Pour ne pas oublier Hu Jia
Irène | 29 avril 2008 | 14 h 30 minIronie de l’actualité : on apprend (cf. Rue 89 et BBC News) que les drapeaux tibétains qui fleurissent ici et là sont… fabriqués en Chine ! Les affaires et la politique, hein, ça n’a rien à voir…
Pendant ce temps, après s’être copieusement excusé (on se demande d’ailleurs bien pourquoi), le gouvernement français tente de positiver. Ah, les contrats ! Que ne ferait-on pas pour eux ! Même une palinodie masquant la victoire, sur les fronts intérieur et extérieur, du régime de Pékin…
“Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs…”
Et en effet, ce ne sont pas Mme Yade ni MM. Kouchner, Raffarin ou Sarkozy qui ont poussé le PCC à “dialoguer” (ou dire qu’ils allaient dialoguer) avec le Dalaï Lama : des contacts avaient lieu de toute façon, comme on peut le lire dans des journaux de Chine même (traduction Courrier international) !
Par contre, ce sont les nationalistes et les partisans du statu quo en Chine qui triomphent. Et cet indécrottable jacobin de Mélanchon se déchaîne contre Delanoë pour avoir mis à l’honneur ce même Dalaï Lama avec qui Pékin admet aujourd’hui négocier. En oubliant (opportunément ?) que le Conseil de Paris a aussi fait citoyen d’honneur le dissident chinois Hu Jia, actuellement en prison pour avoir parlé à des médias étrangers de la situation des droits de l’homme en Chine.
Hu Jia (en sinogrammes : 胡佳) est un Chinois qui veut améliorer la vie de ses concitoyens, aussi bien ceux d’ethnie Han que les “minorités nationales”. Il s’est notamment impliqué dans l’aide aux victimes du sida (il y a eu en Chine des affaires de sang contaminé à grande échelles dans certaines régions pauvres…) ainsi que dans la protection de la nature. Récemment, il a contribué à aider les avocats qui défendent les droits des travailleurs et notamment les paysans pauvres dont la terre a été confisquée pour faire place à des développements immobiliers. (Cf. le New York Times.)
Le Raff’, Méluche… Je parlerais bien d’idiots utiles. Mais pour cela, il faudrait déjà qu’ils soient utiles. À qui et à quoi, on se le demande.
Mais certainement pas au peuple chinois.
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“La passion patriotique peut sembler invincible, mais elle est à double tranchant.” – Bao Yansong, présentateur vedette de la télé chinoise, dans un très intéressant entretien sur le “patriotisme rationnel” avec un journal de Canton, traduit dans Rue 89.
Ce qui est d’ailleurs vrai sous toutes les latitudes, pour toutes les nations.
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