Rendez-vous en 2007 !

31 12 2006

1erecouvtigre_4
Plutôt que de vous infliger, lecteurs et lectrices chéris, un bilan-marronnier de fin d’année 2006, je préfère me tourner vers l’avenir, en passant tout de suite au programme des réjouissances pour l’an 2007 !

Salons, festivals et signatures

L’Héritier du Tigre, son auteure et son éditeur le Navire sont invités un peu partout en France cette année. Liste (encore non exhaustive) des manifestations où l’on pourra me rencontrer en chair et en os, faire signer le bouquin, bavarder…

Février :

  • Festival de l’Imaginaire de Nogent-sur-Oise (60), le 3 février 2007

Infos pratiques : c’est près de Creil, dans l’Oise, accessible à partir de Paris en TER. Présence de l’auteur avec stylo spécial signature, bien sûr.

Mars :

  • Salon du Livre de Chambourcy (78), le 11 mars 2007. Petit mais sympa, me dit-on. À découvrir !

Oui, c’est LE salon du livre. On trouvera les livres du Navire en Pleine Ville sur le stand de la région Languedoc-Roussillon (merci à eux !) et je serai là pour des dédicaces. Faites passer l’info !

Mai :

Et cette fois, le Navire et ses auteurs seront présents à ce Festival des Mondes Imaginaires ! C’est dans les Vosges, donc l’occasion est belle de faire un peu de tourisme en prime. Entrée gratuite. Nombreux invités, remise du Prix des Imaginales, etc., etc. Venez nombreux !

Enfin, pour le second semestre 2007, on peut déjà noter sur l’agenda :

  • Les Utopiales de Nantes, festival international de la SF et de l’imaginaire, début novembre.
  • Le Forum du Livre de Saint-Hippolyte-du-Fort (30), début décembre, avec la Librairie Coularou. Et bien sûr le Navire !
  • Les rencontres de l’imaginaire à Sèvres (92), également en décembre.

Et le tome 2 ?

Vous êtes nombreux à me poser LA question : «Alors, Shalinka 2, le retour, c’est pour quand ???»
C’est encourageant, mais en même temps, hein, légèrement angoissant…
Mais je prévère être attendue avec impatience (voire au tournant…)
que laisser les lecteurs indifférent.

Alors, oui, soyez rassuré(e)s, l’écriture de ce
deuxième opus est en bonne voie. Oui, vous allez savoir la suite de la
saga de Yenshaya ! Promis, juré. Juste un peu de patience :
normalement, si tout va bien, la publication devrait avoir lieu pendant le second semestre 2007. Un peu avant le Salon de Montreuil, par exemple, tiens…

Bonne année littéraire !



Roland C. Wagner privé de vote à cause d’un décret de Sarkozy ?

30 12 2006

Nicolas Sarkozy, tout ensemble Ministre de l’Intérieur et candidat à la magistrature suprème, est parfois d’une grande discrétion. Mais si, mais si ! Quand il autorise l’emploi en France d’un modèle de machine à voter électronique n’offrant pas toutes les garanties de sécurité, par exemple. Ou quand il modifie, à six mois des élections, l’application du Code électoral…

Ce qui suit est un témoignage que l’auteur français de science-fiction Roland C. Wagner a fait paraître ce matin 30/12/2006, sur la liste de diffusion du Club Présences d’Esprits. Si on se demandait pourquoi le candidat Sarkozy restait membre
du gouvernement Villepin, au risque de voir l’impopularité du pouvoir déteindre
sur lui, eh bien, on tient apparemment un élément de réponse !

Hier matin, j’ai essayé d’aller m’inscrire sur les listes électorales. Donc, je me lève, je bois un petit café histoire de sortir du brouillard et je file à la mairie de ma bonne ville. Et, là-bas, surprise : on m’apprend que je ne dispose pas des papiers nécessaires. Pour le justificatif de domicile, pas de problème, je l’avais. J’avais aussi mon permis de conduire et mon passeport — périmé depuis 2004 en tant que passeport, mais valable jusqu’en 2009 en tant que pièce d’identité. Mais aucun de ces deux documents n’est plus accepté pour l’inscription sur les listes électorales, suite à un décret du ministre de l’Intérieur en date du 16 octobre 2006 qui restreint les documents pris en compte pour ladite inscription à la carte nationale d’identité et au passeport en cours de validité. Dans tous les autres cas (permis de conduire, permis de chasse, etc.), le document doit être accompagné d’un justificatif de nationalité.

