Jeff the Ripper

31 05 2007

Il était une fois, en Californie, un chat…

Jeff le chat vous regarde (© WhatJeffKilled.com)

Pas n’importe quel chat. Un grand chat roux-crème, d’excellent caractère, fort amical avec les humains dont il partage le territoire. Car son territoire à lui, le chat, inclut le jardin d’une maison sise à Shadow Hills, une banlieue résidentielle semi-rurale de Los Angeles.

Dans cette maison se trouvent habiter des amis des bêtes. Ce qui n’est pas pour déplaire à notre chat : il peut tranquillement se prélasser sur les chaises de jardin pour garder un œil sur son domaine, s’abriter dans la niche du chien s’il pleut (je ne sais pas, en revanche, ce qu’en pense le chien), et ces gens charmants vont jusqu’à disposer à son intention de l’eau et de la nourriture.

Parfait. D’autant que dans cette zone où les maisons sont dispersées parmi les arbres, au pied des collines, le chat n’a aucun mal à se livrer à sa grande passion : la chasse.

Et à cet exercice, notre chat est doué. Très doué.

Autant dire que pour les petites bestioles à poil ou à plume qui se trouvent dans le coin (et même les serpents et lézards), le grand chat roux de Shadow Hills est la mort incarnée. Souris, lapins, oiseaux, écureils, taupes : s’ils lui tombent sous la patte (et la dent), c’en est fini pour eux !

Or, Jeff (car c’est ainsi que le nomment ses amis humains) étant plein de bonne volonté, il ramène souvent des bestioles mortes, ou à demi morte, voire encore bien vivantes et gigotantes, dans le jardin où il se sent si bien… Ainsi que font les chats, Jeff ramène donc ses proies à la maison, joue avec, les achève, les éviscère et les mange, en tout ou partie selon la taille de la bestiole (et l’appétit du moment). Parfois, il les présente encore intactes aux humains, comme pour les inviter à partager. Peut-être, se demandent les habitants de la maison, est-ce une façon pour lui de nous remercier de notre hospitalité ?

À force de trouver le matin sur le paillasson des viscères, des queues d’écureil (sans écureil), des têtes de lapin et autres restes sanglants, les amis humains de Jeff ont commencé à observer d’un œil clinique les faits d’armes de Jeff. À prendre en photo les proies et leur prédateur, aux différents stades des opérations.

Jeff sur le point d’attraper une bestiole, Jeff mangeant une bestiole, les restes du dîner de Jeff… Il en est résulté un blog : What Jeff Killed (“Ce que Jeff a tué”).

Des photos d’une qualité impressionnante, accompagnées de commentaires à la fois ironiques et poignants, où l’admiration pour les prouesses de Jeff n’exclut pas la compassion pour les petites bêtes malchanceuses qui lui tombent sous la dent. Et, au passage, un fascinant document sur le comportement de prédation d’un chat domestique semi-indépendant.

Inutile de préciser que Jeff (ou Jefferson, ou El Jefe, ou Jeff the Ripper) est devenu un peu une star ! D’ailleurs il a même sa chanson… “Jeff the Paws of Death” ! Sur MySpace, évidemment.

Avertissement :

Comme on peut le déduire de ce qui précède, la plupart des photos représentent des animaux morts, partiellement dévorés ou décomposés. Elles peuvent choquer les personnes jeunes ou impressionnables. Cliquer sur WhatJeffKilled.com est de votre propre responsabilité.

Post-scriptum du 06/02/2008 : Que les fans de Jeff se réjouissent ! Il a désormais un nouveau blog. Et il a changé de hobby : depuis que ses hôtes humains ont déménagé, il est devenu quasi exclusivement un chat d’intérieur. On peut désormais suivre ses aventures avec des pelotes de laine, de l’herbe à chat, un chien (qui lui sert occasionnellement de coussin) et bien sûr la surveillance de tout ce qui bouge. Avec un peu de patience, on peut même le voir rêver



Inflation d’autorité chez Technorati

29 05 2007

La technique Techno(rati). Ou quand un bogue de Hautetfort donne la fièvre au système de classement bien connu… (Vu par Dominique, Haut-et-Fortien caustique.)



