres excisés… On ne sait jamais.
Voici donc le résumé de mes activités d’écriture pour le week-end :
- Rédaction : + 5947 caractères
- Coupures : - 54 946 caractères
- Ce qui place la barre de progression à : 307 510 caractères
- Mots appris à OpenOffice : aucun
- Chose apprise grâce au Littré : le gruau n’est pas seulement une bouillie de céréales, mais aussi un type de farine, à la fois fine et riche en protéines.
- Ambiance musicale : Bach, Susheela Raman, Luz y Norte…
- Aide chimique : thé vert, thé au jasmin
- Aide féline : beaucoup de sieste.
- Problème résolu par Gougoule : noms, origines et aires de répartition de diverses céréales ; leurs méthodes de culture, qualités nutritives, etc.
- …Et il y a plein de trucs sur Internet : encore une vidéo bizarroïde ! Des chats sur un tapis d’exercice (YouTube)… Il faut le voir pour le croire. Trouvé sur Cute Overload, of course. Totalement ri-di-cule et hilarant. Au milieu de l’actu qu’on se paye, ça fait du bien.
À la semaine prochaine, j’espère.
___________- “There are nineteen rules governing literary art in the domain of romantic fiction – some say twenty-two. […] They require that the episodes of a tale shall be necessary parts of the tale, and shall help to develop it.” Mark Twain, “Fenimore Cooper’s Literary offenses”. L’emphase est de moi, ainsi que la traduction. [↩]













Comme aurait dit Sir Alfred à l’issue d’une soirée où étaient présenté un montage cut des scènes de meurtre tirées de ses films (dont celle du “Crime était presque parfait”, donc) : “as you can see, scissors are the best way”.
Couper !
Une des règles que Stephen King a retenues de sa jeunesse, quand il envoyait des nouvelles à des magazines :
Ecrivez vos histoires, et quand elles sont terminées et ramenées au minimum, enlevez encore 10%.
Bonjour, ça fait plaisir d’avoir des news à propos de la suite de l’histoire de Yenshaya. J’avais littéralement dévoré le livre avec plaisir !
Sinon, étant scribouillard, je reconnais combien il est difficile de couper! mais c’est nécessaire parfois (souvent?)
En tous les cas, bonne continuation.
PS: Ce site est génial, en ce sens que j’y apprend toujours tout plein de trucs quand j’y viens, dont le dernier en l’occurence (Autorealm) !
Thanks for the tip ^_^
@ Don : Excellente, la citation !
@ Fred : Oui, la fameuse “10 percent solution”. C’est une bonne règle pour éviter les longueurs inutiles, les boursouflures du texte, etc. Mais là, disons qu’il m’a fallu enlever des passages hors sujet. On se laisse emporter par son texte, on gratte, on gratte, et puis boum ! On se relit, et on se flanque des baffes par on se rend compte que les chapitres précédents sont totalement sortis du cadre du récit. Peut-être qu’un jour je parviendrai à les intégrer à un autre texte, mais pour l’instant, ils n’ont rien à faire dans le roman en cours. Cent fois sur le métier, et tout ça…
@ Bonjour, Alsem, c’est gentil de venir faire un tour. Contente de voir que mes petits liens sont appréciés.
Moi j’admire l’obstination du chat. Il sait que ça ne sert à rien de courir sur un tapis roulant, mais il persévère, ça l’intéresse, il veut comprendre. Il pourrait très bien passer son chemin et dire: “J’ai autre chose à faire”, mais il continue.
[…] d’aller voir comment s’y prend une vraie déesse sur une création qui le vaut bien. Suivez ses rapports d’étape, on y apprends avec bonheur comment ça avance, recule, coupe et ronronne. Vas-y Irène, on te suit […]
Oui, ça fait mal de se séparer de 50 000 signes. De mon côté, j’avais cru pour mon bouquin en cours pouvoir me passer de coupes importantes en concevant le scénario au début puis en retravaillant les chapitres les uns après les autres, après relecture de mes proches. Grossière erreur : après relecture globale (c’est à dire après avoir déjà élagué et affiné pas mal de choses chapitre par chapitre), je me suis aperçu de graves défaillances scénaristiques et sur la forme, lesquelles m’ont conduit à supprimer (selon mon estimation) 80 000 signes qui engraissaient et empesaient le roman (donc effectivement plus de 10%) et à en réécrire environ 50 000. Le problème quand je supprime autant, c’est la tentation de tout virer et de recommencer, et ce d’autant plus qu’à force de se relire, la nausée n’est pas loin.
Ah, ce phénomène de ras-le-bol, je connais bien, hélas. ><
Pas grand chose à faire, sinon poser le clavier, respirer un bon coup, faire un tour, voire laisser reposer le truc quelques jours histoire de s’aérer l’esprit… Avant de se remettre à cogiter dessus. Parfois, on a la bonne surprise de voir une solution émerger alors du subconscient, avec la force de l’évidence. Preuve que la “boîte noire” a travaillé pendant qu’on s’occupait à autre chose !
Personnellement, je ne fais pas de plan détaillé à l’avance, mais à chacun sa façon de travailler.