Si vous ne me croyez pas, allez vérifier, c’est là :

http://www.admi.net/jo/20061021/INTA0600854A.html

Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et futur candidat aux élections présidentielles, a donc modifié les règles d’inscriptions deux mois et demi avant la date butoir pour s’inscrire sur les listes. Et il l’a fait avec une discrétion pour une fois remarquable, comme on va le voir… Je vous laisse méditer sur les raisons qui l’ont motivé pour prendre ce décret scandaleux et inique.

Je suis donc reparti furieux, comme ceux qui me connaissent bien peuvent s’en douter, et je suis allé tout droit au bureau local du quotidien Sud-Ouest, où le journaliste que j’ai rencontré a été très intéressé d’apprendre l’existence dudit décret — tout comme celui de la Charente libre que je suis passé voir ensuite. Je tiens d’ailleurs à remercier ces deux grands professionnels qui se sont décarcassés pour moi : tandis que le premier se rendait à la mairie pour obtenir des explications, le second a passé une trentaine de coups de fil à diverses administrations, de la préfecture au commissariat.

Résultat des courses, j’ai appris que je pouvais demander d’être inscrit sur les listes, mais que ma demande passerait devant une commission. Au cas où celle-ci refuserait, il ne me restera plus qu’à aller devant le tribunal d’instance — ce que je ferai sans hésiter le cas échéant. Je suis donc retourné à la mairie où j’ai été fort aimablement reçu, je tiens à le préciser. Mon droit d’exprimer mon opinion par le vote, ce droit imprescriptible de tout citoyen français au casier judiciaire vierge, est donc suspendu à l’avis de la fameuse commission, et éventuellement d’un magistrat. Si, au bout du compte, tous deux donnent un avis défavorable, je ne pourrai pas voter aux
prochaines élections présidentielles et législatives.

Bonne affaire pour le futur candidat de l’Union des Manipulateurs Pestilentiels, n’est-ce pas ? Dans la foulée, j’ai évidemment appelé Le Canard enchaîné. La journaliste que j’ai eu au bout du fil a été très intéressée d’apprendre l’existence du décret du 16 octobre, dont la rédaction de cet estimable journal ignorait jusqu’à l’existence — quand je vous disais que cette manipulation honteuse et indigne d’une démocratie avait eu lieu dans la plus grande discrétion…

Il est probable que la commission donnera un avis négatif, et j’ignore totalement comment le tribunal d’instance réagira, mais j’ai décidé ne pas attendre leur réponse pour lancer un appel à mes lecteurs : puisqu’il est probable que je ne pourrai pas voter, je leur demande de lutter contre l’injustice dont je suis victime — dont sont sans doute victimes des dizaines de milliers d’électeurs potentiels — en votant contre Nicolas Sarkozy et ses méthodes, dont le moins qu’on puisse dire est que certaines sont anti-démocratiques.

Oui, ça me donne envie de vomir. Et mon défunt père, qui avait durement  gagné le droit d’être français en risquant sa vie pendant quinze ans dans les rangs de la Légion étrangère, en Indochine et en Algérie, aurait lui aussi été écœuré de voir qu’un fils d’immigré hongrois (dont le père a été réformé avant la fin de son engagement de cinq ans dans cette même Légion, voir ici :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Sarkozy) met en doute la nationalité française de son fils.

La voilà, « la France d’après » : un pays où un écrivain de science-fiction ne peut même pas s’inscrire sur les listes électorales parce que les règles du jeu ont été modifiées en catimini par un ministre pour avantager un futur candidat qui n’est autre que lui-même.

J’ai demandé et obtenu l’autorisation de la part de Roland de republier ici ce texte. Si cela peut faire réagir ceux et celles qui ont bien leur sésame électoral, si cela peut les inciter à se déplacer le 22 avril 2007, tant mieux !

On ne rappellera jamais assez que le Ministère de l’Intérieur est
chargé de l’organisation des élections, alors que l’un des candidats en 2007
à la présidence de la République n’est autre que le Ministre de
l’Intérieur lui-même. Et ça, malheureusement, ce n’est pas de la science-fiction.