Arlette et les chiffons de papier

28 05 2007

L.O. = LOL (en moins drôle). Laguillier n’est pas contente, le peuple a mal voté. Elle ne voudrait pas en changer, des fois ?



L’éditeur qui publiait trop

28 05 2007

Cela fait des années que quelques agités de la livrosphère française faisaient le diagnostic : attention, l’édition (et la librairie) est embarquée dans une drôle de galère. L’inflation des livres publiés cache la fragilité du marché. Le nombre de titres publiés en France augmente chaque année, mais chaque titre se vend de moins en moins, à l’exception de quelques exceptions, justement.

Parlons de l’inflation du nombre de titres. En France, c’est un problème récurrent, bien connu, souvent commenté, mais dont tous les paramètres sont rarement analysés en dehors du cercle des professionnels de la profession. Or, aujourd’hui, un éditeur vend la mêche…

Lu hier sur le blogue de Guy Birenbaum, désormais ex-dirigeant des éditions Privé :

Au registre des erreurs commises, nous avons publié trop de livres. Ce n’était pas mon envie, mais l’édition est un métier dans lequel on apprend à compenser et à pallier ses demi-échecs en surpubliant pour se faire de la trésorerie. Cela s’appelle de la “cavalerie”. Publiant plus et trop, nous n’avons pas vendu davantage de volumes cette année (environ 160 000 volumes en 2005) et le piège fatal s’est refermé sur nous.

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Peillon, le PS et l’avenir

28 05 2007

PS pas mort. Je vais finir par faire partie du fan-club de Vincent Peillon, tiens. Qui était ce soir 28 mai au “Franc-parler” de France Inter. Et un petit lien direct pour l’écouter (en streaming, laisser d’abord passer la pub)… Rien que pour le plaisir. ;)



Nico Shark, de Frantico

28 05 2007

Blog BD satirique. Rencontrez Nico Shark, un ami pour 5 ans, nouveau directeur du personnel ! (Toute ressemblance, etc., etc.) J’adore.



Allègre et les incompétents

26 05 2007

Allegro non troppo ? Pour Claude Allègre, le PS a “fait de l’incompétence un gage de démocratie”. C’est vrai, ils avaient même fait d’Allègre un ministre, en 97…



Votons gaiement au Dentikistan !

26 05 2007

Oui, pour se changer des nouvelles riantes de la France, qui est quand même drôlement barrée.

Les cadeaux fiscaux du gouvernement ne profiteront qu’aux riches ? Il faut bien soigner sa clientèle électorale. Le chef de l’État fait la fête avec des patrons de grosses entreprises qui dépendent largement des appels d’offres publics et autres contrats autorisés par l’État ? Les petits cadeaux entretiennent l’amitié, voyons ! N’allez pas voir le mal partout. La dette, s’aggrave ? Quelle dette ? Il y a des bavures policières que l’on pourrait éviter ? Circulez, ya rien à voir ! Comment la police pourrait-elle faire son travail si elle était au service du citoyen, je vous demande un peu ! Quand à l’indépendance des médias, euh… Pardon, on est bien sur la même planète ?

Mais pendant ce temps, nous, au Dentikistan, on n’en a cure ! On est en pleine campagne des élections croupionnales, pour élire, naturellement, notre indispensable Parlement-croupion.

Et ce n’est pas triste.

Le Parlement-croupion du Dentikistan (je cite la propagande officielle, hein) “ne sert absolument à rien d’autre qu’à toucher d’énormes pensions et à ne pas se rendre aux votes des lois qui passent toute en force de toute manière. Afin d’éviter les excès dus à la démocratie, les candidat doivent ne pas être vivants. Chaque citoyen peut présenter un député croupion, qui sera automatiquement élu le jour du scrutin.”

C’est pas beau, ça ?

On a déjà un chevalier Playmobil, un buste de l’empereur Commode (oui, d’ailleurs, ça l’est…) et la momie de Lénine. Tous promettent de ne voter aucune loi, de s’en mettre plein les poches et de ne surtout pas participer à la vie politique du Dentikistan.

