Graphorrhée
Irène | 30 avril 2007 | 0 h 14 minLe record de productivité pour un écrivain ? Ne cherchez pas chez Simenon, Asimov ou même Enid Blyton.
Non, non. Il est à ce jour détenu par Ryoki Inoué, “l’homme machine à écrire”, comme on l’appelle chez lui, au Brésil. Car il est brésilien, bien que de parents japonais. À son palmarès, 1100 volumes écrits en 20 ans. Il peut écrire un roman en 6 heures. Et 95% du marché de l’édition de poche au Brésil vient de son clavier d’ordinateur, sous 39 pseudonymes différents.
Mais comment fait-il ? Il dort peu, se documente beaucoup sur Internet et écrit encore plus abondamment. Et il peut se mettre à écrire n’importe quand, sans délai, dès qu’une histoire lui vient en tête.
Son rêve ? Écrire deux livres en parallèle, chacun d’une seule main, sur deux ordinateurs différents…
Je sais, en lisant ce genre de choses, que certains vont s’écrier : “Ils sont fous ces Brésiliens !” Ou peut-être “ces Nippons !”, selon l’idée qu’ils se font de ce qui est ou non génétique.
Mais non, mais non, voyons. La vérité, c’est que la graphomanie n’a ni patrie, ni frontières. Ni couleur, ni race, ni religion, non plus.
C’est donc : “Mais ils sont fous, ces écrivains !” qu’il faudrait dire…
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C’est impressionnant, mais je crois que Lope de Vega a aussi écrit énormément en son temps.
Mais, lui, Ryoki Inoué, que je ne connais pas, il tient un rythme d’un livre par semaine! C’est hallucinant.
Tiens, j’aurais juré que c’était R. L. Stine, le Stephen King du pauvre. Sa bibliographie est si impressionnante qu’on ne cite que les titres des séries ou des volumes hors série.
En revanche, Asimov tient peu la distance face à Simenon, Barbara Cartland, Enid Blyton, et il ne faut pas oublier qu’il avait créé en dernier une sorte d’usine littéraire avec des jeunes auteurs qui faisaient des Robots ou des Fondations à la chaîne.
En ce qui concerne le rythme d’écriture, c’était celui de Simenon : au début, il écrivait en dix jours et progressivement il était tombé à sept et même à cinq pour les derniers Maigret. Mais, en fait, le reste du mois il se remettait de son effort, cogitait sur une nouvelle histoire, allait courir la gueuse.
@ Dominique : Il y a aussi, nommé dans ce même article, une certaine Corín Tellado, sorte de Barbara Cartland espagnole. Quelque 5000 titres de romans à l’eau de rose à son actif… Mais peut-être a-t-elle aussi un gang de nègres derrière elle. Le cas de Ryoki Inoué est fascinant car il semble ne pas se contenter d’une seule formule qu’il pourrait répéter à l’infini (comme dans les James Bond ou les romans à l’eau de rose) mais que ses centres d’intérêt sont éclectiques. Ce qui le rapprocherait de Simenon…
Dominique,
Je ne crois pas qu’Asimov avait créé quoi que soit, mais j’avais lu ces bouquins, où des fans reprenanait son univers pour continuer la saga des robots. Au mieux, il a donné son accord pour que son univers soit utilisé dans du fan art.
Ryoki Inoue écrit-il aussi en japonais ? Il a été proposé pour le Guinness, I presume ?
@ Alan : Ryoki Inoué, de son nom complet José Carlos Ryoki de Alpoim Inoue, est bien dans le Guiness. Mais l’article ne dit pas s’il a écrit aussi en japonais. Selon sa fiche Wikipédia, il est de père japonais et de mère brésilienne :
http://en.wikipedia.org/wiki/Ryoki_inoue
Son blog officiel aussi est en portugais :
http://ryokiinoue.blogspot.com/
(Noter la pipe et la machine à écrire de l’en-tête, dans le plus pur style Simenon…)
Pour Asimov, je crois que Dominique fait allusion aux séries de romans ou d’anthos signées “Asimov et…”, lancées si je ne m’abuse par l’éditeur d’Asimov, Doubleday, et où quelques jeunes auteurs de SF ont fait leur gammes. Du genre : “Les enfants de Fondation” ou “Robots et extra-terrestres”. Il y a aussi des nouvelles classiques transformées en romans avec la complicité de Silverberg (“Quand les ténèbres viendront” par exemple). Ces “collaborations” où Asimov fournissait son nom et une idée de base, mais où l’écriture était assurée par un autre, étaient des astuces de l’éditeur pour exploiter le filon, bien sûr, mais avec toujours les noms des deux auteurs sur la couverture (pas comme Troyat, donc). Parallèlement, Asimov a continué à écrire jusqu’à la fin de sa vie, notamment des articles, des nouvelles, etc., plus quelques romans publiés sous sa seule signature.
Merci pour les liens !
Yep, c’est effectivement à ces bouquins auxquels je pensais. Je n’avais pas goûté “les enfants de fondation”, mais j’avais lu plusieurs “Robots et extra-terrestres”. Ça m’aurait embêté qu’Asimov ait mis ça en place, merci pour les précisions.
Le débat vient d’attaquer, et Sarko attaque très fort. Tout en humilité, contrôle… Tiendra-t-il ? Verra-t-on ses vrais visages ? Nyahhh…