À l’heure où un «sursaut civique» portait de nombreux citoyens à se faire inscrire sur les listes électorales, je me
demande combien ont eu la même mauvaise surprise ? Pour Alan King, également inscrit en fin d’année,
les choses se sont un peu mieux passées, puisque le passeport présenté
était en cours de validité, mais l’un des employés de mairie au moins
faisait du zèle. On dirait que même les gens chargés de faire appliquer ce décret n’ont pas reçu d’information claire à ce sujet.

On avait déjà vu les charcutages de la carte électorale par Charles
Pasqua (ancien mentor de Nicolas Sarkozy, même si ce dernier ne s’en
vante pas) à la veille d’une élection législative où la droite partait
en mauvaise posture. Il semble que l’UMP, digne successeur du RPR, n’a
pas tout à fait perdu les bonnes vieilles habitudes.



Listes électorales : derniers jours pour s’inscrire !

28 12 2006

Petit rappel : il n’y a plus beaucoup de temps pour s’inscrire sur les listes électorales. Jusqu’au samedi 30 décembre très exactement. (Et encore, vérifiez si votre mairie est ouverte samedi !) Alors si vous n’étiez pas précédemment inscrit, ou si vous avez déménagé, pensez à faire la démarche ! Après, il sera trop tard. Si vous avez atteint récemment vos 18 ans ou que vous les aurez d’ici au 22 avril 2007, vous êtes normalement inscrit d’office sur les listes. Mais mieux vaut vérifier, on ne sait jamais…

Toutes précisions utiles sur le site Service-Public.fr, y compris le formulaire à télécharger.

Et qu’on s’en souvienne : chaque voix compte, à condition d’avoir été exprimée. Pour avoir ce choix, ce droit élémentaire de tout citoyen, il faut s’en donner les moyens.



Dragon de Noël

26 12 2006

Quelques jours avant Noël, dans un zoo anglais, s’est déroulé une bien belle histoire.

Une femelle de Dragon de Komodo a pondu pas moins de huit oeufs, qui devraient éclore en janvier. Et cela sans avoir jamais été en contact avec un mâle… Un peu plus tôt, une autre femelle de la même espèce avait ainsi donné naissance à quatre bébés dragons sans père.

Immaculée conception ? Non, parthénogénèse ! Ce grand lézard originaire de l’île de Komodo, en Indonésie, est en effet capable de reproduction non sexuée, comme plusieurs espèces de reptiles, batraciens et surtout invertébrés. Ce qui peut être un avantage adaptatif non négligeable : au cas où les partenaires sexuels viennent à manquer, une femelle isolée peut se reproduire et passer son matériel génétique à une autre génération… Et comme les petits ainsi engendrés sont uniquement des mâles (1), ils peuvent fournir de nouveaux géniteurs. (Au prix, s’il n’y a pas d’autres femelles disponibles que leur mère, d’un peu d’inceste. Mais chez les dragons, on n’est pas à ça près.)

Chez les Varans de Komodo (aussi appelés “Dragons”, à cause de leur taille et de leur caractère agressif), cette reproduction sans mâle est rare dans la nature. Mais dans les zoos, on écarte les femelles des mâles la plupart du temps, excepté lors de quelques rencontres brèves pour copuler. On veut ainsi éviter les compétitions brutales entre mâles pour l’accès aux femelles, entraînant blessures, etc.

Oui, mais… Pendant ce temps, ces dames s’ennuient ! Et surtout, elles perdent l’habitude de compter sur leurs partenaires sexuels. Résultat : elles font des bébés toutes seules !

C’est un peu ennuyeux du point de vue de l’avenir de l’espèce. Eh oui, il reste environ 4000 de ces dragons dans la nature, et la majorité sont déjà des mâles. On n’a pas besoin d’en produire un surplus. Et comme les petits obtenus par parthénogénèse ne sont porteurs que du patrimoine génétique maternel, on assiste à une baisse de la diversité génétique chez les dragons hébergés dans les zoos.

Moralité : heureusement que dans l’Evangile, il y a eu intervention du Saint-Esprit. Sinon, le petit Jésus aurait été un lézard. Ou une grenouille. Ou un insecte…

(1) Chez les reptiles du genre Varanus, le sexe est déterminé par les chromosomes Z et W (et non X et Y comme chez les mammifères). Les femelles sont hétozygotes, donc porteuse à la fois de Z et W, tandis que les mâles sont porteur d’une double dose du chromosome Z. Lors de la parthénogénèse, il y doublement de l’un des jeux de chromosomes de la femelle. Les petits ne peuvent donc être que ZZ ou WW. Cette combinaison étant non viable, les petits qui éclosent sont forcément ZZ, donc mâles.