Pour ma part, j’ai décider d’envoyer à cette glorieuse Assemblée croupionnale un vrai héros de notre temps, j’ai nommé John Dortmunder, l’homme qui a donné un nouveau sens au mot “récidiviste”, le cambrioleur malchanceux mais ingénieux (et persistant) de Donald Westlake.

Dortmunder est l’homme des défis les plus improbables, mais les plus hilarants. Bien qu’il ne connaisse rien à la politique, il a réussi un cambriolage dans l’immeuble du Watergate sans que personne ne s’en aperçoive, lui ! Ou déterré de l’argent sous un lac de barrage (sans vider le lac). Ou encore déménagé une banque (toute une banque…) pour prendre ce qu’il y avait dans le coffre. Il a triomphé de flics ripoux, d’associés indélicats, de mafieux énervés, de gros capitalistes sans scrupules, de mercenaires armés jusqu’aux dents… Et même d’un imbroglio politico-religieux entre pays de l’ex-Bloc de l’Est !

Inutile de dire qu’avec un personnage de cet acabit, les finances du Dentikistan seront toujours au beau fixe.

Et au pire, qu’est-ce qu’on risque ? ;)



Le Navire sort le grand jeu

24 05 2007

Vous aimez l’imaginaire ? Vous aimez les livres ? L’humour caustique et les délires du nonsense ne vous font pas fuir en hurlant ? Bravo ! Les liens ci-dessous vous tendent les bras !

C’est qu’il y a une grosse actualité sur le blogue du Navire en Pleine Ville, cette semaine : d’abord le récit des Imaginales d’Épinal 2007 et puis les belles photos du capitaine et de ses matelots, et des auteurs embarqué(e)s sur le bateau ivre, et puis des copains-z’et-copines, des collègues écrivains, éditeurs, revuistes, des gentils organisateurs, et j’en passe. Échantillon :

Rachel Tanner et Irène Delse aux Imaginales 2007

Et puisque quand c’est bon, on n’en a jamais assez, le Navire ouvre toutes grandes les portes de son forum : E la nave va !

Le dernier salon virtuel où l’on cause, où l’on peut embêter questionner les auteurs en direct et l’éditeur itou, où l’on peut s’informer des festivals et fêtes du livres où rencontrer le Navire, où l’on partage ses coups de cœur (et coups de gueule bien sûr), bref, un forum, quoi !

Le Navire en Pleine Ville éditeur

Lecteurs, lectrices bien aimées, venez nombreux, l’embarquement est immédiat…



Robien, Darcos : plus ça change…

23 05 2007

Il est comique, Xavier Darcos. Il s’étonne que sa sortie sur le vouvoiement (des profs par les élèves, et réciproquement) à l’école fasse des vagues.

Quelqu’un devrait peut-être lui expliquer, à ce brave homme, que lorsqu’il déclare que les élèves tutoient leurs professeurs “dans beaucoup d’endroits”, les enseignants et les élèves ont l’impression qu’il débarque d’une autre planète… J’aime particulièrement le commentaire de Luc Bérille (SE-Unsa) cité dans l’article : “Là où le tutoiement peut survenir du côté des élèves, c’est en maternelle”, rappelle-t-il. En souriant.

On se pose aussi des questions quand le nouveau ministre enjoint les enseignants de mettre “tout de même” une “certaine distance” entre eux et les élèves. Peut-être croit-il qu’avant l’élection de Nicolas 1er, l’Éducation nationale avait été transformée en école expérimentale par de mystérieux (mais sournois) activistes gauchistes ? À moins qu’il s’imagine que les profs sont trop bêtes pour avoir découvert tous seuls la différence entre adultes et enfants, entre enseignants et enseignés ? Ou que le rapport d’autorité dépend des pronoms personnels ? (On se demande comment font les enseignants dans les langues comme l’anglais, où le “vous” de déférence n’existe pas…)

Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un homme qui arrive en dispensant de bons conseils, n’écoute pas les objections nées de l’expérience puis décrète que de toutes façons ce n’est pas la peine de polémiquer, puisqu’il s’agit juste d’établir “un nouvel état d’esprit”.

Il n’a pas totalement tort, remarquez. Il serait peut-être temps de changer l’état d’esprit de certains ministres tout neufs, bardés de certitudes…