Irène Delse

"Je ne désire pas le pouvoir, mais je refuse d'être soumise au pouvoir d'un idiot." – Cordelia Vorkosigan
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Au pays de la discrimination ordinaire

Irène | 18 août 2007 | 17 h 31 min

logo de la Délégation interministérielle à la Ville (DIV)C’est une grande affiche, quatre mètres par trois. Elle trône sur l’un de ces panneaux qu’une société de mobilier urbain fort connue a bien voulu laisser à la Ville de Paris, et qui sont généralement placés, dans les rues à sens unique, en sens inverse de la circulation des voitures.

Celui-là est rue de Clignancourt, dans le 18ème, et en plus d’être tourné du mauvais côté, il se retrouve sur un pan de mur partiellement caché par un arbre, dans un renfoncement du trottoir. Et pourtant, malgré cette visibilité toute relative, il est régulièrement mis à jour. Alimenté. Garni d’informations d’intérêt public.

Je passe devant quasiment tous les jours. Ce soir, en quittant le supermarché, je remarque qu’il y a une nouvelle affiche.

Je lève les yeux machinalement, les laisse errer sur les plages de couleurs vives dé-saturées, la typographie style lettrage au pochoir, les visages au dessin naïf, à mi chemin de la bande dessiné et du graffiti…

Et puis le message.

Le message.

“On des tous des immigrés quelque part.”

Là, ça m’a fait un drôle d’effet. Je cherche des yeux une référence, une mention d’auteurs, d’explication de cette campagne… Oui, affiche réalisée par une association d’insertion, pour les jeunes des “quartiers difficiles”. Classique.

Et puis je vois un logo, dans le coin en bas à droite : Délégation interministérielle à la Ville.

(Mais oui, vous savez, le machin de Fadela Amara, la nouvelle meilleure amie de Christine Boutin. Si elle croit qu’elle peut avoir plus d’impact sur la société qu’Azouz Begag avant elle, bon courage !)

C’est là que je me sens prise d’une espèce de vertige. Un malaise. Une impression de déjà vu.

C’est l’étrangeté du monde où nous vivons, sans doute. Aujourd’hui, en 2007, une partie des services de l’État se consacre très sérieusement à la séparation du bon grain français et de l’ivraie étrangère. Plus question de bénéfice du doute, lorsqu’une personne est née à l’étranger ou dans les anciennes colonies. Il faut tout prouver. Remonter sur deux ou trois générations. Sortir des certificats de judéité, parfois…

Rapatriés d’Algérie, Français nés avant 1918 en Alsace-Lorraine, exilés antifascistes espagnols ou italiens, Juifs fuyant les pogroms d’Europe de l’Est ou la montée du nazisme, avant la Seconde Guerre mondiale… Ils sont nombreux à être concernés. Des gens dont la vie a déjà été déchirée par l’Histoire, qui ont pour la plupart été considérés comme français pendant des décennies, et qui se trouvent en butte depuis 1993 à des tracasseries administratives toujours plus complexes.

Jusqu’à aboutir à des situations comme celle-ci :

«Elle est née en 1919 dans un shtetl en Pologne à 30 km de Dachau, et a été naturalisée française en 1921 après que sa famille a émigré suite aux premiers pogroms. En 2001, elle s’est vu demander un certificat de nationalité pour le renouvellement de sa carte d’identité. Elle a expliqué que son village avait été détruit et brûlé et qu’il n’existait plus de documents. On lui a rétorqué qu’alors elle serait renvoyée dans son pays. Elle a sorti sa carte nationale de Français éditée en 1943 et barrée de la mention JUIF et m’a téléphoné en larmes… J’ai demandé à voir le sous-préfet et celui-ci a fini par s’excuser et ma grand-mère a eu sa carte.» (Libération, 17/08/2007. Le graissage est de moi.)

Charmant, n’est-ce pas ?

Et tout cela parce qu’en 1993, il s’est trouvé un gouvernement pour décider non seulement de durcir les conditions d’attribution de la nationalité française, mais d’appliquer ces lois de façon rétroactive.