Dinde halal et sapin USB : mais si, c’est Noël !

22 12 2006

Vous avez noté que j’espace un peu mes livraisons bloguesques pour la fin d’année. Et puis à Noël, c’est connu, chacun se replie sur la planète Fêtenfamille, y compris bon nombre des habitués. (Ou bien on appareille pour l’île du militantisme caritatif, c’est selon.)

Et c’est une occasion où l’auteure est bien contente d’en avoir une, de famille, pour s’y réchauffer, même si, dépression hivernale aidant, le moral est mi-figue, mi-raisin. Bon, ça tombe bien, ça, pour le mendiant : un ensemble de fruits secs, noix, noisettes, amandes, figues, pruneaux… dont les couleurs rappellent les robes des moines appartenants aux ordres mendiants. C’est l’un des Treize Desserts de la tradition provençale, vous savez, l’un de ces éléments d’un folklore régional que j’avais un peu laissé derrière moi, mais qui reviennent chatouiller ma mémoire avec plus d’insistance en cette période de fête. C’est un peu une tranche de vie antérieure qui remonte ainsi à la surface, contribuant au blues.

Qu’importe. C’est 2006, bientôt 2007, le XXIème siècle est technophile et métissé en diable, de part chez moi. Je n’ai pas encore cédé à la vogue du sapin électrique à brancher sur le port USB, mais ça tient à un fil…

mini sapin de Noël électrique sur port USB

(Oui, je sais : geek ! Clignote et change de couleur… C’est pas beau ?)

Et le réveillon du 24 décembre ne sera pas triste non plus. Dans ma famille déjà largement cosmopolite, on ne s’étonne pas des métissages et panachages en tout genre. (Du genre : le nuoc mam, ça se marie avec tout, même la poule au pot.) Mais que faire lorsque l’on a des musulmans autour de la table ?

Solution logique : la dinde de Noël proviendra d’un boucher halal, farce comprise. Cela ne change rien au goût, et ne compromet pas la qualité : il y a en France au moins un élevage de dindes fermières destinées au marché musulman. Et l’on fait même du foie gras halal dans les Landes, puisque marché il y a ! N’en déplaise aux «identitaires» haineux et aux ayatollahs de la sacro-sainte «tradition» hexagonale… Tant il est vrai que xénophobie rime souvent avec néophobie. Tiens, je préfère de loin la sainte ire des Manants du Roi devant de si peu chrétiennes réactions, et si contraire à l’esprit français !

(Bon, là où ça devient épineux, c’est que pour bien des musulmans sincères, la question est aussi éthique : l’animal doit être traité avec respect et tué sans souffrances inutiles. Lorsque les choses sont faites correctement, l’animal égorgé meurt en quelques secondes, sans plus de cruauté, contrairement aux mythes, que dans un abattoir classique. Or le gavage des volailles risque de remettre en cause toute la logique de l’abattage rituel. Difficile de concilier éthique et société de consommation, là aussi…)

Et après tout, cela fait un bon moment que les produits casher se sont taillé leur place chez nous, dans les boutiques et les rayons des grands magasins, y compris foie gras, volailles, boudins blancs… Sans que cela fasse trop crier nos pseudo-patriotes ! Et l’abattage rituel est le même que pour la viande halal. Marier gastronomie et tolérance, produits du terroir et ouverture sur le monde, c’est peut-être ça, au fond, l’esprit français…

Cela dit, heureusement que ni les chrétiens ni les athées et agnostiques n’ont d’interdits alimentaires ! Tiens, l’année prochaine, si je me faisais boudhiste ? La «dinde» en tofu, ça vous dit ?



Deux nouvelles critiques pour L’Héritier du Tigre

19 12 2006

On s’avance à grands pas vers la fin de cette année 2006, à marquer d’une pierre blanche pour moi puisqu’elle a vu la publication de mon premier roman ! Et ce qui ne gâche rien, c’est que l’accueil a été très largement positif, tant auprès des lecteurs que des libraires et autres professionnels. Et bien sûr des critiques, sur la Toile et ailleurs !

