Ursula Le Guin et la fantasy
12 11 2007On parlait de la fantasy, l’autre jour, de ses différences avec la science-fiction et du potentiel pour une nostalgie passéiste que certains veulent y voir. Ce qui n’est pas mon cas… Ni celui d’une auteure qui s’est également distinguée dans les deux genres, et qui a souvent aussi publié ses réflexions en la matière :
“Fantasy, which I see as vastly older and larger than SF, can do almost anything you want it to do. It can entertain the king, or mock him mercilessly, or found a religion, or describe Colombia. People who think fantasy means wishful thinking need instruction in the uses of the imagination.”
Ursula K. Le Guin, dans un entretien donné au magazine anglais Deathray en octobre 2007.
Traduction rapide :
“La fantasy, qui est pour moi considérablement plus vieille(1) et plus vaste que la SF, vous permet faire quasiment tout ce que vous voulez. Elle peut distraire le roi ou le moquer cruellement, ou fonder une religion, ou décrire le Nouveau Monde. Ceux qui pensent que la fantasy consiste à prendre ses désirs pour des réalités auraient besoin d’instructions sur le bon usage de l’imagination.”
Dans un récit de fantasy, on peut imaginer un monde, une société, une époque, mais aussi une manière de penser, de sentir et de vivre. Et on peut même s’entraîner à imaginer six choses impossibles avant le petit déjeuner !
P.S. Je me rends compte après coup que dans ce passage, “fantasy” est à peu près synonyme d‘“imaginaire”.
___________- À noter : plus ancienne, comme genre littéraire, mais cela ne signifie pas qu’elle est obligatoirement liée au passé. La comédie aussi est un genre ancien, et elle découvre constamment de nouvelles façons de se renouveler et de dire quelque chose de neuf sur le monde où nous vivons. [↩]










Pour moi la magie (comme le voyage dans le temps en science fiction) est fondamentalement une ennemie de l’auteur et c’est quand même une composante essentielle de la fantaise. Pas assez de contraintes. Si vous voyez un moyen de l’utiliser, je serais intéressé de l’apprendre
Je ne connais pas de textes de fantasy réussis dans lesquels la magie soit sans contraintes. Pour prendre comme exemples les blockbusters de la fantasy, dans le Seigneur des Anneaux les magiciens ne peuvent pas s’en servir sans attirer l’attention de Sauron, dans Dragonlance la magie a de grosses conséquences sur la santé de Raistlin, etc.
La trilogie Loredan de KJ Parker.
Ou de la magie comme de la pesanteur : ceux qui pourraient l’expliquer ne font que la subir, alors que ceux qui s’en servent et s’en affranchissent n’y entravent que dalle. Ce détail juste en sus du fait que c’est une des plus belle série que j’ai pu lire ces dernières années, tous genres confondus (alors le débat fantasy/SF, m’en tamponne le coquillard : quand c’est bien c’est bien, point).
@ Don Lo, Yusei : pas mal, comme exemples, en effet… Cela donne une idée de ce que l’on peut faire avec l’imagination !
On peut rappeler aussi Terremer, bien sûr. Dans cet univers, la préoccupation d’un magicien doit être avant tout l’équilibre, car toute action magique peut avoir des conséquences imprévues et non désirées. Par exemple, faire pleuvoir sur une région peut entraîner de la sêcheresse ailleurs !
Halala mais pourquoi opposer deux genres qui sont exactement les mêmes, si ce n’est que dans l’un y’a des golems et de dragons et dans l’autre des robots et l’Enterprise ?
Franchement ça me dépasse. Je m’en fous de toutes façons je fais de l’Urban Fantasy, tout le monde sera d’accord pour dire que c’est une case de losers.