Petit rappel historique. Lorsque la carte d’identité papier a été remplacée par un modèle informatisé, censé être plus sécurisé, le gouvernement en a profité pour procéder à une sorte de grand nettoyage : les gens qui demandaient la nouvelle carte d’identité ne pouvaient se contenter de présenter l’ancienne, ils devaient prouver leur nationalité française. Et pour cela, remonter à la source de l’obtention de cette nationalité, pour eux, leurs parents ou leurs grands-parents, selon les cas.

Bref, il s’est agi de faire le ménage entre les “vrais” et “faux” français.

Oh, cette mesure n’est pas sortie du néant. Balladur était à l’époque Premier Ministre et Charles Pasqua ministre de l’Intérieur. Comme beaucoup au RPR (qui n’avait pas encore cédé la place à l’UMP), ils se sentaient talonnés par les succès électoraux du FN, parti d’extrême-droite nationaliste et xénophobe qui ne cachait pas sa conception ethnique de la nationalité. Pour eux, être français, “ça s’hérite ou ça se mérite”. En laissant très flou la question des critères qui pourraient constituer un “mérite” suffisant… Une concession à l’électorat harki, délaissé par les autres partis, sans doute.

Bref, la droite dite “de gouvernement” (et elle l’était, au gouvernement) a donné des gages à un parti d’extrême-droite dans le but de récupérer son électorat. En pure perte, puisque le leader frontiste a continué à grimper, scrutin après scrutin, jusqu’à sa relative gamelle de cette année.

Mais entre temps, ses idées ont gagné du terrain. Ce qu’on appelle très justement la lepénisation des esprits.

“Il n’y a pas de recrudescence de la xénophobie ou du racisme” dans la récente affaire de la “consonance israélite” du nom de famille, veut croire un certain blogueur et juriste bien connu. (1)

Un peu optimiste, l’ami. Disons, pas plus de xénophobie ou de racisme qu’à l’ordinaire. Ce qui n’est pas rien.

***

Pélican blanc

Quand j’étais petite, il y avait un livre que j’aimais beaucoup, sur une petite fille qui vivait en Roumanie, dans le delta du Danube, et qui aimait observer la nature sauvage, particulièrement belle dans cette région. Entre autres bizarreries du monde des adultes, elle découvrait qu’il y avait un ministère qui protégeait les pélicans qui nichaient dans le delta, et un autre qui donnait des primes aux chasseurs quand ils abattaient ces mêmes pélicans, censés faire concurrence aux pécheurs pour le poisson.

La fillette s’interrogeait sur l’absurdité qu’il y avait procéder ainsi. C’était à l’époque de la dictature de Ceaucescu, bien sûr. Même si le mot n’était pas mis noir sur blanc, c’était une façon de faire toucher du doigt à des enfants l’absurdité et l’injustice d’un système arbitraire.

Aujourd’hui, en France, pendant que les services préfectoraux traquent les faux Français, la Délégation interministérielle à la Ville subventionne une campagne destinée à insuffler un peu de tolérance dans l’esprit des citoyens de ce pays.

Allez comprendre.

—

(1) Dans un billet par ailleurs informatif et intéressant, même si agaçant de préciosité.

Tags : Algérie, étrangers, France, identité nationale, immigration, judaïsme, nationalité, Paris 18

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21 Responses to “Au pays de la discrimination ordinaire”

  1. Eolas dit :
    19 août 2007 à 18 h 25 min

    Non, la loi de 1993 n’a pas été rétroactive sur la nationalité. Elle a exigé de facto que tous les Français prouvent leur nationalité française, sans changer quoi que ce soit à ses conditions d’attribution par le passé, ce qui aurait été une vraie rétroactivité. D’où la nécessité de remonter à des textes abrogés et d’un autre temps comme le décret Crémieux pour les juifs d’Algérie.

    Si vous voyez Vichy et de la rétroactivité là où il n’y en a pas, prenez garde que vos hallucinations ne vous poussent pas à voir des résistants là où il n’y en a pas non plus.

    Répondre
  2. Irène dit :
    19 août 2007 à 22 h 29 min

    Décidément, vous commentez à côté de la plaque, encore une fois. Ce que c’est que de lire en diagonale…

    1. Vous vous prenez les pieds dans votre propre ironie. Je n’ai pas cité une seule fois le nom de Vichy dans le billet ci-dessus. Est-ce vous qui avez des hallucinations, à présent ?