Tiens, justement… Le mois de novembre m’en a apporté deux nouvelles, et pas des moindres. C’est d’abord KWS, le fanzine de Pascal J. Thomàs, qui se penche sur Shalinka, 1 : L’Héritier du Tigre dans le numéro 56. Pour l’instant, le fanzine papier est chez les abonnés (pensez-y !), mais les articles seront mis en ligne d’ici deux ou trois mois, lorsque le prochain paraîtra. Critique pointue, détaillée, fort intelligente, qui devrait particulièrement intéresser les mordus de SF et de littérature de genre.

Et puis il y a le long article de Citrouille consacré aux éditions du Navire en Pleine Ville, dans leur numéro de novembre, qui contient également une note de lecture de mon roman ! Citrouille, pour ceux qui ne sont pas du métier, c’est la revue des libraires jeunesse, très lue dans les bibliothèques et CDI. On peut lire ici l’article complet au format PDF : voguelenavire.pdf

Pas encore tout à fait la gloire, mais ça commence à y ressembler !



Salon de L’Autre Livre

16 12 2006

Ce week-end, samedi 16 et dimanche 17 décembre, c’est le 4ème Salon international de l’édition indépendante, organisé par l’association L’Autre Livre. Un salon du livre «alternatif», où l’on croise Le Temps des Cerises, les éditions Amsterdam, HB, le Petit Pavé, Chandeigne, la Fabrique, la Case à bulles… Un salon pour la défense et illustration de la bibliodiversité. Le salon est en partenariat cette année avec le Secours Populaire, qui organise la collecte de livres dans le cadre de l’opération Pères Noëls verts. C’est dans le 11ème arrondissement, salle municipale Olympe de Gouges, au 15 rue Merlin (accès par le square M. Rajman). Métro Père-Lachaise. Entrée libre de 10h à 19h.

Et on peut y trouver L’Héritier du Tigre, sur le stand de la Librairie des Prés !



«Je suis un jeune auteur et je veux écrire de la fantasy…»

15 12 2006

Petit retour sur la FAQ du jeune auteur de fantasy. Pourquoi balancer ce genre de billet, au risque de décourager les jeunes ? (Bouh !)

Parce que le phénomène du lycéen-naïf-qui-pense-qu’il-pourrait-écrire-si n’est pas rare. On en reçoit tous, des courriels comme ça. Le moindre auteur blogueur ou forumiste, pour peu qu’il ou elle ait déjà publié, est une proie rêvée pour les débutants qui s’imaginent encore que pour «écrire» il suffit de quelques recettes (que les auteurs consacrés garderaient jalousement, bien sûr) et pour publier d’avoir des relations. Ben voyons ! Et si la Tour Eiffel mesurait trois centimètres, on mettrait la Tour Eiffel dans une boîte d’allumettes.

Ou bien c’est un jeune homme ou une jeune fille que ses parents ont traîné à un salon du livre où vous, auteur nouvellement publié (et un peu effaré), vous présentez votre bébé de papier à la foule des chalands. Et l’adolescent, peu ému par l’offre pléthorique de bouquins censés le faire rêver et l’amener doucement à l’amour de la lecture, ne s’intéresse à vous qu’en tant que pourvoyeur d’infos cruciales pour sa future hypothétique carrière d’auteur à succès… Appelée à détrôner celle de Tolkien, Rowling, Lewis et consorts, naturellement.

Pour être parfaitement honnête, ce ne sont pas seulement des lycéens qui vous sortent ce genre de choses. Il y a parfois de braves grand-mères qui assurent que toute leur vie, elles ont fait autre chose, mais maintenant qu’elles sont à la retraite, c’est sûr, elles vont écrire… Les mythes sur les auteurs ont la vie dure.

Notez bien la formulation : «je voudrais écrire», «j’ai un projet de roman», «j’ai des idées mais»…

Mais oui, bien sûr, tout le monde peut avoir des idées. Mais ce ne sont pas des idées, ou même un synopsis, qui font un roman. Un texte publiable, vous savez, un truc pour lequel les gens iront payer 15 ou 20 €… Il y a du travail, là-derrière. Et d’abord pour maîtriser l’outil de base de l’écrivain : la langue. Vocabulaire, syntaxe, conjugaison, tous ces trucs avec lesquels on vous embête à l’école, mine de rien, ils sont aussi indispensables à un auteur que le pétrin au boulanger, le rabot au menuisier et le tournevis au mécanicien.

