Papier électronique : le son en plus
Irène | 7 juin 2007 | 20 h 30 minVu dans La feuille : des chercheurs suédois ont mis au point un papier électronique incluant du son. Première application : une affiche qui parle ou diffuse de la musique lorsqu’on appuie dessus !
Et la méthode ?
Mis au point par les chercheurs de la faculté suédoise Mid Sweden University, le “talking paper” utilise des encres conductrices sensibles à la pression et intègre de minuscules haut-parleurs. Résultat, ce prototype diffuse des messages sonores pré-enregistrés lorsqu’on le touche du doigt.
On peut télécharger sur le site du projet, “Paper Four”, une vidéo de présentation et un communiqué de presse en anglais.
Le procédé de fabrication de ce papier parlant est encore cher, reconnaissent les chercheurs du département des sciences de la communication et d’étude des fibres de la Mittuniversitetet (nom d’origine de la “Mid Sweden University”) à Sundsvall. Mais il devrait être possible tôt ou tard d’en réduire le coût. Faisons confiance aux industriels du papier pour cela.
Côté applications, celle qu’imagine Mikael Gulliksson, le responsable du projet, n’est pas forcément très enthousiasmante. Un paquet de cigarette qui diffuse un message d’avertissement contre le tabac ? On n’est pas déjà assez dans la schizo de ce côté-là ?
Je verrais bien en revanche des emballages ou notices de mode d’emploi parlantes, pour les aveugles et déficients visuels. Idem dans les musées et expos, ou dans les lieux publics… Il suffit d’une zone de papier parlant sur une affiche pour donner aux non-voyants (et aux illettrés) l’accès au message qu’elle contient.
Autre idée : dans les lieux touristiques, les aéroports, les hôtels, etc., on pourrait multiplier le nombre de traductions des panneaux et affiches d’informations y plaçant des zones de papier parlant. Une pression sur le nom de la langue ou le drapeau du pays et hop ! On aurait aussitôt le message voulu. Reste à trouver suffisemment de traducteurs compétants et de locuteur intelligibles pour enregistrer tout ça…
On pourrait imaginer aussi des choses rigolotes : des cartes postales ou cartons d’invitations qui parlent, des cartes de jeux à collectionner thématiques avec effets sonores (vous imaginez Magic® avec le bruit du tonnerre ou de la mer, les cris des monstres et tout ?), ou des jeux de l’oie ou de Monopoly où le puits fait vraiment “plouf !” et les portes de la case prison “clang !” lorsqu’on pose son pion dessus, ou un bruit de tiroir-caisse quand on gagne des sous… C’est toute une nouvelle dimension pour les jeux de société qui se profile là !
Et ce n’est pas fini ! Pensez aux livres pour enfants. Vous savez, les livres pour tout petits, imprimés sur du papier cartonné pour résister aux menottes déchireuses ? Eh bien, imaginez qu’il y ait du papier parlant pour les zones de texte ?
“Tu touche le livre et il parle !” Ou bien la vache fait “meuh”, le canard “coin-coin”, etc. Comme dans les jouets en plastique… Mais là, ce seraient des livres !
On voit rapidement que l’association du texte écrit et du texte enregistré dans le même objet devrait favoriser l’assimilation du mot entendu et des signes vus, donc logiquement l’apprentissage de la lecture. Pas pour dissuader les parents de lire eux-mêmes aux enfants, bien sûr, ou pour réduire le rôle des enseignants, mais plutôt pour faciliter le contact entre les jeunes enfants et l’écrit, pour leur permettre d’apprivoiser la lecture et de progresser dans un livre à leur rythme. Le papier électronique est patient, fidèle, toujours disponible. On peut lui faire répéter dix fois la même chose si on veut.
Et le même raisonnement vaut pour les méthodes de langues, pour tous les âges. Plus besoin de jongler entre disques et manuels : le texte écrit et l’enregistrement sont sur la même page ! Ce serait particulièrement intéressant pour des supports du genre jeux de cartes de vocabulaire (ou de caractères) dans un domaine spécifique…
Mais jusque ici, on en est resté à des supports de papier cartonné classique, donc pour du texte relativement court.
Le fin du fin, à mon avis, viendrait du croisement entre ce papier parlant et le papier électronique à affichage numérique illimité, celui utilisé dans les récentes tablettes de lecture ultra-plates et autres “e-reader” dont on parle beaucoup en ce moment.
Le livre électronique dans sa version écrite et orale, consultables sur un même objet léger, plat, maniable… Quasiment de la science-fiction !
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allez voir à asnieres ce qui sepasse
(Lien supprimé, ce n’est pas l’endroit pour ça.)
Message à “t.sa” : pour les commentaires et infos sur Asnières, ce n’est pas ici, c’est à côté !
Merci de ne pas spammer ce blog…
Mais les cartes kitsch qui diffusent une musiquette ou un beuglement, quand on appuie dessus, existent déjà. Bon… c’est un peu réduit comme message et un peu volumineux pour l’emballage. Je me souviens aussi qu’il a existé des disques de papier, j’en avais eu quelques-uns autrefois qu’il fallait néanmoins écouter sur des lecteurs de vinyls. Même s’il y avait les 3 minutes du 45 tours, cela ne durait pas plus de dix minutes pour l’utilisation. Dans le genre projets fous sur des supports insensés, j’aime bien l’archéologie de science-fiction : entendre la voix des Grecs anciens par exemple en observant les stries sur les vases et les amphores qui ont tourné lors de leur confection (je ne plaisante pas, il y a eu des recherches dans ce sens).
Ah, j’avais lu ça (au sujet des stries sur les amphores). Ce n’était pas un poisson d’avril ?