Tour d’horizon
Irène | 26 août 2007 | 22 h 42 min
La Terre tourne, quelles nouvelles ?
Les États-Unis sont toujours enlisés dans la guerre d’Irak, et la plupart des gens reconnaissent qu’il s’agit d’un nouveau Vietnam. Qu’à cela ne tienne ! À Washington, on a trouvé une nouvelle façon de réécrire l’histoire pour repeindre en rose aussi cette guerre-là.
C’est beau, l’imagination.
Mais l’Irak, c’est compliqué. D’ailleurs, quand Kouchner essaie de jouer la mouche du coche les ouvriers de la onzième heure pour y impliquer la France et “venir en aide” aux États-Unis, il ne trouve rien de mieux que de s’aliéner le gouvernement local… Pour un diplomate, c’est du beau boulot.
En France, cependant, on s’excite ou on grince des dents devant les présimensonges en tout genre, on perd la tête, on traite les SDF comme des rats.
Au Vatican, on pourrait bien béatifier une personne qui avait perdu la foi.
La Belgique, prise entre nationalisme linguistique et crise constitutionnelle, se demande si elle existera encore l’an prochain.
Et dans le sud de l’Europe, il fait toujours chaud. Très chaud.
C’est le troisième jour d’incendies en Grèce. En plus de faire des dizaines de morts et un nombre indéterminé de blessés et de sans-abris, le terrible cadeau de Prométhée a failli raser le site historique d’Olympie. Les vestiges, inscrits au patrimoine de l’humanité, sont pour le moment sauvés, mais les flammes menacent toujours Athènes et ravagent tout le sud du pays. Le pire est qu’il s’agit probablement d’incendies criminels.
(La vidéo est en italien, mais donnera une idée de la situation…)
Pendant ce temps, les cours du blé et autres céréales grimpent.
La récolte a été mauvaise en Europe et en Amérique du Nord, entre les régions touchées par la sécheresse et celles qui ont connu pluies et temps froid cet été. À ces causes conjoncturelles, ajoutons deux tendances déjà lourdes depuis quelques années : la consommation de céréales en hausse dans les marchés émergents (bonjour, la Chine…) et l’utilisation des mêmes céréales (surtout le maïs) pour la production de biocarburants.
Résultat : pain et pâtes, farine et semoule, grains concassés ou entiers, les denrées alimentaires de base renchérissent partout dans le monde.
Psst ! Il n’y aurait pas des extra-terrestres hyperdéveloppés, quelque part, à l’écoute des émissions radio terrestres ? Avec une planète céréalicole, si possible. On pourrait faire des affaires en or, eux et nous…
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Calvin à Hobbes : “La meilleure preuve qu’il existe d’autres êtres intelligents dans l’univers, c’est le fait qu’aucun n’a tenté d’entrer en contact avec nous.”
Prudents en affaires, les ET…
Les incendies en Grèce mais aussi en Italie puis maintenant à Blida en Algérie sont un symptôme grave du réchauffement climatique. Il est aggravé par l’incurie, le “business as usual”, la désorganisation. Les pays qui n’y prennent pas garde sont appelés à disparaître.
Je rigole pas, c’est vraiment le plus grave évènement de l’année car ce n’est pas de la seule responsabilité d’un pays, d’une autorité. C’est l’ensemble des enchaînements écologiques, les équilibres entre les niveaux de décision que l’humanité a créé patemment qui volent en éclat. Le petit incendie provoqué par une vieille dame de 80 ans qui fait son charbon pour l’hiver comme elle avait toujours fait devient l’incendie le plus grave du siècle. J’ai lu quelque part cet adage et je le reprend à mon compte : la Nouvelle Orléans a été la première ville que nouas avons perdu, victime du réchauffement climatique et la Grèce risque d’être le premier pays perdu.
Voir mon papier sur Rue89.com et une tribune (ou encore chez moi.)
Dès qu’on met un événement sur le dos du réchauffement climatique, tout de suite les esprits scientifiques bien tournés cherchent à prouver ou réfuter, captent des sous et du temps de recherche pour ce faire, ce qui détourne du vrai problème : le réchauffement est en cours, il faut le freiner, et si possible le stopper.
C’est vrai que ça fait de beaux titres et de belles phrases, les premières villes perdues et premiers pays perdu (j’ai lu que la plupart des incendies étaient criminels, pas climatiques, mais bon…).
Ce qui m’énerve vraiment, c’est qu’on vient de passer près de 30 ans à se fritter pour savoir si ce réchauffement était dû à l’activité humaine ou non. On va pas en perdre encore trente à se demander si tel phénomène limite est un effet du réchauffement ou pas. La question n’est pas là. sauf si les journalistes la placent là.
La partition de la Belgique ? Cela n’empêche pas un sénateur belge de se demander si la priorité n’est pas pour les Wallons de préparer la montée des eaux et l’accueil des Flamands comme réfugiés d’ici la fin de ce siècle…
Tiens, c’est vrai que vu sous cet angle…