Et comme c’est en forgeant qu’on devient forgeron, rien de tel que de commencer par écrire pour essayer de devenir écrivain. Essayez d’abord des textes courts, pour voir… Et ne vous en faites pas si vous restez en plan au bout de 10 pages : les coups d’essai sont rarement des chefs d’œuvres ! Mais il n’y a pas d’expérience qui ne soit enrichissante.

Et rappelez-vous, même Stephen King est passé par là, comme il le raconte dans son très formateur Ecriture : Mémoires d’un métier.

Signalons deux activités parallèles enrichissantes :

a) Lire beaucoup ! Ben oui, ne serait-ce que pour enrichir son vocabulaire, sa culture générale, stimuler l’imagination, etc.

b) Faire lire ses essais à des bêta-lecteurs (comme, pour les logiciels, il y a des bêta-testeurs…). L’avantage, aujourd’hui, avec le Net, c’est qu’on y trouve abondance de forums, webzines et groupes de discussions consacrés à tous les genres littéraires qu’on puisse imaginer. Voyez chez Citronmeringue (pour les meringués du citron, et vice-versa), Présences d’Esprits (attention mutants)… Plus les forums associés à diverses maisons d’édition. Pensez aux appels à textes (AT, dans le jargon maison) des revues et anthologies ouvertes aux débutants ! Il y a une bonne sélection chez Parchemins et Traverses, notamment. Ou bien essayez CoCyclics, collectif de relecture et de discussions entre auteurs de SF/F !

Et contrairement à une idée répandue, ce n’est pas le métier des éditeurs de vous apprendre le B.A Ba de l’écriture ! Bref, ne vous étonnez pas de ne pas recevoir de note détaillée de lecture si vous envoyez un texte inachevé ou bâclé !

En revanche, si vous avez achevé et peaufiné un roman apprécié de plusieurs bêta-lecteurs et que vous recevez seulement des lettres de refus polies (parfois circonstanciées) de la part des éditeurs, ne vous jetez surtout pas à l’eau ! Non, vous n’êtes pas maudit, ni barré du cénacle à cause de votre obscurité. C’est plutôt un indice que votre manuscrit a été mal orienté. C’est tout bête. Il y a plus de mille éditeurs en France, dont un bon nombre de petits éditeurs militants,
défricheurs, découvreurs de talents. Chacun a une politique éditoriale propre, et ce que l’un peut refuser (même à regrets) sera tout à fait ce qui convient à un autre !

Lisez, observez, fréquentez, en plus des sites Internet consacrés au genre littéraire que vous pratiquez, libraires, bibliothèques et salons du livre pour vous informer sur qui fait quoi dans l’édition. Utilisez les guides pratiques de L’Oie Plate pour en savoir plus.

Et surtout, surtout, n’oubliez pas : écrire pour en faire une carrière n’est pas réaliste, vu l’état du marché et la condition des écrivains. Si on écrit, en général, c’est qu’on ne peut pas faire autrement. C’est une passion, une maladie, une démangeaison qu’on ne peut apaiser qu’en noircissant du papier ou en maltraitant le clavier. Oui, une maladie. Mais, heureusement pour nous, pas une maladie honteuse !



Sarkozy les pieds dans le Web… Le Meur aussi

14 12 2006

Alleluiah, mes frères ! Sarkozy est grand et Loïc Le Meur est son prophète !

Sauf, bien sûr, quand il s’embrouille en transformant une conférence entrepreneuriale en annexe de la campagne présidentielle française, à la grande ire des invités étrangers qui n’en avaient rien à cirer…

Qui a dit mélange des genres ? Qui a dit “but marqué contre son propre camp” ?

Qu’importe, cloportes, vive Tsarkozy, grrrand chef du troupeau Web 3 ! Et qu’on coupe la tête qu’on vire les manants qui râlent !

Rappelez-vous : le Chef ne veut voir qu’une tête… Répétez tous après moi : La France décline ! Sarko est le sauveur ! Sarko a raison même quand il dit n’importe quoi !

C’est entendu, hein, si on en croit l’UMP, en France, on est des taches de bouse pour tout ce qui est d’entreprendre, pour le désir de travailler, pour la technologie et la modernité en général… La honte, quoi.