    Ou bien réagissez-vous (de façon tout épidermique, apparemment) contre le fait que je cite le témoignage de cette dame de 80 ans, d’origine juive polonaise, qui a bien connu Vichy, elle, et qui est bouleversée lorsqu’un fonctionnaire mal luné veut la “renvoyer dans son pays” alors qu’elle vit en France depuis l’âge de 2 ans ? Vous n’aimez pas la sympathie pour les gens aux prises avec une administration kafaïenne, peut-être ? Comme c’est étrange, vous utilisez exactement le même registre d’émotion et d’empathie envers la victime de situations inhumaines dans bon nombre de vos billets sur le droit des étrangers…

    Il faudrait savoir. Faut-il croire que l’empathie et l’humanité ne sont valables qu’envers ceux qui sont arrivés en France depuis moins de 30 ans ? Ou bien que c’est une méthode exclusivement réservée aux avocats chrétiens de droite, et bas les pattes aux vilains gauchistes qui ne font rien qu’à vous récupérer ?

    Désolé, mon bon, mais vous n’avez pas le copyright là-dessus !

    Et si vous ne voulez pas être cité par des gauchistes, il n’y a qu’une seule solution, je crains : éviter de bloguer.

    2. Un peu de vocabulaire :

    RÉTROACTIF, -IVE, adj.
    A. DR. Qui produit des effets sur ce qui est antérieur à sa date de mise en application. (TLFi)

    Et c’est bien de cela que je parle. Avant 1993, les gens dont on parle était considérés comme français et n’avaient pas besoin de le prouver à chaque changement de carte d’identité. Depuis, le fait qu’ils aient été français pendant des dizaines d’années ne suffit pas, ils sont considérés comme étrangers par défauts à moins qu’ils ne prouvent qu’ils sont français.

    Vous pouvez tourner ça dans tous les sens, mais dans notre langue, cela s’appelle de la rétroactivité.

    2. La “nécessité” de remonter au décret Crémieux, dites-vous : oui, seulement si le législateur, comme vous le reconnaissiez vous-même par ailleurs dans votre billet, veut changer la règle du jeu en matière de pièces d’identité et de preuves de la nationalité… On s’en était pourtant passé sans trop de dommages entre 1962 et 1993.

    3. Pour finir, je vous renvoie à votre propre prose :

    “Et si le prix à payer était que des personnes, se croyant sincèrement français et en exerçant tous les attributs depuis leur enfance, se voient brutalement déchus de leur citoyenneté, hé bien, on ne fait d’omelette sans casser les oeufs. Après tout, à l’époque, le nettoyage ethnique était à la mode dans d’autres pays d’Europe.”

    Bref, si j’applique vos critères, je vous ferai donc exactement les mêmes reproches que vous avez cru bon de venir étaler ici : voir de la rétroactivité dans la loi de 1993, et de l’épuration ethnique dans la France de Balladur. Tiens, ça me donne une idée, je devrais appeler l’OTAN à la rescousse !

    Vous savez quoi ? La prochaine fois, vous feriez mieux de lire le billet avant de le commenter. Cela vous évitera à la fois d’être insultant et de vous contredire.

    Répondre
  3. Eolas dit :
    20 août 2007 à 11 h 21 min

    Comme je m’en voudrais d’être insultant (Insultant, adj. : critiquer Irene Delse) ou à côté de la plaque (loc. : dire qu’Irène Delse a tort) , je ne vous indiquerai pas ce billet http://www.irenedelse.com/2007/08/07/vichy-nous-revoici/ spirituellement intitulé “Vichy nous revoici”, où vous parlez déjà de l’affaire de la consonance israélite, ayant donné lieu à mon billet que vous citez dans celui-ci, où vous faites clairement un parallèle, mon seul tort étant de répondre sous le billet le plus récent pour éviter une dispersion de commentaires.

    N’ayant donc plus rien à dire, soyez assuré que je ne troublerai plus vos profondes réflexions sur la rétroactivité.

    Répondre
  4. Irène dit :
    20 août 2007 à 15 h 30 min

    Pauvre chéri ! Tout vexé d’avoir été critiqué et pris en défaut ! Et après, il boude…

    C’est bien triste, tiens. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne me sens pas très portée à plaindre les gens qui font une chose sur leur blogue et le contraire chez les autres. Un peu de cohérence (et suffisemment de maturité pour admettre qu’on a parlé trop vite), de temps en temps, ça ne fait pas de mal.