Bon à part ça, dans les faits, on est tout de même très bien placés en Europe pour le nombre de création d’entreprises par habitants, mieux même que chez nos si libéraux voisins Grands-Bretons. Et on a aussi une excellente productivité horaire du travail, ce qui fait qu’on produit plus qu’eux en travaillant moins longtemps. Et question Internet, si retard il y a, c’est dans les rêves éveillés de Nico-et-Loïc, le nouveau duo comique !

Tiens, en matière de blogs, par exemple, c’est même plutôt le contraire… On fait carrément figure de phénomènes en la matière. Et si on parle du déploiement du haut débit Internet, l’accessibilité, etc., on encore très bien placés en Europe: tarifs très concurrentiels, couverture étendue, technologies à la page, services à l’avenant, etc. (Et même par rapport aux USA, parait-il, où à part quelques grandes villes très bien desservie, une large partie de la population, en zone rurale, n’a que le bon vieux 56k à se mettre sous la dent. À moins de débourser très, très cher pour du satellite.) Un signe qui ne trompe pas : un bon nombre d’entreprises de commerce en ligne qui opèrent et prospèrent dans l’Hexagone sont de création française ! Les Rue-du-Commerce.com et autre Price Minister, c’est d’cheux nous, mon gars !

Tout n’est pas parfait, certes, et on peut toujours s’améliorer, mais finalement, pour un pays de 60 millions d’habitants et quelques, qui se débat de crises en cohabitations et n’en finit pas de pleurer ses trentes glorieuses, je trouve qu’on se débrouille plutôt pas mal.

Mais c’est bizarre, quelqu’un a dû oublier de lui expliquer tout ça, au Chef… Ou alors, il devrait cesser d’écouter les conseils de Bloïc®, ça ne lui réussit pas.

“Qui trop embrasse mal étreint” : ça, c’est un vieux proverbe françoys que Mr Le Meur ferait peut-être bien de garder en mémoire s’il veut rester un (assez) jeune entrepreneur de talent, et non devenir le fossoyeur de la carrière de son copain Sarko. Et de l’image de la France auprès des entreprises étrangères par la même occasion…

Eh oui, quand on est une figure de proue, on prend des coups. C’est la vie, comme disent les Américains lorsqu’ils se piquent d’orner leur conversation d’expressions françaises !

Alors pour suppléer au “pape des blogs” un peu secoué, rappelez-vous bien le crédo du Chef : la France décliiiine (ouin ! j’ai peur !) et ils faut donc tous s’incliner devant cet homme providentiel (ça rime avec présidentiel, hein), celui que les grands méchants médias de gauche (tous communiss’ !) persécutent honteusement (il y a des chaînes de télé qui ne l’invitent pas encore tous les jours, vous vous rendez compte ?) malgré son génie politique (ben oui, il a tout appris avec Jacques Chirac et Charles Pasqua), ses amitiés parmi les exilés fiscaux de haut vol (on dirait qu’ils n’ont pas vraiment confiance dans sa future victoire ?) ou sa façon de calquer ses méthodes de comm’ sur celles de l’aigle de la Maison Blanche… (Comment, il s’est pris une dégelée électorale, celui-là ? Zut, à force de se battre les flancs pour tenter d’alimenter le buzz, on a dû oublier de regarder les nouvelles !)

Oui, mes frères z’et mes soeurs, il faut chanter le génie du Chef, qui a toujours raison même quand il a tort ! Because sinon, c’est un avenir plein de gauchiss’ qui nous attend, hou là là ! Des gens qui ne savent pas ce qui est bon pour l’Entreprise (avec un grand Euh). Quoi ? Ce qui est bon pour le Medef n’est pas forcément bon pour la France ? Ni pour les entreprises réelles, bien souvent ? Veux pas le savoir !



La FAQ du jeune auteur de fantasy

14 12 2006

«J’ai quinze ans, j’ai un projet pour écrire un roman (voire une trilogie), mais je n’ai pas le temps, ou je ne suis pas très bon(ne) en français…»

Vraiment ? Alors, vite, retourne à la F.A.Q. ! La Foire Aux Questions / Frequently Asked Questions d’Oliv le preux (màj : en collaboration avec Chwip), s’entend ! Dure, mais salutaire mise au point.

Après, si tu es décidé(e) à t’accrocher, on en reparlera.