    Et si vous voulez être clair, commentez sous le billet approprié, c’est la meilleure façon d’éviter d’être pris pour un troll.

    Cela dit, vous semblez décidément terriblement ennuyé par le parallèle entre le régime de Vichy et l’application des lois Pasqua. Mais non, ce n’est pas pure réthorique de ma part, ni exagération polémique. (Au fait, vous n’avez pas tiqué sur un autre parallèle, avec la Roumanie de Ceaucescu, ci-dessus. Amusant.)

    Mais je crains que là aussi, vous vous soyiez contenté de parcourir le texte à toute allure avant de commenter. Je vous renverrai seulement à la réponse que j’ai déjà faite à ce sujet à Lionel, que cela embêtait aussi. Mais qui avait eu la correction de formuler sa critique sans tenter d’écraser l’auteure du billet de sa superbe.

    Parfois, cela fait toute la différence.

    Répondre
  5. Dominique dit :
    20 août 2007 à 19 h 08 min

    Pour les personnes d’Alsace-Moselle, l’affaire est très compliquée et elle concerne surtout les personnes âgées, plutôt des septuagénaires maintenant. Il faut savoir d’abord que lors du traité de Francfort les résidents devaient faire le choix entre la nationalité française et l’allemande. Dans la famille de Dreyfus (un exemple parmi mille autres), un frère est resté comme allemand et un autre est entré dans l’armée française. Mais lors du traité de Versailles, on a demandé aussi aux Allemands et descendants d’Allemands de choisir entre les deux nationalités. Or il y avait eu beaucoup de mariages bi-nationaux (ou en fait uninationaux puisque l’Alsace-Moselle était allemande). Et les Allemands ont été expulsés du jour au lendemanin, manu militari, avec seulement le contenu d’une valise, exactement comme cela avait été fait précédemment dans l’autre sens. Mais il y a des Alsaciens ou des Lorrains ayant un ancêtre allemand qui sont restés en France (je suis l’un d’entre eux) et alors se pose la question de l’acquisition de la nationalité.

    Moi, cela ne me concerne pas directement, on ne me demande pas de remonter à mes arrière-grand-parents. Mais j’ai une tante née avant 1918 à Metz et mère d’un militaire français. Un ancien voisin de mes parents dont le père gendarme français était né aussi en Moselle avant 1918. Tous les deux ont été ennuyés, pour ne pas dire plus. Tout se passe bien dans les départements en question ou aux environs. Cela se dégrade après lorsque les fonctionnaires ne connaissent pas leur histoire de France et que les archives ont disparu, ce qui peut être le cas de bien des lieux. Et il faut surtout voir que cela concerne des personnes âgées qui ont vécu des situations difficiles durant leur jeunesse. D’où des images anciennes d’exode et puis un énorme ressentiment. Et dans l’illogisme complet de cette loi, on ne demande pas aux enfants de ces personnes de prouver qu’elles n’ont pas renoncé à la nationalité allemande puisque leurs parents sont déjà déclarés français selon leur état-civil. Bref, une loi idiote qui pénalise d’abord des gens vieux, ayant subi beaucoup de tourments et à qui on vient dire que toute leur vie a été mensonge.

    Répondre
  6. Irène dit :
    20 août 2007 à 21 h 14 min

    Le pire, c’est que je crains que ceux qui ont fait voter cette loi n’ait même pas songé au cas des personnes nées en Alsace-Lorraine allemande… Bref, un effet collatéral d’une loi visant plutôt les natifs des anciennes colonies.

    Répondre
  7. Dominique dit :
    20 août 2007 à 22 h 59 min

    Je voulais insister sur le fait que ce sont surtout des personnes âgées qui sont victimes de cette loi débile : des Alsaciens-Mosellans, mais aussi des juifs, des harkis, des pieds-noirs. Leurs petits-enfants sont (le plus souvent) bien français sans plus de preuves que la nationalité de leurs grands-parents selon la même loi imbécile qui oblige ces personnes âgées à prouver l’acquisition de la nationalité française. Bien sûr, on a aussi le dérapage vers la première acquisition de la nationalité française comme dans le cas de l’article cité au début. Mais alors pourquoi ne pourrait-on pas me demander aussi comment mes ancêtres ont acquis la nationalité française au XVIIIe s. alors que la Lorraine était autrichienne ? Je peux parfaitement prétendre à la nationalité allemande avec les mêmes arguments (le fait d’avoir un ancêtre de sang allemand), mais est-ce que l’usage et le droit du sol ne devraient pas devenir la règle ?

    Répondre
  8. Irène dit :
    21 août 2007 à 10 h 07 min

    Libération d’aujourd’hui publie un bon nombre d’autres témoignages des humiliations et des casse-têtes juridiques auxquels conduit cette loi. C’est édifiant. Franchement, je trouve que la gauche a fait une faute en n’y touchant pas, lorsque elle a gagné les législatives de 97. Pusillanimité électoraliste ou résurgence de nationalisme à courte vue, je ne sais pas, mais ce n’était pas glorieux. Et ça ne leur a même pas profité dans les urnes.

    Répondre
  9. Thiébaut dit :
    21 août 2007 à 14 h 34 min

    Je vous recommande à vous tous la lecture attentive des sites suivants :
    -association Faisceaux;
    -Au milieu des ruines;
    -Club Acacia;
    -Devoir de mémoire;
    -Occident renaissant.

    Répondre
  10. Irène dit :
    21 août 2007 à 17 h 31 min

    Et moi, je ne la recommande certainement pas. Attention aux internautes qui pourraient être tentés de rechercher ces noms dans Google. Il s’agit de sites d’extrême-droite bourrés de textes haineux contre la “colonisation de l’Occident” ou “l’éternel juif” et de provoc à deux balles (genre francisques, rock aryen, portraits de dirigeants nazis, etc.) qui trouvent bien évidemment Sarkozy beaucoup, beaucoup trop à gauche…

    Eh, monsieur le gros malin de nazi-nostalgique : non seulement vous vous êtes trompé de boutique en postant ici, mais vous n’avez même pas été fichu de faire un copier-coller correct : l’adresse de vos liens s’est perdue en route !

    Mais ne comptez pas sur moi pour les rétablir.

    Répondre
  11. Hop dit :
    23 août 2007 à 1 h 29 min

    Toujours aussi hautain l’eole dommage que les réponses soit autant teintées d’amour propre.

    Répondre
  12. Irène dit :
    23 août 2007 à 14 h 04 min

    Eh, oh, Hop, les anonymes qui laissent des insultes sur les blogs des autres n’ont pas de leçons à donner…

    Répondre
  13. rigas dit :
    24 août 2007 à 11 h 14 min

    Il me semble que la question de la preuve de la nationalité a été discrètement appliquée au fur et à mesure des demandes de renouvellement des CNI et des passeport.

    Je ne comprend même pas la logique du bénéfice de cette loi Pasqua en termes politiques pour la droite. Je n’y vois même que des inconvenients pour le gouvernement (mais j’ai peut-être rien compris). Cela me semble être un cas assez typique où la droite “bien pensante” veut l’électorat de la droite “mal pensante” sans véritablement se préoccuper des cas particuliers et des conséquences que cela peut avoir sur l’administration. Le Pasqua s’est pris les pieds dans le tapis, quoi!

    Par contre ce gage donné au nationalisme d’ultra-droite (sans lequel point de victoire électorale pour la droite tout court) n’a, me semble-t-il, pas fait de tort qu’aux réfugiés en France et nés à l’étranger.

    Cette loi a aussi touché tous les français nés à l’étranger d’un parent étranger et d’un national français. Cela fait énormément de monde. De sorte que par exemple dans mon cas, j’ai plus de mal à prouver ma nationalité (car né à l’étranger de père grec et de mère française) que ma fille aînée (née de mère française elle même née en France, ouf!), qui elle-même a plus de mal que ma fille adoptive née mexicaine de mère mexicaine et père inconnu mais adoptée de plein droit en France ET au Mexique.

    Mon cas et celui de ma fille soit être très fréquent et me semble très préoccupant—même s’il ne comporte pas la charge dramatique des cas cités dans le billet de Irène Delse et l’article de Libé. Car, après tout, si je tiens tant à la nationalité française c’est peut-être aussi par fierté de l’être, français, et pas seulement par commodité administrative. Mais si l’administration de la France devient aussi sournoisement tatillone et oblige des fonctionnaires à des comportements de rats auquels il est difficile de ne pas succomber (lire Les Bienveillantes pour une magistrale illustration littéraire) serais-je toujours aussi fier? Avoir à prouver ma nationalité me fait honte au nom de la collectivité française à plus d’un titre. Les français qui se sont établis à l’étranger l’ont fait pour des raisons très multiples et souvent deviennent les meilleurs porteurs de la culture française; ce sont des passeurs d’idées et ils sont une preuve de la beauté et la permanence de la culture française. En demandant à leurs enfants de prouver leur nationalité on dégrade l’image même de cette culture et on risque de la rendre nettement moins désirable et moins durable.

    Cette même honte j’ai ressenti en demandant les certificats d’hégbergement pour des amis étrangers qui viennent me visiter en France

    http://rigas.ouvaton.org/article.php3?id_article=294

    Merci à Irène pour ce billet magnifique.

    Répondre
  14. Irène dit :
    24 août 2007 à 14 h 50 min

    Merci pour ce témoignage, Rigas. Il me touche d’autant plus qu’il y a des cas similaires dans ma famille. Mon père est né en Indochine d’une mère française et d’un père étranger. Qui plus est, sa mère aussi était née en Indochine ! Heureusement, il y a le jugement de naturalisation de mon grand-père (naturalisé par mariage), qui sert de preuve de nationalité. Mais paradoxalement, si mon père avait eu deux parents français, la situation aurait été plus compliquée… Là, il y a une preuve tangible. N’empêche qu’à chaque renouvellement de passeport ou carte d’identité, il lui faut s’y prendre à l’avance et souvent expliquer la loi à des préposés pas toujours bien (in)formés.

    Répondre
  15. Irène dit :
    3 septembre 2007 à 14 h 27 min

    A lire aussi, ce papier dans Rue89.com (décidément indispensable, ce site !) sur les avanies rencontrées en Belgique par les enfants de Pierre Ryckmans, alias Simon Leys. Leur mère est chinoise, et ils sont nés à Hong Kong… Mais c’est quand même fou si on considère que Leys est l’un des auteurs et universitaires belges contemporains les plus respectés dans son pays. (Il occupe le fauteuil Simenon de l’Académie royale, l’équivalent local de l’Académie française.) De plus, il s’est fait connaître par des livres qui dénoncent et dissèquent l’arbitraire en Chine ! Bref, ça ressemble vraiment “à une mauvaise plaisanterie”…

    Répondre
  16. alex dit :
    27 septembre 2007 à 10 h 11 min

    bonjour
    je vous remercie pour ce theme tres interessant et qui me concerne particulierement
    mon pere est un italien né en 1939 pendant le protectorat , de meme que sa mere est née en tunisie en 1939
    je voudrais avoir des renseignements sur les lois tels decret cremieux sur le double droit du sol
    en tunisie le double droit du sol a ete introduit par le decret 8 novembre 1921
    ” est francais l ‘etranger né en tunisie dont l’un des parents est lui meme né ”
    - aussi il y a les accords de 1955 france -tunisie qui confirme cette loi le double droit du sol est etendu au protectorat de tunisie
    le cas de mon pere :
    il est reste en tunisie apres l’independance de nationalite italienne jusqu’en 1972 ou il a ete naturalisé tunisien
    maintenant il veut faire la demande de nationalite francaise d’apres ce decret de 1921 sur le double droit du sol
    le probleme il y a des accords entre la france et l’italie qui permettait aux italiens né en tunisie avant 1940 de rester italien et les italiens né apres 1940 sont francais
    - je voudrais savoir si quelqu’un a une idee ou on peut trouver le texte integrale de ce texte
    - mon pere au moment de sa naissance s’appliquer a lui le double droit du sol donc francais de naissance
    - mais les accords france italie lui ont permit de rester italien
    _ donc je crois pour lui est ce que il a perdu la nationalite francaise en optant pour la nationalite italienne a sa majorite ???
    - moi je crois non car a cette epoque j ai verifier les textes xe lois qui regissent la perte de nationalite francaise
    - normalement si il a opte pour l’italienne ceci equivaut a la perte autromatique de la francaise or il y avait des conditions pour que la perte soit automatique un francais ne pouvait perdre la nationalite francaise sauf s’il a accomplit ses obligations militaires envers la france voir aussi ( site de l’ADFE sur la nationalite francaise dans la regence de tunis )
    _ mon pere n ‘as passé aucun service militaire pour la france donc normalement il est resté francais de naissance par le double droit du sol
    meme sa naturalisation tunisienne en 1972 n’implique pas la perte de la nationalite francaise
    - car j ‘affirme encore une fois il n as pas accomplit ses obligations militaires
    - on est alle à l ‘ambassade de france de tunisie , ils nous ont dit de faire la demande au tribunal administratif de paris ( je pense que c’est deja bien on evite les ****** des ambassades )
    - brer je vous prie de me dire si vous avez des informations sur ce sujet
    _ j ai fait plein de recherche sur internet sur toute les lois de la nationalite depuis le decret cremieux
    - j ai verifie tous les cas de perte de la nationalite francaise
    - sur le site de l ’ ADFE il confirme mon analyse sur le double droit du so; dans le protectorat de tunisie
    je voudrais savoir si mon pere est francais ????????
    mreci d’avance pour la reponse . vos artiles sont trtes interessants

    Répondre
  17. Irène dit :
    27 septembre 2007 à 21 h 58 min

    Bonjour Alex. Malheureusement, je ne saurais vous dire si c’est bien le cas. Je ne suis pas juriste… Mieux vaut donc suivre l’avis de l’ADFE.

    Répondre
  18. Marou dit :
    28 avril 2008 à 3 h 23 min

    @Irène et Alex
    Bonjour,
    Je sais que c’est un peu tard pour commenter sur ce sujet mais je suis exactement dans le même cas qu’Alex sauf que moi il s’agit de ma grand-mère. Si vous en savez plus merci de me communiquer les infos.

    Répondre
  19. Irène dit :
    28 avril 2008 à 11 h 22 min

    @ Marou : même réponse qu’Alex… Voyez ci-dessus.

    Répondre
  20. SophieG dit :
    29 août 2008 à 23 h 29 min

    Bonjour,

    J’ai un peu de retard dans les billets, mais je l’ai enfin vu. Ouf ! J’aurais bien raté quelque chose sinon, la lecture en était effectivement bien intéressante. Je vais réagir plutôt pour donner quelques précisions annexes au propos principal.
    En fait, la Délégation Interministérielle à la Ville, ne comporte pas qu’un volet politique dans ses attributions, et n’a d’ailleurs pas été créée si récemment que ça : c’est dire qu’elle survit - et se doit de survivre - aux tendances gouvernementales. Des scientifiques y travaillent, comme dans tout service des ministères. Et des scientifiques là-dedans, ça ne joue quand même pas à la girouette !
    J’espère qu’un de ces jours, nous pourrons sortir de tensions écoeurantes gauche droite à propos d’élus siégeant à l’Elysée ou au gouvernement - du moment qu’ils sont élus. Et je crois bien que ces multiples structures qui analysent cohérences et incohérences sur notre territoire font un sacré boulot qui mériterait plus de reconnaissance.

    PS: Deux remarques supplémentaires pour ne pas me faire dire ce que je n’ai pas voulu dire : je n’y travaille pas ; et puis, des résultats de sciences humaines et sociales ne sont jamais des vérités absolues.

    Sur ce, bonne soirée.
    Et au plaisir de vous lire.

    Sophie-G

    Répondre
  21. chris dit :
    5 septembre 2008 à 21 h 46 min

    http://tunisie-harakati.mylivepage.com

    “Tous des immigrés !” certes, moi je ne suis pas de cette planète surtout quand je vois tout le manque d’humanité. Je suis encore tout retourné de l’histoire de Sameh HARAKATI. Une preuve de plus de la bassesse de l’homme pour ne nuire qu’à son prochain.

    Répondre

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L’héritier  du  tigre

L’héritier du tigre / Delse, Irène
Le Navire en pleine ville, 2006 ; 1 vol. (442 p.) ; couv. ill. en coul., 20 cm. (Shalinka ; tome 1) (Collection Sous le vent). ISBN : 9782916517025.

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